Ludwig Revolution

Informations générales
- Auteur: Kaori Yuki
- Origine: Japon
- Année de création: 2004
- Titre original: Ludwig Kakumei
- Nombre de volumes: 4
Version française
- Licencié: oui
- Titre français: Ludwig Révolution
- Editeur: Tonkam
Synopsis
Il était une fois, dans un royaume lointain, un prince magnifique et cultivé que toutes les femmes adulaient mais il n'en trouvait aucune à son goût. Pourquoi? Parce que trouver une princesse à forte poitrine, c'est dur. Le prince Ludwig, sadique et obsédé, est obligé de ramener une princesse en vue de l'épouser s'il veut régner un jour. Il commence donc à parcourir les royaumes voisins à la recherche de sa future femme et tombe sur Blanche-Neige, à la peau couleur neige, aux lèvres d'un beau rouge et à l'âme aussi noire que l'Enfer....
Synopsis soumis par kuchiki byakuya
#Par Nakei1024 le 05/08/2008 à 18:55
Il était une fois une princesse d'une grande beauté qui aimait se promener au milieu des champs en chantant "Un jour mon prince viendra, un jour il me dira: désolé, tu ne m'intéresses pas, ta poitrine est trop petite, dégage..." C'est en tout cas ce que lui répondit le prince Ludwig le jour où il la croisa par hasard au détour d'une sombre ruelle, alors qu'elle tapinait pour combler les dettes de son royaume suite à de trop fortes dépenses en produits de beauté...
Fans de Shrek et autres parodies délirantes des contes qui ont bercé notre enfance, ce manga est fait pour vous. En seulement 4 tomes, Kaori Yuki revisite les plus célèbres histoires de princes et princesses, en cuisinant le tout à sa sauce personnelle.
Délicieux mélange entre humour trash, blagues salaces et séquences gores, ce manga n'est pas à mettre entre toutes les mains, à moins de souhaiter traumatiser son/sa charmant(e) jeune fils/fille/frère/sœur (rayer les mentions inutiles) pour les dix prochaines années...
Commençons les présentations par le personnage principal, à savoir le prince Ludwig dont la beauté n'est égalée (voire dépassée) que par son égoïsme et son arrogance extrêmes. Bien loin des princes des contes de Grimm, il écrase ici les autres par son omniprésence, ses raisonnements légèrement tordus (mais pas dénués de logique) et sa capacité innée à se montrer odieux quel que soit son interlocuteur. Toujours accompagné de son pauvre valet (lequel doit creuser le trou de la sécu en calmants, vitamines et autres antidépresseurs), il parcourt le monde à la recherche d'une épouse qui réponde à ses critères de sélection assez rigoureux (et variables selon son humeur à une constante près: le tour de poitrine), ce qui est loin de faciliter la vie de son entourage.
Pourtant, plus on avance dans les chapitres, plus on découvre à quel point il sait se montrer humain et compréhensif vis à vis de ses semblables (même si c'est de manière détournée et imprévisible). Dans le même ordre d'idée, il serait également malvenu de croire que seules les demoiselles à fortes poitrines son capable de secouer son cœur (sans pour autant tomber amoureux, restons sérieux).
Qui dit conte dit princes et princesses. Ces dernières sont ici bien éloignées de l'image pure et naïve livrée pendant des années par Walt Disney et compagnie: elles sont plus matures et vicelardes que jamais. On en trouve d'ailleurs pour tout les goûts: de la nunuche à la psychopathe sadique en passant par la masochiste tarée, chacune possède un caractère bien à elle, qui détonne avec l'image habituelle qu'on se fait des héroïnes de conte de fée. Seul un personnage comme Ludwig peut espérer sortir sans mal de ces différentes rencontres plus explosives les unes que les autres.
Les personnages secondaires (peut-on encore les désigner ainsi, étant donné qu'ils finissent tous par jouer un rôle important dans les instant critiques) sont bien développés, intéressants à suivre dans leur propre évolution et suffisamment résistants et tenaces pour soutenir le héros jusqu'au bout de ses frasques, et pourtant, Dieu sait si c'est difficile.
Concernant le graphisme, il est sans surprise de type shojo, avec une importante tendance pour le look gothique qui permet de trancher (de manière violente) avec l'univers merveilleux des contes de fée.
