Paprika

  • Format: Film
  • Année de diffusion: 2006
  • Titre original: Paprika
  • Licencié: oui
  • Titre français: Paprika
  • Editeurs: Gaumont Columbia TriStar
  • Nombre d'épisodes: 1
  • Site officiel: http://www.sonypictures.jp/mov...
  • Studio: Madhouse
  • Auteur: Yasutaka Tsutsui
  • Directeur: Satoshi Kon
  • Character-designers: Masashi Ando
  • Musique: Susumu Hirasawa
  • Doubleurs: Megumi Hayashibara (Atsuko "Paprika" Chiba), Akio Ohtsuka (Toshimi Konakawa), Akiko Kawase (Waitress), Anri Katsu (Researcher), Daisuke Sakaguchi (Hajime Himuro), Eiji Miyashita (Institute member), Hideyuki Tanaka (HIM), Katsunosuke Hori (Dr. Torataro Shima), Kouichi Yamadera (Dr. Morio Osanai)

Synopsis

Un groupe de chercheurs japonais, auquel appartient Atsu, a mis au point dans le plus grand secret un petit appareil : le DC Mini. Son but : lire les rêves de la personne qui porte cet appareil afin de les analyser.

Un jour, trois DC Mini sont volés, tandis qu'un des chercheurs est porté manquant. C'est une catastrophe, car celui qui a dérobé ces appareils pourra entrer dans les rêves des autres et les manipuler à sa guise.

Dans son enquête entre rêves et réalité, Atsu devra faire appel à Paprika, fine experte de la psychologie humaine ...

Synopsis soumis par Starrynight
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Par Scalix le 12/04/2008 à 14:38

Sans être expert en Satoshi Kon, j’ai pu apprécier, au fil des années, les qualités esthétiques et scénaristiques de ses œuvres. Véritable monument de l’animation japonaise, son dernier-né était incontournable, et Paprika a su me séduire autant, voir plus que ses œuvres antérieures.

Certaines choses ne se discutent pas dans Paprika, et notamment le visuel. On peut adhérer ou non au character-design, mais en aucun cas il n’est possible d’objectivement critiquer le soin quasi parfait accordé à l’esthétique du film. Tout est travaillé, tous les plans méritent d’être minutieusement observés, et tout est beau.
Les références à d’autres monuments de l’animation japonaises sont assez récurrentes, et le néophyte comme l’initié y trouveront leur bonheur.
Les personnages, de part leurs physiques et leurs traits, possèdent tous unes personnalité très marquée et, d’une certaine manière, sont tous plus charismatiques les uns que les autres. C’est assez grisant, lorsque le monde de l’animation japonaise se borne, l’essentiel du temps, à nous pondre des personnages bateau, quasi insipides.
Les décors sont détaillés à l’extrême et le tout nous offre un environnement extrêmement crédible et complet.
Là où vous pourrez bloquer, c’est peut-être dans l’overdose étouffante des couleurs criardes de chez criardes. Personnellement, j’ai trouvé qu’elles donnaient encore plus de caractère à l’anime, mais je sais pertinemment que beaucoup n’apprécieront pas le ton global donné aux environnements visuels.

Scénaristiquement parlant, Paprika reprend exactement le genre d’histoires que les japonais apprécient, à savoir une trame que l’on doit suivre de manière plus active que passive.
Le registre de la frontière entre le rêve et la réalité perturbe, et parfois le spectateur, sans forcément rassembler tout son intellect fulminant, doit réellement se concentrer pour ne pas perdre le fil ténu de logique et de crédibilité reliant toutes les incohérences et les incompréhensions s’enchaînant à bon rythme.
Les concepts du DC-Mini et de la fameuse Paprika, thérapeute se baladant au beau milieu de nos ondes cérébrales, nous diagnostiquant via notre subconscient, sont vraiment originaux, bien traités et très prenants. On accroche tout de suite à la théorie de voyageur de rêves, qui peut quasiment tout faire. D’ailleurs, si toutes les possibilités qu’offrent les rêves nous épatent au départ, on se surprend rapidement à accepter très facilement toutes les aberrations défilant sous nos yeux purs et pragmatiques. Etrange, mais cela prouve à quel point le film est efficace. On assimile l’univers et ses codes à une vitesse folle.
La trame n’est pas en reste, et sert merveilleusement bien le scénario. Pas de séquences en trop, pas de dialogues naïfs et désagréables, pas de personnages inutiles ; tout le monde trouve sa place dans ce monde parallèle, à mi-chemin entre le conscient et le subconscient.
L’épilogue, sans être révolutionnaire, est en parfait accord avec tous les évènements le précédent, et, comble du bonheur, s’offre le luxe d’être de toute beauté.

