Berserk 2016 — Une adaptation tant espérée qui détruit le mythe

» Critique de l'anime Berserk (TV 2016) par TheKing973 le
09 Octobre 2017

Je n’ai pas pour habitude de commenter une série. Mais là ce n’est pas une simple affaire, nous sommes en présence d’un cas mémorable de potentiel gâché.

Le manga

Berserk est l'un des meilleurs mangas que j'ai pu lire. Il n'y a pas de mot pour décrire cette histoire, le mieux c'est de la lire. Cette œuvre n'est cependant pas destinée à tout le monde et surtout pas aux âmes sensibles. Dans ce manga, il n'y a pas une once de limite, il n'y a pas plus cru que Berserk. C'est une référence parmi les seinen, un des meilleurs du genre, qui ralliera tous ceux qui sont à la recherche d'histoire pour adultes, tous ceux qui ont passé le cap du shōnen et qui veulent avoir des frissons, des émotions, de la rage, du dégoût, la passion et de l’amour inconditionnel.

Avant cette animation, il y avait:

Pour tous ceux qui ne le savent pas, cette adaptation de 2016 fait suite à une première série, datant de 1997. Cette dernière retrace le premier arc du manga «l’âge d’or», qui s’étend du tome 2 à 13. Comme tout animé, celui-ci avait ces défauts, qui m’ont longtemps empêché de la regarder jusqu'au bout. Mais à côté de la médiocrité de cette adaptation de 2016, j'étais obligé de me rincer l'œil avec une animation digne de ce chef-d’œuvre qu'est Berserk. J’ai donc repris l’anime de 1997. Franchement une bonne adaptation, qui peut facilement plaire et qui arrive finalement à donner en 26 épisodes une très belle histoire, certes résumée, allégée et censurée (surtout côté violence et sexe, télévision oblige), mais plutôt fidèle à l’originale.

Par la suite nous avons eu droits à trois films d’animations sur Berserk sortie entre 2012 et 2013, que j’ai décidé de ne pas regarder pour deux raisons: La première c’est que ces films reprennent le même arc que la série de 1997. Cela implique que non seulement c’est du déjà vu, mais en encore plus résumé (faut pas abuser quand même). Ils étaient donc principalement destinés à faire découvrir l’histoire au nouveaux nés du XXIème siècle qui n’avait jamais entendu parler de Berserk. La deuxième raison concerne l’animation 3D qui à l’époque m’avait rebuté. Aujourd’hui j’ai changé d’avis, et je compte bien les voir. Vous comprendrez pourquoi par la suite.

Premières impressions

Venons en a cette adaptation de 2016. Des années que nous attendons tous ce moment, enfin voir la suite de Berserk, mais surtout, frissonner devant l’horreur et le désespoir qui découlent des combats de Guts, qui lute seul face à une armée de démons toujours plus affreux et toujours plus forts.
Par où commencer? Faut dire que les quatre premières minutes de l’épisode 1 sont pleines de rebondissements.

On commence avec les premières scènes qui donnent sur les restes de la Bande du Faucon après le carnage de l’Eclipse. Première déception : la 3D, mais qui reste supportable surtout dû à l’excitation de voir la suite, puis on passe, sans aucune raison valable (un quasi viol de la timeline) à une présentation de Silke, Evarella et Flora et leur maison dans l’arbre. Là par contre magnifique, plein de détails et de couleurs, un beau mélange de 3D et 2D.

Puis le choc, l’insurmontable, le rejet total de ce qui se présente à moi: apparition de Guts en 3D, qui fait tout de suite penser à un personnage de mes jeux PS2, juste trois secondes, mais quel supplice! Mon idole est complètement pâle et lisse, sans détail et sans caractère, pas aussi imposant que dans le manga. Je me meurs….

Puis je revis, mes espoirs renaissent grâce à un merveilleux opening, arboré de magnifiques dessins 2D, tous plus beaux les uns que les autres. Cet opening est du grand art, une compilation de 90 secondes de scènes de l’âge d’or, rappelant le passé de nos personnages principaux qui sont Guts, Griffth et Casca ainsi que la raison de la souffrance de Guts. La musique est aussi très bonne. Bref j’adore.

La qualité de l’animation

Tout le long des épisodes on retrouve ce maladroit mélange de magnifique images 2D, et de 3D à vomir. Il est difficile d’apprécier les efforts du studio, tant la 3D casse le rythme de l’animation. Mais au final, pourquoi une 3D si monstrueuse ? Si ce n'étais Berserk, je n'aurais jamais tenu plus d'une demi seconde ! Le sentiment qui en résulte est celui d’un œuvre bâclée, qui manque terriblement de moyens, et qui use de la 3D pour aller plus vite.

