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« Oz, où es-tu vraiment ? »

» Critique du manga Pandora Hearts par onaspitz le
10 Avril 2016

Première critique de manga et pas des moindres vu qu'il s'agit sans hésitation de mon préféré, j'ai nommé Pandora Hearts. Pourtant, à première vue, le manga n'avait rien pour me plaire, sachant que mes goûts se situent plus dans le registre seinen (comme Tokyo Ghoul, par exemple) ou Josei (comme Orange), donc bon, les shonen de ce genre c'était pas trop ma tasse de thé. Surtout que les premiers tomes sont selon moi, assez rebutants, bien qu'essentiels. Je ne sais pas vraiment comment expliquer mon ressenti du début mais pour faire assez rapide, je dirai simplement que je n'étais pas trop emballée par le manga en lui même. Pour comprendre ça, il suffit de lire le premier tome : Les dessins sont pas spécialement beaux (et encore, je suis gentille), les proportions sont mal fichues, c'est très contrasté (soit noir, soit blanc) donc ça fait mal aux yeux, le scénario est incompréhensible (et pas qu'un peu), bref, rien pour plaire comme on dirait, et en même, je comprend pourquoi. Et pourtant...

Avant de parler du scénario et tout le reste, je veux d'abord évoquer le principal défaut de Pandora Hearts (que je vais dès à présent abrégé en PH) et qui , selon moi, est d'ailleurs plutôt une qualité est le fait que le manga NE PEUT être jugé sur ses premiers tomes. Et oui, il faut le dire, le manga est bien mais alors là, BIEN MEILLEUR à la fin qu'au début, c'est un fait tout simplement indéniable. On ne peut tout simplement pas lire deux tomes de PH et sortir des "c'est de la merde" et autre connerie du genre, car il faut, pour moi, au moins avoir lu jusqu'au tome 12, voire 13 ou 14, pour se faire un véritable avis. Oui, c'est beaucoup, mais quand on est face à une histoire aussi complexe, on est bien obligé. Je pense que cela est en parti du à l'évolution de l'histoire, car oui, PH évolue énormément, pire, il ne fait que ça.

Que tout le monde l'entende dès le début : Malgré certaines rumeurs sur une """soi-disante""" niaiserie, je tiens à faire changer le point de vue de quelques ignorants. Pandora Hearts est vraiment TOUT sauf niais vu que, quitte à en choquer certains, malgré ses airs un peu mièvre du début, PH est malsain et pas qu'un peu. Évidemment, je parle de "bonne malsanité", c'est à dire qui est dérangeante mais qui n'en reste pas moins intéressante. Cette "malsanité" ne se démarque réellement que des tomes 10 à 24, vu que les dix premiers tomes sont plus là pour nous plonger lentement dans le bain. Passé le tome onze, l'histoire gagne en noirceur et si le côté """""""niais"""""" (les guillemets sont importants) vous a rebuté au début, après quelques tomes, c'est un peu comme une effusion d'hémoglobine, alors ne vous inquiétez pas : la soi-disante mièvrerie n'est plus. Et nous avons donc ensuite droit à du pur tragico-mélodramatique : Thèmes abordés assez durs et déroutants, personnages malsains bien qu'intéressants et une histoire sombre ultra complexe avec des rebondissements très bouleversants, du moins, la plupart du temps. J'ai aussi remarqué que Jun Mochizuki prenait un malin plaisir à ne respecter aucun code du shonen et donc de stéréotyper à mort ses personnages, dans un univers assez manichéen (ils sont méchants ou ils sont gentils) pour ensuite venir briser le tout habilement avec des retournements de situations très variés mais toujours très crédibles.

Et surtout, parlons de l'univers de la série qui est un de ses plus gros points forts. C'est un univers alternatif se situant grosso modo entre 1800 et 1900, un peu à la Black Butler mais avec un côté...Plus doux ? Black Butler m'a donné une impression de "froid", sûrement du au fait que celui ci est plus sombre d'un point de vue graphiquement parlant. Dans PH, disons que l'univers est très victorien mais reste très crédible et celui ci est assez bien traité, on arrive facilement à comprendre certains enjeux de l'époque, par exemple. N'oublions pas non plus la grande source d'inspiration de Jun Mochizuki, c'est à dire Alice aux Pays des merveilles : L'univers a puisé une grande partie de ses ressources dans cette célèbre histoire sans oublier qu'elle en a aussi puisé une partie dans ses personnages.

