Brave Story

Brave Story

Informations générales

Staff technique

  • Studio: Fuji TV, Gonzo
  • Directeur: Koichi Chigira
  • Auteur: Miyuki Miyabe
  • Chara-design: Yuriko Chiba
  • Musique: Juno Reactor
  • Diffuseur: Warner Bros (distributeur)

Version française

  • Licencié: oui
  • Titre français: Brave Story
  • Editeur: KAZE

Doublage

Takako Matsu (Wataru Mitsuya), Eiji Wentz (Mitsuru Ashikawa), Katsumi Takahashi (Akira Mitsuya), Kirin Kiki (Onba), Miki Imai (Déesse de la destinée), Rie Shibata (Yunababa), Takako Tokiwa (Cutts), Tarô Ishida (Prêtre Daimon), Yo Oizumi (Ki-Kima), Yoshiko Tanaka (Kuniko Mitsuya), Atsushi Tsutsumishita (Chien des plaines), Ayako Kawasumi (Fille mystérieuse), Chiwa Saito (Miina), Mihoko Abukawa (Katsumi/Kacchan), Saori Ito (Ogawa), Shirou Itou (Moine Rau), Toshiyuki Itakura (jeune prêtre)

Synopsis

Mitsuya Wataru est un jeune garçon que le destin a décidé de mettre au défi. Des problèmes familiaux viennent bouleverser son existence et l'amènent en désespoir de cause à tenter l'impossible : il va la franchir, cette porte gigantesque au delà de laquelle il est possible de changer son destin. En quête d'une nouvelle destinée et à la recherche de son nouvel ami, Ashikawa Mitsuru, c'est dans une expédition riche en aventures et enseignements qu'il est propulsé. Une aventure qui va bientôt le mener dans un monde fabuleux ...

Synopsis soumis par suprshinoa

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#Par El Nounourso le 24/02/2008 à 16:22

Espérant secrètement tomber sur une perle injustement délaissée par le public français, c’est avec une certaine confiance que j’ai pénétré dans la salle de cinéma. Vendredi après-midi oblige, je me suis retrouvé seul… ah non il y avait bien quelqu’un sur la rangée centrale. Deux spectateurs donc. Au moins n’ai-je pas eu à subir les cris des mioches comme devant un Pixar (car rappelons-le, Brave Story est d’abord destiné aux enfants).

Ce n’est d’ailleurs pas l’aspect enfantin que m’a rebuté. Les chouettes histoires mettant en scène de jeunes adolescents, il y en a plein de très bonnes. Non, le problème est ailleurs. A vrai dire, je n’ai vraiment pas accroché à l’univers heroic-fantasy, et pourtant c’est un genre que j’apprécie d’ordinaire. La faute au design inégal des bestioles, aux environnements dénués de charme, aux architectures peu inventives, à l’épée magique ridicule... Certes l’animation est fluide et la 3D maîtrisée, mais ça ne m’a pas empêché de trouver le graphisme plat et sans âme, exception faite de quelques rares effets de sortilège, de deux trois décors et du look des personnages principaux, peu audacieux mais agréable à l’œil.

Tout ceci est vraiment dommage car c’est souvent grâce à leur dose d’exotisme que les œuvres de fantasy font oublier leur intrigue manichéenne simplette. Dans le cas de Brave Story, force est de constater que le scénario regroupe tous les poncifs du genre. C’est simple, on dirait une trame de RPG bas de gamme. Je m’attendais presque à entendre un jingle « level up » récompensant la récupération de la seconde gemme. Tout s’enchaîne sans grande cohérence, avec des ellipses en peu partout pour accélérer la narration qui se résume à une suite de mini-épreuves. L’avantage c’est qu’on n’a pas le temps de s’ennuyer, ça bouge dans tous les sens ! Dommage que le design moyen et le manque crucial de surprises gâchent tout.

Si le rythme soutenu de l’aventure et le sympathique héros sauvent de justesse le film du naufrage, l’ensemble reste médiocre car beaucoup trop convenu. Friand de mondes imaginaires et d’épopées fantastiques, j’ai quand même fini par me prendre au jeu… mais la dernière partie m’a semblé bien longuette.

4/10

#Par Scalix le 09/03/2007 à 08:13

Chaque enfance se caractérise par des rêves.
Nous avons tous rêvés d’aventures, et nous avons tous souhaité vivre une épopée dantesque, au centre de laquelle le jeune héros que nous serions parviendrait à changer sa destinée. Ces fantasmes préadolescents, même s’ils nous quittent, laissent une empreinte indélébile dans nos esprits ; et quelque part, nous cherchons toujours ce périple, ce voyage merveilleux dans un univers fantastique, où tout ce l’on souhaite peut devenir réalité, si l’on y croit suffisamment. Bienvenue à Vison, royaume de la déesse du Destin.

