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» Critique du manga Yamikagishi - Le Maître des Clefs par Shizao le
08 Janvier 2016

Yamikagishi, un manga qui m'a tenté pour son style : Edo, démons... Rien de bien original mais ma foi, je suis bon client en général quand il s'agit de ce genre d'univers.

Rien de surprenant donc dans les faits, qui dit démons dit souvent exorcistes et on en a un avec Jounosuke, accompagné d'une jeune femme O-Kin. Si en apparence il n'y a toujours rien d'original, dans la pratique de l'exorcisme par contre, ça l'est un peu plus. Jounosuke est serrurier et se sert de cadenas japonais pour enfermer les fameux démons. Bien que je comprenne le symbolisme entre les cadenas et le fait de sceller, mais aussi le concept basé sur une ouverture des portes de l'enfer via les émotions négatives des humains avec la possession et tout ce qui s'en suit... Il y a tout de même des choses un peu étranges autour des personnages. Jounosuke se bat carrément avec des espèces de clés géantes. Est-ce bien nécessaire ? Ok ok il est serrurier, mais un samouraï n'ouvre pas la porte de chez lui avec un wakizashi non ? Bref. Le pouvoir d'O-Kin est assez étrange aussi, puisqu'elle fait de la divination avec ses pieds. Bon, j'ai vérifié, visiblement ça existe, la podomancie. Pourquoi pas après tout.

Si seulement c'était les seules étrangetés. Autant je suis bon client sur le médiéval voir le côté fantasy/démoniaque, mais l'aspect des démons est plutôt décevant. Les auteurs ont préféré jouer sur la laideur, ce que je peux tout à fait comprendre. Après tout, si ils se servent des émotions négatives pour apparaitre, on aura pas forcément quelques démons badass pour un combat epic à coup de kata... de clés, pardon. Cependant au fur et à mesure, on tombe un peu dans un trip assez rebutant. Au hasard, si je vous dis tentacules ? Heureusement il n'y a pas que les démons et le duo Jounosuke/O-Kin. Au menu guerriers médiévaux, c'est les shinobi qui ont eu droit au premier rôle et la mayonnaise a prit avec le contexte. J'ai bien aimé le parallèle entre le surnaturel et les ninjas qui sont un peu vu comme des combattants capables de prouesses surhumaines. O-Kin reste tout de même le personnage que j'ai préféré. Elle joue un rôle important dans l'avancée des enquêtes et a un background correct, en revanche à certains moments on frise la cruche de service. "Préféré" c'est bien payé. Parce qu'à côté d'O-Kin et des shinobi, il y a le personnage principal : Jounosuke. Son charisme d'huître, son background inexistant et son côté grand silencieux qui reste toujours sérieux et ne parle que de boulot sont autant d'éléments exaspérants qui en font le point noir du manga à mes yeux, avec l'antagoniste principal.

On couple ça à une intrigue avec un style un peu policier où les affaires s'enchainent avec des combats très moyens et ça vole pas haut. J'avais l'impression d'être devant une de ces séries policières sur France Télévision. Celles où on enchaine les épisodes sur des quidam qu'on aura oublié à l'arc suivant avec un épisode pour mettre en avant un personnage principal tous les 36 du mois. C'est peu de dire que j'ai trouvé Jounosuke sous-développé. Ah si j'oubliais : son pouvoir. Ah le pouvoir... Comment l'oublier ? C'est pas comme si il expliquait sa mission secrète tout le temps. Monsieur est un "doorman", c'est sûr, vaut mieux maitre des clés que portier niveau traduction. Pas besoin de synopsis, Jounosuke est un vrai disque rayé qui vous expliquera son pouvoir autant de fois qu'il le faudra. J'en suis venu à espérer un petit développement pour nous le rendre un peu plus sympatique... Allez soyons fou, même le pouvoir de l'amitié, même le pauvre petit orphelin rejeté qui sert le bien, je prends. Mais développe le ton personnage principal. A la décharge des auteurs, ces 34 chapitres représenteraient la première partie de l'histoire seulement. Onze ans plus tard toujours rien. Va falloir faire avec. Vous vous en doutez, je trépigne pas d'impatience à l'idée de connaitre la suite des aventures du serrurier le plus fade d'Edo.

Malgré tout ça, Yamikagishi n'était pas une mauvaise lecture. A défaut d'avoir de belles scènes d'action ou du mystère (ce qui fait quand même tâche pour ce style d'histoire), le rythme reste plaisant. Tout s'enchaine assez vite, l'intensité monte en puissance, un petit contexte politique qui va bien pour légitimer tout ça et avec des dessins excellents, ça passerait presque comme une lettre à la poste. Ce sera tout pour moi, allez, n'oublie pas de fermer la porte derrière toi, Jounosuke.

Verdict :5/10
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A propos de l'auteur

Shizao, inscrit depuis le 28/12/2014.
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