Ergo Proxy

  • Format: Série TV
  • Année de diffusion: 2006
  • Titre original: Ergo Proxy
  • Licencié: oui
  • Titre français: Ergo Proxy
  • Editeurs: Dybex
  • Nombre d'épisodes: 23
  • Site officiel: http://www.ergoproxy.com/
  • Studio: Manglobe, Geneon Entertainment Inc
  • Diffuseur: WOWOW
  • Directeur: Shukou Murase
  • Character-designers: Naoyuki Onda
  • Musique: Yoshihiro Ike
  • Doubleurs: Rie Saitou (Lir Mayer), Akiko Yajima (Pino), Hikaru Hanada (Raul Creed), Kiyomitsu Mizuuchi (Iggy), Kouji Yusa (Vincent Row), Houko Kuwashima (Kristeva)

Synopsis

Un monde où les robots et les humains coexistent - la Dome City "Romudo", totalement régulée, "un paradis où les émotions sont inutiles". Dans cette ville idyllique, Lill Meiyer, une jeune femme du bureau d'espionnage de la population, s'intéresse aux mystérieux meurtres qui s'y produisent. C'est alors qu'apparaît autour d'elle un message mystérieux appelé "awakening". La nuit où elle apprend l'existence de ce message, elle se retrouve attaquée par un étrange homme. Qu'est donc le monstre qui l'a agressée ? Et qui donc est la étrange personne qui s'est interposée ? Bien vite, le mystère s'épaissit, et en quête d'une vérité plus profonde, elle s'aventure vers un monde extérieur infini.

Synopsis soumis par Pharaoh, traduction du site officiel par DarkSoul
  • Ergo Proxy - Screenshots #1
  • Ergo Proxy - Screenshots #2
  • Ergo Proxy - Screenshots #3
  • Ergo Proxy - Screenshots #4

Par Jacen le 20/02/2008 à 19:51

Ergo Proxy ou le parfait exemple de la célèbre maxime "l'originalité ne paye jamais" (à moins que ce ne soit "trop d'original tue l'original"...). Bref, premier constat: Ergo Proxy, c'eut pu être, ça a failli être mais ça n'est plus ou pas d'ailleurs.
Par la présente j'espère avoir parfaitement résumé la trame pseudo dramo-psycho-reflexiologique de la série sans spoiler les 23 épisodes.

Oui, d'ailleurs déjà 23 épisodes ou le format juste pour pas faire comme les autres. Le problème de ce format surtout c'est que les auteurs n'y ont pas semblé très à l'aise car en réalité au vu du déroulement 13 auraient pu être amplement suffisant. Oui mais voilà c'était un gros projet alors il fallait meubler. Certains épisodes semblent d'ailleurs n'etre là que pour ça et sortent complètement de la trame scénaristique (même si celà ne veut pas dire obligatoirement qu'ils sont mauvais)

Bon pour être plus méthodique, revenons au schéma classique. Au niveau graphique d'abord. Ah ben c'est joli, quoique en même temps vu le budget à la disposition de la réalisation, on était en droit d'en attendre autant. Je dirais même que le chara-design est loin d'être génial (du moins j'y adhère pas complétement) et surtout de facture inégale. Ca fait tache pour une grosse prod...
Après question décors soyons honnêtes, c'est beau. Ca rappelle un peu Blade Runner par certains aspects (un monde sombre, automatisé, en fin de cycle...) et ça c'est pas pour me déplaire. Mais après ça peut déplaire autant le savoir.

