La Corda d'Oro n’est clairement pas un animé exceptionnel, il peine à sortir de la médiocrité. Les premiers épisodes sont navrants. Heureusement que cela s’améliore un peu par la suite ce qui m’a permis d’arriver au bout de la série.
L’histoire pourrait se résumer sur un timbre-poste : on donne à une jeune fille un violon magique qui va lui permettre de découvrir le monde de la musique. On rentre directement dans un scénario abracadabrantesque en lui permettant d’intégrer le concours de musique de son école. Cela va être le fil conducteur de la narration : nous allons suivre son évolution tout du long de ce concours.
En résumé, c’est du très classique et il n’y a aucune surprise, donc ce n’est pas de côté-là que l’on va se mettre quelque chose sous la dent.
Le personnage principal est un véritable cliché de jeune fille et d’ailleurs elle n’est pas sans rappeler l’héroïne de Fruits Basket (en moins stupide, je vous rassure). Elle a donc comme sa congénère l’incroyable pouvoir de faire changer les gens !
D'ailleurs, le parallèle avec la série précédente sus-nommée ne s’arrête pas là. On a le droit à un véritable harem de garçons qui gravite autour du personnage principal. Je me suis demandé si je n’étais pas dans une sorte de Love Hina à la vue de la présentation des personnages.
Après avoir fini la série, j’ai enfin pu comprendre mon rapprochement. En effet, cette série est adaptée d’un jeu vidéo de romance pour fille. Ce qui explique les personnages masculins secondaires et le comportement de l’héroïne.
Les graphismes sont vraiment très stylisés « animation japonaise » avec des cheveux de toutes les couleurs et j’en passe. L’animation ne sort pas du lot, on n’a parfois le droit à des plans fixes durant les performances et ça se fait tout de même un peu sentir même si ça reste dans le domaine de l’acceptable.
J’en viens à la musique, c’est sensé être le fond de cette série. Les morceaux choisis sont de très grands classiques que tous auront déjà au moins entendus une fois. Pour en citer quelqu’un, l’Étude (en C mineur) de Chopin, Au matin de Grieg et la musique récurrente de l’Ave Maria de Schubert. J’aurais préféré découvrir de nouveaux morceaux quand bien même, cela ne fait pas de mal de réécouter les grands classiques.
Au final, cela ne donne pas une copie très reluisante. Si vous avez envie de regarder une série facile d’accès sur la musique Classique et que le côté « shojo » ne vous dérange pas alors celle-ci pourrait vous intéresser. Sinon passez votre chemin.
Voilà un anime raffiné au scénario original, et qui s'avère être une réussite, tant sur le plan visuel que sonore...
Parlons d'abord du scénario dont le thème principal est avant tout la musique classique, qui retient le spectateur dès le premier épisode, et ce jusqu'à la fin de l'histoire. Présenté de manière intelligente, les développeurs ont su en faire une approche passionnante du monde de la musique classique, car si l'essentiel de l'histoire se base sur les musiciens et leurs séances d'entraînement puis les concerts, elle ne se limite pas à ce simple aspect, et l'on visite découvre régulièrement au fil des épisodes de nombreuses explications sur l'Histoire de la musique, ainsi que sur la biographie des grands compositeurs. On découvre également le monde de la création et de l'entretien des instruments qui, s'il est moins visible que celui de la scène, n'en reste pas moins indispensable et tout aussi prestigieux. Enfin, on comprend à travers l'expérience d'Hino (mais également d'autres élèves plus jeunes, ainsi que celle des autres concurrents) la difficulté et les efforts qui doivent être fournis chaque jour pour finalement parvenir à atteindre les feux de la rampe, car la série s'attarde également les points noirs de cet univers si particulier, à savoir la rivalité entre les élèves, et les coups bas qui surviennent régulièrement (et souvent au moment le plus critique). Ajoutons enfin un côté sentimental qui pour une fois ne vire pas dans le ridicule ou les gamineries, car il est traité de manière intelligente, toujours avec la musique classique en toile de fond. Pour conclure cette première partie, on peut dire que le scénario est construit à la manière d'un concert classique, avec peu de temps morts, des passages violents et d'autres plus reposants, mais toujours plein de raffinement et avec une beauté sans cesse renouvellée.
Les graphismes et l'animation sont également à l'honneur, puisqu'ils sont tout simplement magnifiques, et traités avec beaucoup de soin, notamment les représentations des différents instruments. Le chara design est lui aussi parfaitement maitrisé, puisqu'il retranscrit parfaitement les caractères des différents personnages, tout en suivant les évolutions subtiles (mais bien réelles de ceux-ci). On a ainsi droit à des personnages variés et totalement crédibles, bien loin des stéréotypes habituels qu'on pourrait avoir en parlant de musiciens d'orchestres, avec un caractère marqué (mais pas exagéré) qui permet de comprendre leurs doutes, leurs craintes, mais également leurs rêves et leurs espoirs. Les créateurs de la série ont même réussi, malgré leur statut à rajouter chez chacun d'eux une petite touche comique :on retrouve ainsi un personnage un peu zébulon et boute-en-train, ainsi qu'un autre complètement amorphe, à tel point qu'on se demande comment il fait pour jouer aussi bien... Hormis les concurrents, les personnages secondaires sont également assez travaillés, et leur propre avis sur la musique permet d'ouvrir de nouveaux horizons dans ce domaine, régulièrement, on les voit vaquer à leurs occupations pour lesquelles ils se passionnent, et l'on se rend compte que même sans briller sur la scène, chacun d'eux est à sa manière un véritable artiste.
Enfin, il serait difficile de faire un commentaire sur la série sans parler de la musique, et là, c'est du grand art : de Chopin à Mozart en passant par Beethoven, les thèmes musicaux ne manquent pas, et l'on se surprend régulièrement à reconnaitre un air déjà entendu, qu'on prend plaisir à réécouter. Même lorsqu'il ne s'agit pas de la musique des grands compositeurs du passé, les thèmes collent parfaitement à l'action qui se déroule, une fois encore, les scénaristes et les compositeurs prouvent que non, la musique classique ne se limite pas à de grands airs, mais est au contraire d'une incroyable richesse et d'une grande variété, et permet de décrire une grande gamme de sentiments ou de situations qui paraissent pourtant d'une banalité affligeante.
Comme tout concert qui se respecte, la série présente plusieurs séquences majeures qui sont ici représentées par les différentes sessions du concours, où chacun des concurrents joue en duo accompagné d'un autre élève, pour enfin finir par un final où tous les instruments se mettent à jouer à l'unisson, pour achever de conquérir le coeur du spectateur.
En conclusion, que vous aimiez ou non la musique classique, vous ne pourrez qu'apprécier cette magnifique (et originale) série, et sans doute à la fin de votre visionnage jeterez-vous un regard neuf et interessé sur le monde des grands compositeurs, au risque de piller si besoin une bonne partie de la discothèque de vos parents.