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Pandora Hearts - On peut l'expliquer, le mieux, c'est de le lire.

» Critique du manga Pandora Hearts par Anon le
30 Août 2015

Pandora Hearts fait partie de ce genre de mangas qui partent dans des développements imprévus, catapultant le lecteur à des lieues de là où il a commencé.

Je n'ai jamais aimé le début de Pandora Hearts. Les couleurs sont extrêmement contrastées ( ou c'est blanc ou c'est noir ) et les traits sont très fins. Personnellement, c'est un style que je trouve difficile à regarder. L'histoire ? On y comprend pas grand chose, c'est aussi glauque que confus, et quand on arrive au bout du premier tome, on a pas l'impression d'être tombé sur quelque chose de très original. J'étais persuadée, à l'époque, d'être en train de lire une de ces séries en une poignée de tomes, de qualité douteuse.

Et pourtant...

Pandora Hearts me fait quelque peu penser à Fullmetal Alchemist ou Black Butler, pour ce qui est de cette incroyable capacité à mélanger magnifiquement les registres, passant de la tragédie à l'humour, de l'action pure à du mystère, transformant une oeuvre en un patchwork d'émotions capable de vous faire passer du rire aux larmes en l'espace de quelques pages. Tourbillon de sentiments qui ne marcherait pas sans un développement poussé et sans cesse surprenant des personnages, qui partent de stéréotypes et se révèlent au final d'une profondeur insoupçonnée ( bien que comme dans Pandora Hearts, l'intrigue même est indisociable du background, si celui ci n'était pas bon, alors l'intrigue serait mauvaise. Ou bien l'inverse ? ).

On aime les personnages, on les déteste, on réfléchit à leurs côtés, on les analyse, on les comprend. Les motifs d'une majorité sont obscurs, tout juste quelques indices de ci de là, alors le lecteur part faire son enquête, réunit les traces laissées par l'auteur, établit ses théories. Ici, les solutions ne sont pas fumeuses au point que nous en sommes réduits à attendre la réponse; la réponse est là, à chacun d'essayer de la trouver. Qui fait quoi et pourquoi, qui n'est pas celui qu'il prétend être. Le plus étonnant étant que tous sont si complexe qu'il est finalement impossible de n'éprouver qu'une impression bien claire et définie envers eux. Devrais-je faire une métaphore poétique que je dirais que les personnages sont le gris manquant au design du manga.

Il en est de même pour le scénario, quand bien même ce dernier souffre d'un certain défaut - si on peut appeler ça un défaut- mais j'y reviens après. L'histoire de Pandora Hearts, à l'instar de ses héros, ne se regarde pas passivemement. Ponctuée par divers rebondissements, dont certains sont de véritables plot twist insoupçonnables qui remettent en cause l'intégralité du récit et des réponses durement trouvées, l'intrigue nous pousse également à chercher la solution. Pas tant pour connaitre le fin mot de cette aventure - bien que naturellement, au bout d'une vingtaine de tomes d'une recherche éprouvante, on a très sérieusement envie de le savoir - mais également pour les personnages. Il est arrivé un point où, en lisant Pandora Hearts, je voulais juste que les personnages s'en sortent. Les gentils, et même la plupart des méchants, pour les raisons expliquées plus haut.

Je devais donner des défauts, allons-y. Entendons-nous bien, j'ai adoré Pandora Hearts. Mais les meilleures histoires sont celles qui ont une fin, et on est heureux de voir la fin de celle-ci. Premièrement, parce que le scénario est d'une telle complexité qu'arrivé à la moitié de la série, si vous n'avez pas la chance de pouvoir tout lire d'un coup, il vous faudra régulièrement tout relire pour comprendre ce qui se passe. Des fois, ça vous en collerait presque la migraine.
Ensuite, ce manga est un tel concentré de sadisme qu'au bout d'un moment, on en viendrait même à plaindre les personnages qu'on déteste - et à se dire que si un tel ou un tel a viré méchant/cinglé, vu tout ce qu'il se prend dans la figure, c'est pas étonnant.

Mais c'est là que je voudrais saluer le talent de l'auteure : d'avoir réussi à mettre un point final à son récit avant que le lecteur se dise "quoi, il s'est ENCORE passé un truc ? Y'en a marre là, ça va s'arrêter un jour ?", et d'offrir une conclusion à l'image de la série : qui donne envie de pleurer et de rire à la fois.

Je reviens quelques lignes sur le style de dessin. Oui, au début, je le trouvais moche. Et à la fin, je le considère comme un des meilleurs que je connaisse. C'est beau, c'est clair, l'ambiance est impeccablement représentée - et impossible de faire l'impasse sur les couvertures qui sont juste splendides. J'ajouterai que le monde qui y est représenté, d'un côté presque féérique, de l'autre véritablement horrifique ( avec un bon nombre de références à Alice au Pays des Merveilles, bien sur ) contribue parfaitement à l'atmosphère.

Pandora Hearts est une série exigeante envers son lecteur. Elle lui demande d'être réveillé, avec le cerveau actif, et la volonté de suivre une ribambelle de personnages très compliqués dans une intrigue tout aussi tordue et insaisissable. Elle lui demande de laisser le temps à chaque fil de se dérouler jusqu'au bout et de se lier au rouge qui conduit le tout; et elle lui demande de ne pas envoyer bouler le tome qu'il est en train de lire, parce qu'il est fatigué, que ça commence sérieusement à lui faire mal au crâne et que en plus son héros préféré vient de mourir. Si vous daignez le lui accorder, alors elle vous offrira tout ce qui est nécessaire à une histoire, pas seulement bonne, mais véritablement marquante.

Devant être réfléchi autant qu'être ressenti ; en un sens, Pandora Hearts est un des mangas les plus difficiles à lire que je connaisse. Mais c'est certainement un de ceux que je ne regrette pas un instant d'avoir lu.

Verdict :10/10
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A propos de l'auteur

Anon, inscrit depuis le 28/07/2013.
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