La fin tout en restant dans la suite directe de la série est moins originale que ce qu'on aurait pu attendre après un tel départ, mais les surprises sont tout de même au rendez-vous, et c'est l'essentiel. Elle est d'ailleurs suffisamment ouverte pour espérer une suite avec de nouvelles adaptations toujours plus délirantes.
D'un bout à l'autre du scénario, j'ai conservé l'agréable impression de lire un véritable conte (même si le genre est particulier). Je salue également l'initiative de l'auteur d'avoir systématiquement ajouté un court résumé des différentes histoires adaptées, car si tout le monde a déjà entendu parler de Blanche Neige, Cendrillon et La belle au bois dormant...d'autres comme Rapunzel, Maleen ou La petite gardeuse d'oies sont moins connues du grand public.
En conclusion, LR détruit les derniers doutes qui pouvaient subsister quant à la possibilité de trouver un jour le/la vrai(e) prince/princesse charmant(e) (rayer les mentions inutiles), un must pour tous ceux qui s'ennuient et ont grandi depuis le premier Shrek.
Bien entendu, évitez de laisser ces quatre tomes traîner n'importe où, car les plus jeunes ont (quoiqu'on en dise) encore le droit de se bercer d'illusions et de croire en un monde rose bonbon où tout le monde vit heureux pendant de longues années et a beaucoup d'enfants.
Plutôt 8,5
#Par kuchiki byakuya le 04/08/2008 à 20:52
Les contes de fées prennent un méchant coup derrière la tête avec ce manga parodique. Si vous tenez à garder l'image du prince charmant, ne le lisez pas.
En effet, le prince gentil et bienveillant, devient un démon cruel, sadique, obsédé et froid, plus intéressé par les fortes poitrines que par le reste. Aucun fan service à la Ikkitousen, juste de quoi rire devant les situations loufoques car il n'est pas le seul à recevoir une nouvelle étiquette. Les princesses en prennent également pour leur grade. Entre Blanche-Neige, le Petit Chaperon Rouge, Cendrillon ou Hansel et Gretel, le choix est vaste (plus certains que je n'ai pas reconnu). Ma préférée reste le Petit Chaperon Rouge qui devient une tueuse à gage complètement barrée, troquant son panier contre un fusil sniper. En fait, elles sont exactement l'inverse de ce qu'elles sont dans les contes qui ont bercé notre enfance (la gentillesse devient la cruauté; l'innocence devient le vide à l'état pur).
Le prince est donc à la limite un monstre nombriliste mais il cache de vrais sentiments humains et on s'étonne de le voir aider les princesses qui ne l'intéressent pas (en gros, qui sont aussi plates que des planches à repasser ^^). Le manga entier ne cesse de nous surprendre par les sentiments totalement contradictoire, selon les scènes. J'ai adoré la mère de ce prince unique en son genre, telle mère, tel fils. Le peuple la surnomme "la reine de la torture" ou "la déesse de la destruction", c'est tout dire. Néanmoins, elle fait plus rire que peur, car c'est avant tout le but du manga.
Malgré un humour certain, il y a une histoire de fond, surtout dans les deux derniers tomes. J'avais peur de ce manque et de voir uniquement une succession de princesses sans lien entre elles mais tout cela fut vite dissipé. Bien sur, ca reste très simple mais un scénario trop complexe n'aurait pas été judicieux. Cette trame permet d'introduire des princesses qui n'auraient peut-être pas eu leur place en temps normal. Je souligne la bonne maitrise de ce mélange histoire/humour. De plus, la fin m'a surprise. Je ne suis pas fan des fins ouvertes mais celle-ci est parfaitement amenée car on ne reste pas sur sa faim, tout en ayant les réponses nécessaires.
Le dessin est typique des shojos, avec des planches surchargés selon les scènes et des protagonistes pas toujours très beaux. Je dirai que c'est le point faible du manga même si j'avoue que le contraste entre le dessin romantique et le ton sadique du manga est un régal. L'atmosphère n'en est que plus attrayante. Mais si on est vraiment allergique à ce style, on sera gêné.
Bonne surprise que ce manga, dans la lignée de Shrek, plein d'humour noir, de coup bas et de moments de pur bonheur. Les 4 tomes passeront presque trop vite. J'aime les contes de fée quand ils sont aussi cyniques.
