Critique de l'anime Eden Of The East

» par LordFay le
31 Décembre 2010
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Eden of the East, c'est de la choucroute-nutella au fromage. Y'a plein de bonnes choses, des idées ambitieuses, et pourtant... et pourtant...

Du point de vue technique, c'est plus que satisfaisant. C'est fluide, ça bouge bien, c'est joli. Les décors sont soignés, relativement nombreux, et le chara-design est, comment dire... Mignon sans être kawaii. Si vous voyez ce que je veux dire. A part le fait que Saki me fasse irrémédiablement penser à Ponyo, c'est une réussite. A noter que même pour les quelques passages comiques, le SD n'est pratiquement pas employé. Eden of the East s'en passe tout à fait, ce qui permet de conserver cette atmosphère un peu surréaliste tout du long.

Le début de l'anime est particulièrement bien réussi. Une entrée en matière sans pareil, qui accroche, qui donne envie de continuer. Qui est Akira ? Pourquoi s'est-il retrouvé là, devant la maison blanche, amnésique et armé ? En voilà un urluberlu bien attachant : sympathique, insouciant, intelligent, il guide le récit avec fluidité, nous invite peu à peu dans la vaste intrigue de l'anime. Pony... Saki, à ses côtés, est discrète mais pas passive, sensible mais pas moe, sobre mais pas dépressive. Lâchée dans ce monde de complots, elle parvient à se montrer hésitante sans pour autant énerver son spectateur.

Bref, ces deux tourtereaux forment la base d'Eden of the East. Un duo qui fonctionne bien, et qui donne naissance à une ambiance assez particulière : de la légèreté, un peu d'amour et de fraîcheur, en plein décalage avec le reste de l'histoire qui nous parle d'attaques terroristes et autres fourberies. Quant aux autres personnages, plus ou moins utiles, ils trouvent tous leur place dans le puzzle global – ils sont pour la plupart convaincants, crédibles voir même logiques. Ca fait plaisir, vraiment, même s'ils peuvent paraître un peu dénués de charisme de temps en temps.

Le cadre de l'anime est très bien pensé. C'est une sorte de jeu macabre entre 12 individus, les Seleçao, dotés de fonds immenses, qui se doivent de réaliser un objectif commun pour le fameux M. Outside. Ce système, bien qu'irréaliste, marche bien. Chaque Seleçao nous en dévoile un peu sur lui-même dans la façon qu'il a de dépenser son argent, et donne lieu à toutes sortes de loufoqueries. La tension monte peu à peu au cours de ces 11 épisodes et l'histoire prend de l'envergure, notamment avec les manigances du Seleçao n°I. Plusieurs Seleçao sont à peine mentionnés et n'apparaissent pas explicitement, mais ce n'est pas vraiment nécessaire – le format de 11 épisodes seulement les pardonne.

De bons personnages, une bonne réalisation, un bon incipit... Mais qu'est-ce qu'il s'est passé !? L'anime souffre en effet d'un défaut majeur. Son scénario.

Ben oui : plein de bonnes choses, et pourtant tout part en sucette. Vous vous demandiez ce que faisait Akira nu, amnésique et doté d'un téléphone devant la maison blanche ? Vous apprendrez qu'il a tout oublié pour une raison débile ; le reste, on ne prendra pas la peine de vous l'expliquer. Mieux, au lieu de nous donner un peu à comprendre ce qu'il s'est passé, l'anime multiplie ces scènes improbables. C'est ainsi qu'Eden of the East s'achève sur le débarquement de vingt mille NEET à poil, venus tout droit d'Inde pour sauver le Japon d'une attaque terroriste. C'est invraisemblable dans des proportions absolument épiques, et bien inadapté à un anime qui se veut sérieux.

Et vous n'avez presque aucune réponse. Je n'ai rien contre l'idée qu'un anime ait une fin ouverte, mais là... Rien n'est résolu, rien du tout. RIEN.

Bon alors, plutôt que de continuer sur ce ton-là et avant de me faire incendier : OK, en fait, l'histoire est pas finie, deux films sont censés venir après. Que j'ai vus, en espérant vaguement un "bon sang mais oui ! Tout tombe sous le sens, HnE est mon anime préféré !". Mais c'était pas la peine : le premier film ne sert à rien ; le second relève plus ou moins la qualité générale mais se finit sur un bide scénaristique désespérant.

Le problème avec Eden of the East, finalement, c'est que pour être sûr de faire "différent", il fait n'importe quoi. Un n'importe quoi encadré et organisé par un bon univers, guidé par de bons personnages, mais ça reste n'importe quoi.

L'action est assez lente, le scénario s'enlise une fois que ses principaux éléments sont plantés (Akira passe son temps à tenter de retrouver ce qu'il a oublié, plutôt que d'aller de l'avant), et les évènements qui s'enchainent semblent alors de moins en moins reliés, comme un patchwork d'idées abandonnées puis régurgitées. Ainsi verrez-vous un personnage se faire pousser des ailes après une petite démo de télékinésie, alors que rien avant – ni après – ne laisse présager l'existence d'une quelconque forme de surnaturel, hormis peut-être l'étonnante efficacité de Juiz.

D'ailleurs les personnages s'en fichent pas mal, et ça passe comme une lettre à la poste. Une ange télékinésiste, ouais, t'inquiète, j'avais lu le script.

Pour moi, le sérieux empreint de légèreté qui caractérisait le début de l'anime s'est définitivement mué en farce grotesque quand on a commencé à parler de Pants – le type qui n'est pas sorti de chez lui depuis 2 ans car son pantalon s'est envolé par la fenêtre. Eh oui. Quant à ce qu'est "l'Eden of the East" en lui-même... Ben, c'est un facebook-like. Pour schématiser, ça sert à retrouver les coupeuses de zizi et à prouver qu'Akira n'est pas Akira. Bon, à ce point-là, plus rien ne m'étonne !

Que reste-t-il donc de cet Eden of the East ? Ah ben c'est beau, c'est charmant même, et c'est atypique, ça c'est sûr. Mais le résultat final n'est guère convaincant. L'anime part dans tous les sens : complots des Seleçao, romance entre Saki et Akira, délires divers et variés sur les NEET, et autres ésotérismes. Et rien ne finit.

Le 4/10 final est peut-être un peu sévère, vu la liste de bons points évoqués au début de cette critique, mais j'ai du mal à pardonner à Eden of the East tous ses écarts injustifiés. Rien qu'avec le système des Seleçao, ou bien rien qu'avec son ambiance de fraîche légèreté, il aurait pu être une petite perle, un vrai bijou... Et ben c'est raté. A voir la déception qu'il m'a procuré, je me dis que j'en attendais peut-être trop du scénario ; je sais que pas mal de gens l'ont apprécié. Désolé pour ceux qui ont dû fulminer en lisant ceci. Il n'empêche que je pense vraiment tous les points évoqués ci-dessus ; pour moi, Eden of the East restera avant tout un ratage.

Verdict :4/10
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A propos de l'auteur

LordFay, inscrit depuis le 09/09/2010.
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