Critique de l'anime Interlude

» par Scalix le
25 Avril 2006
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Trois OAV's, c'est bien court pour une histoire complète. Bien qu'il ne soit pas parfait, ce format possède des avantages indéniables. Le temps étant court, il est rare de sentir des lenteurs ; le côté contemplatif est mis de côté, l'ensemble est dynamique et se veut intense. On évite alors tous les inconvénients des séries à rallonge, qui nous tuent à petit feu, jusqu'à nous répugner.

Rentrons maintenant dans le vif du sujet ; voyons voir ce que vaut Interlude.

Les premières secondes, une scène de théâtre plongée dans l'obscurité. Une voix commence à se faire entendre, c'est celle d'une jeune fille. Elle parle pendant quelques secondes, jusqu'à ce que les lumières s'allument et nous laissent voir son visage. Elle terminera son étrange monologue sur le titre des OAV : Interlude.

On ne pourra pas dire le contraire, Interlude commence d'une façon très originale. Pas de musiques, rien à voir, juste une voix tremblante à écouter. A la fin de cette petite introduction, je me suis dit que j'avais trouvé la perle rare, une pièce unique, ne ressemblant au rien aux oeuvres classiques qu'on retrouve partout. Malheureusement, j'ai rapidement déchanté.

Visuellement, c'est relativement au dessus de la moyenne, format OAV oblige. Le character-design, bien que conventionnel, est vraiment bien travaillé ; les visages sont variés et très expressifs. Les personnages sont tous différents, aussi bien physiquement que psychologiquement.

Les décors n'ont rien d'exceptionnel. Ils ne se font pas remarquer, et manquent cruellement d'originalité.

L'animation est bonne ; on ne trouve pas d'incohérence dans les mouvements des personnages. L'ensemble est fluide et très agréable à regarder.

Le point fort de ces OAV est sans le moindre doute son scénario. Le staff prend un gros risque, optant pour l'horreur. Inutile d'être un expert pour savoir que l'horreur vue par les Asiatiques peut paraître ridicule aux yeux des occidentaux (vous n'avez qu'à jeter un oeil à deux ou trois films d'horreur japonais, vous comprendrez très vite).

Mais là, surprise, j'ai vraiment apprécié le scénario, ainsi que l'ambiance. Du début à la fin, nous avons le point de vue du personnage principal, qui, depuis quelque temps, a du mal à dissocier le rêve de la réalité. Il faut dire que le pauvre fait d'horribles rêves ressemblant comme deux gouttes d'eau à la réalité. Pourtant, il vit dans une petite ville tranquille, avec son amie d'enfance, véritable électron qui ne s'épuise jamais (et qui finit par saouler, j'avoue).

L'angoisse du personnage se ressent bien, et on a vraiment envie d'en savoir plus sur ces autres mondes qui ressemblent aux nôtres dans lesquels une mystérieuse fille armée d'un arc tue des monstres attaquant tous les intrus qu'ils trouvent. La progression se fait en douceur, jusqu'aux révélations.

Pour résumer, le premier épisode nous expose la ville calme et paisible du protagoniste, son quotidien avec son amie ; le second est en quelque sorte une transition, dans laquelle on perd nos repères, où le scénario se développe, et le troisième détruit tous les acquis des deux premier OAV, nous fait douter de tout, ce qui rend l'ensemble totalement imprévisile et... jouissif.

Personnellement, j'aime beaucoup le passage ou le spectateur est "perdu" dans l'histoire. C'est un excellent moyen de ne pas être déçu par une fin trop attendue, ou trop prévisible. Ici, on ne sait plus à quoi s'attendre, et c'est sympa comme tout.

Le personnage d'Aya (la jeune fille mystérieuse) n'est pas mauvais, mais parfaitement banal. On commence à en avoir marre du personnage insensible en apparence, mais bourré de complexes et qui ne cherche qu'à être aimé... Cependant, elle charme tout de même avec sa retenue, opposée à son courage face au danger. Tamaki Maiko, l'amie d'enfance du protagoniste, est rapidement saoulante, avec sa voix aiguë, ses mouvements exagérés et ses réactions clichés. Cependant, elle peut être très touchante à certains moments.

Si l'ambiance générale est bonne, il y a malheureusement des "abbérations" qui cassent un peu tout... Je pense notamment aux trois jeunes fille travaillant à la mairie que l'on retrouve de temps en temps. Sur les trois, l'une possède une poitrine énorme et fait baver tout le monde, l'autre porte un maillot bondage "sexy" sous son imperméable... On se demande vraiment ce qu'elles viennent faire là, étant donné le fait qu'elles ne servent à rien, si ce n'est à faire un peu de fan-service, qui n'a rien à faire dans ce genre d'OAV.

Autre détail qui n'arrange rien, les fameux Yousei (les monstres). Ils ont l'air parfaitement ridicules, et ressemblent aux créatures que l'on retrouve dans les animes datant d'une bonne dizaine d'années.

Heureusement, ces abbérations sont rares et ne perturbent pas trop l'ensemble.

Ce qui donne toute sa valeur à ses OAV, c'est la fin. Elle est tout simplement excellente. On termine scotché, tant les évenements sont inattendus. Je n'en dirai pas plus, je ne veux pas vous gâcher le plaisir.

Inconvénient du format cependant : on aurait apprécié une histoire un peu plus développée. Même si l'ensemble est parfaitement compréhensible, il demeure toute de même certaines zones sombres, des interrogations qui n'auront jamais de réponses.

Pour le reste, les musiques ne laissent aucune trace, n'ont rien d'intéressant et les doubleurs font un travail correct.

Pour conclure, je dirai qu'Interlude vaut le coup. D'une part, pour une réalisation très correcte, même si elle n'est pas parfaite, et surtout pour son scénario, très original, et totalement inattendu.

Verdict :7/10
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A propos de l'auteur

Scalix, inscrit depuis le 05/04/2004.
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