Wolverine - Où le ridicule devrait faire très mal

Mes peurs se sont révélées totalement fondées. Le Wolverine imaginé par Madhouse est à des années lumières de celui que l’on peut connaître. Et pourtant j’ai tenté de donner une vraie chance à cette série, je me suis imposé un vrai calvaire jusqu’au 6ème épisode, avec toujours ce petit espoir au fond du ventre. Je ne peux tout simplement pas accepter que cette horreur soit Wolverine.
Ah oui autant vous faire une raison de suite, je ne serais pas gentille, même un troll ici se révèlerait être gentil vu la monstruosité qui a été engendrée. On ne touche pas à Wolverine si c’est pour en faire un pantin ridicule s’habillant dans les tréfonds les plus oubliés de la mode des années 80. Commençons dans l’ordre, on ne va pas rentrer dans le vif du sujet tout de suite, je risquerais de m’énerver. Penchons-nous d’abord sur les parures : l’opening et l’ending.
L’opening commence bien, il est rythmé avec une musique sympa mais rappelant étrangement les années 80 (ou alors je suis obsédée par cette période du 20ème siècle) niveau rock. Mais surtout (surtout !), au cas où vous auriez oublié que l’on parle de Wolverine ici, une multitude de plans où ses griffes explosent littéralement de ses mains. Bon, elles ne font tout simplement que sortir de ses articulations, comme d’habitude, mais l’insistance donnée à ces scènes en devient presque une maladie. Sans oublier la fin de cet opening où Logan se relève avec le paysage d’une ville devant lui pour donner une impression de grandeur. Telle une bête qui se réveille d’un long sommeil pour réaliser qu’elle est devenue bipède et peut relever son dos comme les humains. J’éxagère ? À peine voire pas du tout.
L’ending ne vaut pas mieux, sur une musique du même style on suit notre rebelle sur sa moto. Et sans casque mesdames messieurs (Logan n’a peur de rien, il guérit tellement vite, il faut dire) ! Puis, lorsqu’il arrive face aux montagnes enneigées et qu’il n’a pas froid pour si peu, la musique s’adoucit pour nous permettre d’être mélancolique. Ne me demandez pas comment on passe d’une ville chaude aux couleurs criardes à des montagnes paisibles et blanches, je ne sais pas. Il faudrait contacter Madhouse pour de plus amples informations. Et c’est forcément dans cette atmosphère calme que Mariko fait une rapide apparition, l’atmosphère de ville ne sied pas du tout à cette pauvre enfant il faut dire. Puis la musique s’accélère sur des tons dignes du Dieu Mars et l’on retrouve Wolverine torse nu au milieu d’un champ de bataille recouverts d’épées. N’oublions pas quand même de toujours montrer ses griffes, il ne faut pas oublier ses griffes voyons !
Bon je trépigne d’impatience, rentrons dans l’arène maintenant !
Attention les yeux mais le Logan de Madhouse n’est qu’une marionnette sans biceps, sans réelle aura animale, sans rien. C’est un gars mince avec un peu de muscles qui grogne de temps en temps. Il a aussi des griffes qui sortent de ses mains évidemment, mais le manteau de skaï rouge qu’il se trimballe sans arrêt et sa coupe de cheveux mulet attirent beaucoup plus l’attention. Même les combats en deviennent ridicules et, à ce compte-là, autant passer du bon temps dans un cabaret transformiste que de regarder cette pâle copie de super héros qui a oublié de prendre ses pilules. À un moment, on ne comprend pas pourquoi parce que le vent ne réagit pas comme ça d’habitude, mais le t-shirt de Logan est soulevé pendant qu’il se planque et l’on voit un essai de six-packs. L’intérêt ? Strictement aucun, excepté l’envie de l’équipe de Madhouse de montrer son incompétence et sombrer encore plus loin dans le ridicule. Ah non, après étude de l’image, on me dit dans l’oreillette qu’il s’avère que le t-shirt de Logan est tellement moulant que l’on peut voir toute sa musculature épouser chaque fibre du vêtement à la perfection. Sans oublier que dès le premier épisode on verra l’impétuosité de Logan se faire massacrer par un pépé et son katana en bois. On dit merci à l’adamantium et sa capacité à se régénérer assez vite sur ce coup-ci. Il serait mort 36 fois sans ça. La question est, où est passé le Wolverine violent et doué ? Celui qui met en déroute son adversaire par excès de violence et de pulsions animales ? Dès le premier épisode la déception m’a totalement envahie. Le ridicule ne tue pas apparemment, et donc dans le script on en a des belles aussi. Je ne sais pas combien de fois pendant les six premiers épisodes on peut entendre des personnes dire que Wolverine est devenu totalement fou et qu’il se bat au moment même de façon incontrôlable. C’est devant ce genre de dialogue que j’ai envie de pleurer, lorsque l’on voit les combats du Wolverine de Madhouse. On ne doit pas avoir la même définition de Wolverine incontrôlable, ça doit être ça.
