Mon coup de coeur du moment.
J'ai été très surpris en lisant ce manga car je m'attendais pas à trouver un humour décalé, déjanté, cotoyant la tristesse de l'oeuvre. Arcana retrace la vie de Maki, jeune fille amnésique, qui a le pouvoir de voir et parler aux esprits. Evidemment, on s'attend à avoir des bons sentiments à la pelle, ennuyeux et larmoyants. Pas du tout! Par l'humour omniprésent, le manga se lit tout seul, parfois drole et parfois touchant par la solitude de l'héroine, très attanchante, en opposition total avec un héros comique, largué par les événements. Mais en croyez pas que le manga est dépourvu de scénario car c'est faux. Il y a une intrigue, parfaitement menée, avec des rebondissements intelligents. Le 2ème tome est beaucoup plus mature que le 1er car les révélations sont dures et tristes. 2 tomes très différents mais très réussis, chacun dans des domaines spécifiques.
Le dessin n'a rien de vraiment extraordinaire mais il met bien l'accent sur les émotions. Maki est kawaiiii (chose que le héros répète souvent d'ailleurs ^^) mais ce qui marque, c'est la pauvreté du décor. Il n'y a rien, juste un fond blanc et les rares fois où le décor est présent, il reste minimal. Est-ce mal? Non, car celà ajoute un charme certain au manga et met en valeur les personnages, pièce essentiel de Yua Kotegawa. La mangaka a clairement travaillé ses persos et ce procédé permet au lecteur de s'y attarder plus en détails. Bien qu'apparemment assez simples, ils sont en réalité plus complexes car chacun d'eux fait face à une situation à laquelle il n'est pas préparé. Maki réapprend à vivre normalement et Murakami tente de ne pas devenir fou dans un monde dont il ignore tout, celui des esprits. L'évolution de leurs sentiments est parfaitement dosée, avec des hésitations, des questions, des peurs, mais aussi des certitudes et des envies. Une évolution très réaliste et humaine menée d'une main de maitre.
Yua Kotegawa signe ici un manga simple mais dont le charme opère comme par magie. La poésie des sentiments se mèle à l'humour décapant des personnages pour un ensemble d'une qualité certaine. Parfois la simplicité du récit touche mieux le coeur du lecteur qu'une histoire trop dure. Arcana le prouve de la meilleure facon possible: m'avoir procuré 1h de bonheur. Un oeuvre à connaitre et faire connaitre.
J'ai littéralement dévoré les 2 tomes d'Arcana en un après-midi, le moins qu'on puisse dire c'est que j'ai été emballée par l'univers créé par l'auteure pour cette (trop) courte série.
Ce qui frappe tout de suite, ce sont les dessins de la mangaka, caractérisés par un dépouillement certain des décors contrebalancé par des visages empreints d'une douceur agréable, aux expressions d'une grande justesse et à la finesse des traits impeccable.
Bref, du tout bon, même quand Kotegawa s'essaie à l'humour en usant du Super Deformed.
En tout cas, et en particulier en ce qui concerne le personnage de Maki, cette concentration exercée sur les protagonistes fait qu'on s'y attache de suite, en plus de les admirer au fil des planches.
De même, étant une adepte du genre fantastique, je n'ai pu qu'apprécier les nombreuses références (Arcanes du tarot, X-Files, Doppelganger pour ne citer qu'elles) qu'offrent ces deux volumes, les initiés s'y retrouveront sans aucun doute, cherchant les indices visibles ou moins évidents tout au long du récit. Je précise tout de même que les profanes du genre n'auront aucun mal à suivre l'intrigue.
Aussi, on assiste ici à un mélange des genres on ne peut plus agréable, passant du policier au fantastique ou de l'horrifique à la romance. C'est impressionant de voir comment la mangaka a développé son petit monde en seulement 2 volumes, mais le moins que l'on puisse dire est que c'est on ne peut plus complet, et ça, ça fait réellement du bien.
Tous ces ingrédients servent une intrigue parfaitement menée, riche en rebondissement et aussi palpitante qu'elle est émouvante.
On suit d'abord les deux inspecteurs Nakabayashi et Murakami aidés de leur protégée tentant tant bien que mal de comprendre le pourquoi des visions de Maki et démêlant grâce à elle les énigmes les plus obscures. L'on découvre de prime abord l'étendue des pouvoirs de la jeune amnésique, son identité étant le coeur de l'intrigue et la cause de l'arrivée de plusieurs personnages, amis ou ennemis, ainsi que de la prise de conscience de Murakami sur ses propres aptitudes. La tension et le suspens vont crescendo, pour ne plus vous lâcher jusqu'à la dernière planche.
L'évolution des sentiments entre Murakami et Maki est également traitée de façon quasi virtuose, tant les hésitations de l'inspecteur prennent une dimension humaine et logique qui nous fera patienter jusqu'à la fin pour en connaître la véritable nature (amour fraternel, paternel, charnel?). De même, les moments que les deux personnages passent ensemble sont empreints d'une tendresse incommensurable, c'est beau et vrai.
On en oublie quand même pas l'humour qui fait souvent mouche et qui nous donne un peu d'air avant de nous replonger dans les glauques attitudes des esprits (la trouvaille du bureau "Palais Impérial" et ses occupants, du pur bonheur).
Pour conclure, je dirai qu'en partant d'un scénario simple déjà vu par exemple dans Psychometer Eiji, Yua Kotegawa réussit le tour de force de nous embarquer dans son univers bien à elle où les apparences sont souvent trompeuses et les sentiments exacerbés, le tout servi par des dessins envoûtants... et ce en deux tomes!!!
Une perle de seinen, à ne pas mettre entre toutes les mains toutefois (c'est parfois très sanglant).