Critique de l'anime Paprika

» par Deluxe Fan le
11 Septembre 2010
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Paprika : Faut pas Rêver

Cette critique sera garantie sans blague pourrie sur le titre du film « Paprika », ni blague minable sur le nom de l’auteur, « Kon » (ça va être dur…).

Si M. Satoshi Kon était déjà considéré comme appartenant au panthéon des réalisateurs de films d’animation, il a fallu attendre qu’il y soit vraiment pour que je décide de visionner son dernier film, Paprika (ah et puis pas d’humour noir, non plus).

Le film traite des liaisons entre rêves et réalité, à travers un scénario bateau dans lequel un vilain méchant dérobe à des scientifiques un appareil permettant de voyager à travers les rêves des gens, voir d’en implanter chez des personnes bien éveillés. On comprend vite le danger, que les gentils scientifiques vont devoir affronter (pour une fois que les scientifiques ont le beau rôle...). Si je dis bateau, c’est parce je l’ai trouvé ni spécialement original ou marquant. Surtout, j’avais compris depuis Paranoia Agent que le monsieur avait de l’imagination à revendre. Et utiliser la thématique du rêve, qui n’a par définition aucune limite, est malin pour installer le délire parfait tel qu’il l’a apparemment voulu. Ainsi, ce film est pour moi un gros bordel ; mais quel formidable bordel !

Je ne vais donc pas spécialement m’attarder sur les persos ou le scénario, pour éviter le spoil notamment, mais me concentrer sur la partie graphique qui, pour le coup, est géniale. Le film dispose d’un chara-design que je juge excellent. Loin de jouer dans le loufoque, il permet néanmoins d’identifier immédiatement le caractère du personnage rien qu’en le voyant, et j’adore ça. Par exemple, il suffit de voir Atsuko pour comprendre qu’il s’agit d’une nana plutôt carrée, au contraire de Paprika, son alter ego/double/simili, qui a une personnalité un peu plus enjouée. Pareil pour le prof gros ou le prof nain (me souviens pas des noms).

Ensuite, comme je l’ai dit plus haut, la thématique du rêve est prétexte à un gros défouloir animé, et le réalisateur entraîne sans problème le spectateur dans ses expérimentations. Les scènes de défilé de poupées, de course poursuite à travers les films préférés de l’inspecteur, ou celles où Paprika et ses amis voyagent à travers la télé et les affiches dans la rue, sont d’une inventivité rare. Je retiens ces morceaux excellents ou le réalisateur pousse les capacités du dessin animé dans ces derniers retranchements comme la fameuse séquence où le sol se dérobe sous les pieds de l’inspecteur qui poursuit le criminel ; ou encore celle où Atsuko pénètre progressivement dans un rêve se déroulant dans un parc d’attraction, et croit sauter par-dessus une barrière alors qu’elle saute en réalité par le balcon… J’ai eu des sueurs froides à cet instant. Mais le film regorge de moments WTF comme celui-là. Et je ne parle pas des références, omniprésentes (et qui renvoient parfois à Satoshi Kon lui-même, il était malin le mec), et des décors, excellents (que ce soit le labo du gros prof incroyablement détaillé, ou les photos aériennes incrustées à la fin du film). Kon disait dans sa lettre d’adieu qu’il n’aimait pas faire comme tout le monde, et on peut dire que ce film fait facilement partie des productions qu’on ne croise pas tous les jours. Un pari réussi, donc.

Ainsi, le film est une prouesse graphique qui mérite le détour. Mais cela empiète sur d’autres aspects du film. J’ai donné mon avis sur l’histoire, mais je veux dire un mot sur la fin. Celle-ci m’a déplu, comme celle de Paranoia Agent, avec qui elle a certains points communs. Imaginez un combat de sentai (des géants dans la ville) mixé avec The End of Evangelion (le plan de complémentarité de l’homme, une fille géante à poil)… Cela fait partie du délire visuel, certes, mais le mauvais goût reste du mauvais goût. La musique ensuite. Elle n’est pas mauvaise en soi (le thème principal est similaire à celle de l’exceptionnel opening de Paranoia Agent), mais elle est utilisée un peu partout et n’importe comment. Une musique plus discrète aurait mieux sied au film. Ces derniers points relèvent de la plus pure subjectivité, entendons-nous bien.

Pour conclure, je dirais que malgré des défauts qui m’ont sautés aux yeux (et aux oreilles), ce film est un must-see. Dans un milieu englouti par la crise et qui ne peut plus prendre de risques, un îlot de créativité disparut avec M. Kon ; mais il laisse derrière lui de très beaux atolls de dessin animé tel que Paprika (appréciez mon génie de la métaphore).

Paprika c’est donc très bon, surtout avec des escalopes de poulet (excusez-moi, celle-là il fallait que je la fasse…)

Les plus

- Satoshi Kon se lâche

- Une mise en scène qui questionne la limite du rêve et de la réalité

- Superbe techniquement

Les moins

- Une fin un peu trop WTF

Verdict :8/10
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A propos de l'auteur

Deluxe Fan, inscrit depuis le 20/08/2010.
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