Kuroshitsuji II - Fais-moi mal !
Pour tous ceux qui n’ont pas encore vu ce début de deuxième saison, je tiens à vous prévenir que ce qui suit pourrait vous spoiler et gâcher la surprise de ce nouvel opus.
Une deuxième saison de Kuroshitsuji, cela donne envie. Une suite avec deux nouveaux protagonistes non rencontrés dans le manga original de Yana TOBOSO, cela laisse dubitatif.
Mais au vu du staff, j’ai pu me rassurer. C’est de nouveau A-1 Pictures qui est aux commandes, la majorité du staff du premier volet rempile ici aussi dont Mari OKADA à la composition. Quelques exceptions pour le réalisateur, Toshiya SHINOHARA, remplacé par Hirofumi OGURA et le directeur artistique, Manabu OTSUZUKI prenant la place de Hiromasa OGURA.
Vous me verrez aussi extrêmement ravie de toujours voir figurer Minako SHIBA et Taku IWASAKI respectivement au chara-design et à la musique. Le premier ayant un style de dessin délicat qui convenait magnifiquement à notre très distingué Sebastian. Tandis que la deuxième nous a accompagné tout au long de Kuroshitsuji en magnifiant les scènes au son de notes envoutantes.
Au vu des premiers épisodes (trois pour ma part lorsque j’écris ces lignes), le style est au rendez-vous. Le dessin a gardé sa délicatesse déjà rencontrée dans le premier opus et je ne peux que me ravir de voir Alois et Claude prendre vie avec autant de soin. J’en oublierais presque que le duo Ciel/Sebastian était ce que je voulais voir dans cette suite et que je ne voulais pas laisser de crédit à ce nouveau duo.
Pourtant, Alois et Claude ont leur charme et ils l’utilisent d'une très bonne façon.
Alois, comme Ciel, possède un passé très sombre. Pour louer les services d’un démon-majordome, c’est relativement la moindre des choses. De ce que l’on sait d’Alois, il est issu d’une famille noble anglaise, la famille Trancy. Tout jeune, il fut enlevé et son père l’a recherché pendant des années, tandis que sa mère mourait de chagrin. Son père l’a finalement retrouvé et l’a ramené au manoir familial. Quelques temps après, ce dernier décède, laissant Alois à la tête de la famille Trancy. On sait juste que son majordome Claude Faustus est désormais avec lui et que c’est la seule personne en qui il ait confiance.
Dès les premières minutes, le côté sombre laissé en retrait dans la première saison est ici mis au premier plan. Déjà enlevé enfant, Alois ne sera pas non plus des plus choyé au sein de sa famille. Le contrat, semble-t-il, passé avec Claude changera cette donne. On ne s’étonne donc pas d’être les spectateurs du tempérament plus que sadique d’Alois. Au départ enfant vicieux, il essaye de faire perdre patience à Claude en jouant gentiment à défaire les boutons de sa chemise alors que ce dernier tente de l’habiller. Il poursuivra la démonstration de sa personnalité quelques minutes plus tard en crevant l’œil de sa servante Hanna, avec son doigt, sous les regards impuissants de ses triplés de serviteurs.
Alois agit tel un enfant gâté, menant le manoir au gré de ses caprices, qu’ils soient enfantins ou violents. Un enfant réellement dérangé mais qui reste cela dit, un enfant, au vu de plusieurs autres de ses réactions.
Venons-en à Claude, très élégant Claude. Mais désolée, il n’est qu’une pâle copie de Sebastian. Vous reconnaitrez aisément la fan en moi, mais cela reste mon avis. C’est sûr que deux majordomes ne peuvent que se ressembler dans leurs attitudes. Ou encore que Sebastian a tellement de fans, que la production voulait les satisfaire en introduisant limite un clone, mais je n’ai pu m’empêcher de dénigrer Claude tout le long de ses apparitions et regretter notre cher Sebastian, si talentueux et si compétent. Claude paraît même un peu moins doué quand on y pense (non,je ne suis pas de mauvaise foi). Bien que des tentatives grandioses ayant pour but de nous montrer l’immensité de son talent et de sa dextérité aient été perpétrées dès le premier épisode. Une scène qui n’est là ni plus ni moins que pour servir cet objectif et commence d’ailleurs sur une partie de claquettes qui est tellement incongrue qu’elle fait rire. Encore ici, bien qu’il nous démontre à quel point il est un bon majordome démoniaque, je ne peux m’empêcher de voir l’ombre de Sebastian dans son dos.
