91 Days - Vengeance et mafia

» Critique de l'anime 91 Days par Anon le
02 Octobre 2016

91 Days est le nouvel anime des récents studio Shuka, auxquels on ne doit pour le moment que la saison 2 de Durarara! et qui ont décidé, plutôt que de suivre avec un nouvel opus de Baccano! qu'on aurait accueilli avec joie, de faire, certes un anime de mafieux, mais en série originale cette fois.

91 Days, qui passent bien vite vu que la série ne fait que douze épisodes, nous entraîne aux côtés d'Angelo/Avilio, un brave garçon qui a survécu au massacre de sa famille par le clan Vanetti, et qui reçoit des années plus tard une mystérieuse lettre qui lui donne les noms des coupables. Ni une ni deux, le voilà parti en infiltration dans la mafia pour accomplir sa vengeance, en se rapprochant du fils Vanetti, Nero. Tout en aidant ce dernier dans ses magouilles pas très légales, Angelo va tenter de retrouver les assassins de sa famille et de les tuer jusqu'au dernier, avec Nero lui-même en tête de liste.

On ne va pas se mentir, 91 Days ne fait pas dans l'original. Si son cadre historique, une ville fictive en fin de Prohibition, est plutôt sympathique, nous voilà avec une énième histoire de vendetta dans un univers mafieux, rien de bien novateur. D'un point de vue scénaristique, je ne me suis pas forcément sentie très passionnée par les affaires de vente d'alcool qui mangent les trois quarts de l'intrigue, par les règlements de compte à la pelle et les habituels complots pour déglinguer les familles adverses, mais elles contribuent à instaurer une ambiance toujours pesante, comme on ne sait jamais qui va sortir un flingue pour tirer sur qui. De plus, dans sa trame principale qui est naturellement la vengeance d'Angelo, on se retrouve face à un schéma tout à fait prévisible et une conclusion attendue, les quelques mystères insérés de ci de là n'offrant aucune révélation saisissante au final.
Le rythme est plutôt lent, surtout dans les premiers épisodes; la série propose ensuite un cocktail assez surprenant d'humour et de glauque, mais s'enfonce rapidement dans une atmosphère lourde au final inéluctable.

La grande majorité des personnages, sans dire qu'ils ne servent à rien, n'ont pas grand intérêt et on ne s'y attachera guère; toutefois, le duo principal d'Angelo/Nero marche bien; le premier étant taciturne et manipulateur à souhait (petite mention à ses expressions psychopathes d'ailleurs), le second grande gueule et finalement attachant, et le lien qui se forge entre eux deux, si il n'a d'amitié que le nom ( y'en a quand même un qui veut tuer l'autre ) et se développe discrètement, rend le tout plutôt accrocheur. En témoigne l'épisode final qui résume à lui seul la relation impossible entre les deux personnages. Pour le reste, s'ils sont quelque peu stéréotypés, j'ai tout de même apprécié le rôle de Corteo qui permet à plusieurs reprises de faire d'Angelo autre chose qu'un type silencieux obsédé par sa vengeance. Rien de très original encore une fois, mais ça passe tout seul.

Dans la forme, je serai un peu plus critique: le chara design sortant directement de Baccano est certes sympathique, mais le nombre de plans mal dessinés par épisode reste un peu trop élevé à mon goût; quant aux insertions de CGI, elles sont simplement moches. Rien de bien catastrophique tout de même, et l'anime reste globalement agréable à regarder. Niveau musical j'avoue ne pas avoir retenu grand chose, la série restant d'ailleurs volontiers silencieuse, mais les osts savent restranscrire l'ambiance au besoin et TK from Ling Toshite offre un opening beau et dépressif à l'image de son histoire.

Au final, je pourrais dire de 91 Days que c'est un anime qui fait le travail : globalement correct dans sa forme, avec une histoire qui part d'un point A et arrive de façon cohérente au point B mais sans surprise, des personnages sympathiques dans l'ensemble. Mais ce serait atténuer la bonne impression que la série m'a finalement laissée. C'est certes une histoire qui assume son classicisme (tout de même relatif dans le milieu des séries d'animation, il faut lui reconnaitre ça) mais je lui trouve un certain parti pris dans sa narration étonnamment posée ( avec certes son lot d'actes violents et de pétages de plomb, on reste dans la mafia ) encore une fois symbolisée par la fin, qui aurait pu être en apothéose et en faire des tonnes alors qu'elle s'avère à la limite du poétique. On pourra trouver que cela rend les choses ennuyeuses, je préfère penser que cela les rend plus fines, et que cet aspect de lenteur aide aussi à faire monter la tension, tant on devine comment tout cela va finir.

Alors non 91 Days ne me laissera pas un souvenir impérissable, et oui j'attends toujours ma saison 2 de Baccano, mais cela restera un agréable visionnage.

Verdict :7/10
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A propos de l'auteur

Anon, inscrit depuis le 28/07/2013.
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