Japan Expo 2010 : Impact des désillusions
On n'arrête pas une machine qui carbure à fond les ballons : pour la onzième fois encore, le monde des mangas et des animes a envahi le Parc des Expositions pour 4 jours consacrés entièrement à la Japan culture. Ayant fortement apprécié l’événement l’année passée, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que je me suis rendu sur place pour 2 jours (vendredi et samedi) afin de baigner à nouveau dans cette atmosphère bon enfant pour voir, jouer ou acheter mangas, animes et autres goodies. Hélas, trois fois hélas, je n’ai finalement pas trouvé chaussure à mon pied avec ce 11e impact, et ce à mon grand désarroi et malgré toute ma bonne volonté. Compte-rendu d'un jeune homme désillusionné.
L'enfer c'est les autres
Je partais pourtant confiant et plein de bonnes intentions. Ayant eu la sagesse cette fois d’acheter mes billets sur place (file d’attente plus courte), je pénètrai gaiement dans le hall du Parc des Expositions, prêt à faire cracher mon porte-monnaie, chasser le cosplayeur et jouer à toutes les bornes de jeux à portée de main. Je savais en effet que le plus clair de mon temps serait consacré au chinage car, malgré une liste d’invités connus (Tsukasa HOJO en tête de liste…), rien ne m’intéressait niveau convention cette année. Cela explique sans doute pourquoi je me suis tant ennuyé…
Car le constat fut choquant pour moi : ce 11e impact est plus petit ! Oui, le Parc des Expositions n’était pas utilisé à son maximum par rapport à l’année dernière et tout se concentrait autour de la verrière centrale. J’essaie de relativiser en voyant dès l’entrée les stands de Square-Enix et Manga Distribution qui ont très bien compris le sens du mot « soldes ». Mais pour le reste, quelle déception !
Fuyant comme la peste la zone goodies toujours autant pleine, je vagabondai un peu sonné dans les allées. Si vendredi cet exercice s’est révélé assez aisé, samedi fut une autre paire de manches. Car si la Japan semblait avoir perdu en taille, le public lui était bien présent et de manière imposante ! C’est simple, le samedi on ne marche pas… on piétine ! Les allées, désespérément petites, laissaient peu de place aux manœuvres vagabondes, sauf peut-être en cas d’urgence pour esquiver les manifestions de free-huggers… Quoi qu’il en soit, mon plaisir fut une nouvelle fois entaché par une foule encore plus dense que l’année dernière. Difficile dans ces conditions de prendre son temps ou d’arrêter un cosplayeur pour lui demander de prendre la pose et gêner tout le monde (remarque, certains se roulaient des galoches en plein milieu, je suis sans doute trop bien élevé…).
Faire comme l’écureuil
Une amie pleine de sagesse m’a dit une fois : « La Japan, c’est comme un supermarché où tu paies pour entrer ». C’est basique, mais tristement vrai. A part acheter et assister aux conventions, je constate malgré mon enthousiasme passé que 85% de la convention vise à faire cracher des euros à l’otaku. C’était sans doute le cas l’année dernière aussi, mais cet aspect m’a sauté aux yeux cette année.
En effet, à part acheter, qu’est ce que le fan de japanime peut bien faire durant ces 4 jours d’exposition ? Les conventions ? Il faut être intéressé par les intervenants et sacrifier une bonne partie de son temps pour y accéder. Les jeux vidéo ? Pas énormément de choses à se mettre sous la dent par rapport à l’année dernière. Pour preuve le stand Nintendo qui a perdu un nombre monumental de m² pour se contenter de quelques bornes pour Dragon Quest IX et une salle de projection pour le film de Professeur Layton (que je serais bien aller voir s’il ne fallait pas se pointer aux aurores pour avoir un billet d’accès…). Le cosplay ? Chacun est juge, mais j’ai trouvé cette année tristement pauvre à ce niveau. Si le nombre de gothic lolitas a doublé (voire triplé), les cosplayeurs ne m’ont pas semblé si nombreux que ça, ni réellement variés non plus (moins de Naruto mais de plus en plus de Vampire Knight...). Les stands ? A part celui d’HOJO (qui était très agréable à parcourir), c’est quasiment le désert. Que me reste-t-il donc à faire ? Ben acheter.
