Japon

Informations générales
- Auteur: Anno Moyoco, Boilet Frédéric, Hanawa Kazuichi, Igarashi Daisuke, Matsumoto Taiyô, Peeters Benoît, Takahama Kan, Taniguchi Jirô, Prudhomme David, Aurita Aurélia
- Origine: France, Japon
- Année de création: 2005
- Titre original: Japon
- Nombre de volumes: 1
- AKA:
- - Japan: As Viewed by 17 Creators
Version française
- Licencié: oui
- Titre français: Japon
- Editeur: Casterman Ecritures
Synopsis
Japon est un ouvrage collectif à l’initiative de l’alliance française du Japon, sous l’égide de Frédéric Boilet et de Masanao Amano. Ce manga regroupe des courts récits écrits par 17 auteurs français et japonais, dans des styles très différents, et axés sur quelques villes et sites du Japon.
Synopsis soumis par Starrynight
#Par Sacrilège le 03/05/2009 à 19:03
Autant le dire tout de suite : ce livre part d’un bon sentiment. Et en ce cas précis, le mot « sentiment » prend tout son sens. L’idée première du livre : prendre 17 dessinateurs et auteurs, français et japonais, pour rendre hommage au Japon et dans le même temps rapprocher les deux cultures. Et même si l’expression « rendre hommage » a en général quelques connotations péjoratives, je ne l’utilise pas ici au hasard. Cette pensée n’est pas dévoilée expressément, mais se laisse toutefois deviner suivant les histoires courtes qui façonnent ce recueil.
Mélangeant au gré des nouvelles, souvenirs d’enfance, diverses visions de vacances au Japon, faits marquants et sentimentaux, l’ouvrage cherche autant à viser l’originalité que l’exhaustivité. Il y réussit avec certaines d’histoires … d’autres étant au contraire plus ratées.
Le pari d’une œuvre réussie semblait pourtant déjà gagné au vu des différents auteurs sollicités, aussi bien à l’écriture qu’au dessin : Jirô Taniguchi, Frédéric Boilet, Taiyô Matsumoto (Amer Béton), etc. En parallèle, je me préparais à être conquise dès les premières pages, et cela en voyant le trait fin et hautement artistique de la première mangaka ; Kan Takahama pour être précise.
Mais à regarder de plus près, Japon souffre d’un manque cruel d’homogénéité. Ou plutôt, car ce n’est pas vraiment un défaut en soi, bien au contraire, d’une assez mauvaise exploitation de ses narrations contraires, de ses différences de registres, de graphismes … si inégales et si abruptes. Le talent unique à chaque auteur est bien là, mais, hélas, si mal exploité. Le thème du recueil était trop / pourtant vaste : pour les originaires du Japon, il s’agissait de raconter leur mode de vie et/ou des souvenirs marquants ; quant aux écrivains français, ils devaient mettre sur le papier leur rencontre avec le Japon et ses habitants, et les découvertes faites alors.
Seulement voilà, suivant l’inspiration et le style de chacun, ce livre devient de plus en plus confus, voire lourd, pour preuve qu’il ne suffit pas de rassembler des auteurs connus et doués pour faire un recueil qui le serait tout autant. Oscillant entre histoires touchantes et récits assez plats, Japon reste à lire pour quiconque souhaite découvrir une multitude de visions du pays. Pour ceux qui souhaiteraient plutôt lire des ouvrages d’auteurs multiples, il est préférable de lire directement ceux des auteurs en question, et non dans un recueil. Ici limitées en 10 à 16 pages, les histoires demeurent rapides et sans fond véritable : bâclées en quelque sorte.
C’est dommage, ce livre partait pourtant d’un bon sentiment.
#Par Starrynight le 03/02/2008 à 14:38
Japon se place dès le départ sous le signe de l’échange culturel franco-japonais, ne serait-ce que par ses instigateurs : les instituts et alliances français au Japon, et par l’identité de celui qui rassembla les différents auteurs : Frédéric Boilet, auteur français vivant au Japon.
Qui dit échange dit diversité des genres, pluralité des styles et différence des regards et des approches. Cohabitent ainsi dans ce volume 17 auteurs japonais et français pour 16 petites histoires (l’une d’entre elles est écrite à quatre mains, le compte est bon). Les Japonais écrivent sur leur ville natale, les Français sur leurs villes d’accueil (tous les auteurs francophones ont en effet été invités dans une des villes dans lesquelles un institut ou alliance français est établi).
En matière de diversité, la publicité n’est pas mensongère : on brasse très large tant du point de vue du style que du contenu. A la lecture de ce synode du dessin d’auteur, on passera ainsi d’un coup de crayon très détaillé à un autre au contraire très épuré voire caricatural ou humoristique, d’un souvenir d’enfance à une tranche de vie quotidienne, une anecdote ou encore un récit proche de l’anticipation. Deux trois histoires sont même à des parsecs d’un style manga (même pris au sens très large) et détonnent (trop) nettement. Le brassage voulu est en fait si vaste que l’on ne peut tous les apprécier et qu’aucune de ses petites histoires ne plaira à tout le monde : à trop élargir le cercle potentiel des lecteurs, on a paradoxalement restreint le périmètre d’appréciation de chacun de ces lecteurs. Personne ne retiendra la même chose de ce livre, mais la plupart le trouvera vraisemblablement moyen.
On en vient alors à piocher dans le tout, à la recherche d’une belle planche, d’une histoire qui évoque quelque chose pour soi, d’une vue typique et reconnaissable du Japon (des distributeurs de boisson au Château de Nagoya), en passant rapidement sur un style auquel on est hermétique, sur une histoire que l’on juge vide. Ce phénomène est accentué par la brièveté des histoires qui fait que mêmes les histoires que l’on apprécie nous laissent un peu sur notre faim. Des histoires qui sont un peu les haïkus du manga, mais souvent dénués de poésie.
Ce qui reste finalement, c’est un joli dessin de couverture et quelques belles planches dont on tâchera de retenir l’auteur afin d’en lire d’autres productions.
