Mitsudomoe - Il ne manquerait que les tentacules
Le synopsis de Mitsudomoe est rapide à faire. D'un côté, on a un nouvel instituteur très content de commencer son travail tant espéré et très gentil comme le stéréotype de presque tout instituteur d'anime. De l'autre côté, on a des triplettes qui ont des caractères bien trempés, peu conventionnels et pour en rajouter une couche, éthiquement incorrects surtout pour des gamines de 11 ans.
Et pour que la composante humour, selon la définition des scénaristes, soit de la partie, l'aînée des triplettes (Mitsuba) est complètement sadique et se croit supérieure à tout le monde. Celle du milieu, Futaba, est un peu plus simple dans sa tête et bizarrement c'est elle qui est la plus sportive. On n'a pas oublié de lui donner un côté pervers avec son goût très prononcé pour les seins. Puis la dernière, Hitoha, est toute mignonne et toute timide, en apparence seulement. Elle préfère qu'on la laisse en paix pour pouvoir lire ses revues pornographiques dans son coin. Mais comme le tempérament des triplettes avait l'air d'être tellement hors norme pour nos scénaristes, ils ont trouvé que ce serait bien de rajouter un autre stéréotype en la personne de l'infirmière. Fragile, pas douée, avec des lunettes qu'elle perd sans cesse et surtout totalement à côté de ses pompes.
Pour les fils rouges du scénario qui sont assez pauvres, ils ne se sont pas vraiment creusé la tête. Du coup, je vous laisse faire. Dès les premières minutes du premier épisode, vous serez à même de pouvoir les identifier sans problème. Ça va surtout fonctionner en mise en place de petites historiettes et situations cocasses où les triplettes joueront des rôles qui se voudront plus ou moins comiques. Ça reste une trame assez classique, on a déjà pu voir cette façon de faire cette année en une version un peu plus améliorée cela dit, dans Working !! par exemple.
C'est clair que ce genre de mise en situation ne fait pas l'unanimité. Certains seront attirés par ces caractères très bizarres et voudront voir ce que ça peut donner au milieu de situations qui se veulent comiques tandis que d'autres ne trouveront clairement rien d'intéressant dans l'idée d'avoir des gamines perverses en héroïnes d'anime.
Évidemment, avec mon caractère vicié, l’étonnement n’est pas de mise quant à ma propension à faire partie de la première catégorie et j'ai donc tenté l'expérience Mitsudomoe.
Au moment d’écrire cet article je n’ai vu que les quatre premiers épisodes. Les deux premiers m’ont confirmé mon choix, les situations loufoques m’ayant fait rire, l’humour douteux fonctionnant assez bien pour mon compte. Les quiproquos que l’on voit venir restent maîtrisés et cela ne me paraissait pas lourd. Les caractères des trois sœurs sont bien définis et chaque particularité est bien exploitée. Il n’y a pas seulement l’individualité de chaque caractère qui est utilisé pour l’humour mais leurs relations entre elles, ainsi qu’avec leurs camarades et leur instituteur. Dans cette série, les personnages secondaires sont de la partie, permettant encore plus d’ouverture pour les situations loufoques avec les triplettes.
Seulement passé ces deux premiers épisodes, un bémol apparaît pour moi je dois dire. L’humour que j’ai bien apprécié devient quelque peu lassant. À utiliser toujours les mêmes combinaisons, l’ennui se pointe parfois. Les quiproquos c’est sympathique, mais utilisés une dizaine de fois par épisode (j’exagère un peu là, mais quand même), cela finit par être lassant et ça ne me fait plus rire selon les occasions. De la même façon, la tête flippante d’Hitoha est tellement utilisée que le gag ne fonctionne plus, c’est quasiment devenu sa tête normale. Heureusement, les personnages secondaires restent bien exploités et cela rehausse le degré d’humour. L’apparition d’un en particulier à la fin du troisième épisode, remettra l’humour loufoque sur le devant de la scène et les réactions des triplettes face à cette situation m’a beaucoup plu.
