Ghost in the Shell est une oeuvre majeure de l'animation japoanaise tant dans sa diffusion dans le monde que sur sa crédibilité : les dessins animés ne sont pas réservés qu'aux jeunes.
Innocence, presque dix ans après le big bang causé par le premier opus, est son "extension" pour reprendre le terme du maître. On retrouve un Batô presque désemparé et plus mature, on voudrait l'affubler du mot "humain". Puisque Motoko n'est plus là, disparue après avoir fusionné avec le pupet master, c'est donc notre cyborg à la chevelure argentée qui accapare le devant de la scène. Sa relation avec le major est toujours représentée par ces litotes, Batô offrant sa veste au Major ou simplement par son attitude protectrice et tellement masculine. De plus, la relation Batou et Togusa est plus approndie, on sort véritablement de la relation typique de coéquipier, cependant Innocence conserve comme toile de fond une enquête policière, et ce n'est pas pour déplaire grâce à un scénario toujours à la cohérence redoutable.
Oshii oblige le film tourne autour du concept, non plus de l'âme comme précedemment, mais de la volonté de l'homme à se reproduire, à façonner comme le potier l'existence. L'allégorie est ici celle du chien et de la poupée, toutes deux métaphores du vieux rêve de l'homme. Sans oublier les questions métaphysiques toujours traitées dans des lieux surprenants et intervenants à des moments du scénario mais finalement subtile comme la chambre du légiste. Le réalisateur a voulu multiplier les références d'auteurs comme Weber, Descartes ou même Boudha, non pas dans une volonté pédante, plutôt d'enrichir le dialogue, d'élargir la réflexion.
Graphiquement, c'est simple, sans être présomptueux la japanimation n'a jamais connu telle oeuvre. Innocence nous gratifie d'une animation où le moindre détail est travaillé, d'une réalisation où Oshii se surpasse, chaque plan fait partie d'une véritable suite logique, chaque plan a son importance. Un délice visuel. L'ambiance sonore s'accouple superbement avec la tendance rétro des modèles de voitures à la maîtrise de la lumière qui frôle la perfection nous plongeant dans un vieux polar.
Innocene est le chef-d'oeuvre que j'ai toujours rêvé de voir, que j'osais à peine imaginer. Mamoru Oshii l'a fait. La perfection n'est pas de ce monde, mais en terme d'animation c'est sûrement innocence qui s'en rapproche le plus. Un film comme on en voit un toutes les décennies.
Enfin! J'ai enfin trouvé le courage de me plonger dans l'univers d'Innocence, moi qui, fanatique du premier opus, tremblais à l'idée d'être déçue.
Il n'en fut rien, car claque visuelle comme scénaristique et philosophique, Ghost in the shell Innocence ne pouvait que me combler, sans aucune forme de nuance.
Il me semble tout d'abord indispensable de parler de l'aspect artistique du film, qui bénéficie d'une aura toute particulière très agréable, grâce surtout au traitement original de la lumière qui confère parfois un halo de douceur dans le monde de ces brutes.
Si l'on est déjà scotché au siège par le générique, reprise directe de celui de GITS mais en digital, la scène du carnaval est tout bonnement parfaite du début à la fin, me laissant parfois songer aux délires oniriques d'un Final Fantasy. Du tout bon donc, même si pour chipoter l'on peut trouver ici et là quelques incrustations 3d un peu hasardeuses (mais faut VRAIMENT chercher la bête).
Niveau scénario, un deuxième visionnage ne m'a pas été nécessaire pour en saisir toutes les subtilités, à l'inverse du premier film. En effet, si les conversations philosophico technologiques de Batou traînent parfois en longueur pour dire peu de chose, elles sont toujours aussi jouissives et jamais inutiles. Je regrette simplement le traitement un peu simpliste du personnage de Togusa, qui fait un peu tapisserie, même lorsqu’il est censé être en pleine action.
L’enquête menée par les deux compères est en fait bien plus abordable qu’elle n’y paraît, pour peu que l’on connaisse un minimum Asimov et l’univers des robots, ainsi que toutes les interrogations qui leurs sont relatives.