Côté ambiance sonore, là le couple Opening/ Ending fait un effet terrible et imprime directement le sentiment d'oppression recherché par la mise en scène. Cependant, c'est dommage mais c'est pas une créa originale, on le savait déjà que radiohead c'était génial...
Pour ce qui est de l'ambiance sonore à proprement dit de l'animé, elle est de toute façon bien réalisée et permet de bien s'imprégner de l'environnement de la réalisation. Un très bon point pour cette prod qui a donc pensé à soigner la forme (au moins un peu)

En même temps, le fond ressemble tellement au bât qui blesse que l'on ne peut que se féliciter d'une telle rigueur dans l'emballage. En effet question scénar, Ergo Proxy, c'est comme le discours d'un président en campagne: ça se veut vachement vendeur mais c'est que du vent (oui l'attaque était gratuite, désolé si j'ai heurté la sensibilité de certains). En résumé, le scénario d'Ergo Proxy, c'est une une quête de plusieurs personnes pour une même réponse qui pourrait éclairer les questions fondamentales que sont Comment? Qui? Pourquoi?
Pour ce qui est des personnages, là aussi c'est gachis:
- Lea-L Meyer est sensée être l'héroïne sans peur et sans reproche de la production mais bien sur une fois ses certitudes effondrées elle va se remettre en question... Oui mais beaucoup trop longtemps en fait ET en silence... 10 épisodes sans parler pour faire la gueule c'est long comme crise d'adolescence animée.
- Vincent Law est l'anti-héros devenu messie de par la magie du scénario genre on s'en doutait à peine... Sauf que là le truc fort c'est qu'il change de tête en plus. Quand il est faible il est moche et mal peigné mais quand il est fort il est beau et mal peigné mais classe. Si ça c'est pas de la philo profonde... Pourtant faut être honnête il reste un perso attachant mais lui pour le coup il parle beaucoup pour rien dire.
- Pino est l'énigme de l'anime, un perso hors norme et surement le plus réussi. Elle surfe sur différentes vagues d'influence et permet de nombreuses références tant à la littérature occidentale classique qu'à des oeuvres cinématographiques plus récentes (là encore Blade runner notamment) en passant par la SF du XXème siècle (Asimov, P.K. Dick). Un perso fourre-tout et qui peut apparaitre énervant aux yeux de certains, néanmoins elle apporte une once de couleur dans ce monde en noir & blanc.
Bref quand on s'est endormi à tous ses cours de philos on sent déjà qu'on va avoir du mal à accrocher, surtout que le maquillage philo-psycho est quand même juste là pour épater la galerie et ne sert en définitive pas à grand chose si ce n'est alourdir le déroulement des scènes.
Dommage Ergo Proxy est plein de promesses mais il est long, très long, trop long à les développer.

En conclusion, E.P fait parti de ces réalisations qui ont voulu quitter les sentiers battus pour atteindre les sommets de l'animation mais qui se sont perdus en route. Moi aussi d'ailleurs je me suis un peu perdu et j'ai bien failli faire demi-tour plus d'une fois. J'aurais peut-être dû. Arrivé au bout ne reste qu'une chose: 4.

