Kimi ni Kimeta — Pokémon, c’est notre histoire

» Critique de l'anime Pokémon 20 : Je te Choisis ! par Deluxe Fan le
14 Janvier 2018
Pokémon 20 : Je te Choisis ! - Screenshot #1

N’avez-vous jamais rêvé un jour d’être le meilleur dresseur, de vous battre sans répit ? De tout faire pour être le meilleur, de gagner les défis ? De parcourir la Terre entière, traquant avec espoir ? Les Pokémon et leurs mystères, le secret de leur pouvoir ?

C’est ce que propose depuis vingt ans la série télé Pokémon, adaptée de la célèbre franchise de jeux vidéo parue pour la première fois sur Game Boy à la fin des années 90. C’est d’ailleurs vers cette période que papa m’avait acheté une Game Boy Color « Atomic Purple » avec Pokémon Rouge en loose, chez le marocain qui vendait des jeux en bas derrière l’arrêt de bus, tu sais à l’angle de la rue Roger Salengro juste à côté de la boulangerie.
Et depuis ce jour Pokémon ne m’a jamais quitté, tant et si bien que lorsque je tombe sur ce genre de commentaire j’ai envie de donner une petite leçon à ceux qui croient que je ne sais pas de quoi je parle.

Pokémon Kimi ni Kimeta (je te choisis) est le vingtième film de la franchise, et à cette occasion le studio OLM a décidé de faire un retour aux origines en revenant au tout début de l’histoire. Car il faut bien comprendre qu’en vingt ans, la série n’a jamais changé de personnages principaux et que tous les évènements racontés se déroulent dans la même chronologie ; le Pikachu que vous avez connu dans votre enfance est le même que celui que découvrent les gamins qui regardent la série aujourd’hui. Or ces gamins qui prennent le train en route ne savent peut-être pas comment Pikachu a rencontré son Dresseur et comment a débuté leur relation. Ce film donc est là pour éduquer les enfants, mais aussi proposer aux vieux comme moi une nouvelle version de ce récit connu de tous.

Pokémon 20 : Je te Choisis ! - Screenshot #2Satoshi du village de Masara Town vient d’avoir dix ans. Il doit recevoir des mains de Okido-hakase son premier Pocket Monster. Le choix est difficile entre Fushigidane, Hitogane et Zenigame…

Ah, on me dit dans l’oreillette que le public ne comprend pas ce que je dis. C’est logique, vous autres pauvres gosses ne connaissez que la version française et ces jeux de mots pourris du genre « Smogogo » et « Grotadmorv ». Mais bon, même un connaisseur tel que moi doit savoir s’adapter à son auditoire.

Sasha du Bourg-Palette vient d’avoir dix ans. Il doit recevoir des mains du Professeur Chen son premier Pokémon. Le choix est difficile entre Bulbizarre, Salamèche et Carapuce. Mais Sasha arrive en retard et le seul PokémoN restant est Pikachu, une souris jaune facétieuse qui n’obéit à personne. Sasha décide d’en faire son Pokémon de départ, mais Pikachu résiste jusqu’à ce que Sasha fasse la démonstration de sa bonne volonté. Ce sera le début d’un lien indestructible entre Sasha et son Pokémon, qui sera concrétisé par l’apparition de Ho-Oh, le Pokémon légendaire, qui ne se révèle qu’aux Dresseurs exceptionnels.

Pokémon 20 : Je te Choisis ! - Screenshot #3Pendant les douze premières minutes, le film est très fidèle au premier épisode de la série et raconte exactement la même chose à quelques détails près. Après cela, le récit n’a pratiquement plus rien à voir. Dans la série l’apparition de Ho-Oh était un easter egg, puisque Ho-Oh n’existait pas dans la première génération. Dans le film, Sasha ramasse une plume de Ho-Oh qu’il a laissé tomber et qui imbuée de son pouvoir. Cette plume va constituer l’enjeu central du film puisque Sasha va se mettre en quête de retrouver Ho-Oh et d’accomplir son destin.

A partir de là les différences entre le film et la série sont trop nombreuses pour être citées et ne mèneraient à rien de pertinent. Le réalisateur a expliqué que pour lui le film constitue une version alternative de la série, racontant ce qui se serait passé si l’apparition de Ho-Oh avait constitué l’enjeu principal de l’histoire au lieu du scénario classique qui suit celui du jeu vidéo. Pour être honnête je trouve que c’est une excellente idée, Pokémon a toujours été une franchise très faible au niveau narratif et créer un enjeu simple mais efficace à partir d’un détail du premier épisode est une très bonne manière de réimaginer la série.