Mitsudomoe joue la carte du facile, un humour que beaucoup peuvent qualifier de "pipi-caca" et je ne les contredirai pas. Seulement la différence est de taille entre Mitsudomoe et le "pipi-caca" non assumé d’animes qui se veulent normaux mais sont ecchi au fond avec des quiproquos et tout le tralala. Les mêmes choses sont utilisés dans Mitsudomoe mais à une échelle différente, ici c’est le devant de la scène, pas les petits "plus" et évidemment, ça part en sucette très souvent et peut alors choquer des gens qui veulent rester dans un contexte normal. Les intentions se veulent souvent louables mais on sait dès le départ que ça ne va pas bien se dérouler, c’est le jeu. Et c’est ainsi qu’à un moment notre instituteur se retrouve à exposer ses bijoux de famille devant les triplettes et l’infirmière. Moralement, ça fait sauter au plafond lorsque je vous dis ça, surtout sorti du contexte. Et encore même en contexte, il est clair que la moralité est très douteuse. Mais une fois immergé dans Mitsudomoe, on sait que ça ne peut que dégénérer et même si on se dit "non, ils ne vont pas oser" et qu’ils osent, on en rit tellement c’est n’importe quoi. Bien sûr, la perception de chacun de l’humour est différente et le restera, du coup ça n’atteindra forcément pas tout le monde.
Le point positif, mais néanmoins pouvant se révéler négatif, de tout ceci est le chara-design. Je le définirai comme mignon mais, avec têtes d’ampoules. C’est un trait qui est rond et donc mignon pour moi, j’aime beaucoup les faces des enfants, je les trouve "kawai" comme on dirait, un gros bon point pour moi. Mais ce trait pousse à avoir ce que je disais plus tôt : des têtes d’ampoules, surtout chez les adultes. Ma référence va peut être vous paraître bizarre, mais j’ai parfois l’impression de me retrouver face à des Gaston Lagaffe avec des traits plus simples. Du coup, ce point aussi en rebutera plus d’un, ce qui reste normal, ce style de dessin étant assez particulier.
Et malgré les traits enfantins, rondelets et tous mignons de Takaharu OKUMA et les ajouts rosés aux points stratégiques comme les genous ou les joues, l'attraction moe n’est clairement pas de mise ici, pourtant il y aurait eu matière. Mais ce n’est pas le propos, le dessin atténue sans doute l’humour douteux ou les situations trop graveleuses et de mauvais goût. Cela renforce aussi ces côtés, le dessin très mignon poussant à l’idée d’écoliers gentils et mignons, nous douche froidement lorsqu’on se retrouve face à leurs caractères pervers. De même, le ecchi n’est pas au rendez-vous non plus, tout est assumé, peut-être trop et donc il n’y a aucun sous-entendu.
L’ensemble de cette adaptation du manga de Norio SAKURAI, géré par Masahiko ÔTA a la pêche et l’animation ne souffre pas de temps mort, c’est bien réussi. Si bien, qu’au final on ne se concentre quasiment que sur les gags ou l'histoire de moralité que cette série peut soulever.
L’opening est une parfaite réalisation de cette ambiance électrique avec une musique électronique où les gamins menés par les triplettes ne font que marcher en cadence avec chorégraphie à la fin. Je vous avouerais que je suis loin d’être une adepte de celui-ci.
Mitsudomoe comme on le pensait avant les sorties de cet été est une série atypique qui ne plaira pas à la majorité. Les débuts ont été prometteurs. Mais passés quelques épisodes, les gags sont devenus un peu lassant pour ma part même si le style « pipi-caca » ne m’a pas gêné au départ. Mitsudomoe saura-t-il renouveler sa façon de placer son humour pour bien continuer dans sa lancée de départ ?
- Article publié par emilie




















