Clannad surfe sur la vague des Kanon et autres Ef - A Tale of Memories dont les histoires n'ont rien d'extraordinaire mais qui portent une poésie touchante.
Dans cette optique, Clannad est sans doute le plus surprenant car le scénario est des plus simples, sans drame, ni pointe de surnaturelle, mais se révèle sans aucun doute le plus attrayant. Dès les premiers épisodes, on sait tout de suite que l'on va aimer sans vraiment savoir pourquoi. Enfin, pas tout à fait. La musique joue un role primordial, pleine d'émotion, de tristesse. L'opening pose les bases et quelles bases. Même après l'avoir vu, revu et revu, je l'aime toujours autant. Je n'ai relevé que très peu de thèmes mais ils sont tous magnifiques, reprenant exactement les sentiments des protagonistes. Un gros plus comparé aux prédécesseurs que j'ai nommé plus haut dont la musique ne cassait pas des briques.
De plus, l'animé réussit un mariage osé entre la tendresse et l'humour. C'était loin d'être facile mais le mélange est surprenant et intelligent car il comble les vides du scénario, avec notamment le père et la mère de Nagisa, couple improbable mais irrésistible, dont les pitreries me font encore rire, surtout quand Tomoya entre en scène. Les bouffonneries de Sunohara sont plus brutes et mois droles à la longues (sauf quand il se bat avec Tomoyo pour deviner un secret qui n'existe pas).
Tomoya, bien que classique, n'est pas aussi pathétique que les héros des autres animés. Pus exactement, ses raisons sont valables. Alors que d'habitude, il s'agit plus d'une façon débile d'occuper son temps, Tomoya cherche à fuir une ambiance familiale pesante dans l'amitié et les occupations scolaires. Nagisa est l'élément déclencheur. Fuyant les autres et leurs préjugés, il va trouver en cette jeune fille, l'oreille attentive et le bonheur qu'il recherchait. Pourquoi? Surement à cause du caractère niais de Nagisa, qui comprend ce qu'on lui dit à la vitesse d'un escargot (ce qui n'a pas manqué de m'énerver). Une fois sur la voie de la guérison, Tomoya va reproduire inconsciemment cette aide sur les quelques personnes "marginales" de l'école.
Avec Fuko, la reine des étoiles de mer dont le secret m'a presque fait pleurer mais dont l'approche est quelque peu...originale. Tomoyo, la guerrière, qui souffre un peu de cette image et dont la tolérance de Tomoya l'aidera par la suite à réaliser son rêve et surtout à s'ouvrir un peu plus aux autres. De même pour Kotomi, jeune fille intelligente et rêveuse, incapable de se faire des amis. Là aussi, j'aime beaucoup son histoire bien que tout ne soit pas logique à mon sens (mais bon, c'est histoire de chercher la petite bête). Je suis moins convaincu par le cas des jumelles, un peu trop simple et surtout très vite mis de coté.
Le chara-design est très proche de Ef - A Tale of Memories, simple mais efficace. Le décor n'est pas surchargé mais les couleurs, s'appuyant selon les cas sur des couleurs précises, est magnifique. Les yeux sont toujours un peu trop grands mais cela permet de mieux faire les émotions.
Pourtant, tout n'est pas parfait. Je pense notamment à l'histoire de la jeune fille, seule dans un monde désert avec un petit robot pour seul compagnon. On ne sait pas du tout de quoi il s'agit, même si je suppose que la pièce de thêatre est censée expliquer cette histoire. Dommage car le principe était intéressant et j'attendais vraiment les explications.
Ensuite, le 24ème épisode me pose quelques problèmes. D'où il vient? Quel est son intérêt? Pourquoi le mettre à la suite alors qu'il ne reprend pas vraiment l'histoire? Bref, malgré un bon épisode en soi, on est en droit de s'interroger sur le bien fondé d'un tel final. Le 23ème, qui conclut la "vraie" histoire se finit calmement, à l'image de l'animé. Sans savoir pourquoi et sans révélation aucune, on aime. Mais points restent en suspens même si certains d'entre eux se devinent facilement.
Bon, c'est vrai que je me suis interrogé à la fin mais ca ne m'a pas empêché de beaucoup apprécier cette série. Je peux parler d'un coup de coeur. Il n'y a rien d'extraordinaire, juste de la poésie et un peu de magie. Je ne peux que vous conseillez de tenter l'aventure et de vous laisser bercer par beauté de Clannad. Personnellement, j'en redemande.
Avant de taper les trois coups de bâtons annonçant le début de l'acte, je me dois de faire une introduction rapide. Clannad est une adaptation d'une visuel novel du studio Key à l'instar de Kannon, Kannon 2006 et Air TV, on pourrait qualifier cette anime d'être une tragi-comédie (plus comédie que tragique). La parenté avec les oeuvres précédentes tant dans le contenu que dans l'empreinte fait que je ne pourrai pas couper à certaines comparaisons.
Levons le rideau sur la galerie de personnage. On pourrait croire qu'elle relève encore du genre du harem, malgré une absence d'originalité flagrante dans le casting, le studio Key nous livre un ensemble de personnage doté de leurs personnalités passés et part d'ombres. Beaucoup d'entre eux cachent de gros squelettes dans leurs placards.
