Critique de l'anime Heartcatch Precure!

» par Deluxe Fan le
05 Mai 2011
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Heartcatch Precure fait partie de ces nombreux animes dits populaires, c’est-à-dire connus et appréciés par le plus grand nombre au Japon. Le genre d’animes qui font des chiffres d’audimat d’autant plus forts qu’ils sont royalement ignorés par l’otakusphère occidentale, qui leur préfère des choses plus sophistiquées diffusées à une heure du matin ou distribuées en direct-to-DVD.

Toutefois, Heartcatch a remporté un succès unanime aussi bien auprès de l’otaku hardcore que de la fillette japonaise aux mains pleines de Nutella. Analyse d’un succès.

Heartcatch Precure : le pouvoir des fleurs

Septième série de la franchise Precure, Heartcatch ne demande pas quelque connaissance que ce soit pour être compris par le spectateur lambda. Il s’agit d’une série de magical-girl en apparence basique, dans laquelle des jeunes filles vont devoir repousser les assauts de méchants vilains pas beaux qui veulent détruire le monde ; le tout avec force dentelles, frous-frous et uniformes roses bonbon.

Ainsi, on suit les aventures de Tsubomi (Pétale en japonais), collégienne dont les parents fleuristes viennent d’emménager en province. Timide et réservée, elle a du mal à s’intégrer dans son nouvel environnement malgré le soutien (?) de sa voisine Erika, une jeune fille très énergique passionnée par le stylisme. Et puis, un beau jour, Tsubomi apprend qu’elle est choisie pour devenir une Precure, chargée de restaurer l’Arbre des Cœurs, qui fut détruit suite à la défaite de Cure Moonlight face aux Apôtres du Désert… Pour cela, elle va s’associer avec une fée trop kikoo-kawaii, Shypre, qui va la transformer en Cure Blossom (Pétale en anglais)… Je vous laisse deviner la suite.

Ce qui caractérise principalement l’histoire d’Heartcatch, en dehors de sa naïveté (terme non péjoratif ici), c’est son déroulement fortement codifié, correspondant à son format de diffusion télévisuel de 49 épisodes (un épisode par semaine sachant qu’il y a 52 semaines par an).

La plupart des épisodes sont donc construits identiquement selon un schéma particulièrement rigide : on commence par cinq à dix minutes de slice of life où l’on va montrer un peu quel est le problème auquel se confronte le personnage secondaire de la semaine. Puis, un des Apôtres du Désert débarque pour extraire la Fleur de Cœur dudit personnage, ce qui fait apparaître un monstre, le Désertarien. S’en suit alors plusieurs minutes de transformation pour les Precure. Comme ces transformations sont identiques, jamais coupées au montage, et qu’elles sont de plus en plus longues en raison du nombre croissant de Precure et de power-ups, je peux vous assurer que vous allez vite faire connaissance avec le bouton « avance rapide ». On a alors enfin droit au combat proprement dit, plus ou moins long selon l’ennemi. Lorsque le vilain pas beau est défait (toujours par la même attaque d’ailleurs), la Fleur de Cœur du personnage secondaire de la semaine est rétablie et Shypre / Coffret / PotPourri produit une Graine revitalisante pour l’Arbre des Cœurs… en la déféquant.

C’est quand même un peu tendancieux tout ça.

Cette rigidité dans la mise en scène peut être source de répétitivité, de prévisibilité ; et ce malgré la montée en puissance des belligérants. Mais la série compense avec trois atouts : les personnages principaux d’abord, le scénario ensuite, la réalisation technique enfin.

Bien que binaires dans leur rôles et leurs caractères (les filles infiniment gentilles contre les vilains infiniment méchants sauf quand ils perdent et se repentent), les personnages d’Heartcatch ont un intérêt certain et du charisme à revendre. L’évolution du caractère de Tsubomi est visible et la longueur de la série permet de saisir la saine émulation entre les personnages qui s’influencent. J’ai une nette préférence pour Erika dont l’énergie communicative et l’espièglerie m’ont conquis (la vanne qu’elle sort juste avant de battre le boss dans le dernier épisode m’a plié en deux). Les personnages sont de toute façon servis par un chara-design très typé mais très efficace, qui répond à la définition même de mot « kawaii » : petites têtes rondes, grand front, petit nez, énormes yeux scintillants. Le chara-design des Precure va du bon (Cure Blossom, Cure Marine, Cure Sunshine) au très bon (Dark Precure) pour atteindre le très très bon (Cure Moonlight). Notons également la performance du doublage qui est parfait, donnant à chaque personnage une identité sonore qui renforce l’attachement. Comment ne pas craquer devant le timbre si particulier d’Erika, ou les « desu~ » prononcés à la fin de chaque phrase par les petites fées ?

