Plus mignon que Kamichu!, tu meurs. C'est ce qu'on peut se dire en voyant le character-design, les couleurs, les voix et les personnages de la série. Mais il ne faut pas oublier que la musique compte pour beaucoup dans l'ambiance d'un anime.
Yorihiro Ike, le compositeur, qui s'est déjà chargé de Shinesman OAV ainsi que du film inspiré de Saikano, crée donc ici une OST calme et qui, comme l'a dit Fettgans, fait parfois penser aux travaux de Joe Hisaishi.
Avant même de détailler la critique, je vais déjà aborder les deux points forts de cette OST. Le premier, c'est qu'elle s'accorde à merveille avec la série. Je n'imagine pas une composition correspondant mieux à l'ambiance calme et parfois mystique de Kamichu!. Le deuxième, tout aussi important, c'est que même si vous n'avez jamais vu cette série, la musique, en dehors de son contexte visuel, parviendra à vous charmer. Elle s'accorde plus à une ambiance générale qu'à des scènes bien particulières ; il est donc très agréable de l'écouter, que ce soit avec attention ou en musique de fond.
Regardons tout ça d'un peu plus près.
Bien que les styles varient d'une piste à l'autre, l'OST reste toujours très homogène. L'instrumentation, assez classique en elle-même, est extrêmement bien utilisée, et remplit parfaitement son travail. Je pense notamment aux morceaux comme "Toki wa Yukkuri Nagareteru", très simples dans leur construction, mais pourtant très agréables à écouter. Certaines pistes, comme Atafuta Atafuta ou Sukoshi, Fushigi me font énormément penser à l'excellente OST de Haibane Renmei et d'autres encore, comme "Mononoke dayo Zen'inshuugou !", me rappellent certains thèmes du Voyage de Chihiro.
Les autres morceaux, bien que je ne les cite pas, sont tous excellents. Le compositeur nous fait passer de la gaieté à la tristesse, du mystère à la poésie, et ceci avec une fluidité hors du commun. Les morceaux s'enchaînent sans que l'on s'en rende compte tant l'ensemble est harmonieux. Un vrai bonheur.
Les thèmes de cette bande originale pourraient être le calme et la simplicité. On en voudrait d'autres aussi bien travaillées que celle là. Merci encore, Yorihiro Ike.
On pense tantôt aux travaux de Joe Hisaishi pour l’ambiance dégagée, tantôt à la bande-son d’Azumanga Daioh pour l’utilisation discrète, et parfaitement intégrée, de roulements de tambours et autres éléments de musique de fanfare, comme on peut en trouver dans les deux 'Chuugakusei ga Yuku'. A d’autres moments ce sont des atmosphères plus médiévales qui sont développées. Et si certains thèmes se voient décliner en plusieurs arrangements, ils s’écoutent sans jamais lasser ni décevoir, grâce à l’excellent travail de Yorihiro Ike.
Même si l’instrumentation reste assez classique, mêlant violons, cuivres, guitares et piano, le compositeur a su prendre quelques libertés à ce niveau au travers de morceaux tels que 'Mononoke Dayo Zen'inshuugou', avec ses percussions traditionnelles et ses glissandos intrigants, ou encore 'Atafuta Atafuta' avec son passage à la flûte de pan. Vers la fin du disque, on trouve même un morceau country et un autre au piano façon musique de cabaret. De quoi varier les plaisirs, et l’OST n’en perd pas pour autant en homogénéité, l'agencement des pistes étant remarquablement bien pensé.
Peu de bandes originales peuvent se prévaloir de couvrir un tel spectre émotionnel. On y trouve joie, tendresse, regret, urgence, mystère, fantaisie et poésie. Mention spéciale au particulièrement bouleversant 'Bachi ga Ataruzo'. Face à un tel chef-d’oeuvres, on ne peut qu’être admiratif.
J'ai volontairement exclu l'opening (Hare Nochi Hare) et l'ending (Ice Candy) de mon analyse, comme ils représentent moins de 3 minutes sur les 60 que comptent ce disque.