Le reste des personnages reste ici relativement en retrait de nos deux protagonistes pour l’instant. Hanna, bien que très belle, est totalement maltraitée par son jeune maître et ne dit rien. Tandis que les triplés qui n’ont jusqu’ici pas ouvert la bouche une seule fois, ressemblent à s’y méprendre à un jeune Sebastian.
Sebastian par ci, Sebastian par là, je commence à en ennuyer plus d’un avec le sous-entendu que l’on voit poindre dans mes propos : "c’était mieux avant".
Et bien non, aussi bizarre que cela puisse paraître et malgré ce que je peux en dire, ce nouveau duo fonctionne quand même pas mal bien je trouve. Autant dire que le caractère d’Alois y est pour beaucoup, il est torturé et son passé semble renfermer pas mal de choses comme c’était le cas pour Ciel. Je m’habitue assez vite au nouveau duo et je me surprend à vouloir leur laisser une chance.
Et c’est là que le scénario nous prend en traitre !
Cette série que j’ai longtemps nommée "une suite qui n’en est pas une", va me surprendre dès la fin du premier épisode. Et je comprend enfin le pourquoi du "II" à côté de "Kuroshitsuji". Et quelle magnifique surprise ! Bien sûr, aucun fan devant son écran ne s’est trompé quand il a vu débarquer ce mystérieux voyageur chez Alois. Avant la sortie de ce nouvel opus, aucune information n’avait filtrée et c’est avec espoir et un peu d’appréhension que j’ai attendu à la fin du premier épisode de voir qui était ce mystérieux voyageur.
On ne nous aura pas floué et c’est dans la joie et les hurlements, que les yeux rouges de Sebastian apparaissent à l’écran. Avec une première et rapide confrontation contre Claude, autant dire que ça ne chôme pas et que les fans tels que moi seront aux anges.
L’introduction de Sebastian dans le manoir d’Alois avait pour but de retrouver une possession de Ciel qu’il réveillera ensuite grâce à elle.
S’ensuivent deux épisodes où l'on ne verra plus Alois et Claude mais où l'on recommencera les aventures de Ciel et Sebastian comme si rien ne s’était passé jusque là. Tous les personnages secondaires préalablement rencontrés sont présents, à bien sûr quelques exceptions près et cela permet de mettre sur la table bon nombre d’idées d’interprétation.
On nous livrera quand même un indice à la fin du troisième épisode en mettant à jour les liens unissant la famille Trancy et la famille Phantomhive. Bien maigre pitance pour toutes les questions que peuvent soulever ces deux derniers épisodes.
Avec les trois premiers épisodes de la deuxième saison de Kuroshitsuji on passe par pas mal d’états d’esprits. Le premier épisode étant à mon avis, le plus riche : la découverte de nouveaux personnages, l’acceptation de ces derniers après avoir connu d’excellents personnages dans la première saison. La comparaison entre les deux duos, puis l’émerveillement de l’apparition de plusieurs personnes. Pour poursuivre avec le total désarroi au vu des deux épisodes suivants qui cassent totalement le rythme déchaîné du premier en nous replongeant dans des habitudes laissées avec la première saison.
Bien que ces deux épisodes nous semblent bizarres et même un peu faciles, à reprendre des trames déjà posées par le premier opus, ils laissent filtrer des petits indices soulevant pas mal de questions sur le fond de l’histoire.
Avec Kuroshitsuji, il ne faut pas se laisser avoir finalement, la moindre petite chose peut être un élément menant à une clé de compréhension. Ces épisodes en distillent quelques-uns, et c’est avec délectation que l’on se retrouve à échafauder des théories pour tenter de comprendre ce qui nous avait tout d’abord désemparé. Surtout en ce qui concerne Ciel, compte tenu de la fin de la première saison.
Kuroshitsuji ne finit pas et ne finira pas de nous surprendre. Derrière ses allures d’anime simple et facile, il cache encore des symboles et des trames de scénarios bien ficelés. Le tout toujours aussi bien servi par un dessin délicat et une musique captivante.
- Article publié par emilie














