Zipang

  • Auteur: Kaiji Kawaguchi
  • Origine: Japon
  • Année de création: 2001
  • Titre original: Zipang
  • Licencié: oui
  • Titre français: Zipang
  • Editeurs: Kana
  • Nombre de volumes: 33+

Synopsis

Un navire de la force d'auto défense du Japon se voit transporter en pleine Deuxième Guerre mondiale. L'équipage commet sa première erreur, il sauve un officier de l'armée impériale...

Synopsis soumis par Gemini no Saga

Par Gemini no Saga le 17/03/2007 à 19:31

Zipang, un des multiples noms du Japon, car nous découvrons entre autre un Japon alternatif. C'est l'histoire d'un des fantasmes de l'homme, celui de pouvoir transformer le passé à sa guise, cependant ce passé, ici, est celui du Grand Empire du Japon en pleine Deuxième Guerre mondiale.

Le style graphique laisse à désirer, c'est-à-dire à l'apparence réaliste il n'arrive pas à être créatif. Hormis ce détail, le reste soit la grande majorité est très bon, j'oserai presque dire excellent; car lorsque l'on voit avec quelle rigeur et précision sont dessinés les appareils militaires notamment le Yamato on ne peut qu'admirer. Ce vaisseau marque encore mon esprit par son imposante majesté. Le décor qu'il soit graphique ou scénaristique est la grande force de ce manga avec un réalisme des scènes de combat exaltant...

En effet, le mangaka se permet de chambouler le cours de l'histoire, ce qui nécessite un minimum « d'intelligence scénaristique ». Là où les historiens criraient au blasphème, le manga reste crédible malgré l'énormité du fait qu'un vaisseau de guerre bourré de technologie prenne part à la guerre du pacifique. On se passione pour savoir la tournure des événements, un suspens fort agréable mais qui révèle plus généralement des techniques classiques. C'est-à-dire sans que le manga soit un ramassis de ficelles biens connues, le traitement des personnages et l'ambiance générale n'a rien de particulier. Cette critique est plus criante dans la relation entre Kusaka et Kadomastu. On ressent une impression de déjà vu, le mangaka ne surprend plus.

Zipang comporte autre un défaut à mes yeux, mais qui provient plus de la sensibilité de l'auteur qu'autre chose à savoir une certaine naïveté, un trop grand optimisme sur l'âme humaine. Tandis que dans A spirit of the Sun, son autre manga en cours de publication, cette naïveté est extrêmement agaçante, dans Zipang elle est tolérable. Cependant cela gêne le réalisme des combats et la crédiblité du scénario. Cependant, l'ensemble reste cohérent, de plus l'histoire sait être cruelle lorsqu'il le faut. Dans un manga où la guerre est le principal environnement des personnages, la violence et la cruauté sont sans doute nécessaires.

De plus Il est fort dommage, que Kawaguchi passe sous silence les atrocités commises par l'armée impériale. Certes les personnages évoluent surtout sur mer (par conséquent on évite soigneusement certains fronts notamment chinois(, mais malheuresement aucune allusion n'y est faite. On peut même soupçonner le mangaka de révisionnisme. Un aspect à ne pas oublier lorsqu'on lit une telle oeuvre.

Néanmoins un manga qui ne laisse pas soupçoner une grande qualité, on est pris dans le torrent de la guerre grâce à des personnages qui échappent au manichéïsme et participent à une ambitieuse Histoire teintée tout de même de révisionnisme. Malgré tout, c'est un excellent divertissement.

8/10

Par Finarfin le 01/05/2006 à 11:03

Attention, attention, manga difficile à lire ! Vous avez moins de 15 ans, vous voyez des avions, des bidasses armés de m4 et vous vous dites que ça va fritter à mort de sa race. Ok, allez acheter un Samouraï Deeper et laissez ce manga à votre grand frère qui fait Sciences po, parce que, les gosses, c'est du Kawaguchi, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué. Et ce Monsieur, c'est un pro de la géopolitique nippone, si tant est que cela ait un sens.

L'intrigue m'a un moment laissé perplexe : un navire high-tech nippon se retrouve télédéporté au cours d'une petite tempête en pleine bataille de Midway (pendant la Seconde Guerre mondial, en 1942, revoyez vos fiches d'histoire...), une des premières défaites pour la marine japonaise. Ca pue le plagiat? Certes, mais on va quand même s'éloigner du scénario de Nimitz (je crois que ça s'écrit comme ça...), pour donner dans le géopolitique : l'arrivée de ce navire va changer le cours du temps !

C'est là qu'on commence à s'inquiéter! On sait que le Japon n'est pas au clair avec ses actes durant la WWII, donc on redoute vraiment la fable nationaliste à la Shinohara (le Japon, c'est les plus forts, même que c'est pas normal qu'ils aient perdus et que je te corrige un peu l'Histoire... etc). Bon, je ne me prononcerai pas définitivement sur cette question, tant certains passages peuvent être ambigus, mais ce manga n'est pas une consécration des trépassés de Yatsumi (toujours ça de gagné...). En plus, je suspecte l'auteur de faire partie du courant pacifiste nippon (i.e: qui refuse l'existence de toute armée nipponne, y compris de la Jieitai (Force d'auto-défense)).

Le fait que le Miraï (c'est le nom du navire) appartienne à une force d'auto-défense est d'ailleurs déterminant dans le schéma dynamique : il n'intègre ni ne peut intégrer la marine japonaise de l'époque à cause de son éthique (Dieu que c'est noble!).

Au point où j'en suis, la série reste très intéressante et assez surprenante dans ses développements (on part en Mandchourie, par exemple, pour fomenter une rébellion nationaliste-sans nation, mais c'est là un détail). J'ai pas parlé des dessins... bah, si vous connaissez le gus, vous savez que c'est appliqué, classique et parfois très joli.

Je soulignerai pour finir que cette série possède un intérêt culturel non-négligeable : le rapport des Japonais à une période trouble de leur histoire, sans parler des "fans WWII" (ça existe?) qui devraient apprécier les détails historiques qui foisonnent (c'est très documenté!). Voilà : je mets 9, en attendant les évolutions, car on peut toujours avoir de mauvaises surprises...

9/10

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