Le travail de Kenji Kawai sur la musique est dans la parfaite continuité du premier film, c’est beau, maîtrisé et en accord total avec l’univers de Shirow revisité par Oshii.
Bref que du beau, du bon, du propre pour peu que l’on ait l’esprit vif et clair, même si encore une fois ce n’est pas un film destiné aux plus jeunes.
Innocence est un film à ne pas mettre entre toute les mains. Assez éloigné finalement du premier volet, ce film à l'esthétique parfaite et aux répliques ultraphilosophiques peut soit passionner, soit ennuyer.
Graphiquement, c'est très beau et le mélange 2D/3D ne se voit presque pas (je dis bien presque). L'animation est de bonne facture, les décors sont sympas bien que pas excessivement variés. La palette de couleurs utilisées est assez sombre dans l'ensemble, mais ça colle à l'esprit du film donc bien adaptée.
Les personnages sont travaillés, surtout au niveau psychologique. Je suis pas un fan de charadesign de ce film, mais il faut bien avouer qui colle au genre et à l'histoire. On retrouve avec plaisir les personnages du premier film, mais la présence du sergent Kusanagi aurait été souhaitable. Du coup, c'est Batou qui se retrouve à philosopher sur la vie et je trouve que ça ne lui va absolument pas.
Voyons maintenant le scénario, qui est pour moi le point décisif pour savoir si on va accrocher au film ou non. Si l'aspect philosophique de premier GITS ne m'avait pas trop gêné, il a été pour moi un véritable frein au plaisir de voir Innocence. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis retrouvé complètement perdu dans la lecture des sous-titres, ou encore lorsque les dialogues étaient tellement hors de ma portée que je n'ai même pas eu le courage de les lire.
De plus, les sujets traités et les thèmes abordés sont récurrents de ce genre de film et personnellement, je n'accroche plus. Il n'y a rien, dans le scénario, qui m'a captivé.
Je pense que Innocence est un bon film, mais qu'il n'entre pas dans mon genre de prédilection. J'aime voir un film pour me détendre, pas trop pour me prendre la tête. Pour les fans du genre ou du premier film.
Oshii et Shirow ont revisité GITS en y superposant un hommage aux films des années 30. Bref, le design est un peu plus sombre, étudié pour que l'on retrouve quelques clins d'oeil au genre (la fusillade dans la boutique, les voitures, etc...). Le dessin, exclusiviment informatique, est absolument bluffant.
Le scénario est complexe, il faut voir le film au moins deux fois pour en saisir tous les tentants et aboutissants. La réflexion comme d'habitude dans les GITS portera sur les limites de l'humanité dans un univers déshumanisé, contre l'esclavage, etc... Avec des références shintoïstes et confuciennes qui font parfois traîner le cours d'Innocence, le film enfoncera parfois le néophyte de Shirow dans l'ennui, et même ceux qui connaissent Shirow. Ce ne fut pas mon cas, je suis resté scotché d'un bout à l'autre.
La musique est somptueuse, reprenant le néo-enka de GITS (le 1er film), en travaillant plus le côté orchestral sur des morceaux parfois très longs (une dizaine de minutes).
Bref, c'est sublime, c'est culte... en VO (pitié pas de VF ! ! !).
Mamoru Oshii et Kenji Kawai nous reviennent en force pour un second opus sur les mystères de l'homme et de la machine.
Outre le scénario toujours aussi poussé, et la bande sonore très proche du premier opus, la production s'est mise à la 3D et nous le montre !
Il s'agit principalement d'un film visuel. C'est ce qui attire l'attention du dévut à la fin du film et on se laisse aller à laisser tomber l'histoire afin de contempler les images et l'animation du tout.
Du coup, un second visionage est nécessaire afin d'y comprendre un peu quelque chose !
L'histoire est une suite du premier film et l'on y retrouve les principaux personnages et le couple cyborg/humain Batou/Togusa.
La philosophie propre à Mamoru Oshii et Masamune Shirow est toujours présente et on a le droit à une version digitalisée de l'introduction du premier opus (création d'un cyborg).
A voir surtout pour les graphismes !