Ayako

  • Auteur: Osamu Tezuka
  • Origine: Japon
  • Année de création: 1972
  • Titre original: Ayako
  • Licencié: oui
  • Titre français: Ayako
  • Editeurs: Akata (Delcourt)
  • Nombre de volumes: 3

Synopsis

Jirô Tenge, ancien prisonnier de la Seconde Guerre Mondiale, est devenu un agent des services secrets américains. De retour au Japon pour voir sa famille, il découvre qu'il a une petite "soeur " prénommée Ayako. Cette dernière ressemble étrangement à la femme de son frère Ichiro. Plus tard, Jîro est contacté pour effectuer une mission consistant en la disparition d'un cadavre.

Par Sacrilège le 17/01/2008 à 12:00

On peut avoir deux lectures différentes sur ce manga, d’un côté une lecture passive où l’on gobe tout ce qu’on lit sans se poser la moindre question et alors là pas de problèmes puisqu’on ne les cherche pas. Et dans le même temps avoir une lecture intelligente qui laisse entrevoir de grandes failles pour un bien petit scénario. Bien qu’elles soient importantes il faut tout de même les trouver ; on peut très bien passer un bon moment en le lisant tout en laissant les quelques erreurs à la trappe puisque celles-ci ne représentent pas un obstacle flagrant à l’appréciation du manga.

Outre cet aspect on trouve une image assez belle et soignée, une trame peu éparse du au peu de personnages principaux, ce qui évite des pertes de temps inutiles et facilite la compréhension qui n’en devient que plus fluide.

Comme c’est le cas pour la plupart des écritures de Tezuka, ce manga est plus psychologique qu’ « actif » et montre la force de caractère d’Ayako (dont je l’avoue, son côté enfant martyr est un peu trop poussé à l’extrême) ainsi que son futur impossible, au point d’estomper les faiblesses qui pourraient faire tâche présentées par d’autres auteurs dans d’autres circonstances.

Tezuka ne semblant vraisemblablement pas être partisan de la chrématistique, ses mangas sont là pour faire passer des émotions avant tout, au risque pourtant de laisser de côté des points importants de l’histoire qu’il aurait été agréable de développer, ce qui est « son » défaut, si tant est qu’on puisse le critiquer.

7/10

Par Gemini no Saga le 06/01/2008 à 14:28

Tezuka est l'un des premiers mangakas de l'après-guerre, et a une énorme mangagraphie. C'est sous le statut d'auteur classique que ses oeuvres sont éditées en France. Mais qu'en est-il d'Ayako précisément?

La narration très dynamique est le point fort de ce manga. Très peu de temps mort, Tezuka ne cesse d'apporter de la matière à son histoire multipliant les intrigues, les mystères, et les personnages. Une chose est sûre, il est très difficile pour le lecteur de s'ennuyer tant il y a fort à assimiler en très peu de temps. Les trois volumes ne se lisent pas, ils se dévorent. Le rythme est très bien maîtrisé ce qui rend agréable la lecture.
Néanmoins, outre une patte graphique qui laisse à désirer et c'est un doux euphémisme, le scénario ne cesse de dévoiler ses imperfections. En effet, les invraissemblances, les failles, et les comportements des personnages pour le moins illogique plombent le réalisme de l'histoire. Le mangaka tente d'implanter son histoire dans un contexte historique trouble, mais se perd dans son propre labyrinthe. Le scénario est mal-ordonné, parfois on a l'impression qu'il manque certaines planches. Curieux de la part d'un homme issu d'une culture scientifique (Tezuka a été médecin avant d'être mangaka).

L'âge de cette oeuvre n'excuse pas ses faiblesses, et encore moins les explique. Ce n'est pas le style de l'auteur qui est à blamer, mais la gloutonnerie du scénario et sa pléthore d'erreurs. Bref c'est sûrement pas un classique.

4/10

Par Diyo le 05/06/2004 à 20:36

Difficile de parler de ce manga sans en dévoiler des éléments importants du scénario. Traité comme un bon polar, l'histoire d'Ayako est terriblement captivante. L'une de ses forces est de parvenir à créer un véritable petit monde très crédible auquel on accroche très rapidement. L'aspect réaliste du récit est d'autant plus important qu'Osamu Tezuka mélange la fiction à des faits historiques.

L'injustice dont sera victime la pauvre Ayako est particulièrement touchante. La famille Tenge est une vieille famille bourgeoise et traditionnaliste. La place de la femme est réduite à sa plus simple expression et la plupart des membres sont prêts à tout, jusqu'aux pires agissements, pour que l'honneur de la famille reste intact. Et la jeune Ayako en fera les frais sans que personne ne fasse une geste pour lui permettre d'échapper à son malheureux destin. Dans ces conditions, elle est le seul personnage en qui l'on peut avoir une réelle sympathie.

Graphiquement parlant, le style Tezuka a indéniablement vieilli. Ayako date de 1972 et ça se voit. Les proportions choquent un peu parfois et le design des visages est assez inconstant. Toutefois, la mise en page et le découpage des planches permet d'offrir à la narration un dynamisme impressionnant qui scotche le lecteur. J'ai attendu d'avoir les 3 volumes avant de me plonger dans ce manga et une fois commencé, il m'a été impossible de m'arrêter.

Selon moi, ce manga tient bien plus ses qualités de l'incontestable talent de conteur d'Osamu Tezuka que de son aspect visuel un peu vieillot. Je ne peux que vous conseiller la lecture d'Ayako qui, comme toutes les oeuvres du maître, a marqué l'histoire du manga.

9/10

Recherche