Pokémon 20 : Je te Choisis ! - Screenshot #4Sasha est rapidement accompagné de Verity et Sorrel, des personnages plutôt intéressants et clairement copiés sur Ondine et Pierre, ces derniers étant complètement absents de cette version. Les seuls rescapés de la série originale sont les trois membres de la Team Rocket, mais ils ne servent tellement à rien qu’on aurait aussi bien pu les effacer aussi, d’autant que le film se charge d’avoir ses propres antagonistes.

Franchement quand on m’a annoncé un film qui reviendrait sur le début de la série Pokémon (donc sur une part considérable de mon enfance) en virant presque tous les personnages icôniques et en rajoutant des nouveaux Pokémons, j’étais pas chaud ; j’aurais préféré un remake rigoureux des premiers épisodes avec juste ce qu’il faut de modernisation, parce que la modernité c’est le comme la sauce pimentée sur la pizza chèvre-champignons, faut pas en mettre trop. Mais le résultat final m’a beaucoup surpris en bien ; le studio a trouvé l’équilibre entre la nostalgie qui est au cœur du projet, et la volonté de raconter du neuf sur la base de cet univers que tout le monde connaît.

Pokémon 20 : Je te Choisis ! - Screenshot #5Niveau technique je suis un peu biaisé, Pokémon étant un de mes premiers animes c’est aussi un de ceux qui a façonné mon goût pour le grain de pellicule, le dessin fait main et l’image jaunâtre caractéristique du cellulo encore utilisé à la fin des années 90. Ce nouveau film est bien sûr intégralement réalisé en numérique, et profite parfois de la 3D pour proposer des séquences sakuga avec des mouvements de caméra en trois dimensions absolument inimaginables à l’époque où je regardais TF1 le mercredi matin. Dommage que certaines scènes en revanche soient polluées par des CG odieux presque aussi moches que les jeux sur 3DS. La musique reprend les thèmes de la série qui sont eux-mêmes des reprises des thèmes des jeux, mais quitte à aller par là j’aurais préféré qu’ils utilisent carrément l’OST géniale de la première série qui n’a absolument pas vieilli.

Avant de conclure ce texte dont le niveau de nerderie aurait de quoi affolé les compteurs de bon goût, il faut revenir sur LA polémique qui entoure ce film. Je parle bien évidemment de la scène où Pikachu parle, ce qui pour n’importe quel Pokéfan est un sacrilège qui mériterait d’envoyer une fatwa à tous les responsables et de mettre à l’index ce film blasphématoire. Il paraît qu’aux États-Unis, pays connu pour sa grande modération, la projection de cette scène a mené à un déchainement de violence dans la salle de cinéma qui a abouti à des dizaines de blessés et plusieurs milliers de dollars en dégâts matériels. You don’t mess with Pika-Pika, motherfucker.

En vérité, ce n’est pas si grave. Certes on voit Pikachu parler à l’écran (rien que de taper ces mots sur mon clavier mérite que je me fouette jusqu’au sang pour me punir d’y avoir même pensé) mais seul Sasha l’entend, ce qui me fait croire que c’est juste Sasha qui a un lien tellement fort avec Pikachu qu’il devient capable, en des circonstances graves, de le comprendre comme s’il s’adressait à lui dans un langage parlé. En tout cas c’est cette explication qui me permet de dormir au lieu d’aller faire le jihad contre les profanateurs du lore de Pokémon.

Kimi ni Kimeta est sans aucun doute le meilleur film Pokémon que j’ai vu depuis The Power of One avec lequel il partage beaucoup de similarités, notamment celui de recentrer le récit sur Sasha et sur sa quête personnelle. Car Sasha n’est pas simplement un avatar du spectateur ou une mascotte pour une série publicitaire. Sasha c’est ce héros qui se trouve en chacun de nous, cet éternel enfant qui pour toujours voyagera à la rencontre de nouveaux amis et de nouvelles aventures. Sasha est l’incarnation de ce qui nous a, un jour, fait rêver devant des dessins animés.

Verdict :7/10
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A propos de l'auteur

Deluxe Fan, inscrit depuis le 20/08/2010.
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