Enfin, dernier élément de ma critique (the last but not the least), l’environnement sonore.
Il est très bon, et ce n’est pas peu dire. Les musiques, composées par Susumu Hirasawa (Millenium Actress, Berserk pour ne citer qu’eux), sont absolument somptueuses, conceptuelles parfois, et toujours en accord avec le thème général du film.
Le travail des doubleurs est lui aussi excellent, avec des tons en accord quasi-parfaits avec les personnalités des protagonistes. Mon coup de cœur évident revient à la doubleuse de Paprika, Megumi Hayashibara, qui paradoxalement, en incarnant un personnage fictif et irréel, parvient à donner vie à un autre personnage, qui lui est bien réel. Si vous n’avez pas compris, bah vous n’avez qu’à acheter le DVD !

Conclusion évidente de cette critique élogieuse : Paprika est un excellent film, scénaristiquement prenant et esthétiquement bluffant. Entre les séquences où l’on reste bouche-bé devant le visuel frôlant constamment la perfection et le plaisir simple de se laisser bercer dans une histoire originale et peu commune, vous en aurez pour votre argent si vous désirez acheter cette petite tuerie. Alors ne vous posez pas trop de questions, Satoshi Kon est de toute manière membre du panthéon des Dieux de l’animation japonaise. Vous aussi, vénérez-le !

8/10

Par El Nounourso le 02/01/2008 à 00:13

Que ce soit dans Perfect Blue ou dans Millenium Actress, Satoshi Kon avait déjà exploré la piste de l’intrusion de l’imaginaire dans la réalité. Dans Paprika, le réalisateur continue sur sa lancée en s’attaquant cette fois aux rêves. Par l’intermédiaire d’appareils high-tech du nom de « DC Mini », des scientifiques parviennent à infiltrer les songes d’autrui, dans un but purement thérapeutique cela va sans dire. Manque de pot, plusieurs exemplaires de cette merveilleuse invention sont dérobés et les accidents se multiplient : les pensées indésirables d’un mégalomane parasitent les rêves d’innocentes victimes, allant jusqu’à menacer leur intégrité mentale (et physique du même coup).

Voilà en gros les bases de la dernière production de Satoshi Kon. Le coup de la frontière vacillante entre fantasme et réalité, c’est clair qu’on nous l’a déjà fait, et de façon beaucoup plus développée. Et en dépit de la chouette idée du double onirique d’Atsuko (la fameuse Paprika) qui ouvrait pas mal de possibilités, le développement de l’histoire reste tout ce qu’il y a de plus sage. L’auteur ne le cache pas, il voulait offrir à son public un pur divertissant, pas un truc cérébral qui prend le chou. En clair on n’a aucun mal à suivre les différentes péripéties, personne ne s'en plaindra. Par contre, petit regret au niveau des relations entre les personnages qui restent un peu trop superficielles, mais ce n’est pas évident de tisser des liens forts entre les protagonistes d’un film d’une heure vingt cinq.

Le génie de ce film est ailleurs : dans la réalisation technique et artistique. Les surprenants thèmes musicaux ne sont peut-être pas nombreux, mais ils collent très bien à l’action (excellent générique, parade assez grandiose…). Le graphisme apparait comme une énorme réussite avec ses décors fins, bourrés de détails, colorés et mis en lumière avec soin. De plus, le character design très moderne en jette à bloc. Déjà bluffante dans Tokyo Godfathers, l’animation est là encore riche et soignée. Quant au numérique, il se montre aussi efficace que discret, à quelques exceptions près. La plupart du temps la 3D se marie parfaitement avec les dessins traditionnels. Citons quelques scènes impressionnantes comme celle du couloir « mou » qui se déforme ou les nombreux plans aériens avec Paprika.