Brave Story commence pourtant mal.
Je fais parti de ces spectateurs qui ne cherchent plus les animes puérils, simplistes et trop enfantins, emplis de bons sentiments au point de nous en susciter d’ignobles. L’intelligence d’un scénario, le raffinement des personnages, tout comme leurs psychologies et leurs actes doivent susciter un intérêt réel, et ne surtout pas se contenter de charmer, par des procédés simplistes, les plus jeunes et naïfs d’entre nous. Brave Story démarre en nous exposant le protagoniste, accompagné d’un camarade de classe, en train de chasser le fantôme dans un lieu désert. La première envie me saisissant fut de stopper le film, répugné par l’âge des protagonistes. Comment espérer un scénario crédible et des personnages auxquels je pourrais m’identifier si le héros n’a même pas quinze ans ? Coup de chance, je n’avais pas le courage de me lever et d’éteindre mon lecteur, et je n’avais rien d’autre à voir. J’ai donc poursuivis.
Au bout de cinq minutes, j’en étais au point de regretter que le film ne dure que deux heures. Certes, les personnages sont jeunes, mais qui n’a jamais voulu, lors de son enfance, trouver une porte magique le menant vers un monde où il pourrait être un puissant sorcier, ou encore un valeureux chevalier ? Pour ma part, je ne voyais plus qu’une seule chose : on m’offrait, pendant quelques temps, l’animation de mes fantasmes de gosse. Alors, je plongeais dans cet univers.

Gonzo oblige, le film se devait d’être beau. Loin d’être une débauche de couleurs numérisées et de 3D comme l’était Origine, on sent un retour aux sources de l’animation, avec une base simple et agréable. Le character-design, comme à l’habitude du studio, est simpliste, mais très expressif. Les décors demeurent particulièrement détaillés, et les univers variés. Il est évident que sur le plan de l’esthétique, il est difficile d’être déçu par les productions de Gonzo, le studio ayant pratiquement tout misé sur le visuel pendant longtemps. Le résultat est donc très satisfaisant, et l’on apprécie la délicatesse avec laquelle les images de synthèse, parfois réellement somptueuses, se mêlent à l’animation du film.

Le scénario m’est apparu comme l’aboutissement d’une accumulation de rêves. Enfant, on se surprend à plonger dans les univers que notre propre esprit crée, parfois avec tant de force que l’on y perd toute logique, et que seule l’addition de séquences grisantes pour notre esprit en formation compte. Notre jeune héros, Wataru, va donc vivre quantité de périples, sans forcément de lien les uns avec les autres, mais avec, tout de même, un fil conducteur : trouver toutes les pierres magiques s’intégrant à son épée et rencontrer la Déesse du Destin, qui ne lui exaucera qu’un seul souhait. J’ai logiquement pris énormément de plaisir à suivre son aventure, découvrant derrière chaque scène les résidus de l’incroyable inventivité pré pubère que nous conservons. Les scénaristes se sont donnés à cœur joie de nous offrir un monde merveilleux, dans lequel tout enfant se respectant rêverait d’y passer l’intégralité de sa vie. Inutile de se positionner en adulte, cela gâcherait le plaisir simple et infantile que l’on prend à se perdre dans le rêve perdu que l’on nous offre. Gonzo nous propose un pacte ; si le spectateur accepte, pendant deux heures, de replonger dans son enfance, de se remémorer ses désirs infantiles, le studio garantie un monde et une ambiance lui permettant de voir son rêve défiler sous ses yeux.
Les personnages correspondent au dilemme entre le bien et le mal auquel nous avons tous fait face. Certes, les mauvais sont beaux, puissants et charismatiques, mais les bons gagnent toujours, portés par la pureté de leurs sentiments. Mièvre, n’est –ce-pas ? Pourtant, Brave Story parvient à rendre ce cliché de l’animation japonaise appréciable, et presque noble. Ashikawa le mauvais a opté pour une puissance phénoménale, mais l’emploi mal et détruit tout. Wataru, le pieux, opte pour l’honnêteté, l’intégrité et l’honneur, mais ne possède que de faibles pouvoirs, et ne sait pas les maîtriser. Il va sans dire qu’Ashikawa a incommensurablement plus de classe que le jeune Wataru, puéril et inconscient. Vous aurez d’ailleurs droit à des scènes fabuleusement esthétiques, au cours desquels vous pourrez admirer la puissance et le charisme du jeune éphèbe, face à la maladresse juvénile de Wataru.
La trame est excellente, on ne s’ennuie pas une seule seconde en compagnie des différents protagonistes. Ayant réellement apprécié le film, une demi-heure en plus ne m’aurais pas gêné, mais je pense que deux heures suffisent largement à la plupart des spectateurs.