Faut dire que j’ai toujours eu du mal avec les animés usant de cette technologie. Mais je ne suis pas complètement contre la 3D, c’est une technique qui peut offrir de très beaux rendus à condition de savoir s’en servir! Elle est loin d’être à ses débuts. Ils y a pas mal de «vieux» exemples comme FFVII: Advent Children (2007) ou encore Appleseed (2004), deux excellents films en 3D. Plus récemment, j’ai beaucoup aimé l’animé GOD EATER, excellent boulot de DAISUKI par ailleurs, qui m’a bluffé avec un style complètement différent alliant de très belles images à une animation plutôt fluide.

Mais là, mes yeux saignent, c'est un véritable massacre visuel. Quelle déception, on ne retrouve pas du tout l'univers de Kentaro Miura, on a droit à des décors 3D comparable aux jeux de 3DS avec des paysages pauvres en détails composés tout au plus de trois pauvres textures. Bref, un amas de polygones sans vie, à des années lumières de l’universnoir ethantédu manga original. Les personnages achèvent le spectacle en bougeant tels des robots, en s’exprimant avec des visages vides d'expressions. Que dire de ces coups de crayons par-dessus la 3D? Peut-être ont-ils eu honte de ne pas faire une once de dessins dans un animé? Ou encore mieux voulaient-ils faire croire à un dessin fait main? Clairement pas convaincant et ne permet pas vraiment d’adoucir la 3D, je dirais même que cela procure l’effet inverse, cela apporte en plus un effet brouillon (le comble pour un produit bâclé non?). On peut donc dire que le petit subterfuge est raté, mais pas désagréable pour autant.

Au final, la note que je donnerais à l’animation serait 2/10, on a frôlé le zéro là et je ne rigole pas! Après mure réflexion, je me dis que si j’arrive à finir les épisodes, c’est qu’ils arrivent tant bien que mal à en faire quelque chose de regardable.

C’est difficile d’outrepasser ces obstacles, mais pour Berserk, on ne lésine pas sur les efforts, à l’image de mon idole Guts, je tiens bon.

Le son

Malheureusement ils ont juste tué un mythe, je pense qu’en est tous d’accord: pourquoi Guts porte un tuyau de métal creux? Les mots me manquent. Il n’y a pas de raison pour que cela sonne creux! C’est un énorme bloc d’acier de plus de 200 kg punaise. Il faudrait un son adapté à son ce monstre, surtout quand Guts découpe plusieurs corps en même temps. Donnez-nous des bruits de tremblement de terre et des souffles de tempêtes, cette épée est une vraie calamité, chacun de ces mouvements devrait être juste spectaculaire. Bref, je préfère m’en tenir au son que je m’imaginais dans le manga.

Sinon les musique d’ambiances sont plutôt bien choisit, pas transcendantes, mais il y a bien une ambiance glauque quand les démons apparaissent, mais cela reste plutôt monotone. Aller, un petit 3/10.

L’Histoire

Le coup de grâce vient un peu plus tard, vers la fin de l’épisode 1, quand je me rends compte que dans cet unique épisode ils ont fait le choix de faire main basse sur près de 40 chapitres en omettant complètement les histoires du Comte et sa fille Therésia et celle de Jill et de l’apôtre Rosine et les faux elfes. Ainsi dans la même nuit Guts se bats contre les squelettes dans la forêt, tue l’arbre mangeur d’hommes et rencontre Dame Farnese et l’Ordre des Chaines Sacrées. Ces chapitres qu’ils ont jugés optionnel sont justement ceux qui plante le plus le caractère de Guts. Sans cette partie de l’histoire, il est difficile de comprendre à quelle point le combat solitaire de Guts est juste inhumain et que sa force n’a d’égale que sa volonté et sa rage. Gros bémol, grosse déception.

A partir de l’épisode 4, les choses vont mieux, l’histoire avance et se fie de plus en plus au contenu du manga. Mais après autant de main basse sur l’histoire, à la fin du dixième épisode, on reste vraiment sur sa faim, il n’y a clairement pas eu assez de contenu dans cette saison, pas de moments saisissants, tout va beaucoup trop vite. Dommage, ils auraient pu se rattraper sur l’histoire, mais je ne peux pas mettre plus que 4/10.

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Pour résumer, cette adaptation était longuement attendue car la première à donner suite à la série de 1997. Si d’un côté on est heureux de d’enfin voir Guts et son DragonSlayer atomiser des démons, on ne peut pas s’empêcher d’être terriblement déçu de pas avoir un magnifique manga 2D ou au moins une 3D bien maitrisé, avec de magnifique décors et une belle OST, ce que demande le peuple quoi. Aussi, pour ceux qui connaissent par cœur le manga, on regrette les nombreuses scènes manquantes qui empêche tout simplement d’avoir la même profondeur chez les personnages que dans le manga. Si je continue à regarder cette anime, c’est uniquement par pur dévouement à mon idole Guts, pour qui je tiendrais bon jusqu'à la fin, je veux l’accompagner jusqu’au bout dans sa lutte contre les démons, malgré toutes ces souffrances.

Verdict :3/10
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A propos de l'auteur

TheKing973, inscrit depuis le 03/08/2015.
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