Bien sûr, la maîtrise technique ne serait rien sans l’immense talent des designers qui ont brillamment retranscrit les délires oniriques de Satoshi Kon : les métamorphoses de Paprika ou de ses ennemis, les créatures grotesques de la parade (poupées parlantes, robots, grenouilles géantes), l’interactivité entre les multiples environnements, réels ou non, etc. On assiste à une vraie explosion de couleurs, que dis-je, un somptueux ballet (probablement composé sous l’emprise d’herbe qui fait rire, mais je m’égare). En conclusion je m’attendais à une trame un peu plus capillotractée, mais le spectacle était bel et bien au rendez-vous.

8/10

Par FullMetal Klavikul le 02/12/2007 à 23:03

Difficile de résumer le déchaînement des sens qu'est Paprika, la dernière création en date de Satoshi Kon. Le réalisateur nous embarque en effet dans un pur délire visuel et scénaristique, truffé de tiroirs et de pièces cachées...

Je m'explique. Après l'avoir vu une seconde fois, je peux dire qu'il y a énormément d'éléments auxquels je n'avais pas autant fait attention au premier visionnage, tant au niveau du scénario d'un surréalisme évident que visuellement : MadHouse déploie un véritable feu d'artifices graphique (notamment avec le Défilé, complètement hallucinant) pour donner vie à ce récit orchestré de main de maître par Kon et surtout à son héroïne, Paprika.

Paprika, ou "Fée Clochette" des temps modernes, qui s'aventure dans les rêves des hommes pour les guérir de leurs névroses, qui transforme le morne quotidien nippon moderne comme elle le désire (le générique ,qui ne m'avait pas fait autant d'effet la première fois, où l'on voit Paprika se ballader dans Tokyo comme dans un rêve, est vraiment réussi) en leur permettant de rêver, tout simplement.... Le contraste avec son alter-ego Atsuko Chiba est saisissant, et au final la véritable nature de Paprika demeure un mystère (est-elle réelle?), mais après tout, qu'importe? On prend énormément de plaisir à la suivre dans les délires les plus fous du subconscient des hommes (rêve agréable ou cauchemar), comme si elle était une entité omniprésente dans les rêves de chacun.

Mais au-delà de Paprika elle-même, on pourrait trouver des milliers de pistes d'analyse dans ce thriller psychanalytique époustouflant, intriguant, effrayant, quintescence des précédentes oeuvres de l'auteur, truffé de références cinématographiques (les affiches dans le cinéma à la fin, ça ne vous rappelle rien?) et rappelant de très nombreuses fois le cinéma de David Lynch : Paprika, ou LE film de Satoshi Kon? Seul l'avenir nous le dira....

9/10

Par watanuki le 17/12/2006 à 17:30

Voici en avant-première mondiale le dernier film de Satoshi Kon, qui poursuit dans ses expérimentations visuelles, après le déroutant Paranoia Agent.

Paprika bénéficie de toutes les qualités déjà manifestées par l'auteur : très beau visuel, trouvailles dans la mise en scène et dans les séquences, montage expert qui entraîne le spectateur dans un labyrinthe mental, humour fin et ambiance à la fois onirique et étrange, où la folie ne se distingue plus de la santé mentale.
Les personnages sont globalement plaisants, surtout Atsu et son double Paprika, qu'elle utilise pour pénétrer dans les rêves des patients ; cela dit, ces personnages ne sont pas aussi fouillés que dans les oeuvres précédentes de Satoshi Kon, qui ne prend plus soin de bien camper la psychologie, tout du moins l'histoire de ses personnages, si bien que tout le film se transforme en une gigantesque course-poursuite (tout à fait comme Millenium Actress), sans pour autant prendre le temps de développer les enjeux, pourtant très intéressants (pas du tout comme Millenium Actress, donc). Cela évite à "Paprika" de sombrer dans la réflexion lourdaude et pédante d'un GITS 2, mais cela prive aussi le film d'une personnalité qui lui soit propre.
Par exemple, Millenium Actress suit la même trajectoire, la rapidité est la même, mais les personnages sont plus cohérents, plus riches dans leur histoire. Le commissaire pareillement ne vaut pas celui de "Paranoia Agent", qui avait 13 épisodes pour tout développer.

