Flying Babies – KyoAni has left the chat

» Critique de l'anime Flying Babies par Minuit le
30 Mars 2019
Flying Babies - Screenshot #1

Mais que fait le Minuit sur un format court, réalisé par trois potes bourrés sur Flash, à la sauce « cute girls doing cute things » ? La réponse, c’est que le Minuit, il a trouvé l’anime de la saison. Laissez donc vos Dororo et autres trucs de grands gamins, car maintenant on va parler de choses sérieuses. De choses très sérieuses. Et sérieusement drôles, tant qu’on y est.

Flying Babies, c’est le genre d’anime qui remplit toutes les conditions de sa catégorie. Des petites filles ? C’est bon. Un club ? On a. Une passion, si possible un peu farfelue ? Des aventures ridicules ? On coche. Des membres recrutés contre leur volonté ? Bon aussi. Bref : nous sommes devant l’archétype le plus parfait de la production moe telle qu’elle a été théorisée très largement par les plus brillants penseurs de l’animation japonaise depuis plus de dix ans.

Ici, ce sont des collégiennes qui se passionnent pour le hula. Pas le hula hoop. Le hula, la danse hawaïenne, avec les fleurs et tout. En somme, un sujet dont le spectateur n’a que faire. Et c’est finalement tout ce qui compte dans ce genre de production. Le sujet choisi n’est jamais là pour lui-même : il est toujours un prétexte à autre chose. Flying Babies ne déroge pas à la règle, bien au contraire. Et c’est tant mieux.

Flying Babies - Screenshot #2Car si je vous parle de cette série, c’est parce qu’elle fait mieux avec son budget ridicule et ses épisodes de trois minutes que toutes les autres séries du genre. C’est agréable à regarder, divertissant, mais en plus, ça réussit à être drôle, efficace, voire même intelligent par moments (oui vous avez bien lu ; et non, je n’ai pas fait d’erreur). Les aventures rocambolesques de ces jeunes filles forment un concentré de tous les ingrédients traditionnels du genre, mais en mieux. En fait, j’ai rarement autant ri devant une série, et qui plus est devant une série moe. Et rien que ça, ça justifie largement que j’en parle.

Alors que l’on rechigne souvent à laisser leur chance aux formats court, souvent à raison je l’accorde volontiers, la brièveté des épisodes est ici presque le plus grand atout de l’anime. Pour tout dire, même la simplicité, sinon l’austérité technique est un point positif. Toute l’énergie a été concentrée sur ce qui est le plus important sur ce type de production : le rythme et l’écriture. Il n’y a jamais une seconde qui tombe à plat, là où lorsque les choses s’étirent, la gestion du tempo des scènes devient plus difficile à coordonner.

Flying Babies - Screenshot #3On convoque tous les poncifs de l’humour, de la fille paresseuse qui réussit toujours à parvenir à ses fins, à la perverse qui passe tout son temps à mater en cachette. Tout y est. Stéréotypé ? Oui, bien sûr. Mais entre nous, c’est pour ça que c’est drôle. Et quand des stéréotypes sont bien utilisés, vous savez ce que ça donne ? Eh bien ça donne quelque chose d’hilarant. On a trop tendance à l’oublier à force d’être noyés dans des productions taillées à l’emporte-pièce, produites en série qui se foutent complètement d’être des stéréotypes sur pattes du moment qu’elles font croire à leur spectateur qu’elles ne le sont pas. C’est comme ça que des pigeons arrivent encore à trouver des isekai « originaux » et qui « sortent de l’ordinaire ». Mais c’est pas parce que ton personnage principal ressemble à rien qu’il n’en est pas moins un pédotaku primaire qui chasse les boobs rebondissants dans un univers parallèle vaguement fantasy.

Fin de la parenthèse, je me rends bien que je m’égare et que je vais avoir quelqu’un qui se sent très très concerné pour me tomber dessus et essayer de me démontrer, fort de ses posters type « yamete kudasai » accrochés au mur de sa chambre et de son fond d’écran très rembourré (je vous fais pas un dessin), qu’il y a des exceptions. Mais je m’égare encore.

Flying Babies - Screenshot #4Revenons à la série. Car là où elle étonne véritablement, en dehors de sa capacité à être très drôle, c’est par son audace. Certes, le ton doucereusement parodique n’est pas pour me déplaire, mais c’est surtout l’inventivité graphique qui domine. Que ce soit dans l’animation, quitte à exploiter les possibilités offertes par le numérique, ou dans la construction des décors, des plans, la série a su construire une identité efficace, innovante, en rapport à la fois avec les contraintes budgétaires qui sont les siennes et ses prétentions. La réalisation de la série fait preuve d’une liberté qui n’a que trop peu d’équivalent dans le reste de l’industrie.

A mi-chemin quelque part entre l’ultra-formaté et l’expérimental, la série est une œuvre extraterrestre qui, en plus de réussir ce qu’elle entreprend, le fait avec justesse. C’est une somme de détails, notamment visuels, qui font passer la série de quelque chose de bon à quelque chose de très bon. Car l’équipe de la série, assez improbable, avec son producteur qui s’improvise réalisateur, ne s’interdit pas grand-chose : proportions fantaisistes, couleurs hallucinées ou interruptions narratives, chaque épisode est un concentré de très bonnes idées, de partis-pris souvent aussi tranchés que contestables et arbitraires, mais qui participent autant que tout le reste à l’efficacité et à la qualité générale de la série.

Finalement, Flying Babies, c’est un peu K-ON!, mais en bien. Ou plutôt, c’est K-ON! à la sauce Trigger, façon Inferno Cop ou Ninja Slayer, mais sans la prétention ni la virilité de comptoir. Vous me direz qu’en même temps, les deux vont de pair. En tout cas, vous l’aurez compris, c’est un drôle de mélange, et c’est tant mieux.

Alors le Minuit, pour une fois il ne fait pas son râleur. Et au contraire, il n’a qu’une chose à vous dire : laissez sa chance à cette série. Contrairement à tous les gros morceaux qui finissent toujours par décevoir, celle-ci ne paie pas de mine, mais elle, au moins, elle en vaut vraiment la peine.

Verdict :8/10
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A propos de l'auteur

Minuit, inscrit depuis le 23/09/2017.
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