4/10

Par Lovak le 06/10/2007 à 18:10

Ergo Proxy, ou un ovni dans le monde de l'anime. Pourquoi? C'est à mon sens la série qui s'approche le plus des films d'animation. Pour la qualité graphique d'abord, aussi bien d'un point de vue technique que pour le design et l'ambiance, pour le thème évoqué et le références ensuite. Les dômes, derniers refuges de l'humanité et la terre dévastée rappellent Blade Runner. Les plans contemplatifs, les questionnements sur la nature de la vie et les références philosophiques semblent tout droit sortis de Ghost in the shell (les films bien sûr).
Le design des personnages est des plus accrocheurs, et participe grandement au fait que ce n'est pas un anime que l'on abandonne après le premier épisode. Il a l'avantage de ne pas verser dans le style manga de façon caricaturale, ce qui nuit beaucoup d'après moi à l'immersion pour les animes "sérieux" (je pense à full metal panic par exemple).
Le scénario est des plus complexes et la narration n'est pas faite pour nous faciliter la compréhension. Bien sûr on suit sans difficulté l'épopée des personnages, du dôme de Rondeau au monde extérieur. Mais pour ce qui est des origines des personnages et de leurs motivation, une question appelle d'autres questions qui en appellent d'autres qui, finalement, dans les trois derniers épisodes mènent à quelques éléments définitifs permettant d'établir des explications incomplètes.
Je ne suis pas contre la narration puzzle, au contraire, mais elle laisse ici un goût d'inachevé, la faute à l'ambition du scénario. En effet, on se retrouve projeté dans un monde en ruine sans savoir ce qui a causé cette ruine, ce qui n'est pas gênant dans la première partie de l'anime puisqu'il s'agit d'une enquête dans le dôme. Mais plus on avance dans l'histoire, plus on prend conscience que le mystère à résoudre concerne le destin même du monde,et on accumule les indices sans base pour raisonner.
Du coup, on comprend de moins en moins, et même si la révélation finale est assez bien explicitée (bien que trop mystique à mon gout), il est difficile de saisir ses implications faute de connaître la véritable question. Les proxys sont des sortes de demi dieux, d'accord, instruments d'une renaissance de la terre et destinés à disparaître alors, ok, il ont crée les humains des dômes, bien. Mais pourquoi la terre est elle dévastée? Les humains existaient ils avant les proxys? Les proxys sont ils ceux qui ont détruit la terre ou bien seraient-ce les humains? On possède des indices sur la présent, on entrevoit le futur à la fin, mais les éléments concernant le passé sont insuffisants pour établir une explication satisfaisante. Alors on reste sur sa faim, on a le sens de tout ça sur le bout de la langue mais impossible de l'attraper.
Alors quoi? Ergo Proxy aurait gagné à être plus long, plus fouillé ou bien à avoir un thème un peu moins épique, au choix.
Mais la déception qu'il inspire est la meilleure preuve de sa qualité. N'est on pas toujours déçu par la fin d'un beau voyage? J'ai lu beaucoup de critiques relativement incendiaires sur cet anime, ce sont pourtant elles qui m'ont incitées à le regarder car elles sont la meilleure preuve de la richesse et de l'originalité de son contenu. C'est la nature même de l'histoire qui fait que l'on aime le voyage et que l'on déteste la fin, et même si l'on aurait préféré une réponse un peu moins vaporeuse et mystique, était il possible de trouver une réponse satisfaisante au sens de l'existence? Car c'est de cela qu'il s'agit...

9/10

Par Björn le 08/05/2007 à 17:07

Ergo Proxy est certainement un très gros projet comme en témoigne sa réalisation de très bonne facture et son scénario pour le moins complexe. Cependant, il n'est pas sans jouer sur des procédés connus aussi bien du cinéma que de la littérature de science-fiction.

La série commence de manière classique, on reconnaît des références visuelles et scénaristiques telles que Blade Runner, Brazil, Matrix, ou sonores comme Nikita. Dans un monde qui n'est pas sans rappeler 1984, les trois principaux personnages font leur apparition, sont confrontés à leurs doutes, à leurs difficultés, à des événements qui les changent radicalement. Puis, dans un deuxième temps, nous nous trouvons transportés dans une période d'odyssée. Enfin, pour terminer, c'est le retour aux sources.

Chacune de ces périodes correspond à un des personnages. Ainsi la première, rationnelle et inquiétante, est celle de Lir Mayer. Un monde qui est en train de mourir parce qu'il n'a plus de sens et c'est de ce monde qu'elle tente de s'échapper même si elle n'en a pas conscience. Tous ses contemporains sont également frappés par ce même désespoir. Il n'y a pas d'issue à la société dans laquelle ils vivent, tous le savent de manière intuitive mais aucun n'ose regarder la réalité en face. Celle-ci s'imposera à Lir quand bien même elle est venue à elle de manière détournée.