L’ambiance m’a bien évidemment envoutée. Les voix des personnages, accompagnées d’effets sophistiqués et jamais grossiers (Ashikawa lançant un sort, par exemple) ; le tout accompagné de musiques épiques ne ressemblant à aucune consœur : tout est là pour offrir au film une ambiance unique lui étant propre. Les doubleurs ont bien cernés les personnages et jouent avec une crédibilité parfois déconcertante. Les musiques charment, envoutent et correspondent à merveille à l’univers se dévoilant sous nos yeux.

Je m’arrête là, je ne souhaite pas vous en dire plus. Certains penseront que je n’ai dit que peu de choses, et ils auront raison. Vous dévoiler les tenants et les aboutissants d’un univers fantastique, peuplé de créatures en tout genre, et d’un scénario simple mais suffisant, n’aurait absolument aucun intérêt et gâcherait une partie du plaisir de la découverte. Je me suis lancé dans l’aventure avec un jugement neutre, et je ne souhaite en aucun cas vous forger une vision altérée du monde de Vison. De toute manière, vous savez l’essentiel : Gonzo vous offre un séjour en enfance, et si vous en avez l’envie, vous pourrez y retomber l’espace de deux heures, sans d’autres préoccupations que de vivre le rêve qui se déroule sous vos yeux.

8/10

#Par AngelMJ le 01/03/2007 à 17:34

Brave Story est la deuxième tentative cinématographique du studio Gonzo. Après un premier film, Origine, qui a beaucoup fait parler de lui (même si c'est pas forcément dans le bon sens du terme...), est-ce que le studio a su mettre son talent au profit de ce film?

Passons rapidement sur l'aspect technique de l'oeuvre car il n'y a finalement rien à en dire. C'est très très très (j'insiste) bien fait visuellement. Il n'y a pas de doute, les gars de chez Gonzo savent faire mumuse avec un ordinateur. 3D et 2D se marient parfaitement, jolies couleurs, animations de qualité, bref le studio n'a vraiment plus rien à prouver de ce côté. Tant mieux pour eux, c'est toujours ça de gagné...
Au niveau sonore, rien de remarquable mais rien de désagréable non plus. C'est quand même un film donc les doublages sont de qualités, la musique standard et les bruitages crédibles. Rien d'exceptionnel de ce côté mais le strict minimum est présent.

Si Gonzo n'a plus rien à prouver du côté de la forme (je le répète, c'est 'achement beau!!), il a tout de même pas mal de boulot à faire au niveau du fond, ou disons plutôt dans le cas de Brave Story, au niveau du rythme.
Le film est très contemplatif, il y a pas mal de dialogues et du coup l'histoire n'avance pas... C'est souvent ça que l'on appelle un problème de rythme dans la majorité des séries et films japonais. Mais avec Brave Story... c'est complètement le contraire!
Même si le film fait quand même deux heures, tout s'enchaîne à une vitesse fulgurante et d'une manière plus ou moins raffinée. Le problème vient surtout du fait que le scénario, pompé sur celui d'un bon vieux RPG, est bien trop complexe et l'univers bien trop vaste pour être résumé en quelques heures le temps d'un film. Bref, tout s'enchaîne très rapidement, Wataru torche sa quête des joyaux magiques (Princesse Starlaaa... heu pardon...) vite fait bien fait, les fameux joyaux allant d'eux même à la rencontre du héros plutôt que l'inverse...
Ajoutez à ça un final à 2€ TTC bien happy end et une morale d'école primaire, vous rappelant, au cas où vous l'oublierez, que vous êtes entrain de matter un film tout public.

Le rythme du film a bien entendu une influence sur les différents protagonistes. Ces derniers ne sont pas développés, faute de temps, et même si cela n'a aucune incidence sur l'histoire, ça reste toujours quelque chose de frustrant. On note deux personnages rescapés par le rythme frénétique de l'histoire : Wataru et Mitsuru. Notre héros est sympathique et plein de bonnes intentions (comme c'est souvent le cas, sinon ce serait pas le héros...), son caractère avoluant de manière rationnel et logique tout au long du film. A ses côtés, Mitsuru, l'ami/rival taciturne (qui a donc forcément la classe, le perso taciturne a toujours la classe!) qui donne un peu de profondeur au récit et qui évolue, lui aussi, de manière cohérente. Un duo donc classique, il va s'en dire, mais qui fonctionne toujours autant.

