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Critique du manga Yokohama Kaidashi Kikô

» par Sirius le
05 Octobre 2008
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On fait connaissance avec Alpha durant une de ses courses à Yokohama, d’où le titre de l’œuvre. Le petit voyage permet de mettre d’emblée le lecteur en présence d’un univers somptueux mais inquiétant tellement il échappe au monde réel. Puis on arrive au fin fond d’un chemin pédestre désaffecté, au milieu des broussailles et d’une nature qui devient chaque jour plus sauvage, sous un beau ciel bleu nuageux et devant une mer qui s’étend loin à l’horizon, un petit café désert…

Yokohama Kaidashi Kikou est un manga purement contemplatif qui nous est offert par Ashinano Hitoshi. C’est une véritable œuvre d’art, un tableau qui s’étend sur 14 volumes et surprend par la finesse du propos et du dessin.

Une poésie de l’instant suspendu, de la paresse et du balancement de l’être abandonné dans son espace. On suit le quotidien d’Alpha et les évènements marquants sont aussi discrets que les clients du café. Les chapitres dans lesquels on est simplement perdu dans les pensées vides et langoureuses de la demoiselle ne sont pas rares. Le récit se construit sur des cases blanches que l’auteur ne prend souvent pas la peine de noircir mais il y a quand même une trame de fond : la quête d’identité lancée par Kokone, une amie robot d’Alpha, sur l’existence de leurs semblables. Alpha entretient également des rapports étroits avec son entourage : Ojiisan et Takahiro figurent parmi les habitants du voisinage qui lui sont très attachés.

Le programme ne semble rien proposer de véritablement transcendant mais la manière dont les thèmes sont abordés est très subtile. YKK est un éveil à la nature, à la musique et au contact humain. On se contente de montrer les expériences les plus subtiles, les réactions d’Alpha de la manière la plus pure qui soit et la façon dont son entourage s’épanouit à son contact.

L’univers a subit de profondes blessures et semble peu à peu s’éroder. Le progrès est désormais chose oubliée et l’homme est retourné à un état plus primitif. L’œuvre transpire le mythe avec la Misago, une créature aquatique qui apparait durant la jeunesse et symbolise le passage inexorable du temps. De même Alpha ne vieillit pas, n’appartient pas à la même spirale temporelle que les hommes et voit ainsi leur évolution lui échapper complètement. C’est sans aucun doute l’expérience la plus forte, à la fois touchante et douloureuse, que réalise Alpha. Le dessin a quand à lui évolué en 10 ans. Alpha a changé et c’est normal, l’auteur lui-même souligne cette évolution. Son design peut paraître simpliste et trop arrondi au départ mais ses expressions sont extrêmement biens rendues et rendent le personnage très attachant. Les paysages semblent à priori avares en détails et il n’est pas rare qu’un panorama remplisse une palette entière mais le manga compte de magnifiques tableaux crayonnés et même quelques chapitres somptueusement colorés avec des couleurs pastels. Ashinano Hitoshi nous offre vraiment une œuvre d’art magistrale.

Une œuvre qu’il faut absolument lire une fois et espérer une prochaine parution sur nos rayons. Elle est à placer aux côtés de Mushishi avec son univers et ses légendes et d’Aria avec son aspect contemplatif et tranche de vie. Yokohama Kaidashi Kikou est une expérience inoubliable, réfléchie et onirique. Un instant d’exotisme, de poésie, de romantisme, de détente et de pur bonheur où seule importe la douceur de la vie.

Verdict :10/10
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A propos de l'auteur

Sirius, inscrit depuis le 16/07/2007.
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