La deuxième période est celle de Vincent Law. En quête de son passé, il découvrira sa véritable nature dans ce voyage au sein d’un monde où il ne reste quasiment rien. Alors que chaque étape résonne comme un voyage intérieur, lui aussi devra faire face à une vérité différente de celle qu'il recherchait la base. Cette période qui fait l'objet d'un long développement dans l’animé est parfois particulièrement pompeuse à mon goût. Les références philosophiques s'enchaînent alourdissant souvent le fil narratif.

Vient enfin la troisième période mettant en valeur le personnage de Pino. Période dans laquelle les vérités sont dévoilées, période où sa naïveté fait merveille. Cette enfant mécanique douée de conscience qui pouvait apparaître comme un personnage superfétatoire est le symbole du monde renaissant, qui n'a que faire des questions de cadres finissant qui n'ont plus le moindre objet. Il est à noter également l'utilisation de procédés bien connus comme la suppression des transitions entre les épisodes, nous transportant dans une action déjà déroulée dont nous ne connaissons pas le point de départ ceci afin de faire ressentir au spectateur le même malaise que celui que vivent les personnages.

Malgré sa réalisation de très haut niveau et son cara-design de très belle facture, on peut se demander si toute cette eschatologie était bien nécessaire pour finir sur une ambiance à la « papa-maman-la bonne et moi ». Évidemment, ses très grandes qualités techniques lui assureront une bonne note pour autant la lourdeur dont le scénario fait preuve ne peut me permettre de lui donner la note maximale.

8/10

Par Corvus le 27/04/2007 à 16:32

En dépit des précédentes critiques, je tiens à dire que cet anime est excellent.
Avoir un bon bagage en philosophie et en psychologie aide beaucoup à comprendre l'évolution des personnages, les scènes de "rêve", les relations entre les différents protagonistes, le fonctionnement du monde, et surtout les proxies.

Certains évoquent la religion, il s'agit plus ici de mysticisme et de lyrisme. D'aillerus, si l'on comprend qui sont les "Créateurs" - je ne dévoile rien de l'histoire -, il n'y a dans cet anime que du matérialisme.

Certes, au premier abord, on n'est pas aidé. L'histoire est éminemment complexe - vu les différents niveaux du monde qu'elle impacte - l'histoire est aussi éminemment imprévisible : tantôt statique, tantôt dynamique, tantôt paisible, tantôt violente; c'est un régal de chercher à comprendre, de presque y arriver sans jamais pouvoir le faire complètement - sinon à la fin.

De temps à autres, quand dans un épisode une étape est franchie, l'on est presque obligé de revisionner les épisodes précédents en raison des nouveaux éléments apportés. D'ailleurs, après avoir vu - et compris - le dernier épisode, j' ai pris plaisir à revoir toute la série pour découvrir toujours plus de subtilités.

Je tiens donc à rassurer tous ceux que cela rebute : l'anime est bien logique. Tous les éléments requis pour comprendre les tenants et les aboutissants nous sont bel et bien donnés.

Non pas "Je pense, donc je suis" mais "Tu penses, donc je suis".
Remplacer les vieux réflexes rationalistes par une certaine ouverture d'esprit.

Personnellement, mon ouverture d'esprit a connu ses limites avec les épisodes 15 et 19.
Si le 15e apporte encore quelques informations importantes; le 19e s'est révélé complètement inutile. Sans doute est-ce là l'oeuvre d'un auteur d'antan à qui les auteurs de l'anime ont donné une opportunité...

9/10

Par Nakei1024 le 13/04/2007 à 11:37

Malgré les précédentes critiques, j'ai finalement décidé de me lancer et de visionner cette série pour voir ce qu'elle valait. Même si le résultat final me semble mitigé, je dois dire que cette série ne m'a pas déplu, et j'ai quand même passé un bon moment.

