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» Critique de l'anime Tari Tari par Kael le
30 Mai 2017

Pour cette deuxième critique, vous allez m’accompagner au côté de Tari Tari, une série du studio P.A. Works, qui anime régulièrement des séries originales. Souvent, de mon point de vue, ils excellent en animation et graphiquement mais s'effondrent quelque peu narrativement. Qu’est-ce qu’il en ait pour Tari Tari ? Je ne tarderai pas à vous éclairer là-dessus.

Nous suivons un groupe de cinq personnages, trois filles et deux garçons, durant leur dernière année au Lycée. La série les introduit admirablement bien au cours d’un premier épisode très maîtrisé en tout point. Ce dernier devrait à lui seul vous convaincre de poursuivre l’aventure jusqu’au bout même si la méfiance envers un pilote n’est jamais assez grande.

Commençons par décrire les trois filles,

Wakana a perdu sa mère et vit seule avec son père. C’est un peu elle qui la remplace à la maison. Plutôt réservée et solitaire, elle n’a pas le temps de flâner à cause de ses cours de rattrapages.

Konatsu, qui aime chanter, est l’énergumène du groupe. Son dynamisme et son énergie cache un manque de confiance en elle.

Sawa est une fan d’équitation et pratique l’arc comme discipline scolaire. Son caractère posé lui donne des allures de grande sœur.

Pour les deux garçons,

Tanaka, faute de partenaires, pratique seul le badminton. Oui, c'est un peu particulier mais il veut devenir un champion, ce n'est pas sa faute si personne dans ce foutu lycée ne veut faire du bad quoi ! Ses traits de caractères ? Franc, honnête et volontaire.

Maeda, que ses quatre amis appelleront Zwei (si je ne me trompe pas), est un nouvel élève venu d’Australie qui n’était pas retourné au Japon depuis douze ans. Non, ce n’est pas un beau gosse de surfeur. Désolé les dames, pour les bishonens façon shōjo, faudra repasser. D'ailleurs, il viendrait d’une autre ville du Japon, on ne verrait pas la différence, d’autant plus qu’il n’a pas l’accent anglais. C'est quelqu’un de plutôt naïf et étrange. Il note tout ce qu'il fait dans son carnet dans le but de s'en servir pour écrire des lettres à son ami étranger. Je l'ai honoré d'une longue présentation mais c'est le personnage le moins intéressant de tous ! Quoique... il y a un gus qui s'appelle Tanaka et qui joue au badminton tout seul dans cette série. Moi je dis, y'a match entre les deux !

Bref, ces cinq personnages vont être amenés, sous l’impulsion de Konatsu, a créé un club de chorale et de temps en temps... autre chose. Non, pas du thé et des gâteaux ! Vous trouverez la réponse en faisant une petite partie de badminton avec Tanaka. Croyez-moi, même si vous êtes mauvais, il ne vous dira pas non, il en a marre de s'entraîner comme un idiot face au mur.
Au passage, si Konatsu s'est mise en tête cette idée-là, de création de club de chorale, c'est parce que, suite à une défaillance de sa part lors d'un récital, on ne lui fait plus que tourner les pages des partitions dans son club de musique. Du foutage de gueule si vous voulez mon avis. Désireuse de réussir sa prestation la prochaine fois, et pas en tourneuse de pages s'il vous plaît, elle n'a pas d'autres choix que de créer son propre club.

La série s’attarde sur les trois personnages féminins. On les connaîtra de plus en plus en profondeur et ils vont plus ou moins évoluer entre le premier et dernier épisode. Oui, je sais, encore heureux que ce soit comme ça. Sinon, ça veut dire qu'il ne se passe rien et que vous pouvez d'ores et déjà voir ailleurs s'ils y sont. À noter, que leurs relations ne se fera pas sans orages mais l’ambiance généralement s’avèrera plutôt bon enfant. Si vous cherchiez à accentuer votre dépression en regardant des personnages qui souffrent psychologiquement, ou de manières horribles, vous n'avez pas frappé à la bonne porte, je vous le dis. Néanmoins, ça se chamaille un peu, et ils ont tous, à un moment donné, le blues. Bon, sauf Tanaka. Le gars, il se bat contre un mur, il déguste suffisamment comme ça. Et bien non, il en aura aussi pour son grade vers la fin.

En parlant de Tanaka, lui et Zwei, sont nettement plus en retrait. Clairement un point négatif de cet anime. On aurait apprécié plus de développement les concernant. Alors, leur électrocardiogramme montre tout de même des signes de vie, mais on les aperçoit d'avantage en toile de fond qu'au premier plan. Certes, ce ne sont pas de simples plantes. Ils sont présent, ils parlent, ils interviennent, font des trucs chelou mais leur poids dans cette histoire n'est pas comparable à celui de nos très chères héroïnes, oh que non ! De là à dire que c'est parce que les otakus n'en ont rien à cirer d'eux et préfèrent les zolies demoiselles qui s'agitent à côté d'eux, c'est un pas que je n'oserai franchir !
D'ailleurs, à cause de cela, ne vous attendez pas non plus à de la romance. Sa présence, sur une échelle de 0 à 10, est de 0,25. Le comble, c'est que le passage le plus "romantique" n'est pas audible, on ne sait pas ce qu'ils se racontent, et on n'est même pas sur de pouvoir s'imaginer le contenu de l'échange ! Niveau otaku, on est safe, c'est bon, ils vont acheter les figurines !
Deux mecs et trois filles bordel ! C'était bon ça pour du triangle et cie. Tant pis, on repassera...