En fait, ce n'est pas un reproche que l'on peut adresser à Paprika, qui doit tout boucler en 90 mn, mais on n'y peut rien : l'ombre de "Paranoia Agent" plane sur le film, et l'on se prend à y trouver des thèmes parfois inédits (le rêve), parfois déjà magistralement exploités : sexualité, schyzophrénie, mégalomanie, chaos à l'échelle de la société, tout cela est déjà présent dans la série. Quant au trouble mental, "Perfect Blue" avait déjà abordé la question de façon angoissante mais bien plus détaillée.
Si seulement Paprika avait été une série tv, si Kon avait eu le temps de tout développer, on tiendrait probablement un nouveau chef-d'oeuvre, parce que cette exploration du rêve propose encore plus de possibilités visuelles que l'évocation de la maladie mentale, de l'obsession ou de la légende urbaine...

Mais Paprika est un film, et la rapidité de son déroulement l'ampute de beaucoup de ses charmes. On est d'ailleurs frappé -en effet- par la ressemblance entre ce film et "Akira" : kon a commencé comme assistant d'Otomo, la référence en forme de clin d'oeil paraît facile a saisir, notamment dans cette fin apocalyptique qui pastiche "Akira" et réécrit en quelque sorte l'épisode 13 de Paranoia Agent. Il est amusant aussi de voir qu'en fin de compte le film souffre des mêmes défauts que celui d'Otomo : trop grande rapidité, fin abrupte, raccourcis, permis par la mise en scène bien sûre, mais le visuel empiète trop sur le conceptuel, en fin de compte, et on a l'impression d'observer un travelling vertigineux de 90 mn, sans suivre d'histoire solide : le DC mini est un prétexte au tourbillon visuel, et une excuse pour ne pas faire de scénario solide. Ce n'est pas un tort, c'est un choix probablement conscient même, mais qui frustre le spectateur tout en l'émerveillant...

Une fois sorti de la salle, on se souvient de scènes époustouflantes, de tourbillons de couleurs, de parodies et pastiches (la tête de Nono, Son Goku, les affiches des trois précédents films de Kon, etc.), mais aucunement des personnages, soient évacués, morts avant même d'exister (l'assistant de notre génie), satellisés (le commissaire, qui tantôt disparaît totalement, tantôt occupe tout le film), ou inconnaissables (Atsu, omniprésente. Mais qu'a-t-on appris sur elle en fin de compte ?) : Atsu n'arrive pas à la cheville de Mina ou de Chiyoko de ce point de vue-là.

Un film génial en bien des points, mais qui fait un peu trop l'économie de certains aspects essentiels de l'art de la narration : ces aspects sont basiques, certains diront que s'en passer est la preuve d'une grande originalité, mais dans le cas présent, je répondrai simplement que ça ne marche pas.

C'est effectivement un très bon film, mais à mon sens, c'est vraiment un petit Kon...

7/10

Par Starrynight le 14/12/2006 à 14:25

Paprika est mon premier film de Satoshi Kon et l’occasion de découvrir un réalisateur connu pour la qualité de ses films et série.

Visuellement, c’est beau, très beau. Chaque aspect (paysages, décors, personnages) est soigné et fourmille de détails, pour le plus grand plaisir de nos mirettes. La 3D se fait discrète, à quelques exceptions près vers la fin du film, où elle devient un peu trop présente.

Musicalement, aussi, c’est une réussite. Coup de cœur pour l’opening et son petit côté fanfare. Grâce à Paprika, j’ai fait connaissance avec Susumu Hirasawa, compositeur de mélodies originales où l’on trouve de nombreux effets de voix (chœurs, canons).

Entrons maintenant dans le vif du sujet : l’histoire.
Là, Satoshi Kon frappe fort en nous entraînant dans une folle course-poursuite au cœur d’un tourbillon de rêves et réalités. Le plus important n’est pas tant de savoir l’identité du voleur de DC minis que de découvrir ce que ce vol implique pour les différents protagonistes : ce commissaire de police qui tente de comprendre un cauchemar récurrent dans lequel il poursuit un inconnu au péril de sa vie, ce scientifique qui doit s’interroger sur ses sentiments envers ses amis et surtout Atsu/Paprika qui mène une sorte de double vie. Voyageant de rêves en rêves, elle découvre de nombreuses facettes insoupçonnées de ses collègues et doit, elle aussi, analyser ses relations avec ses proches.
En parallèle, certains personnages se posent une question d’éthique. Etant donné que nos rêves et nos cauchemars reflètent notre moi profond et les pensées et émotions que l’on voudrait parfois refouler, la science a-t-elle le droit de s’y immiscer ? Est-il souhaitable de décortiquer une personnalité dans ses moindres recoins ? L’homme ne peut-il aspirer à conserver un jardin secret ?