En premier lieu, parlons des des différents personnages, et commençons par Vincent Law: c'est sans doute le personnage qui évolue le plus au cours de la série (tant psychologiquement que physiquement), et l'on assiste peu à peu à sa transformation qu'il tente sans succès de contenir. Lyl Meyer est elle aussi intéressante, puisque son caractère est totalement différent selon qu'on soit dans ou hors de Romdo: elle passe ainsi d'un personnage froid et mature à une personnalité qui l'est moins, et même se rapprocherait plus de la gamine pourrie gatée. Pino, même si elle semble malgré tout n'avoir qu'un rôle secondaire, permet d'apporter un peu de vie et d'ambiance dans son entourage, ce qui est d'autant plus bizarre car elle n'est finalement "qu'un cyborg". Enfin, parlons de la figure principale de la série, j'ai nommé les Proxys. Véritables anges de la mort, chacun d'entre eux possède un design qui lui est propre, mais de manière générale, ils ne ressemblent à rien de ce qui a été fait jusqu'à présent. Leur masque et leur tenue qui font penser au carnaval de Venise les rendent encore plus fascinants pour le spectateur, puisqu'ils cachent finalement la seule chose qui pourrait les rendre humain, à savoir leur visage leurs émotions.
Plusieurs personnages secondaires font également leur apparition, mais ils sont assez peu développés, et ne servent en gros que d'étapes pour le voyage des personnages principaux (les rencontres se finissent d'ailleurs toutes de manière plus ou moins brutale).

Côté graphismes et animation, il y a du bon et du moins bon: le chara design est assez convainquant et en rapport avec l'ambiance de la série, mais l'animation traverse régulièrement des zones de creux, qui nuisent à la qualité générale de la série. Concernant les décors et lieux visités, la luminance et la vie artificielle de Romdo tranche brutalement avec l'univers sombre et dévasté de l'extérieur. Concernant ce dernier, il est dénué de détail et assez vide, ce qui renforce l'impression d'être perdu dans un monde totalement inconnu, qu'on cherche à explorer sans réellement savoir où l'on va ni ce que l'on va trouver; on peut y voir comme une allégorie des propres sentiments de Vincent et Lyl qui se retrouvent perdus dans un monde mort, sans savoir réellement ce qu'ils cherchent.

Malgré ses qualités, Ergo Proxy cache également de gros défauts: le premier étant justement ce monde dénué de toute vie, et donc de tout évènement, ce qui fait qu'au bout d'un moment, on a tendance à s'ennuyer, la traversée du navire et l'errance de Vincent pour trouver qui il est réellement durent finalement trop longtemps par rapport à la série, et on est tenté de décrocher. Le deuxième point est selon moi que pour comprendre cette série, il faut quand même avoir un certain bagage philosophique et sur la psychanalyse, Freud aurait en effet adoré décortiquer les deux épisodes psychédéliques de cette série, pour lesquels tout spectateur lambda (dont je fait partie) est tenté de se demander quel est lemessage que les créateurs ont voulu faire passer, et si ces deux épisodes étaient réellement nécessaires. Troisièmement, sur la fin, la multiplication des allusions à Dieu et à la religion deviennent assez lourdes, d'autant plus qu'on n'a pas vraiment d'explications sur les discussions entre Proxys. Enfin, et c'est sans doute ce qui est le plus frustrant, à la fin de la série, on est tenté de demander,:"Oui, et alors, il s'est passé quoi finalement tout au long des épisodes? Où nous a mené le voyage de nos différents personnages, quelle est la conclusion de cette série, est-ce que tout ce qui a été réalisé aura finalement été vain...?" Un peu plus d'explications auraient été les bienvenues.

Malgré tout, Ergo Proxy reste une série intéressante, possèdant des atouts certains, quoi que mal exploités. Elle se regardera cependant une fois mais pas deux (sauf si vous êtes en fac de psychologie, ça fera un excellent sujet d'exposé...) Mon avis est que les créateurs ont voulu sortir une série avec un caractère philosophique assez poussé, bourré d'allégories (et de ce côté là, je pense qu'ils y sont parvenus), en oubliant que leur série serait principalement visualisée par des "Otakus" ayant une connaissance limitée en philosophie et psychanalyse.

