Complètement incompréhensible de bout en bout, Interlude impressionne par le choix systématique de toujours tout faire de travers. La production a pourtant été assez luxueuse pour que les couleurs, l'animation et les décors soient de qualité supérieure, mais rien n'y fait : on pénètre dès les premières secondes dans un dédale démentiel, où l'intrigue fait ce qu'elle peut pour mettre les tout petits plats dans les grandes marmites...
On oscille entre Evangelion, RG Veda, Angel Sanctuary, X Tv et Please Save my Earth : délire de fin du monde, rêve improbable de patient comateux, calvitie, mitraillette et tir à l'arc, sans oublier une vague odeur de réincarnation et un soupçon d'amour fou, Interlude est une oeuvre à fuir, qui tente vainement d'amalgammer des ingrédients trop riches pour sa frêle constitution (tout ça en 3 OAV !).
Malheureusement, il y avait quelques bonnes idées de départ, comme placer nos héros dans un monde quasiment vide de vie humaine (même si ce n'est pas inédit), en proie à de mystérieux conflits a priori d'origine fantastique. De même, la petite mise en scène en début de chaque OAV est intéressante : tout à tour, les personnages principaux apparaîssent sur une scène de théâtre (chaque épisode est présenté par un personnage différent donc), seuls sous les projecteurs, devant le rideau baissé, et se lancent dans un monologue douloureux se concluant toujours par la même phrase en anglais : "This will be my Interlude".
A la limite, cette trouvaille fonctionne bien sur la première OAV, car ce discours a pour effet de placer le personnage qui parle au coeur de l'histoire. Mais répéter ce procédé dans chaque épisode rend le tout ridicule, d'autant plus qu'au bout du compte, on achève la série en n'ayant absoluement rien compris à cette histoire d'interlude fumeux. Bref, c'est un procédé purement gratuit et la trouvaille devient une erreur...
A éviter absolument, ces OAV ne valent quelque chose que par leur graphisme.
J'avoue que j'ai vraiment du mal à commencer cette critique car Interlude me laisse vraiment perplexe. Après avoir visionné ces 3 OAVs, je reste dans une sorte de complexité et d'imcompréhension étrange. Il faut dire que le scénario m'a pas mal troublé dans ce sens où je le trouve d'un compliqué inexplicable et quasi inaccessible. Mais commençons par le commencement.
Parlons d'abord du visuel. Premier constat, vu le format, c'est légèrement au dessus du production standard. Les couleurs sont assez jolies, les décors manquent un peu de variété mais sont respectables. Après il y a le charadesign. Perso, je n'ai pas du tout aimé. J'ai trouvé que les persos étaient limite laids. Bien qu'assez expressifs, cette "semi répulsion" des personnages a bien évidemment rendu assez difficile la visualisation des OAVs.
C'est sans compter que je trouve également les personnages dépourvus d'intérêt. Commencons par le héros. Hormis le fait que je le trouve très laid, il ne possède pas une psychologie super recherchée et on se rend compte qu'au final, il ne pense qu'à une seule chose assez classique chez les personnages masculins. Il y a ensuite Aya, la fille taciturne qu'on croise un peu partout dans les animes, ne possédant aucune originalité, ni graphique, ni psychologique. Il y a à son opposé Tama, un personnage irritant et saoulant au possible, gesticulant et hurlant à chaque instant. Je ne parlerai même pas des femmes de la mairie, absolument inutiles et apportant un fan service dépourvu d'intérêt et de sens.
Et le scénario? Haaa, le scénario! Je sais pas ce qu'ont fumé les scénaristes mais ils auraient dû faire un truc encore plus compliqué. Autant le dire tout de suite, ça n'est pas du tout accessible. Si j'ai bien compris l'essentiel, une bonne partie de l'histoire reste inexpliquée. C'est donc assez frustrant. Je me demande parfois l'intérêt de faire des scénarios pareils. A autant se prendre la tête pour comprendre, une importante quantité de plaisir est alors perdue.
Donc pour le moment, on a un charadesign pas top, des persos standards et un scénario tiré par les cheveux. Et si cela ne suffisait pas, on a également droit à un fan service assez présent et totalement dépourvu de sens vu le contexte. Il y a également des monstres, qui sont au choix soit laids, soit ridicules. Et puis la musique... heu il y avait de la musique? Sans doute mais pour ne pas me marquer, elle devait vraiment être banale. La seule "musique" que j'ai retenue est l'horrible chanson qu'hurle Tama à certains moments.
Au final, je ne conseille pas cet anime a tout le monde car je trouve qu'il n'est pas accessible. Je me suis vraiment ennuyé devant et au final, je n'en retire rien. Je ne dirais même pas dommage, Interlude est pour moi le genre d'oeuvre d'animation destiné à une sorte d'élite dont je ne fais absolument pas partie.
Trois OAV's, c'est bien court pour une histoire complète. Bien qu'il ne soit pas parfait, ce format possède des avantages indéniables. Le temps étant court, il est rare de sentir des lenteurs ; le côté contemplatif est mis de côté, l'ensemble est dynamique et se veut intense. On évite alors tous les inconvénients des séries à rallonge, qui nous tuent à petit feu, jusqu'à nous répugner.
Rentrons maintenant dans le vif du sujet ; voyons voir ce que vaut Interlude.
