Le Pays des Cerisiers

Informations générales
- Auteur: Kôno Fumiyo
- Origine: Japon
- Année de création: 2004
- Titre original: Yunagi no Machi Sakura no Kuni
- Nombre de volumes: 1
- AKA:
- - 夕凪の街 桜の国
- - Town of Evening Calm, Country of Cherry Blossoms
Version française
- Licencié: oui
- Titre français: Le Pays des Cerisiers
- Editeur: Made in (Kana)
Synopsis
Trois brèves histoires mettant en lumière l’après Hiroshima : immédiatement après la catastrophe, dix ans plus tard et au travers des yeux de la génération suivante.
Synopsis soumis par El Nounourso
#Par Ichi-nii le 28/02/2009 à 14:45
Voilà un titre des plus contrasté … Un dessin quelque peu naïf, limite enfantin, une couverture printanière, une atmosphère tranquille … pour conter une histoire si sincère, aux émotions si pures, au sens si profond et si touchant …
Trois récits montrant les répercussions de la bombe atomique à différentes périodes à travers une même famille (j’ai du m’y reprendre par deux fois pour établir les liens de parenté cela dit).
Trois récits ne pouvant laisser indifférents, une phrase m'ayant particulièrement marqué :
"10 ans ont passé, mais ceux qui ont lancé la bombe atomique pensent-ils encore en me voyant, hourra on en a encore tué une !")
Le premier est à mes yeux le plus touchant des trois, surtout de par sa conclusion si inattendue et si brusque.
Chacun de ces récits est simple, pas d’excès d’émotion, tout est sur la retenue, et pourtant … la mort, la tristesse, la fatalité due aux évènements passés en sont les bases.
Mais il est plein d’espoir et d’humanité, mettant en scène des gens aimant la vie (même si la survie est leur quotidien du fait du poids du passé) et c’est effectivement une véritable ode à la vie.
#Par El Nounourso le 02/04/2008 à 14:54
Le Japon est le seul pays touché par la bombe d’atomique. Pour nous Européens, il est évident que cet évènement traumatisant nous apparaît lointain, autant chronologiquement (6 et 9 août 1945) que géographiquement (environ 10 000 bornes). La mangaka se concentre sur le premier bombardement et sur ses répercussions. Au-delà de son aspect cataclysmique (70 000 morts, habitations réduites en cendres…), le fléau nucléaire continue de tuer longtemps après. En effet la radioactivité provoque des maladies mortelles qui se déclenchent à retardement.
A travers la vie de quelques personnages entrés en contact avec des irradiés (via la famille ou les amis), l’auteur décrit avec pudeur la réalité des années d’après guerre dans la région d’Hiroshima. J’ai notamment pris connaissance du phénomène peu connu de rejet des victimes de la bombe. Le dessin est d’une grande simplicité mais l’émotion, elle, est bien présente. Elle m’a d'ailleurs pris la gorge à la fin de la première histoire (terrible et en contraste complet avec le ton léger du début) et lors de la conclusion de la double nouvelle Le pays des cerisiers.
L’auteur a pris soin de fournir un carte annotée d’un quartier d’Hiroshima en fin de volume, en plus d’une page finale expliquant certaines références disséminées au fil de l’histoire. Un triple récit bref mais touchant, teinté de mélancolie mais aussi d’optimisme. A lire absolument.
PS : les images du film Kuroi ame (Pluie noire) me sont revenues en mémoire...
#Par lityi le 05/02/2008 à 18:36
Fumiyo Kouno nous livre ici un manga empreint d’un curieux mélange de tristesse, de résignation, de joies et d’espoir. A travers la vie d’une famille elle nous montre comment des hommes non content d’avoir tué des milliers de personnes ont réussis à briser les survivants ainsi que les générations futures.
Partagé en trois histoires Le pays des cerisiers nous conte la vie après la bombe sur Hiroshima. La première m’apparait la plus poignante, nous transportant au cœur de vies gachées. La misère dépeinte avec justesse sert de décor à ces survivants du 6 aout 1945.
Les faits relatifs à la bombe et ses conséquences, morales comme physiques, sont racontés avec pragmatisme et résignation. Parfois sur le ton naïf de l’enfant décrivant ce qu’il aperçoit, nous donnant l’impression que la narratrice s’est arrêté de grandir et par là même de vivre depuis la bombe. Pourtant le désir de vivre se fait de plus en plus présent au fil des pages. Effacer ou accepter les souvenirs d’une plongée aux enfers, sans pour autant oublier ce dont l’homme a été capable est alors une nécessité et la condition du bonheur.
Fumiyo Kouno joue beaucoup sur des phrases courtes, souvent banales mais qui deviennent lourdes de sens lorsqu’elles sont prononcées par des êtres brisés. Elle réussit à nous suggérer une multitude d’émotions par de simples mots écrits sur un fond épuré, ou tout simplement dans des cases vides.
Les deux autres histoires commencent sur un ton plus léger bien que la mort et la maladie soient constantes en arrière plan. On oublie pendant un instant que le sujet est Hiroshima. On partage alors l’ignorance de certains personnages, pour qui le jour du désastre évoque un drame du passé mais qui ne revient pas sans cesse les hanter.
Si le scénario n’est pas exempts de défauts, ceux ci ont une moindre importance. C’est au niveau des dessins que l’on trouve à redire. Hormis un style peu accrocheur on reprochera à Fumiyo Kouno de ne pas avoir su vieillir certains personnages d’une histoire à l’autre, nous perdant ainsi dans le temps.
Agrémenté d’une couverture aux couleurs pastels qui nous évoquera plus un bonheur simple et paisible que la survie après un désastre, ce manga est une jolie ode à la vie, tout en dégout pour certains aspects de la nature humaine. Cette couverture est à l’image des histoires, Fumiyo Kouno a pris le parti de ne pas montrer l’horreur mais la vie qui essaie de continuer.
Ainsi on oublie vite la maladresse du trait de crayon pour se laisser absorber par le scénario.