7/10

Par suprshinoa le 09/11/2006 à 23:40

Après la réussite du maintenant célèbre Samurai Champloo, le studio Manglobe était attendu au tournant et se devait de répondre présent avec son projet 2006 : Ergo Proxy. Rendez vous manqué en tout cas pour peu que l'on ait touché de près ou de loin à cette série !!


Le début était pourtant prometteur. D'abord une qualité graphique très appréciable. Paysages futuristiques à l'image de Romdeau, ville cocon, qui impressionne de par sa conception et son architecture digne d'un film de science fiction. Les personnages disposent également d'un trait assez agréable et d'un design audacieux. Je pense bien sûr à Real Mayer, qui dès ses premières apparitions,avait réussi à me conquérir. Je pense également à ce concept intéressant de robots d'entourage biomécanique ou "autoraves", avec en particulier un coup de coeur pour la mignonne petite Pino.
L'intrigue quant à elle me semblait plutôt accrocheuse. Une sorte de complot au sein de Romdeau ressortait comme la trame principale de l'histoire et l'on partait sur une série de type aventure - action - enquête. Nos héros se lançaient sur la trace d'un Proxy qui semait la terreur dans Romdeau et qui semblait lié au virus Cogito touchant la race des Autoraves. Ma foi pourquoi pas !!

Puis le fil des évènements s'est déroulé nous amenant hors du dôme et en même temps signant l'arrêt de mort de la série. Car étrangement, depuis le moment où l'on s'éloigne de la cité à proprement dit, les épisodes ne cessent de décliner d'intérêt. Graphiquement déjà, cela s'essouffle. L'ambiance lumineuse de Romdeau est remplacée par un environnement teinté de noir, de brumes et de "je ne vois plus rien sur mon écran". Les personnages en prennent également un coup dans l'aile. A peine s'éloigne t'on d'un visage que l'on constate que les traits s'estompent et que la qualité graphique devient déficiente. Premier accroc donc dans cette belle peinture ... et si cela ne tenait qu'à ça, ma critique ne serait pas si sévère.

Car hélas (3 fois hélas), Manglobe réussit également à gâcher son scénario. Son héroine en premier lieu : Real Mayer, figure principale de la première partie, revient avec un rôle de second plan où elle passe plus de temps à jouer la mégère de service qu'à travailler à son enquête. Vincent Law se voit ainsi donner la place principale, tantôt amusant dans son rapport avec Pino, tantôt chiant à mourrir dans des épisodes de recherche de sa vérité passée.

Le pire vient peut être encore d'épisodes totalement extravagants (épisodes 15 et 19 en particulier) ne collant pas du tout à l'esprit de la série. Vraissemblablement, quelques substances euphorisantes ont dû inspirer les scénaristisques convaincus de leurs trouvailles. De mon point de vue plus rationnel, je constate juste les dégâts : le spectateur est largué, il ne sait plus du tout où on le mène et tout simplement ne comprend plus rien. Ajouté à cela, des allusions bibliques et des réflexions philosophiques à 2 balles, et la fin en devient un véritable chemin de croix pour le simple mortel (moi) en quête d'action et de divertissement. Quant à la fin en elle même, difficile d'en juger la pertinence au milieu de toutes ces interrogations qui me restent et toute cette incompréhension du scénario.

Du positif il y en a tout de même. Le compositeur de la bande son a, pour sa part, fait un boulot très correct. Dans un style en grande partie "électro", il réussit à merveille à retranscrire l'ambiance énigmatique et inquiétante d'Ergo Proxy et de lui imprimer d'autant plus sa propre identité. A noter également un couple Opening/Ending plus que remarquable ...


Pour en finir avec cette critique à majorité incendiaire, je dirais que le sentiment général après visionnage de la série est qu'Ergo Proxy est un grand gâchis : elle disposait de moyens plus que suffisants pour en faire une excellente référence. En attendait-on trop d'elle ? Apparemment oui. Ce qui est sûr aujourd'hui c'est que le studio Manglobe devra se remettre en question pour ses futures créations.