Bon alors, là j'ai majoritairement cité les défauts du film. Est-ce que ces derniers font donc de Brave Story ce que l'on appelle communément une daube? Ben... non, pas vraiment. Car force de constater que même si le scénario met le turbo, on ne s'ennuit pas un seul moment. A aucun moment je n'ai regardé ma montre ou espérer que le film finisse. Quant aux personnages, même si ceux-ci ne sont pas développés, quelque part on s'en fout vu que cela n'a aucune incidence sur le court de l'histoire.
Pour moi, Brave Story reste un bon divertissement, qui s'adresse au spectateur lambda, comme aux fans de films d'animation. Une production certes peu audacieuse mais qui permet de passer un bon moment. Et puis en plus, c'est beau, alors bon...

7/10

#Par Starrynight le 27/01/2007 à 23:47

Après un sentiment mitigé devant Origine, je dois dire que j’ai été encore plus déçu par Brave Story, l’autre film réalisé par le studio Gonzo en 2006. Ce dernier film est, à mes yeux, beaucoup trop tourné vers un public d’enfants et manque nettement de panache. Phénomène rare dans le monde de la japanime, on se croirait presque dans un Disney.

Tout d’abord, point positif, le graphisme et l’animation. Alors là, je tire mon chapeau au studio qui n’a pas usurpé sa réputation sur ce point : c’est tout simplement magnifique et d’un réalisme criant. Les nuages dans le ciel sont particulièrement soignés et ne le cèdent en rien aux photos de nuages des pubs Air France. Le chara-design, par contre, reste plus classique. La princesse qui admire Mikuru, elle, est franchement ratée, avec sa grosse bouille ronde et des cheveux agencés n’importe comment. Je noterais que les dessinateurs s’en sont visiblement donnés à cœur joie pour inventer toutes sortes de créatures et grosse bestioles toutes plus fantastiques les unes que les autres (monstre marin, bête de trait, …), frisant parfois le ridicule (les loups tire-bouchon). On atteint le fond avec les espèces de boules rondes colorées présentes auprès du gourou qui accueille Wataru dans le monde de Vision.

Maintenant, la musique : il y a du bon comme du mauvais. Certains thèmes sont agréables, mais les parties chantées ne valent pas tripette (la voix rocailleuse du chanteur est une horreur). Je n’ai pas non plus apprécié les chœurs sur fond de musique à intensité dramatique très élevée, indiquant que l’ont touche un moment clef, avec les grands flashs lumineux que cela suppose, sans oublier le héros émerveillé devant tant de miracles. On se croirait dans Merlin l’Enchanteur (de Disney justement), lorsque Arthur retire l’épée de l’enclume.

Quant aux personnages, si Wataru est intéressant et évolue beaucoup au fur et à mesure de ses rencontres et de ses expériences, la psychologie des autres protagonistes reste près de la surface. A part s’extasier devant le courage et la grandeur d’âme de Wataru ou secourir celui-ci au bon moment, ils ne servent pas à grand-chose. Seul Mikuru réussit également à tirer son épingle du jeu.

L’histoire en elle-même à présent. Il y a beaucoup de choses à dire. D’abord, c’est rapide, très rapide, trop rapide. Le héros suivi par sa petite bande enchaîne joyeusement les actions sans pause et sans transition, nuisant grandement au réalisme de l’ensemble. Exemple parmi d’autres : Wataru veut pénétrer dans un palais férocement gardé (images d’une légion de gardes armés et patibulaires pour qu’on comprenne bien qu’il faudra user de mille ruses pour pénétrer dans le bâtiment). Scène suivante, Wataru dans le bâtiment, derrière une colonne. Scoop, le héros peut se téléporter ! A force d’aller à l’essentiel, la pilule devient un peu grosse à avaler. Ensuite, malgré la vitesse d’enchaînement, on peut s’interroger sur le rôle de passages entiers (et des personnages rencontrés pendant ces passages) dans l’avancement de l’histoire. Est-ce dû au fait que le film a beaucoup enlevé par rapport au livre dont il est tiré ? Toujours est-il que les invraisemblances et les incohérences sont nombreuses tout au long du film.