Les premières secondes, une scène de théâtre plongée dans l'obscurité. Une voix commence à se faire entendre, c'est celle d'une jeune fille. Elle parle pendant quelques secondes, jusqu'à ce que les lumières s'allument et nous laissent voir son visage. Elle terminera son étrange monologue sur le titre des OAV : Interlude.
On ne pourra pas dire le contraire, Interlude commence d'une façon très originale. Pas de musiques, rien à voir, juste une voix tremblante à écouter. A la fin de cette petite introduction, je me suis dit que j'avais trouvé la perle rare, une pièce unique, ne ressemblant au rien aux oeuvres classiques qu'on retrouve partout. Malheureusement, j'ai rapidement déchanté.
Visuellement, c'est relativement au dessus de la moyenne, format OAV oblige. Le character-design, bien que conventionnel, est vraiment bien travaillé ; les visages sont variés et très expressifs. Les personnages sont tous différents, aussi bien physiquement que psychologiquement.
Les décors n'ont rien d'exceptionnel. Ils ne se font pas remarquer, et manquent cruellement d'originalité.
L'animation est bonne ; on ne trouve pas d'incohérence dans les mouvements des personnages. L'ensemble est fluide et très agréable à regarder.
Le point fort de ces OAV est sans le moindre doute son scénario. Le staff prend un gros risque, optant pour l'horreur. Inutile d'être un expert pour savoir que l'horreur vue par les Asiatiques peut paraître ridicule aux yeux des occidentaux (vous n'avez qu'à jeter un oeil à deux ou trois films d'horreur japonais, vous comprendrez très vite).
Mais là, surprise, j'ai vraiment apprécié le scénario, ainsi que l'ambiance. Du début à la fin, nous avons le point de vue du personnage principal, qui, depuis quelque temps, a du mal à dissocier le rêve de la réalité. Il faut dire que le pauvre fait d'horribles rêves ressemblant comme deux gouttes d'eau à la réalité. Pourtant, il vit dans une petite ville tranquille, avec son amie d'enfance, véritable électron qui ne s'épuise jamais (et qui finit par saouler, j'avoue).
L'angoisse du personnage se ressent bien, et on a vraiment envie d'en savoir plus sur ces autres mondes qui ressemblent aux nôtres dans lesquels une mystérieuse fille armée d'un arc tue des monstres attaquant tous les intrus qu'ils trouvent. La progression se fait en douceur, jusqu'aux révélations.
Pour résumer, le premier épisode nous expose la ville calme et paisible du protagoniste, son quotidien avec son amie ; le second est en quelque sorte une transition, dans laquelle on perd nos repères, où le scénario se développe, et le troisième détruit tous les acquis des deux premier OAV, nous fait douter de tout, ce qui rend l'ensemble totalement imprévisile et... jouissif.
Personnellement, j'aime beaucoup le passage ou le spectateur est "perdu" dans l'histoire. C'est un excellent moyen de ne pas être déçu par une fin trop attendue, ou trop prévisible. Ici, on ne sait plus à quoi s'attendre, et c'est sympa comme tout.
Le personnage d'Aya (la jeune fille mystérieuse) n'est pas mauvais, mais parfaitement banal. On commence à en avoir marre du personnage insensible en apparence, mais bourré de complexes et qui ne cherche qu'à être aimé... Cependant, elle charme tout de même avec sa retenue, opposée à son courage face au danger. Tamaki Maiko, l'amie d'enfance du protagoniste, est rapidement saoulante, avec sa voix aiguë, ses mouvements exagérés et ses réactions clichés. Cependant, elle peut être très touchante à certains moments.
Si l'ambiance générale est bonne, il y a malheureusement des "abbérations" qui cassent un peu tout... Je pense notamment aux trois jeunes fille travaillant à la mairie que l'on retrouve de temps en temps. Sur les trois, l'une possède une poitrine énorme et fait baver tout le monde, l'autre porte un maillot bondage "sexy" sous son imperméable... On se demande vraiment ce qu'elles viennent faire là, étant donné le fait qu'elles ne servent à rien, si ce n'est à faire un peu de fan-service, qui n'a rien à faire dans ce genre d'OAV.
Autre détail qui n'arrange rien, les fameux Yousei (les monstres). Ils ont l'air parfaitement ridicules, et ressemblent aux créatures que l'on retrouve dans les animes datant d'une bonne dizaine d'années.
Heureusement, ces abbérations sont rares et ne perturbent pas trop l'ensemble.
Ce qui donne toute sa valeur à ses OAV, c'est la fin. Elle est tout simplement excellente. On termine scotché, tant les évenements sont inattendus. Je n'en dirai pas plus, je ne veux pas vous gâcher le plaisir.
Inconvénient du format cependant : on aurait apprécié une histoire un peu plus développée. Même si l'ensemble est parfaitement compréhensible, il demeure toute de même certaines zones sombres, des interrogations qui n'auront jamais de réponses.
Pour le reste, les musiques ne laissent aucune trace, n'ont rien d'intéressant et les doubleurs font un travail correct.
Pour conclure, je dirai qu'Interlude vaut le coup. D'une part, pour une réalisation très correcte, même si elle n'est pas parfaite, et surtout pour son scénario, très original, et totalement inattendu.