Bon, il faut se rappeler que Wolverine a un côté super cool mine de rien : c’est une bête. Du coup, comme les vampires, il est capable de sentir le sang. Et comme ça, c’est le premier à découvrir le corps inanimé de son pote Asano qui était venu le chercher jusqu’à New York pour l’aider. Maintenant c’est sûr, on vient de buter son pote, la bête va se déchaîner !
Et non, cette scène sert à faire passer Logan pour le coupable de ce crime odieux (oui vous pouvez le lire en appuyant sur les aigus). Parce qu’aussitôt Logan arrivé sur les lieux, les flics investissent la place. Les méchants n’ont vraiment plus du tout d’imagination de nos jours. Ou alors il doit y avoir un guide des plans parfaits pour faire taire les personnes gênantes et ce plan là est en tête des charts. Mais, malheureusement pour les méchants, les policiers qui arrivent tout le temps sur les lieux en premier sont soit des n00bs, soit des trouillards, les Bruce Willis ou Vin Diesel, ils ne sont jamais là à temps dans ce genre de plans, c’est tellement dommage. Et comme ça Logan et sa nouvelle super copine la ninja peuvent s’échapper en quelques pas de danses appris dans les cours d’évasion en grande classe.
Mais comme ça ne suffisait pas et que Logan ne fait qu’une bouchée des yakusas à la botte de son ennemi Shingen. Replaçons Shingen quand même : c’est le gentil papa de la douce et bien-aimée de Logan, mais il veut la marier au nouveau chef de l’île de Madripoor, parce qu’il ne faut pas déconner, avoir une fille quand on est yakuza, ça sert à faire des arrangements politiques. Donc, comme les yakuzas ne sont que de la chair à canon pour Logan, les scénaristes ont décidé d’aller piocher un homme mystérieux dans un anime japonais qui a eu du succès. Ni une ni deux, à la fin du deuxième épisode on voit apparaître dans une ombre bien mystérieuse, les cheveux longs aux vents (parce qu’il faut bien payer l’Oréal) : Shiryu de Saint Seiya ! Ah non vraiment, ils ne lésinent pas, on va vraiment passer un bon moment avec cette série je vous dis.
Mais pour ne pas avoir de droits d’auteur à payer, on lui a donné un autre nom : Mikage Kikyo. Les scénaristes ne s’arrêtent d'ailleurs pas en si bon chemin, ce jeune homme aux cheveux magnifiquement brossés peut sortir un katana en adamantium de sa paume droite et possède le même don de guérison que Wolverine : si ce n’est pas wonderful ça !
Il faut dire que les scénaristes de cette série ne lésinent pas, je ne sais pas quelles directives ils ont eues, mais ils s’en donnent à cœur joie. Ils essayent de mettre tous les ingrédients possibles et imaginables qui peuvent faire une bonne série. Seulement là, trop c’est trop. Alors on a presque droit à un combat par épisode où Logan se fait tout d’abord complètement laminer, voire réellement laminer dans le premier épisode. Serait-ce pour montrer que c’est aussi un être humain cette pauvre petite bête ? Mais on a aussi droit à de magnifiques flashbacks, soit pour se rappeler combien Logan a pu être heureux avant, soit pour se rappeler des anciennes missions face à un ennemi connu. D’ailleurs, il y a un flashback pour rappeler la rancune d’Omega Red envers Wolverine parce qu’il a volé le synthétiseur de carbonadium permettant à son pouvoir de se stabiliser. Seulement, lors de cette mission, Wolverine n’était normalement pas seul, Dents de Sabre et Maverick l’accompagnaient, mais ça il n’y en a pas mention dans le flashback… Mais bon, passons, je chipote.
