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La Dégénérescence assumée de Short cuts

» Critique du manga Short Cuts par dulboi le
21 Mai 2019

Furuya Usamaru. Auteur entre autres de La Musique de Marie, Tokyo magnitude 8 et plus récemment de Je Voudrais Être Tué Par Une Lycéenne . Il a un style certainement à part, et une dent pour les personnages étranges. Avec Short cuts, pas d’histoire à proprement parler. Comme le titre l’indique, il s’agit là d’un recueil de gags courts, qui ne prennent pas plus de trois ou quatre pages à s’achever. Un peu comme un 4-koma, mais sans structure rigide.

Le concept est simple : chaque histoire doit mettre en scène la lycéenne japonaise. Plus généralement, c’est le concept du kogal qui est abordé (Une mode japonaise qui consiste à s'habiller en lycéenne hors contexte scolaire).Ce sujet spécifique semble être la seule règle que se soit imposé le mangaka.

Une part de l’humour repose donc sur la fétichisation de la lycéenne Japonaise. Le titre Short cuts(coupe courte) peut également faire référence à la longueur des jupes, un élément sur lequel le manga insiste beaucoup. Les lycéennes d’ailleurs sont systématiquement dessinées avec beaucoup de soin, et sont presque toujours visuellement interchangeables. Une décision à mon sens délibérée, puisque le titre Short cuts(raccourcis), fait aussi probablement référence aux clichés. Les thèmes principaux du manga sont donc : La lycéenne japonaise, le fétichisme, et les clichés.

L’obsession qu’a développé le japon pour la figure de la lycéenne est critiquée, tournée en dérision encore et encore au fil des blagues. Néanmoins, l’auteur lui-même ne cache aucunement son intérêt pour la chose. La démarche n’est pas purement dénonciatrice, Usamaru se contente d’explorer le concept en long en large et en travers. Sans concessions, de fantasme en fantasme, d'idée étrange en idée étrange.L'humain dans ces histoires n'est souvent pas plus qu'un amas de frustration, et de pulsions sexuelles à peine réprimées.

Bien que le contexte culturel soit fascinant , je ne me suis pas prêté à un exercice d’interprétation systématique. L’effort d’imagination est tel que les thèmes se retrouvent très vite dilués. Libre à vous de vous prêter au jeu, mais si vous avez la même affinité que moi pour l’humour absurde, le rire sera votre premier réflexe. Aussi, je vous conseille d’apprécier la blague avant de la disséquer.

L’humour verse parfois dans le grotesque, souvent dans le graveleux. Certains personnages sont récurrents, à l’image de Cutie-chan, fille biologique de Golgo 13. Ou encore Panty flash, lycéenne affectée à la brigade criminelle. Soyez prévenus que le manga verse parfois dans le Guro, mais que ça ne vous empêche pas d’y jeter un coup d’œil, ce serait dommage de passer à côté d’une œuvre à l’éventail comique aussi large.

Il existe un aspect plus discret à Short cuts. De brèves excursions hors de la sphère de la comédie, souvent pour asséner des vérités froides, ou laisser respirer quelques scènes calmes et poignantes. L’œuvre étant jusqu'au boutiste dans son humour, la nuance de ton inattendue donne à ses rares moments, un impact surprenant.

Le registre principal de Furuya Usamaru n’est pas la comédie, à en croire son œuvre littéraire. Pourtant Short cuts n’est pas une anomalie. On y retrouve l’aspect singulier, déluré et honnête propre au style du monsieur. J’espère vous avoir donné envie d’y jeter un coup d’œil, peut-être même découvrir ses autres mangas, si vous ne le connaissez pas déjà. Un classique en ce qui me concerne, que j’ai eu le plaisir de lire plusieurs fois.

Verdict :8/10
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A propos de l'auteur

dulboi, inscrit depuis le 17/05/2019.
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