Pouvoir aux boobs...

» Critique de l'anime Manyû Hiken-chô par Nakei1024 le
30 Mars 2017

La scène débute dans ce qui ressemble à un entrepôt souterrain abandonné, caché dans une grotte naturelle. Au début, tout est sombre et rien ne vient troubler le silence. Puis des coups réguliers se font entendre, jusqu’à ce que la pointe d’une pioche ne finisse par traverser une des parois, créant une ouverture qui laisse peu à peu passer la lumière à mesure qu’elle s’agrandit, enfin deux silhouettes finissent par apparaître. Un homme approchant la quarantaine ouvre la marche, en treillis et portant un blouson en cuir, coiffé d’un chapeau de cowboy. Il est suivi par un jeune étudiant tout juste entré dans l’âge adulte, et qui s’accroche à un calepin de notes comme si ça vie en dépendait…

-Professeur John, il semblerait que nous touchions enfin au but. Cet entrepôt semble avoir passé avec succès l’épreuve du temps, et je ne doute pas que nous y trouvions quelques artefacts dignes d’intérêt.
-Je ne te le fais pas dire p’tit gars, j’ai bien failli croire que nous allions faire choux-blanc une fois de plus, mais cette fois-ci, mes sources et documents se sont révélé suffisamment fiables pour découvrir cette cache datant de la période Edo (Ere Kaei).
-Pourtant, j’avoue que lorsque vous avez décidé de nous entraîner au Japon, j’ai craint que ce ne soit pour vous payer du bon temps dans certains quartiers chauds de la capitale. Pas vraiment l’idéal pour compléter mon stage de fin d’étude.
-Petit petit, laisse-moi te dire un truc, avec cette découverte, nous pouvons éclairer l’une des périodes les plus méconnues de l’histoire du Japon, s’étalant sur à peine quelques décennies, et pratiquement inconnue hormis pour une poignée d’initiés.
-Fantastique, mais du coup j’avoue ne pas voir à quelle période vous faîtes allusion. Pourtant j’ai un peu potassé mes connaissances sur l’histoire de l’archipel ces derniers jours, et je n’y ai rien lu qui semble sortir des sentiers battus.
-C’est normal, il est vrai que l’ère « Manyuu » a largement été oubliée, même auprès des Japonais. Pourtant, elle a aujourd’hui encore des répercussions non négligeables sur la culture nippone.
-L’ère « Manyuu » ?
-Oui, l’appellation est de mon crû, basée sur le nom du clan le plus important à cette époque, capable d’influencer jusqu’aux décisions des plus grand seigneurs de guerre.
Vois-tu, cette période unique mettait la taille des poitrines au centre même de ses systèmes politique et diplomatique.
-Vous plaisantez ?
-Pas du tout, comme tu l’as deviné plus la poitrine était imposante, plus l’influence et l’importance dont jouissait la personne était importante. Et personne ne pouvait remettre cet état de fait en cause.
-En clair, on était presque dans une gynocratie ou, si vous me permettez l’expression: une « bonnet-F-mammocratie » ?
-J’aime le terme, mais restons sérieux 5 minutes. On restait malgré tout dans un système extrêmement patriarcal. Cela-dit, même à la place des plus grands seigneurs féodaux de l’époque, quand une femme de haut rang venait faire une demande en te mettant ses deux obus de 75 sous le nez, il devenait très difficile de lui refuser quoique ce soit. Que veux-tu, de tous temps les mâles se sont laissé porter par leurs désirs libidineux. Et de ce que j’ai pu lire, les générations de cette époque étaient particulièrement irrécupérables de ce point de vue.
-Admettons, mais alors cela signifie que même une personne de naissance modeste, pour peu qu’elle soit généreusement pourvue, avait les moyens de s’élever socialement ?
-Cela aurait pu, mais c’était sans compter sur le clan Manyuu. Je t’ai dit qu’il était le plus puissant de cette période, et ce n’est pas un hasard. Ce clan de samouraïs (ou ninjas, les descriptions restent malheureusement assez floues), possédait une technique de sabre unique et secrète, capable de modeler à sa guise la forme et le volume de n’importe quelle poitrine.
-(Retenant un hoquet) Sérieusement?
-Tout comme je te le dis. Pour asseoir son pouvoir et s’assurer le contrôle des autres clans, le clan Manyuu a organisé des campagnes régulières de contrôle des poitrines au sein de la population. Toutes les femmes de basse extraction se sont rapidement vues réduites à l’état de planches à pain, et cette simple démonstration de force a rapidement fait taire les contestataires (pour un temps au moins).
(Levant les yeux au ciel, dans un soupir) Il est difficile aujourd’hui encore d’estimer combien de merveilles et de beautés naturelles ont été sacrifiées sur l’autel du pouvoir, mais tu peux imaginer l’importance des pertes, une vraie tragédie. Salauds de riches…
-Mais du coup avec un tel pouvoir, comment se fait-il qu’un tel système n’ait pas perduré ?
