On s'est tous posé la question étant gamin pourquoi Joker ne gagnait jamais face à Batman ? Ou plus généralement, pourquoi le méchant ne gagne jamais à la fin ? Question dont la réponse paraît évidente moralement, mais voilà un manga qui s'en contre fiche... Coq de combat explore un univers nouveau, à travers Ryo Narushima, l'anti-héros par excellence.
La première lecture m'a totalement rebuté paradoxalement à mon engoûment après une deuxième lecture. Tout d'abord le dessin : original certes, mais dont les personnages ressemblent plus à des primates qu'à des humains. Ensuite, le point le plus important : Ryo Narushima. Jamais, un tel personnage principal m'a surpris à ce point. Le point de départ n'est pas ordinaire : il a tué ses parents sans raison rationnelle. Après son passage douleureux mais salvateur à la maison de correction, il devient des plus machiavéliques. Il ne refuse aucunes possibilités mêmes les plus sournoises pour arriver à ses fins comme par exemple le viol, la délation et j'en passe. Sa personnalité transparaît aussi dans ses combats car ses coups n'épargnent pas les parties génitales ou encore les yeux. Bref, un véritable rebut de la société.
Cependant ce n'est pas pour autant que le personnage ne dévoile pas des aspects plus "humains". Et là je dois reconnaître le talent conjugué du dessinateur et du scénariste pour être parvenue à cette juste mesure. Outre son excellent fer de lance, Coq de combat, comme son titre l'indique accorde une grande part aux arts martiaux. Même si j'ai personnellement du mal avec le découpage des phases de combats, je dois dire que les affrontements sont maîtrisés de manière superbe de bout en bout. C'est-à-dire que la tension avant et pendant le combat sont très excitants, par exemple le tome 14 se lit à la vitesse lumière tellement le cours de l'action est fluide. Un délice.
Néanmoins tout était au beau fixe, après ce fameux tome 14. Le scénariste s'est sans doute tromper de manga en nous sortant cette "énergie vitale" digne de n'importe quel shonen de baston classique. Cet épisode a quasiment éteint la flamme. Pourtant depuis le début, un certain réalisme était de riguer, avec quelques éxagérations parfois, mais rien de grave. Mais l'épisode en Chine compris entre le tome 14 et le tome 18, est à vite oublier pour ma part, on aurait dit un remake de Ken le surivant ! Bien heuresement, tel le phénix l'intérêt renaît de ses cendres. La suite relève le niveau en orientant l'histoire vers le Mixed Martial Arts (un sport que j'apprécie énormément), comprenez des combats officiels où les combattants peuvent se battre au sol comme debout en utlisant des techniques de combats très diverses dans le respect de certaines règles de sécurité.
Un manga exceptionnel (sauf cet épisode chinois d'où la note), et surtout original grâce à son personnage principal. A ne surtout pas mettre entre toutes les mains, car certains scènes sont très dures et explicites. A lire si vous voulez sortir du carcan habituel qu'on vous offre, fan d'arts martiaux ou non.
En voilà un manga très hard... Ca change des shônens basiques où le summun de la violence est atteint quand un personnages secondaire perd un bras en ayant reçu une vague d'énergie...
Bref je m'égare... donc ce manga est effectivement très violent. C'est physique et c'est moral, on s'en prend plein la tronche à peu pres à chaque tome... on en viendrait presque à s'habituer.
Niveau dessin c'est très bien réalisé. Le manga est très réaliste et le fond est en adéquation quasi-parfaite avec la forme.
La violence semblant si fantasque nous paraît si réelle avec un dessin si précis et plein de détaisl.
C'en est presque troublant...
Le scénario est littéralement le point fort du manga avec au centre un héros qui évolue complétement à l'opposé de tout stéréotype.
Plus anti-héros, je crois qu'il n'y a pas. Il devient plus psychopate et plus un enfoiré à chaque tome, étrangement, ça pousse à lire la suite. On veut savoir s il s'améliorera ou s'il finira par crever du vice dont il est rempli. C'est un vrai démon.
J'ai beaucoup aimé ce côté complètement excentré de la norme et le fait que le héros soit une vraie racluree.
Série coup de coeur pour moi, mais pour public averti !
Coq de Combat est l'un des rares mangas qui parviennent encore à me choquer. A déconseiller à un public trop émotif, il montre des scènes d'une rare violence, mais cette violence n'est pas gratuite. Ce manga, qui a le mérite de posséder un scénariste et un dessinateur, comporte plusieurs niveaux de lecture.
C'est d'abord l'histoire de Ryo qui, motivé par sa rage de vivre pour lui-même et d'être reconnu, est prêt à des sacrifices et des gestes peu moraux. On suit - et s'y identifie parfois - sa lente évolution de rebelle inadapté au système, depuis son éclosion en tant qu'autre chose qu'un élève modèle à son avènement de redoutable karatéka.
C'est ensuite, une réflexion sur l'usage des arts martiaux et de la philosophie qui les accompagne. Faut-il considérer le karaté comme un jeu, un sport avec des règles établies et qui vaut surtout par la beauté des figures exposées ou bien comme un véritable art du combat, où tous les coups sont permis ?
Coq de combat reçoit un succès immense au Japon où il touche un public large car concerné par l'obligation de toujours se plier aux règles établies dans une société intolérante et gouvernée par l'argent. Les dessins ont un style particulier. On peut ne pas aimer le trait singulier des visages, mais les expressions sont toujours bien rendues et les scènes de combat sont excellentes et bien documentées.