SHINJUKU PRIVATE EYES ‎— Un dernier mokkori avant la retraite

» Critique de l'anime Nicky Larson : Shinjuku Private Eyes par Deluxe Fan le
22 Novembre 2019
Nicky Larson : Shinjuku Private Eyes - Screenshot #1

Un film d’animation City Hunter en 2019, c’est le genre de nécromancie que l’on n’attendait pas forcément. En effet, le dernier téléfilm animé de la franchise datait de 1999 soit il y a vingt ans, autrement dit une génération entière. Et en parlant de génération, il se trouve que je suis arrivé juste après celle qui a connu Ryo Saeba lorsqu’il était encore vigoureux, je n’ai donc pas d’attachement particulier à cette licence que je n’ai connu que par bribes et ouï-dire.

Ryo Saeba est donc un "nettoyeur", une sorte de détective privé qui défend les citoyen(ne)s innocent(e)s contre les vilains qui leur veulent du mal. Le récit de ce film démarre lorsqu’une jeune femme demande la protection de Ryo contre de mystérieux individus. Notre héros devra alors affronter divers ennemis ; au début de simples clochards, puis des mercenaires entraînés, jusqu’à des mechas de guerre capables de réduire la ville en cendres. Rien de bien grave cependant car surtout quand la fille est mignonne, Nicky Larson ne craint personne.

Regarder ce film quand on ne connaît City Hunter que de réputation est une expérience bizarre ; c’est comme voir le film annuel d’une série animée populaire sauf que la série en question se serait arrêtée il y a vingt ans. Les personnages se font des private jokes, ♫Get Wild démarre, les caméos de personnages des mangas de Tsukasa Hojo s’enchaînent et le spectateur du début des années 90 est dans ses petites pantoufles, lui qui autrefois regardait le dessin animé à la télé et qui aujourd’hui a une femme trois gosses et un crédit de vingt-cinq ans sur le dos pour payer la baraque de tout ce beau monde. Le moteur de la nostalgie tourne à plein régime et file sur la route du souvenir en laissant au bord de la route le spectateur à qui on parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

Nicky Larson : Shinjuku Private Eyes - Screenshot #2En dehors de ça, il y a quand même deux ou trois choses à regarder dans le film. Le méchant tout droit sorti d’un James Bond époque Pierce Brosnan est plutôt réussi, et la réalisation est de haute qualité. Le style est similaire à celui que Sunrise a utilisé dans les OAV de Gundam The Origin et je ne serais pas étonné d’apprendre que c’est la même équipe au sein du studio. Mention spéciale aux scènes de poursuite en voiture dans lesquelles les véhicules sont intégralement dessinés à la main, il ne doit probablement plus rester que quatre ou cinq personnes dans toute l’industrie de l’animation japonaise capables de ce genre d’exploit et ils ont tous bossé sur le film j’imagine.

En tant qu’épisode de série télé étiré sur une heure et demie, le film accuse de grosses longueurs en particulier au début, il faut bien attendre 45 minutes pour que l’intrigue démarre véritablement. Ce ne serait pas un problème s’il y avait un script derrière mais tu sais exactement où ça va aller et comment ça va y arriver, c’est pas comme si ils allaient essayer de réinventer City Hunter vingt ans plus tard. Et puis je veux pas dire mais l’humour des années 90, c’est peut-être mieux de laisser là où il était. Je suis le premier à trouver hilarant le personnage de Mineta dans BNHA par exemple, mais voir dans un long-métrage d’animation en 2019 un type qui a l’air d’avoir quarante balais faire le clown parce qu’il regarde sous les jupes des filles ou qu’il sniffe des petites culottes je suis désolé ça fait pitié. A ce sujet d’ailleurs, le doublage est en partie servi par les comédiens de l’époque ; et autant Akira Kamiya dans le rôle de Ryo pas de souci, autant Kazue Ikura dans le rôle de Kaori je suis navré mais ça s’entend qu’elle a soixante piges et qu'elle a passé les vingt dernières années à fumer deux paquets par jour quoi. C’est comme quand ils sont allés déterrer Carrie Fisher pour rejouer la "Princesse" Leia, ce n’était vraiment pas la meilleure idée qu’ils ont eue.

Shinjuku Private Eyes est une sympathique dose de nostalgie à destination d’un public déjà convaincu, mais ce n’est pas beaucoup plus que ça ; j’ai de meilleurs souvenirs des téléfilms des années 90 que j’avais aperçus à l’époque que de ce film pourtant tout beau tout moderne. Et si c’est plutôt le genre action-policier qui vous intéresse tu prends n’importe lequel des OAV récents de Lupin The Third ou un film au hasard de Détective Conan tu feras sans doute une meilleure affaire.

Verdict :6/10
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A propos de l'auteur

Deluxe Fan, inscrit depuis le 20/08/2010.
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