ORESUKI — Le jeu de l’amour et du harem

» Critique de l'anime Ore Wo Suki Nano Wa Omae Dake Ka Yo par Deluxe Fan le
30 Décembre 2019
Ore Wo Suki Nano Wa Omae Dake Ka Yo - Screenshot #1

Pour ma dernière critique de l’année, et de la décennie même, j’avais à choisir entre l’adaptation de Vinland Saga dont la diffusion vient de se terminer ou alors Ore Wo Suki Nano Wa Omae Dake Ka Yo. J’ai donc réfléchi à ce qui intéresserait le plus le lectorat d’Anime-Kun, ce qui méritait le plus qu’on lui consacre un texte, et la réponse m’est apparue assez rapidement.

Ore wo Suki Nano Wa Omae Dake Ka Yo ("Est-tu la seule à m’aimer") est donc une adaptation de light novel comme il en sort vingt-cinq chaque saison et qui finissent généralement dans l’indifférence générale et méritée d’un public qui lentement mais sûrement commence à étouffer de ce genre de production, obligé de naviguer dans le planning des nouvelles sorties pour éviter les adaptations de LN comme l’explorateur au milieu de la jungle obligé de faire attention où il met les pieds pour ne pas tomber dans un nid de termites. On y suit le personnage de Kisaragi, lycéen ordinaire qui comme tous les lycéens ordinaires a pour principale ambition de se trouver une meuf. Il a justement dans son viseur la présidente du conseil des élèves Akino, ainsi que son amie d’enfance Hinata. Les choses s’accélèrent lorsque ces deux filles convoquent tour à tour Kisaragi pour ce qui s’apparente à une confession. Sauf qu’en réalité elles veulent que Kisaragi les aide à approcher Taiyô, le capitaine de l’équipe de base-ball. Kisaragi se retrouve donc à devoir aider les filles dont il est amoureux à se mettre avec son meilleur ami…

Ore Wo Suki Nano Wa Omae Dake Ka Yo - Screenshot #2Les premiers épisodes de OreSuki sont plutôt amusants et reposent sur le principe du hidden agenda ; chaque personnage a son propre plan en plus de ce qu’il font croire aux autres. Kisaragi notamment est une sorte de Light Yagami de l’amour qui élabore tout un tas de stratégies pour tenter de retourner la situation amoureuse à son avantage. OreSuki ajoute à cela un humour méta qui se moque des clichés du genre, avec un authentique connard en guise de héros dont les plans pour manipuler les sentiments des uns et des autres finiront immanquablement par lui retomber sur la gueule.

Le gros problème de cet anime cependant, c’est que les quelques qualités que je viens d’énoncer ne sont valables que pour les trois premiers épisodes. Comme souvent avec les adaptations de LN, les trois ou quatre premiers épisodes adaptent le premier volume des livres et c’est généralement là-dedans que se trouvent les meilleures idées ; le reste n’étant là que pour rallonger le truc avant que public ne passe à autre chose. C’est très visible dans cette série puisque les trois premiers épisodes concentrent à peu près tout ce que l’anime essaye de raconter tandis que le reste s’enfonce petit à petit dans le banal et l’inintéressant. Le script qui se moquait des comédies romantiques standard devient lui-même une comédie romantique standard, pire que ça d’ailleurs cela devient un harem où l’on introduit une nouvelle fille à chaque épisode pour remettre du charbon dans le moteur et tenter de relancer l’intérêt. Plus on avance plus on se noie dans l’OSEF, dans la deuxième moitié de la série on a droit à des arcs pasionnants où Kisaragi doit travailler dans un restaurant de poulet pané pour acheter un livre, ou bien celui dans lequel les personnages forment un groupe de travail pour améliorer la popularité du CDI de l’école. J'avais pas vu un récit avec des enjeux aussi incroyables depuis Evangelion et Legend of the Galactic Heroes.

Ore Wo Suki Nano Wa Omae Dake Ka Yo - Screenshot #3Vers la fin de l’anime je vous jure j’étais en souffrance, j’en avais tellement mais alors rien à branler de ce qui se passait un truc de ouf. C’est que des histoires à base de « Oui alors si A est amoureuse de B mais que B est amoureux de C, alors je vais faire en sorte d’aider B à se mettre avec C tout en faisant croire à A qu’elle va aller avec B, pendant ce temps je vais m’arranger avec D pour qu’elle soit avec E comme ça j’aurais le champ libre avec A et patati et patata » qu’est-ce qu’on en a à battre sérieusement. La réalisation se situe elle aussi dans le champ du médiocre, y’a rien à se mettre sous la dent visuellement à part peut-être le chara-design original de Buriki, l’illustrateur qui avait fait Denpa Onna ainsi que Boku wa Tomodachi ga Sukunai ; du coup si vous aimez les filles avec les lèvres roses et des gros nichons ça peut vous intéresser mais là encore on s’en fiche de ça, le physique c’est pas l’important c’est la beauté intérieure qui compte.

OreSuki vient donc s’ajouter à la longue liste des adaptations de LN sitôt consommées sitôt oubliées, normalement il y aura un OAV pour quelque chose comme ça pour conclure l’histoire dans quelques mois mais je serais étonné que quelqu’un sur cette planète en ait quelque chose à faire d’ici là. C’est un peu dommage de terminer l’année et la décennie là-dessus, mais entre ça et Vinland Saga faut bien faire des choix.

Verdict :5/10
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A propos de l'auteur

Deluxe Fan, inscrit depuis le 20/08/2010.
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