Comme expliqué plus haut, l’histoire d’Heartcatch se conforme à un moule qui lui accapare beaucoup de temps. Pourtant la série ne se laisse pas couler dans la routine puisque le scénario évolue, des personnages apparaissent et disparaissent et on aura même droit à quelques coups de théâtre. Les épisodes dans lesquels le scénario avance sont sans aucun doute ceux que l’on retient le mieux puisqu’ils bénéficient d’un boost d’intensité et de réalisation. On peut quand même constater l’évolution dans les combats qui sont bien sympas au début, puis qui virent à la sauce Dragon Ball Z avant se terminer à une échelle cosmologique que TTGL n’aurait pas reniée. Le tout reste dans un ton bon enfant, matérialisé par les séquences de transformation et les objets de combats qui font plus penser à des jouets Mattel qu’à des armes (« Hochet Magique ! Tambourin Solaire ! »). Les gens du service marketing ont de la suite dans les idées. Je sais ce qui va se vendre à Noël pour les gosses, moi.

J’ajoute à cela un packaging plutôt soigné vis-à-vis de la thématique des fleurs. On retrouve ce thème-emballage un peu partout et il est bien retranscrit. Le personnage s’appelle Tsubomi Hanasaki, elle travaille chez ses parents fleuristes, et les Precure se battent contre des vilains qui veulent accélérer la désertification… De plus, chaque personnage à sa « Fleur de cœur » qui est une fleur différente pour chaque et dont on nous explique la signification dans le langage des fleurs. Un détail, mais un détail révélateur du soin apporté à la cohérence de l’univers.

En ce qui concerne la réalisation technique, elle peut se résumer en deux mots : EPIC WIN. Les magical-girl que j’ai vu ont souvent été bluffant techniquement et Heartcatch perpétue cette tradition. Ça bouge, ça vole, c’est fluide, c’est beau, c’est bon. La 3D ne se montre que durant les transformations et encore, elle n’est pas du tout envahissante (sauf pour l’ending qui est irregardable). Comme les combats sont nombreux, on a bien le temps de voir les personnages se mettre dessus et les yeux apprécient. L’aspect sonore n’est pas en reste avec une musique bien dans l’esprit, et une mention spéciale pour l’opening qui sert également de thème principal. En effet, c’est le genre de chansonnette qui s’installe dans un coin de votre tête pour ne pas en sortir. Cette réalisation aux petits ognons est, avec le chara-design et le doublage, la valeur ajoutée de Heartcatch.

Heartcatch Precure est un anime qui ne se dénature pas. Il est pensé pour un format, pour un public. Ce n’est pas le genre d’anime qui fait des compromis ou qui va chercher plus loin que ce pour quoi il existe. Surtout, Heartcatch Precure est un anime sincère. Tout ce qu’il a à dire, il le dit dans la série (et un peu dans le film) ; c’est un anime qui ne prête pas à confusion. Ainsi, pour reprendre un éminent collègue, il faut savoir ce que l’on regarde pour pouvoir l’apprécier. Si vous considérez que les animes naïfs pour le grand public ne sont pas assez recherchés pour l’esprit supérieur que vous êtes, ne vous forcez pas à regarder Heartcatch, même si je viens de vous en dire du bien. Pour les autres, je vous invite à ne pas faire une overdose et à regarder cet anime tranquillement, sur la longueur. C’est comme ça qu’il s’apprécie.

J’ai hésité pour la note entre 7/10 et 8/10. Je coupe donc la poire en deux et lui donne un 7,5. Car en tant qu’anime, Heartcatch un peu trop rigide et inégal pour prétendre à l’excellence. Mais en tant que pur magical-girl, il répond très bien au cahier des charges. Je ne lui en demandais pas plus.

Les plus

- Découverte de la franchise Pretty Cure

- Personnages forcément attachant(e)s

- Animation et direction artistique sympa

Les moins

- Scénario beaucoup trop rigide / répétitif

- C'est du magical-girl pour fillettes, vous êtes prévenus

Verdict :7/10
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A propos de l'auteur

Deluxe Fan, inscrit depuis le 20/08/2010.
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