5/10

Par watanuki le 27/10/2006 à 15:56

Le studio Manglobe avait fort à faire en programmant l'après Samurai Champloo. Pour mettre toutes les chances de son côté, il s'est muni d'un budget pharaonique, et d'un réalisateur côté, ayant sous le bras un scénario qui lui tient à coeur.

Forcément, d'un point de vue visuel, c'est la perfection : 16/9 de rigueur, son 5.1, 3D à chaque plan, le spectateur est époustouflé, et ne peut que mesurer la dette d'Ergo Proxy envers Matrix : mise en scène inspirée du film pour les scènes d'action, et scénario complexe aux aspirations philosophiques.

Pourtant, les points forts sont inextricablement mêlés aux faiblesses :

-La mise en scène se veut audacieuse, et prend souvent le risque d'être incompréhensible, ne serait-ce que parce que certains épisodes sous-entendent des ellipses que le spectateur n'est à même de combler que tardivement dans l'épisode, cela vaut surtout pour la deuxième moitié. En effet, la première moitié est en comparaison très pauvre : on campe des personnages parfois passionnants (Pino), parfois mal employés : dès le début Real Mayer, personnage au design splendide, est satellisé dans les à-côtés du scénario, et lorsqu'elle se joint au groupe de Vincent Law, ce n'est qu'en tant que trouble-fête aigri et de ce fait peu utile au scénario. C'est le plus grand gâchis du da, qui parvient tant bien que mal à annoblir Real dans les deux derniers épisodes... Les 13 premiers épisodes se résument ainsi à l'errance des personnages dans le désert entourant Rondeau, et on est pas loin de l'ambiance de la première moitié du film de Judge Dredd...

-La deuxième moitié relève bien le niveau, mais l'histoire est grevée par des préoccupations et une icônographie chrétienne que l'on sent peser de plus en plus lourd jusqu'à la fin : poids du péché, anges volants, virus qui éveille les autoraves et provoquent chez eux une sorte de posture extatique directement empruntée aux vies de saints, tout cela s'entrechoque et manque d'homogénéité.

-les noms de philosophes donnent un côté gratuit franchement déplacé, surtout que les noms employés collent mal : Derrida passe encore, mais Kristeva n'est pas philosophe (ou si peu), c'est une universitaire spécialisée dans la critique psychanalytique, qui sévit encore au sein de l'université française, et qui par ailleurs écrit des romans qui parlent du Japon. Mais bon, ça lui fera peut-être plaisir de voir son nom dans Ergo Proxy...

-Le meilleur demeure peut-être le nom de la ville, Rondeau : le rondeau est un poème très prisé au XVIème siècle, dont toute la structure repose sur le retour d'un refrain. En gros le nom est assez plaisant pour une ville qui est enfermée dans un cercle vicieux inextricable, enfermé dans un refrain...
Pino aussi est extrêmement bien trouvée. Ce personnage permet une analogie permanente avec Alice au Pays des Merveilles, qu'elle lit d'ailleurs dans un épisode; l'allusion est loin d'être gratuite, et pousse le spectateur à voir le monde d'Ergo Proxy comme l'envers d'un décor. L'idée de lui laisser son costume de lapin rose est excellente, et permet d'introduire de l'étrangeté dans un univers qui autrement devrait tout à Matrix et Blade Runner (les autoraves qui ont une âme...). L'enfance reste au coeur de ce monde gris, et permet quelques poussées fantaisistes bienvenues...

Donc, pourquoi Ergo Proxy ne marche pas ? Probablement parce que l'héritage de Samurai Champloo a pesé lourd, et que le désir de faire mieux a alourdi un projet déjà trop ambitieux à la base.
Un bon da quand même, un peu lourd dans son désir de faire date, et un peu décevant dans sa chute.

5/10

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