On retrouve la patte du studio et on s'attache finalement assez vite à ce petit groupe. Tous sont attachants à leur façon entre Nagisa qui cherche à s'affirmer, Fuko la rêveuse, les jumelles Kyou et Ryou antinomique (le gorille et le hamster comme les a décrites si élégamment Tomoya), Kotomi (limite Forest Gump) ou les parents de Nagisa. Le meilleure restant Tomoyo qui comme le Yunichi de Kannon est un garcon aux reparties cinglantes et n'hésitant pas à taquiner son entourage. Ryou le seul second couteau masculin sert principalement de ressort comique. Il est néanmoins un personnage fouillé plus approfondi qu'un simple faire valoir et que d’accoutumé dans les productions de Key (en général seul le héros masculin central est détaillé).
Continuons à mirer cette pièce. Force est d'avouer que Clannad se situe dans la même veine que ces prédécesseurs, Toute l'intrigue est centrée autour du personnage de Tomoya et de sa relation avec Nagisa. Leur but principal étant le rétablissement de la troupe de théâtre du lycée, ce qui consistera l'unité d'intrigue qui sera suivie tout du long. On aura droit passé l'introduction à un premier arc introduisant une part d'éléments fantastique. Ce premier arc conclu, le fil de l'histoire reprendra une orientation plus commune et normale. Le déroulement se révèle suivre le processus des classiques du genre, puisque les diverses scènes mettront successivement en avant les membres de la troupe de théâtre, Fuko, Kotomi, les jumelles Kyou et Ryou, Tomoyo et le pitre Ryou. On aura droit à quelques révélations sur le passé de certains personnages, les étoffant ou amenant le groupe à les aider à faire leurs catharsis ou s'affranchir de leurs problèmes.
Tout cela donnant un spectacle de bonne qualité, agréable et amusant jusqu'au baisser de rideau à la fin de l'épisode 22 (le 23 est un épisode bonus qui même si il vient chronologiquement après le 22 ne sert pas à grand chose, le 24 apparemment centré sur Tomoya n'a pas encore été diffusé).
La pièce achevée allons faire un tour dans les coulisses Je serai concis, l'anime est très bien réalisée, mise en scène classique mais efficace et propre. Elle est même supérieure en qualité aux opus précédents (Kannon 2006 par exemple). Le chara design ne déborde pas d'originalité, surtout que beaucoup des personnages sont très similaires si ce ne sont des copies conformes à ceux des autres productions du studio. On apprécie ou pas les yeux globuleux des protagonistes féminins. La bande son accompagne le tout sans surprise ni sans être désagréable.
En en sortant on tombera sur un critique de théâtre qui soulèvera de façon acerbe quelques points. On retrouve énormément de points communs dans les thématiques ou les personnages entre leurs diverses productions. Le passage fantastique détonne car contrairement aux autres oeuvres, il ne sert pas au fonctionnement de l'histoire (contrairement à Air TV et Kannon qui sont des tragi comédies fantastiques). Il apporte néanmoins une petite touche de fantaisie, de tragique et d'humour au cours de la série.
Contrairement à Kannon (2006) Les personnages sont devenus nettement plus sensibles et pour certains prompts à verser une larme, parfois de façon exagérée. L'attitude du couple principal pourra sembler assez étrange, renouant avec le cliché de l'empoté et du timide. L'épisode 22 achevé, l'on conservera un certain sentiment d'inachevé car des points demeurent en suspens. En effet, certains personnages n'ont pas fait leurs catharsis et vaincu leurs problèmes. Ce léger sentiment d'inachevé et le fait que le fil principal de l'anime se clot au niveau de la période estival laissent espérer une suite aux aventures de notre petit groupe.
Le critique pourrait sembler acerbe si d'un fin sourire si il n'enchaînait sur les éloges. Il y a eu du progrès notable dans l'écriture, contrairement à Kannon ou souvent un bon nombre de personnage étaient délaissés ou disparaissaient de la scène lors de certains arcs, ici la troupe est présente et vivante tout au long de l'anime. On enchaîne l'anime alternant le cocasse et des séquences touchantes. On évolue souvent entre le rire et les larmes dans Clannad, le rire prédominant malgré les problèmes.
Le rire prédomine grâce à Tomoyo, qui est un Yuichi encore plus décomplexé. C'est un type de personnage rare dans les animes car il manie un humour ravageur et profite souvent des situations de quiproquos qu'il crée (certaines sont d'ailleurs mémorables). Ces amis ne sont pas en reste et auront aussi parfois la dent dure. On a un humour très comédie, jouant beaucoup sur les échanges verbaux et les quiproquos. A cela on vient ajouter quelques incrustations de parodies ou références aux jeux vidéos et du bon comique de situations (certains passages sont assez ubuesque) venant enrichir la veine humouristique de l'ensemble. C''est là une qualité rare car la plupart du temps dans ce type d'anime l'humour est généré par des situations scabreuse (donnant sur de l'echhi), de type graveleux ou jouant totalement sur l'absurde.
Avant de baisser le rideaux et de conclure cette critique, je ne peux que vous encourager à venir regarder cet anime qui est une comédie avant tout, le caractère dramatique ou tragique des oeuvres précédentes du studio étant estompé mais présent en filigrane.