YA BOY KONGMING — L'anime qui fait monter le son

» Critique de l'anime Paripi Kômei par Deluxe Fan le
19 Juin 2022
Paripi Kômei - Screenshot #1

Lorsque l’on a de plus en plus d’expérience et de moins en moins de temps libre, il devient difficile de tout regarder et de ne pas faire un minimum de choix. Des choix orientés par nos propres goûts, des recommandations externes ou la simple chance. Par exemple, tomber par hasard sur un OP sur Youtube et se laisser guider par la curiosité vers ce qui finit par être dans le top 3 de la saison voire de l'année.

Ya Boy Kongming raconte l’histoire de Zhuge Liang, surnommé Kongming, célèbre stratège chinois de la période des Trois Royaumes au IIIème siècle après J.C.. Brillant tacticien au service du royaume des Shu, il s’illustra dans une multitudes de batailles où son génie militaire lui permit de défaire des adversaires plus forts et plus nombreux que lui. Son nom resta dans l’histoire comme un des hommes les plus remarquables de tous les temps, au point que son surnom "Kongming" (Kômei en japonais) sert encore aujourd’hui à désigner quelqu’un d’intelligent et de rusé. Kongming décèdera de maladie en 274 lors de la bataille des Plaines du Wuzhang, qui marqua un tournant dans l’histoire du continent.

Paripi Kômei - Screenshot #2Ce que l’histoire ne dit pas, c’est que Kongming n’est pas mort ; il s’est réincarné en 2021 à Shibuya où il est devenu… Producteur de RnB…

Ya Boy Kongming c’est le genre de série qui part sur un postulat tellement débile qu’il n’a pas d’autre choix que d’être excellent. Kongming débarque à Shibuya et se retrouve dans un club où se produit Eiko, une gamine qui bosse comme barmaid et cherche à percer dans la musique. Ému par son talent, Kongming décide de l’aider et de mettre ses talents à son service pour la faire progresser dans le milieu ; et comme toute bonne guerrière Eiko devra trouver des alliés, affronter des ennemis ainsi que ses propres doutes.

Le récit s’intéresse à toutes les strates du milieu de la musique, en commençant par les clubs sombres de Shibuya où se produisent les jeunes en quête de public, les chanteurs de rue, les festivals, jusqu’aux moment où les producteurs pleins de pognon viennent signer les groupes les plus prometteurs pour les orienter vers le domaine professionnel, pour le meilleur et pour le pire. La série s’autorise même un détour dans le milieu de l'impro avec cet épisode invraisemblable où Zhuge Liang le stratège chinois du IIIème siècle ap. J.C. prend le micro pour participer à un battle de rap. Même si rien de ce que raconte la série n’est sérieux ou plausible, il est clair que les auteurs ont traîné leurs godasses dans cet univers et ont retranscrit ce monde avec bienveillance et authenticité.

Paripi Kômei - Screenshot #3L’anime est produit par P.A. Works, studio principalement connu pour leurs séries "agence de voyage" où des filles mignonnes bossent en province pour la faire la pub de l’office du tourisme local, genre Hanasaku Iroha ou plus récemment Aquatope. Avec une série telle que Ya Boy Kongming, qui est je crois leur première adaptation de manga (ce qui est surprenant pour un studio en activité depuis une décennie), P.A. Works reste dans sa zone de confort mais avec un petit sursaut de profondeur par rapport à ce qu’on a l’habitude de voir dans le genre ; il ne s’agit pas ici de raconter l’histoire de lycéens qui font de la musique après les cours pour apaiser leur angst adolescent, c’est l’histoire de jeunes adultes qui cherchent la détermination pour réussir dans le monde impitoyable qu’ils ont choisi.

Évidemment pour une série basée sur la musique, on attend un effort au niveau de l’OST. Personnellement je suis même pas spécialement fan de ce genre de pop mielleuse que chante l’héroïne, en revanche les génériques sont parfaits, que ce soit l’OP en mode disco (qui serait une reprise d’un morceau sorti en 2013 par un groupe hongrois ? WTF ?) ou l’ED un peu plus funk/jazz, c’est totalement ma came.

Quand j’y repense il y a une autre série qui m’avait accroché comme ça il y a plusieurs années, c’était Tonkatsu DJ Agetaro qui lui aussi avait pour thème la musique et plus spécifiquement le milieu des boîtes de Shibuya et de la fête tokyoïte en général. Faut croire que mon âme de clubbeur m’attire inexorablement vers cet univers, et j’ai hâte de découvrir d’autres animes du même style pour kiffer jusqu’au bout de la nuit.

Verdict :8/10
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A propos de l'auteur

Deluxe Fan, inscrit depuis le 20/08/2010.
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