Dans ce film, on retrouve tous les états entre éveil et rêve, entre réalité et illusion que peut connaître l’être humain. La frontière entre ces états est ténue et se brouille rapidement : telle scène se passe-t-elle réellement ou bien le personnage est-il somnambule ou bien rêve-t-il ? Et sait-il s’il est être éveillé ou en train de dormir ? Même s’il se réveille d’un rêve, n’est-il pas encore en train de rêver (cf. la métaphore de Zhuang Zi et du papillon) ? Peut-il encore revenir à la réalité ?
Chaque personnage semble ainsi avoir un existence propre au pays des rêves et il n’est pas toujours facile pour le spectateur de s’y retrouver. C’est un des défauts de ce film : au fur et à meusre de l’avancement de l’intrigue, on perd peu à peu pied et on se perd dans les méandres des rêves dans les rêves.
Certains passages de la fin m’ont également déplu : des personnages virent au grotesque et « l’affrontement final » n’est pas très convaincant.

En tout cas, Paprika m’a donné envie de découvrir les autres œuvres du réalisateur.
Un film à découvrir.

8/10

Par AngelMJ le 07/12/2006 à 21:13

Satoshi Kon n'a semblerait-il plus rien à prouver dans le monde de l'animation lorsque l'on voit la notoriété des films ou des séries qu'il a pu réalisé par le passé. Par manque de moyens, je n'avais jamais eu l'occasion de voir une des ses productions. C'est donc chose remise avec Paprika. Est ce que le talent du réalisateur de Perfect Blue et Tokyo Godfathers a réussi à me toucher? La réponse est un grand oui!

Allons dans le vif du sujet. Paprika est d'abord visuellement une réussite. Le graphisme, marque de fabrique de Kon, est très propre et très bien animé. Ca bouge, c'est vivant, avec une utilisation de la 3D minime qui laisse place à des dessins traditionnels qui possèdent toujours autant de charme. On est très propre de la qualité visuelle d'un Miyazaki. On est également marqué par la bande son, avec des thèmes musicaux marquants et très originaux, adaptés à chaque moment, chaque scène.
Mais quelque part, Satoshi Kon n'a plus rien à prouver visuellement. C'est donc forcément vers les personnages ou le scénario que l'on va se tourner pour voir si le talent du maître à encore frappé.

La trame scénaristique est en réalité très simple et la résolution de l'enquête, à savoir qui a volé les DC Mini, machine capable de voyager dans les rêves des personnes, trouve vite sa réponse. Car l'intérêt du scénario n'est pas là. En effet, Paprika nous invite dans une folle course poursuite entre rêve et réalité, les deux étant volontairement mélanger durant tout le film pour tenter de perdre le spectateur, mais cela pour son plus grand bonheur. Kon utilise à maintes reprises cette désagréable sensation du rêve éveillé ou encore cette impression d'être réveillé, d'avancer, alors que l'on est encore en plein sommeil. Tout cela nous plonge dans un monde assez burlesque, parfois destabilisant mais dans lequel, au final, on ne perd jamais. Comprenez par là que malgré l'amalgamme entre rêve et réalité, le scénario tient debout du début à la fin et rien ne reste inexplicable.
Les personnages de Paprika sont assez originaux de part leur physique et leur psychologie. Kon sort parfois même des sentiers battus en proposant des relations étonnantes entre les protagonistes, les rendant crédibles et suprenants. Le personnage d'Atsu se complète très bien avec celui de son alter ego Paprika. Les autres personnages sont également bien travaillés et chacun apporte sa pierre à l'édifice, chacun ayant un rôle non négligable dans le déroulement du scénario.

Bon que dire si ce n'est que Paprika est à mes yeux une réussite. L'ensemble reste abordable pour tous les publics, le film ayant malgré tout un petit côté art et essai. Nombreux seront ceux qui s'amuseront à trouver les nombreuses références au cinéma qui sont placés de manières astucieuses durant tout le film. Je ne peux que vous conseiller d'aller le voir, vous passerez vraiment un bon moment devant. Pour ma part, je suis comblé et je n'ai plus qu'une seule envie : découvrir les autres oeuvres de Satoshi Kon.

8/10

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