Avec cette version animée de Wolverine, on ne pourra pas non plus oublier les répliques dignes d’un film de Steven Seagal, c’est dire. Bien sûr c’est un anime d’action, il ne faut pas se leurrer mais certaines répliques sont d’ailleurs à ranger dans la même catégorie que la magnifique répartie de Tornade dans le premier film X-Men : « Que fait le crapaud quand la foudre lui tombe sur la tête ? Il fait comme tout le monde, il dit aïe. ». C’est magnifique non ? Et bien dans Wolverine, ça ne vole pas beaucoup plus haut que cela non plus. Bon, je vais arrêter de m’énerver sur le scénario et l’histoire, sinon je n’en finirai pas. Ah mais non ! J’ai complètement oublié de parler de la pote ninja de Wolverine. En fait, à part ses boobs gros comme des pastèques qui nous permettent de l'identifier en tant que femme, elle ne sert à rien. Ce qui nous amène au seul point positif : Mariko. La seule vraie présence féminine de cette série. Cette jeune femme est magnifiquement réussie côté chara-design, ça nous change de la bouffonne qu’il y avait dans Iron Man et qui n’avait aucune classe. Bon le souci ici, c’est que bien que magnifique, Mariko ne dit grand-chose. Cependant elle respire la classe et la beauté, comparativement à la ninja qui n’a pas un physique facile. Mariko est d’ailleurs trop belle pour l’ersatz de Wolverine que l’on nous a fourni.
Bon le scénario et les personnages sont ridicules, qu’en est-il du reste ? Je pense que vous me voyez venir, sinon je ne serais pas autant remontée contre cette série. Et bien oui, le reste est aussi mauvais !
On ne peut même pas dire que rares sont les plans qui donnent des frissons parce qu’il n’y en a réellement aucun. Que ce soit au niveau des décors ou de l’animation, tout est presque au plus bas. Les dessins sont classiques, les décors restent très peu travaillés, juste assez pour savoir où on se situe. Avec un anime de ce type, il est clair que l’action est au premier plan et c’est effectivement ce qu’il se passe mais, face à des combats aussi mal animés et aux dessins plus que flous, c’est clair qu’on espérait mieux à côté pour compenser. Pourtant, ils essayent de faire des plans classes, un petit plan sur la main gauche de Logan posé contre son bassin tout en rejetant sa veste. Un plan sur sa main droite le long de son corps puis un plan qui part de son torse tout en remontant vers son visage qui s’éclaire en suivant le mouvement de la caméra. Puis au moment du gros plan celui-ci ouvre les yeux. Ça en jette hein ? Et bien non, c’est ridicule, tout bonnement à se rouler par terre tellement c’est moche et mauvais. Je crois que cette série serait parfaite pour apprendre à Lag Seeing de Tegami Bachi à pleurer de rire.
Et je ne parlerai pas des couleurs pendant 15 lignes parce qu’il a trop peu à en dire. Les couleurs sont tellement sombres qu’ils se sont cru obligés d’assortir Wolverine d’une veste en cuir (ou skaï, à votre propre jugement) rouge très moche pour que l’on puisse le reconnaître dans cette immensité de tons de gris.
La musique inexistante à mes oreilles jusque là, prend un tournant différent dans le 6ème épisode grâce à un évènement particulier. Le même évènement qui a ravivé mon intérêt pour cette série et m’a donc poussé à regarder cet épisode alors que je voulais achever mon calvaire au bout du 5ème. Mais ma naïveté me perd toujours autant et ce mirage s'est enfui aussi vite qu'il est apparu, me replongeant dans l’horrible réalité : je ne peux concrètement pas trouver de points positifs permanents dans cette série qui met en scène mon X-Men préféré.
En conclusion, Marvel n’aura réussi qu’une chose avec cette adaptation à jeter à la poubelle : je suis extrêmement motivée à me pencher sur les comics alors que je ne l’ai encore jamais fait. Je ferais tout pour oublier cette horreur qui m’a brûlé les yeux.
- Article publié par emilie














