Mind Game

  • Format: Film
  • Année de diffusion: 2004
  • Titre original: Mind Game
  • Titre français: Mind Game
  • Nombre d'épisodes: 1
  • Site officiel: http://www.mindgame.jp/
  • Studio: Studio 4°C
  • Diffuseur: Madhouse Studios
  • Auteur: Robin Nishi
  • Directeur: Masaaki Yuasa
  • Character-designers: Yuichiro Sueyoshi
  • Musique: Seiichi Yamamoto
  • Doubleurs: Koji Imada (Nishi), Jouji Shimaki (Chef des yakuzas), Kenichi Chujou (Atsu), Rintarou Nishi (Yakuza), Sayaka Maeda (Myon), Seiko Takuma (Yan), Tomomitsu Yamaguchi (Ryo), Toshio Sakata (Père de Myon et Yan)

Synopsis

Nishi est un mangaka méconnu, un type comme les autres, un type banal. Il retrouve un jour une amie du collège, Myon. Pendant toutes ces années, son amour pour Myon ne s'est pas éteint. Seulement, la jeune femme est fiancée, et pour lui présenter l'heureux élu, elle invite à Nishi à la rejoindre dans le bar tenu par son père.
Des yakuzas débarquent. Ils en veulent au gérant. Nishi se fait descendre. Accueilli par Dieu, il refuse de mourir et se lance dans une course avec le Saint Père, qu'il doit remporter pour réécrire le cours de son histoire. Vraiment un type banal, ce Nishi.

Synopsis soumis par Pharaoh
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Par AngelMJ le 22/04/2006 à 22:04

Mind Game, ou le résultat du travail d'un studio où les réalisateurs fument sans aucun doute des substances illicites. J'entends pas là que Mind Game est un film complètement barge, très éloigné des productions classiques. Rencontre avec un film étonnant et original.   
   
Ce qui saute littéralement au visage du spectateur, c'est le graphisme. Bien que possédant un style conducteur, l'ensemble change souvent et brusquement. C'est pourtant le point fort du film. Les changements brusques et rapides de style graphique dynamisent l'ensemble, le rendent vivant. L'oeil du spectateur est captivé et n'en perd pas une miette. Que ce soit pas la 2D, 3D, des photos, de la peinture, Mind Game est une expérience visuelle à part entière, une oeuvre totalement contemporaine.   
   
Cependant, peut-on miser uniquement sur l'aspect visuel? Bien sûr que non. C'est pour cela que le Studio 4°C a trouvé un scénario pour son film à l'image de son visuel : déjanté. Coupé de façon visible en deux parties, le spectateur est invité à suivre les aventures de Nishi, jeune homme de 20 ans, un être assez banal. Et pourtant. Ce dernier va aller d'aventures en aventures, mangeant des brochettes avec une amie d'enfance à grosse poitrine, tapant la causette avec Dieu, faisant une course poursuite avec les Yakuzas, faisant de la danse dans le ventre d'une baleine, bref, que des choses banales quoi.   
Le côté fou et complètement invraisemblable du scénario et de ses personnages collent parfaitement avec le côté hétérogène du visuel, rendant l'ensemble très dynamique et extrêmement jouissif.   
   
Mais le gros problème de Mind Game, et qui justifira ma note, c'est en réalité sa chronologie et son déroulement, qui viennent littéralement obscurcir ce tableau haut en couleurs. En effet, le rythme accuse pas mal de temps mort ou de passages à vide. Les scènes s'enchaînent parfois très maladroitement et certaines sont carrément trop longues, plongeant le spectateur dans un ennui grandissant. Là est le point faible. Si certains passages sont réussis et vraiment agréables à suivre, certains sont complètement ennuyeux voire soporiphiques. Une réelle déception quand on voit la qualité visuelle du film.   
   
En résumé, Mind Game n'est pas un mauvais film. Il est visuellement impeccable, procure une expérience visuelle unique et possède vraiment un charme à part entière. Il accuse malheureusement beaucoup trop de longueurs et de schémas narratifs discutables. A voir au moins une fois, ne serait-ce que pour les graphismes.

6/10

Par Pharaoh le 15/08/2005 à 11:48

Dès la première parcelle de celluloïd, les doutes s'évanouissent : nul besoin de discourir, cette excentricité-là est un enfant des studios de Morimoto. C'est bien cette même originalité formelle qui anime le film, cette même démence dont Mind Game s'est fait une incarnation. Osé par Masaaki Yuasa, le long-métrage est une pièce plus que jamais en marge des banalités.

La surprise surgit et ne cessera de surgir tout au long de l'histoire. D'abord, le visuel, mariage de toutes les techniques : tour à tour, l'animation prend des airs de long-métrage d'amour "live", de course-poursuite infernale aux allures de Dead Leaves, de danse improvisée sur fond de ventre de baleine ; les personnages s'agitent, sans trêve, galopent incessament, emportés dans une spirale d'absurdité absolument succulente. Mélange inédit et ravageur, un peu rude au premier abord mais vrai plaisir après assimilation. Il y a une volonté d'abolir les clivages presque tangible : c'est un broyage des principes, des préjugés et des poncifs auquel le spectateur est convié.

Jamais la structure n'avait été aussi malmenée : une frénésie s'empare du film, lui fait adopter les chemins les plus insensés et les plus jouissifs. Le contexte n'est plus qu'une abstraction, le prétexte devient pilier de toute une doctrine. Mind Game est un terreau pour toutes les folies narratives. L'expérience se place comme une tentative approfondie de Nekojiru-So. Car Mind Game est plus qu'une étrangeté, c'est un vertige. Et la musique déverse encore un peu de piment, légère et furieuse, certes sans virtuosité, mais présence obligatoire à toutes les acrobaties.

Et derrière ce dénigrement décapant des règles préétablies, derrière toute cette fulgurance, derrière cette intelligence du comique jaillissante, s'esquissent une morale et une diatribe, discrètes et simples. Car les protagonistes, embarqués malgré eux dans ces élancées lyriques hilarantes et déroutantes, vont apprendre à survivre, à s'aimer, à se considérer eux-mêmes, à vivre ensemble, à s'affranchir de leur servitude à l'égard de la technologie. Un message facile mais sans mièvrerie, nouvelle prouesse de Yuasa.

Ambitieux et nouveau, zigzag brindezingue entre alcoolisme et hallucination, symbiose totale entre un verre de ricard et le réalisateur, Mind Game n'est pas un tour de perfection. Des redondances, des longueurs, des cassures de rythme sans adresse, des erreurs de procédure ; les déviances de Yuasa semblent parfois incontrôlées, le tempo faiblit, l'acidité perd de son efficacité, devient un peu douce. Et comme le film y va sans ambage, grand déballage de verve, les plus réfractaires n'y saisiront rien, n'essairont pas même d'en saisir l'essence, d'en sentir les effluves.

Mais tout de même, ce jeu d'esprit est à vivre.

7/10

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