“Sur la flèche qui l'atteint l'oiseau reconnaît ses plumes” - Esope

» Critique de l'anime Tsurune par Kilddra le
22 Janvier 2019

Tsurune est l’adaptation plus ou moins rigoureuse du light novel Tsurune : Kazemai Kōkō Kyūdō-bu écrit par Kotoko Ayano. Le premier tome du LN a reçu un prix par KyoAni avant d’être adapté par le studio. On est jamais mieux servi que par soi même.

L’histoire se focalise sur le kyudo, le tir à l’arc martial, très pratiqué au Japon et notamment en tant qu’activité périscolaire, chez les filles comme chez les garçons.
On nous a déjà servi, la natation, le basket, le rugby, la danse de salon, le foot, le patinage artistique et j’en passe et des meilleurs…Alors. Ok. Pourquoi pas. Moi, depuis Yuri on Ice, je me laisse faire, je juge plus. Faites ce que vous voulez de ma tête tant que mon corps peut rester tranquillement sur le canap. Et je vais être honnête, j’ai toujours rêvé d’être Robin des bois alors le tir à l'arc, c'est cool.
Je plonge donc dans le premier épisode avec intérêt, pour la discipline. Oui, oui, pour la discipline, je précise bien. Je vous vois les mauvaises langues…

KyoAni, nous a habitué à la qualité de ses productions visuellement très propres, chatoyantes, un peu chouineuses, aux musiques sommes toutes respectables mais pas folles non plus, à quelques effets sympas... Bref.
Tsurune est un pur produit KyoAni.
Moi, j’accroche indéniablement à tout ça. C’est le genre de sucreries que je reprendrais volontiers à chaque occases si tant est que l’histoire me satisfait.
Alors l’histoire justement, parlons en. Son pitch est simple, voir simpliste.
Nous suivons un groupe de garçons : Minato, Seiya, Ryouhei, Nanao et Kaito. Ils viennent d’arriver au lycée Kazemai et ont tous un intérêt personnel et particulier pour le kyudo, sa pratique et ce qu'il implique.
Pour des raisons évidentes de spoils, je n’irais pas plus loin dans le synopsis. Le premier épisode dévoile au bas mot, les ⅔ des problématiques de nos jeunes gens. Autant aller le voir. C’est soit 20 minutes de perdues si vous n’aimez pas, soit 10 minutes de gagner à ne pas lire cette critique et vous faire votre propre opinion. C’est à vous de voir, j’en dirais pas plus de toutes façons.

Et là, vous vous dites mais wtf, la meuf, elle se lance dans une critique de Tsurune mais elle veut pas nous expliquer si c’est bien ou pas. Bah ouais, désolée. En fait, je suis pas venue là pour ça, les gars. Ou pas tout à fait.
Vous voyez. Les vrais le savent. Je suis amatrice de yaoi, shonen aï, BL, appelez ça comme vous voulez. J’ai une passion dans la vie, c’est les “amitiés viriles et plus si affinités”...
Ouais. Un peu de respect. Je fais mon coming out, là.
J’en lis beaucoup, je regarde ce qui peut être vu sans perdre un œil. Alors, je vais pas dire que j’en connais tous les codes sur le bout des doigts mais… Je me défends quoi.
Je vais mettre les pieds dans le plat, du coup. Excusez moi.
Tsurune, c'est le petit frère pudique de Free!. Entendez par là, sans la débauche de corps à moitié à poil mais un peu quand même.
Alors, attention, je n’ai pas vu Free!, je me garderais donc bien de faire tout commentaire directement sur l’anime. Mais en bonne fujoshi, je les ai vu passer les doujinshi hein. La raison pour laquelle, j’ai évité de regarder Free! c’est justement ce que je m’apprête à expliquer.

Tsurune est un anime mignon, joli et digeste. Il aurait pu être un travail délicat sur les conditions physiques et mentales qu’exigent la pratique du kyudo et se mettre, de fait, en compétition directe avec Run With The Wind qui est sorti en même temps. Sauf que.
Bah, c’est tout bonnement de l’ecsta pour fujoshi quoi…
Pas besoin de tourner autour du pot, les relations dépeintes dans cet anime peuvent toutes être interprétées dans ce sens. Et j’en veux pour preuve, que les filles, peu présentes dans l’anime, sont toutes placées au mieux au rang de faire valoir ou au pire au rang de fans/simples spectatrices. Ce sont les même codes que le yaoi. Sans parler des pectoraux glossy, des abdo taillés à la serpe, des câlins rougissants hein... On repassera pour la subtilité.
Alors faut pas me la faire à moi, KyoAni. C’est bien sympa tout ça, mais j’aime pas trop être prise pour une truffe. Je n’apprécies pas vraiment qu’on me serve mon repas prémâché et prédigéré, ça me laisse un arrière goût de “tu t’ai fais enfler” que j’essayais justement d’éviter en ne regardant pas Free!... Et je sais qu’on est une cible facile mais faire un anime sur le kyudo pour jouer avec notre corde sensible, c’est un vrai mauvais jeu de mots.

Bref. Sous couvert de faire une jolie histoire sur un sport pleins d’élégance et de cérémonie, KyoAni, balance impunément tous les signaux racoleurs que le public fujo dévore sans discernement. Rendant au final, un anime infiniment moins subtil qu’un Yuri on Ice dans ce domaine et un anime relativement anecdotique sur le sport qu’il est censé dépeindre. C'est dommage. D’autant plus, que pour avoir lu un peu du LN, lui, n’a pas l’air d’être dans cette veine et qu'à mon avis, il aurait probablement été bien plus sympa de s'en tenir à ça.

Alors, passe ton chemin, cher ami, fan de sport. C’est pas pour toi. Si tu as pris la température du premier épisode, tu le sens, tu le sais. Laisse tomber ou sinon, c’est pour la science.
Par contre, toi, copine fujo, bah ouais, c’est cadeau. Vas y, fais toi plaise. Mais sois consciente qu’on joue avec tes émotions pour une raison probablement, purement financière et qu'après tu te retrouveras, comme moi, à étaler ta frustration aux yeux de tous.

Quoiqu’il en soit, pour moi, le mal est fait. Je suis bêtement tombée dans le piège et j’ai honte de le dire, mais j’ai kiffé ce petit anime.

Je lui mets 8/10, et vous avez le droit de dire que je suis faible.

Verdict :8/10
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A propos de l'auteur

Kilddra, inscrit depuis le 28/09/2011.
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