Mais acheter quoi ? Des goodies ? J’ai eu l’impression que ces derniers étaient quasiment les mêmes que l’année dernière. Je n’ai pas pu vérifier en détail vu que cette zone me révulsait à cause de la foule. Sur les stands des éditeurs pros, on pouvait noter de très (très) bonnes affaires chez Manga Distribution avec des coffrets intégral à 10 € pièce, ou encore des jeux largement bradés sur les stands de Namco Bandai et Square-Enix. Par contre, niveau manga, à part se tourner vers l’occasion, il y a toujours peu d’intérêt à prendre ses séries en cours sur les stands, vu que cela n’apporte aucune commodité supplémentaire à l’achat. Seul avantage, se procurer rapidement des séries complètes, chose pas toujours aisée chez les libraires.
Un peu d’air, de l’air !
J’ai failli omettre un minuscule détail. A la Japan Expo, non seulement tu as la foule, mais en plus tu as la chaleur. Si samedi nous a fait grâce en envoyant la pluie de bon matin pour rafraîchir l’atmosphère, vendredi a donné lieu à un véritable effet sauna. Les éventails était (heureusement) toujours de la partie, ils permettaient de survivre et de ne pas faire de malaise involontaire (le pire restant tout de même le retour dans le RER B, véritable sauna sur rails…).
Cependant, la meilleure manière de se rafraichir à la Japan, hormis les boissons hors de prix, c'était de squatter la salle de concert. Là, assis et au frais, on pouvait, au passage, assister à des défilés de cosplay, des performances d’artistes japonais (chacun ses goûts) ou encore des concerts de musique.
Pour ma part, j’ai assisté au défilé du vendredi qui était pas mal du tout et assez varié, ainsi qu’au concert de musiques de jeux vidéo le lendemain. Ce dernier était très agréable lui aussi, bien que l’on regrettera une sonorisation un peu limitée (trop de basse par exemple, ce qui couvrait les mélodies) et des performances quelque peu mitigées sans doute à cause du stress.
I'm a poor lonesome otake…
Loin de moi l’idée de passer pour un trolleur en taillant avec ou sans raison une convention qui a ses fans et ses détracteurs. Mais la vérité est telle dans mon cas : je me suis ennuyé. Je n’ai pas réussi à apprécier l’événement pour les raisons citées plus haut. Est-ce que j’avais trop d’attentes ? Très certainement. Est-ce que j’aurais dû me renseigner un peu avant de venir ? C’est sûr. Est ce que ma passion pour la japanime n’est pas la même qu’il y a un an ? Peut-être…
Toujours est-il que toutes mes bonnes intentions ont fondu au fil des heures et de mes errances. Je voulais me faire un safari cosplay : le monde et le peu de variété ne m’y ont pas encouragé. Je voulais m’intéresser un peu aux stands fanzines : la trop forte présence de séries fleuves (Naruto, Bleach…) et surtout de trips ecchi et/ou yaoi (il y en a de plus en plus…) m’ont vraiment démotivé à faire le pas.
Aussi, ce séjour m’a toutefois permis d’en tirer quelques conclusions : il n’est pas nécessaire d’assister à cette convention plusieurs fois d’affilée vu le peu d’évolution dans la forme et le fond. Et que si je souhaite partager plus profondément ma passion avec d’autres, soit je fais des compromis et tente une approche, soit je me dirige vers des conventions plus petites et plus intimistes.
D’autres avis plus positifs ont sans doute éclos ici et là sur la toile, et je vous invite à les consulter pour recueillir le plus d’avis possibles. De mon point de vue, la Japan Expo n’est finalement qu’un supermarché spécialisé dans lequel la consommation prend trop souvent le pas sur la passion. Une réelle déception qui donne lieu à un triste bilan : la Japan Expo 2011, ce sera sans moi…
- Article publié par AngelMJ
























