Des sentiments dispersés dans l'océan

» Critique de l'anime Nagi no Asukara par Mikizik le
24 Juin 2015

Plutôt bon public pour les tranches de vie et les romances, on m’a présenté Nagi no asukara comme une perle de ce genre, et c’est donc avec pas mal d’attentes que j’entamais cet animé.
Le plot avait l’air plutôt intéressant, mettant en avant les conflits de culture existants entre les habitants de la terre et ceux de la mer et on pouvait donc s’attendre à des relations complexes bravées d’interdits ou d’amour impossibles.

C’est un peu ce à quoi on a le droit dans la première partie, mais c’est trop léger. On commence d’abord à nous présenter les quatre enfants du village de la mer et là, c’est déjà un mauvais point ; on nous présente ces amis d’enfance issus du même milieu sur fond de triangle amoureux.
Pourquoi ? Alors qu’on avait matière à faire de belles choses en opposant les habitants de la mer à ceux de la surface, on tombe dans la facilité en « confinant » les sentiments de notre groupe entre eux.
Certes on a une petite tentative d’aller dans ce sens avec Manaka, puisqu’on se demandera l’espace de quelques épisodes si les sentiments qu’elle éprouve envers Tsumugu (le protagoniste « principal » de la surface) sont des sentiments amoureux ou simplement de l’ordre de la fascination mais... On obtient vite un début de réponse et on continuera à se morfondre jusqu’à la fin de la première partie tant les épisodes tournent uniquement autour de notre petit groupe. Et disons-le nous, on s’ennuie un petit peu.

Un axe de développement intéressant a montré le bout de son nez lorsqu’on évoque l’interdiction de mariage entre habitants de la mer et de la surface pour des raisons loin d’être superflues (continuation de la lignée, enfant né de cette union qui ne peut pas aller dans la mer...) et on est enfin content d’avoir un sujet un peu plus adulte qui attirera notre attention. Faux espoir. Cette histoire est vite passée à la trappe (notamment parce que « développée » par des personnages secondaires et réglée en 2 épisodes) et pire, plus tard dans l’intrigue on apprendra que toutes ces tergiversations étaient inutiles et que tout ça n’était qu’un faux problème, quel dommage, vraiment quel dommage !

Finalement la fin de la première partie s’oriente vers un axe un peu plus religieux, la série redevient alors un peu plus dynamique et plaisante à suivre même si on sait pas trop vers où on se dirige en nageant dans cette direction.

Si la deuxième partie va s’avérer moins lente (quoique…) et un peu plus intéressante puisque plus riche en rebondissements et en sentiments, elle va néanmoins perdre en cohérence. L’histoire reprend 5 ans plus tard et plusieurs choses dérangeantes m’ont sauté aux yeux.
D’abord Chisaki, qui donne l’impression d’avoir muri la première fois qu’on la voit, puis cette impression s’évapore très vite avec le retour d’Hikari puisque si on fait abstraction de sa taille elle n’a absolument pas changé. Comment en 5 ans de vie est-il possible de rester exactement la même qu’auparavant ? Parlons aussi de Kaname, s'il était déjà transparent dans la première partie, c’est encore plus flagrant dans la deuxième, surtout que sa tendance à dire amen à tout est à se tirer les cheveux et est à la limite de la crédibilité (ne parlons pas de sa réaction avec sayu à la toute fin, lol quoi).
Tiens parlons-en de ces deux petites, dans la première partie je ne comprenais pas pourquoi ils s’obstinaient à nous les développer (Miuna et Sayu) tant je les trouvais inintéressantes, mais tout devient claire par la suite, c’est pour pouvoir les utiliser dans la suite ! Mais au final rien de neuf puisqu’elles sont toujours in-love des même garçons qui les considèrent toujours comme des petites filles bref, c’est la même chose que dans la première partie, mais 5 ans plus tard, l’intérêt est moindre.

De plus dans cette deuxième partie on nous sert une nouvelle intrigue qui tombe comme un cheveu sur la soupe et alors là il n’est même plus question des rapports entre les habitants mer/surface puisqu’on nous parle d’une vieille légende de la mer, et là où ça se casse la gueule c’est qu’on a vraiment l’impression que cette légende a été créée pour essayer de rajouter du dramatique. Parce que finalement, à par l’âge de certains personnages quasiment rien n’a changé en 5 ans et les auteurs devaient commencer à se rendre compte qu’ils tournaient en rond. Il n'est même plus question des relations entre la mer et la terre puisque l'intrigue est totalement centrée sur un personnage, on retombe encore dans la facilité en nous servant encore du déjà vu.

Elle va permettre néanmoins une chose, de mettre en avant Manaka, toujours pétillante et fraiche. C’est un peu grâce à elle que j’ai été au bout puisqu’avec Hikari ce sont à peu près les seuls personnages qui ont pas foiré en cours de route (ou qui ne l’étaient pas dès le départ).
Alors certes on ne s’ennuie plus, mais on se rend compte de la supercherie et quand en plus on commence à nous bombarder d’ena c’est un peu la goutte d’eau qui fait déborder l’océan.

Avant de conclure je parlerai de la forme, qui est le vrai point positif de cet animé ; on a droit à un bon chara-design avec des yeux peut-être un peu exagérés à certains moments (mais qui selon moi contribuent au charme de l’animé), de bons décors terrestres mais surtout un superbe océan ! Plein de couleurs, plein de vie, on ressent vraiment la magie d’être dans l’océan et c’est vraiment immersif. D’ailleurs la magie ne s’estompe pas au fil des épisodes, c’est toujours un plaisir de les voir nager dans cet environnement et on est toujours émerveillé de voir le soin qu’ils ont apporté à ces fonds marins. Les ost tombent à point, mention spéciale aux chants durant les cérémonies de la poupée qui ont un vrai charme et que j’ai beaucoup apprécié.

Conclusion :

Malheureusement la forme n’éclipsera pas tous les points négatifs que j’ai cité plus haut ; alors que l’animé met en place un super univers et qu’il y avait beaucoup de chemins intéressants à prendre, il s’enferme dans la facilité et nous propose une tranche de vie assez banale si bien que la distinction terre/mer en devient presque futile. C’est donc avec une déception prononcée que j’écris cette critique, mais au vue des notes des précédentes je me dis que c’était simplement mes attentes qui étaient un peu trop élevées.

Si j’avais dû attribuer une note après le dernier épisode j’aurai sûrement mis un 6 ou un 7 puisqu’on reste quand même sur un sentiment plaisant, mais après avoir pris le temps de réfléchir vraiment à ce qu’on m’avait présenté en 26 épisodes, je n’attribuerai qu’un triste 5/10.

Verdict :5/10
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A propos de l'auteur

Mikizik, inscrit depuis le 12/03/2014.
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