-Oh, il y a plusieurs raisons à cela. Comme je te l’ai dit, les mouvements de contestations ne se sont calmés qu’un temps. Il n’a pas fallu longtemps pour que des adeptes des petites poitrines (les fous) ne reprennent du poil de la bête et ne fassent entendre leurs voix, le plus souvent en distribuant des estampes de « beautés » dépourvues d’attributs mammaires dignes de ce nom. Comme tu peux l’imaginer, ces actions ont eu un effet relativement limité sur la population, mais bien présent malgré tout.
Il y a ensuite eu le fait qu’à force de se laisser guider par la moindre paire de seins un peu imposants, les seigneurs ont commencé à négliger la gestion de leurs domaines, et à accepter des demandes toujours plus ruineuses, perdant peu à peu leur pouvoir. On prétend que même l’empereur et les shoguns ont fini par ne plus jurer que par les grosses poitrines.
Enfin, nombreux sont ceux (à tous les âges et niveaux sociaux) qui ont commencé à dénoncer le fait d’appliquer systématiquement les techniques du clan Manyuu sur les femmes de basse extraction, entraînant ainsi la perte de véritables trésors nationaux.
Mais finalement, le coup fatal qui a véritablement conduit à l’abolition de ce système inique est venu de l’intérieur.
-Un membre du clan aurait décidé de jouer les « Robin des bois » ?
-C’est à peu près ça, mais dans le cas présent, il serait plus juste de parler d’une…Chifusa Manyuu, descendante du clan et première en liste pour hériter des techniques les plus secrètes de celui-ci. Quand elle a découvert les exactions des siens elle s’est retournée contre eux et, accompagnée d’une seule et unique servante, s’est mise à utiliser son savoir pour rétablir l’équilibre dans les boobs…
En fait, une bonne partie des connaissances dont on dispose encore aujourd’hui pour décrire cette époque proviennent du récit de son voyage initiatique et des obstacles qu’elle a affronté pour atteindre son but.
-Tout cela est assez impressionnant, presque incroyable même. Mais vous disiez tout à l’heure que malgré le peu de traces qu’il en reste, cette époque historique a profondément marqué la culture nippone, et continue de le faire aujourd’hui encore.
-(L’archéologue commence à se déplacer entre les caisses pour en examiner leur contenu, et stocker certains objets dans sa besace.)
Eh bien oui, durant toute cette période, un fort courant artistique a vu le jour, faisant l’apologie des grosses poitrines. C’est qu’il fallait justifier auprès du peuple qu’une dame généreusement fournie puisse exiger de celui-ci à peu près tout et n’importe quoi. Et quoi de mieux pour cela que d’entretenir son adulation pour les fortes poitrines. Estampes, sculptures, danses et autres festivités plus ou moins locales, rien n’a été oublié. Les seigneurs n’ont pas tardé à réaliser de splendides calligraphies pour crier leur amour des gros seins et jurer leur allégeance au clan Manyuu. Même les plus grands comme le peintre Hokusai ont participé avec ferveur à cette épopée nationale.
Il y a également les réalisations des groupuscules proclamant la « beauté » des petites poitrines, mais cela reste secondaire.
Malheureusement, une fois cette époque achevée et pour ramener l’ordre et la morale au sein de la société, bon nombre de ces réalisations ont été détruites. Quelques irréductibles ont néanmoins réussi à sauver certains trésors et à les mettre dans des cachettes comme celle-ci, en attendant le jour où l’Humanité serait à nouveau digne de poser ses yeux dessus.
Mais malgré tout, les Japonais n’ont jamais pu oublier leur amour pour les grosses poitrines.
-Je vois, mais dans ce cas, plutôt que les entasser comme un voleur dans votre sac, ne pensez-vous pas qu’il serait mieux de contacter les autorités locales pour qu’elle décide comment partager au mieux ce « savoir » auprès du grand public ?
-As-tu entendu ce que j’ai dit ? Ces œuvres ne doivent être dévoilées que lorsque l’Humanité en sera digne. Actuellement, seule une poignée d’esthètes et d’adeptes (dont je fais partie) sont à même de comprendre la valeur de ces trésors.
-Professeur John, avec tout le respect que je vous dois, je pense que de telles œuvres ont davantage leur place dans un musée que dans les collections privées de quelques vieillards libidineux.
-Tu peux parler petit, tu crois que je ne t’ai pas vu glisser quelques-unes de ces estampes dans ta sacoche, de même que cette splendide calligraphie que tu tiens dans tes mains ?
-Simplement dans le but de les présenter au conservateur du musée de Tokyo, pour qu’il comprenne l’intérêt de nôtre découverte et décide de la manière la mieux appropriée pour décider de la gestion de ces trésors.
En parlant de cette calligraphie, j’ai un peu de mal à lire ce qui est écrit dessus, je ne saisis pas tous les kanjis.
-En un mot comme en cent : « Vive les gros nichons !!! ».

Verdict :4/10
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A propos de l'auteur

Nakei1024, inscrit depuis le 05/01/2007.
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