Et parlons en des personnages, justement. Il est assez difficile de parler d'eux sans spoiler ou même de parler d'eux tout court car ils sont complexes et difficiles à comprendre et à aborder. On pourra au début (et seulement au début, je précise) penser que ceux ci suivent un chemin assez manichéen, chose qui compréhensible d'ailleurs : On nous présente Oz comme le héro de shonen gentil et naïf, Gilbert comme le fidèle ami qui est prêt à tout pour son maître, Alice comme étant LA tsundere par excellence et les antagonistes comme des sadiques totalement fous. Néanmoins, Jun Mochizuki, s'amuse à briser tout les codes que celle ci avait pu créer auparavant. Ainsi, notre perception des personnages changent et ainsi, on finit par se dire " Ah mais la petite fille gentille n'est pas si gentille que ça, tout compte fait !" ou "Le garçon idiot n'est pas si idiot que ce que je pensais !", etc. Bref, tout pour surprendre le lecteur. Rien que le personnage principal, Oz, le démontre au fil des chapitres, de par sa psychologie et sa manière de voir les choses. Mais ça ne s'applique pas qu'à lui car tout les personnages se comportent, contrairement à beaucoup de mangas, par rapport à ce qu'ils vivent dans le présent et non ce qu'ils ont vécu dans le passé.

Je m'explique : La plupart des mangas nous sortent une panoplie de personnages, qui auront un caractère bien à eux évidemment, mais toujours en rapport avec leur passé, chose qui paraît évidente, je le conçois. Cependant, la plupart du temps, ceux ci n'évoluent pas : Ils restent donc toujours au même point, peu importe l'avancement dans l'histoire. Pour PH, c'est très différent car Jun Mochizuki a eu l'excellente idée de provoquer l'effet inverse, en bouleversant toutes les normes, c'est à dire en construisant les personnages en fonction de ce qu'ils vivent dans le présent et non par rapport à ce qu'ils ont pu vivre dans le passé. Ainsi, nous avons droit à des réactions, des retournements de situation plus réalistes que dans la plupart des shonen modernes.

Le rythme de l'histoire est néanmoins un point un peu plus mitigé car celui ci est très inégalement réparti : Ainsi on a des scènes de 8 chapitres voire plus et d'autres qui font même pas la moitié d'un chapitre. Évidemment, le tout est saupoudré de flashbacks, très longs et assez durs à suivre pour la plupart, mais essentiels à l'histoire et à son évolution. C'est une des raisons qui fait que ce manga doit être lu très attentivement et "sérieusement", sinon la lecture devient vite lourde et on a envie de sauter pleins de pages, qui sont pourtant indispensables à la compréhension de l'histoire. Néanmoins, je ne pense pas qu'on puisse parler de véritable "défaut" car ce rythme très inégal est selon moi justifié, essentiel et surtout logique : On ne peut pas passer le même temps sur une brève scène d'humour que sur une scène de combat épique par exemple. Et puis, l'histoire est tellement intéressante et prenante que bon, c'est un peu le cadet de nos soucis.

Parlons maintenant des graphismes, qui sont juste incroyables, y'a pas d'autres mots. Les dessins sont, au début, pas franchement exceptionnels pour ne pas dire mauvais. La raison ? Comme cité plus haut, le fait que les proportions soient inégales, le chara design moche, les décors vides et surtout les contrastes très mal gérées : Soit c'est blanc, soit c'est noir et les traits sont très fins. Bref, ça pique les yeux et c'est franchement pas terrible. Et puis après c'est la claque graphique ! Ça devient juste trop beau, certainement les meilleurs dessins que j'ai vu à ce jour dans un manga (c'est pour vous dire). Les tomes se suivent les dessins s'affinent (mais dans le bon sens du terme), sont plus détaillés mais vraiment très beaux. Je parle des dessins du manga mais n'oublions pas les dessins des couvertures, qui sont juste sublimissimes.

Et maintenant parlons de ma partie préférée de tout le manga : La fin ! Triste que l'histoire se termine, la fin n'en reste pas moins très belle, très émouvante. Jun Mochizuki arrive donc avec cette fin, à émouvoir le lecteur, tout en provoquant une flopée de souvenir de l'aventure de Pandora Hearts, provoquant une grande nostalgie chez quiconque ayant un tant soit peu de sensibilité. Jun Mochizuki n'aura pas donc pas crée une histoire qui se voulait tragique mais une histoire profonde et complexe, voulant renverser les codes du shonen avec une certaine subtilité : On nous montre donc pas forcément ce qu'on veut voir mais ce qu'on a besoin de voir. Et c'est beau.

Vraiment.

Verdict :10/10
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A propos de l'auteur

onaspitz, inscrit depuis le 14/06/2015.
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