C'est en voulant changer de registre que j'ai choisi de lire ce manga ; effectivement, sur fond d'histoire surréaliste il parvient à allier la véritable passion de la nature avec les projets mis en place par l’Homme pour aller à son encontre.
Alors oui au début on est face à une trame singulière puisqu’il est question d’une ondine des eaux dont l’œuf serait gardé par un homme qui le tient de son père qui lui-même l’a ramassé au bord de l’eau … bla bla.
Du blabla oui, car une fois le côté fantaisiste passé, ça glande sec. Ca parle beaucoup et au final ça agit peu, ce qui est bien dommage car le potentiel de base est là même si cela ne va pas plus loin.
Le graphisme est banal, pas de quoi fouetter un Diyo et les cases un peu fouillies à certains moments. Le script part quant à lui (enfin essaye de partir) dans plusieurs voies à la fois comme c’est le cas des histoires d’amour qui se laissent deviner mais qui retombent finalement à plat par la suite.
Et puis à la fin deux petits suppléments, d’une part une petite dizaine de clichés faits main au rythme d’un par page et de l’autre une histoire assez basique avec comme sujet une fille et deux garçons dont pour le coup on pourrait sans problèmes se passer.
En bref il y a des prémisses d’histoire mais qui sont malheureusement mal voire pas exploitées du tout ; je mets 5 pour l’originalité et le fait que ça se laisse lire malgré tout avec une certaine facilité et jusqu’au bout.
Kaikisen est un one shot de monsieur Satoshi Kon (Paranoïa agent, Perfect blue, Millenium actress, Tokyo godfathers). On est en 1990 et c'est grâce à ce manga qu'il se fait remarquer par Katsuhiro Otomo (Akira), qui plus est Kaikisen est sa première oeuvre.
La couverture sublime nous absorbe grâce à un personnage au regard envoûtant, de plus à la lecture de l'auteur, cela n'a fait que m'inciter à lire ce one shot. Au niveau graphique, c'est intéressant car on observe le prototype du style Satoshi Kon qui est sans doute influencé par le dessin d'Otomo. Néanmoins ce dessin ne diffère pas énormément de ses dernières oeuvres. L'enchaînement des cases souffrent d' élipses, c'est-à-dire qu'on a la désagréable impression d'avoir manqué quelques mouvements, ce qui gênent à la fluidité de l'action.
Le scénario est certes classique dans le sens où l'idée de base et même les différentes tournures scénaristiques sont prévisibles et ont un arrière goût de déjà vu. Cependant il se développe brillament en l'espace de deux cents pages. Dans ce manga, la nature a une place prépondérante dans l'intrigue, on le constate dans l'antagonisme que fait l'auteur entre développement d'une petite ville et traditions de respect envers la nature. Ironie de cette intrigue c'est un prêtre shinto qui se fait l'ardent défenseur de ce pseudo développement urbain.
L'histoire tourne autour d'un jeune homme tiraillé entre les traditions shinto et un certain modernisme. Cette opposition est (était ?) à l'image du Japon, en effet Satoshi Kon met en garde contre l'avarice de certains face à la protection de l'environnement. Donc rien de vraiment original.
Un one-shot intéressant pour les fans de Satoshi Kon, mais qui souffre de son côté naïf et engagé. Toutefois, cela reste plaisant à lire grâce au talent de l'auteur.
P.S: il y a la fin de kaikisen, un petit chapitre d'une histoire courte et inédite. Elle se nomme « un été mouvementé », un petit bonus.