Hum, où on en était nous. Je réécris quelque peu cette critique une poignée d'heures seulement après l'avoir publiée parce qu'elle ne me plaisait tellement pas que je pleurais mais il ne faut pas péter un câble non plus et partir dans des délires de ouf.

Alors voilà, l’œuvre est semi-réaliste. Nous avons des adultes crédibles, tel que la professeure qui part en congé maternité, parce qu'on dirait une vrai prof, voire toute simplement une personne que l'on pourrait croiser dans la rue, et d’autres nettement moins, tel que le proviseur parce qu'il est trop caricatural dans son style d'homme soumis à l'autorité de son supérieur hiérarchique. À ce niveau-là, la série nous propose une sorte de mélange que l’on retrouve jusque dans les personnages principaux qu'elle anime et les différentes scènes qui la composent, tel un Zwei à la personnalité improbable et une Wakana parfaitement réaliste. Toutefois, la tendance va plutôt vers le réalisme qu'autre chose, mais ce n'est pas du 100%. Vous cherchiez du perfect ? Je suis surpris que vous soyez encore là.
Ah oui, j'ai compris, je n'ai pas inséré d'images, vous n'avez surement donc pas du voir le chara-design moe hihi. Le graphisme, lui, très soigné visuellement mais peu artistique, dans le sens que le style n'est ni personnel, ni atypique, plutôt conventionnel et aseptisé, sied bien au réalisme que souhaite au fond véhiculer la série. Quant à l'animation, elle s'avère de grande qualité, une évidence.

Je commence à m'éterniser par ici. Je poursuis.

L’intérêt de la série se situe dans son caractère tranche de vie où l’on suit de près l’évolution du club de chorale et de ses cinq membres.

Soudainement, un illustre inconnu s'invite sur ma critique :

- Tout ça pour en arriver là ? Pas besoin de faire une dissert gars...

- Mais... T'es qui toi, laisse moi terminer. Tu es rentré par où au juste ?

...

- Okay, le gars s'est enfui. Sérieux, mais où va-t-on, on ne peut même plus écrire tranquille de nos jours.

Bref, les thèmes que vous rencontrerez ne seront pas nouveaux : surmonter la perte d’un parent/proche ; se résigner ou non à atteindre un rêve à priori impossible ; profiter de sa scolarité pour briller au moins une fois ; favoriser l’esprit de groupe, d’initiative ; les relations conflictuelles parents-enfants, professeurs-élèves, élèves-élèves (bien que peu développées, cela concerne les altercations entre le club de musique et de chorale) etc…

Ceci-dit, malgré l'absence d'originalités significatives, la qualité du contenu s'avère plutôt bon. Les nombreux dialogues et scènes qui sont intéressants et touchants devraient satisfaire les amateurs du genre et les faire s'attacher aux personnages, plus particulièrement aux trois adolescentes étant donné qu'elles sont d'avantages développées et sur le devant de la scène que les deux adolescents.

Quant à la fameuse narration, elle tient plutôt la route malgré que l’on ressente quelquefois une certaine faiblesse, qui colle décidément à la peau du studio. Ici, je la situerai au niveau de certains enchaînements scénaristiques qui sont maladroitement retranscris, liés, souvent mais pas que, aux nombreuses mini-ellipses temporelles qui ont, en plus, tendance à accélérer artificiellement un rythme qui devient malheureusement un chouilla rapide. Ce n'est pas trop handicapant pour la série mais nuit un peu à sa qualité.

Au final, l’histoire s’avère modeste et son dénouement n’est pas des plus transcendants, mais la qualité est là parce que l’anime parvient à nous plonger dans le quotidien de ses personnages, ce qui est tout de même l'essentiel pour une série tranche de vie.

À titre personnel, je décerne un très beau 8/10 à Tari Tari au vu du plaisir que j’ai éprouvé en le regardant. La raison, elle, m’incite à inscrire une autre note sur cette critique à cet anime parce qu’il lui manque un brin de profondeur, de développement, de caractère et d’homogénéité dans son contenu.

En définitive, comme souvent, le pilote était un des meilleurs épisodes !! Ahah !! En tout cas, supérieur au dernier mais je recommande bien sur Tari Tari aux amateurs de tranches de vie. Mettez-le dans votre wishlist et regardez-le un de ces jours lorsque vous aurez oublié ce que j'ai écrit. Vous devriez vous régaler !

À la prochaine !

Verdict :7/10
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A propos de l'auteur

Kael, inscrit depuis le 27/09/2014.
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