Abusant de notre crédulité, Brave Story nous sert aussi des coïncidences assez impressionnantes. Le héros a besoin d’aller à tel endroit ? Hop, un personnage est là pile où il faut pour emmener Wataru au bon endroit, encore un ou deux coups de cuillère à pot et le tour est joué. Fastoche. Dans la série, je ne peux m’empêcher de mentionner l’épée de Wataru, laquelle fait partie de la panoplie du jeune voyageur fraîchement débarqué et apprenti de son état. Ce merveilleux instrument, non content de se manier comme une épée ordinaire, peut aussi servir de grappin, de skateboard, d'airbag, protéger Wataru toute seule, etc, etc. L’histoire ne dit pas si elle fait aussi le repassage, mais en tout cas, James Bond peut aller se rhabiller, Gonzo a trouvé bien mieux que son Aston Martin.

Bref, décevant. Gonzo, s’il réalise des prouesses sur le plan visuel, ne réussit pas à percer au niveau du scénario.

5/10

#Par suprshinoa le 13/01/2007 à 19:07

Brave Story, deuxième film sorti en 2006 du studio Gonzo, était attendu au tournant. En effet, après la relative déception d'Origine, le studio se devait de prouver qu'outre les graphismes magnifiques dont il a le secret, il était capable de mener de bout en bout une intrigue intéressante et crédible. Autant dire que, sur ce point, Brave Story est encourageant et connait tout de même du mieux.

Car d'un point du graphisme et de l'animation, tout est magnifique (comme d'habitude). L'animation est ultra fluide, un vrai régal pour les yeux. Les couleurs à la fois pastels et très pâles utilisées sur les personnages contrastent avec les décors aux couleurs saturées. Non, graphiquement, je n'ai vraiment rien à redire si ce n'est que le boulot du studio dans ce domaine est toujours exemplaire.

L'intrigue quant à elle est une très bonne surprise je trouve. Deux heures se sont passées sans que je ne m'en sois réellement aperçu ce qui est surement la meilleure chose qui ait pu arriver. La mise en bouche est très bonne. L'histoire part bon train dans un récit très réaliste où, au début, on nous présente les personnages et les enjeux de Brave Story. Puis rapidement on s'aventure dans un univers très fantastique, très héroic-fantasy dirais-je même. On frôle de très près le scénario de jeu vidéo tant il y a de similitudes avec un RPG classique. Classes de personnages, parcours d'un pays imaginaire, quête d'objets et missions à remplir, rencontre de nouveaux compagnons... Je ne serais pas étonné de connaitre une future adaptation sur console tant le script est taillé pour cela.

L'ambiance est également très bien retranscrite. Aidée comme je l'ai dit auparavant d'une palette graphique ébahissante mais également d'une bande son de très bonne facture, on se laisse gentiment porter par l'histoire et le tout est très convaincant. A noter d'ailleurs, un passage chanté où l'on voit les péripéties des personnages durant leur voyage, procédé tout droit pompé sur du Disney (Mulan) ou du Dreamworks (Shrek, La route d'El Dorado) mais qui vient briser la "monotonie" d'une histoire simplement racontée. Le chara design et les actions des personnages pourront tantôt paraitre un peu puéril avec des monstres gentils, des animaux qui parlent et des vilains démons méchants mais c'est ce qui correspond clairement le mieux à cette histoire tournée vers le grand public. Ce n'est donc qu'une demi surprise au vu de la tournure de l'intrigue principale.

Là où je suis un peu plus déçu, c'est dans la cohésion de l'histoire. Car voilà, les scènes s'enchainent et défilent vite, très vite, peut être même trop vite. Les personnages finissent à peine une action qu'ils ont déjà entrepris autre chose dans un autre lieu à un autre moment. Mon sentiment est que des transitions plus en douceur auraient été de rigueur. Peut être difficile au vu du format final (et oui 2h déjà) mais nécessaire pour arrondir les angles et rendre le tout un peu plus digeste. C'est vraiment le seul véritable point noir que je vois à ce film.

Mon avis général est plutôt bon. J'ai passé un excellent moment à suivre le voyage de Wataru et l'évolution de sa psychologie. J'ai sensiblement moins aimé certains passages de la fin qui sortent un peu de la cohérence globale du film. Il n'empêche que j'en garderai un très bon souvenir.

Au final, Brave Story est un bon film d'animation. Beaucoup moins engagé que pouvait l'être Origine, il tente tout de même de transmettre un message au jeune public lors de son épilogue. S'appuyant sur une qualité visuelle exceptionnellement réussie, un OST à la hauteur des attentes, et une intrigue saisissante et attrayante, il apporte sans nul doute ses deux heures de divertissement et c'est le principal. Gonzo s'améliore dans la qualité de ses histoires (le studio y met peut être le prix) et c'est on ne peut plus encourageant pour la suite. Quoi qu'il en soit, si sortie française il y a, Brave Story possède tous les atouts d'un grand succès et je ne serai pas surpris d'un carton commercial dans notre beau pays.

8/10