Jin Roh - La Brigade des Loups

Informations générales
- Format: Film
- Année: 2000
- Titre original: Jin-Roh - The Wolf Brigade
- Nombre d'épisodes: 1
- Site officiel: http://jin-roh.net/
- AKA:
- - 人狼
- Relations: 1 fiche en relation
Staff technique [liste]
- Studio d'animation: Production I.G
- Réalisation: Hiroyuki Okiura
- Chara-design: Nishio Tetsuya
- Auteur: Oshii Mamoru
- Musique: Kanno Yôko, Mizoguchi Hajime
- Animation clé: Inoue Toshiyuki, Inoue Toshiyuki (supervision)
- Décors: Morikawa Atsushi
- Intervaliste: Group Donguri, Ôta Kazuhiro
- Layout: Inoue Toshiyuki (vérification)
Version française
- Licencié: oui
- Titre français: Jin Roh - La Brigade des Loups
- Editeur: TF1 Video
Doublage
Sumi Mutoh (Kei Amemiya), Yosikaju Fujiki (Kazuki Fuse)
Synopsis
Tokyo, fin des années 60. Le pays est en proie à de grands troubles sociaux. Le gouvernement se base sur la police et sur des unités d'élites, équipée militairement, pour maintenir l'ordre. Un jour, lors d'une émeute, des anarchistes d'une organisation surnommée "La secte" profitent d'une violente manifestation pour commettre un attentat destiné à renforcer le climat d'opposition entre syndicats et pouvoir. Traqué dans les égouts, ils sont abattus. Mais cette organisation emploie des enfants, ou des jeunes femmes, pour porter les munitions et les explosifs. Un jeune soldat, face à l'un de ces "Chaperons Rouges", ne peut se résoudre à tirer. Et l'enfant se fait exploser face à lui.
Blessé mais ayant survécu grâce à son équipement, Kasuki Fuze est rayé de l'actif de l'armée et de la Fosen (Panzer). Et commence le thriller politique...
Synopsis soumis par HerrV
#Par Kanapeach le 02/01/2012 à 19:04
Jin Roh ou l’art du complot. Ayant laissé bien trop longtemps ce long-métrage de côté, comme la cerise dans une salade de fruits qu’on s’efforce de conserver pour la fin, me voilà revenu de son visionnage, bouleversé mais heureux. Heureux, mais légèrement contrarié par un point.
Première chose à aborder, et non des moindres, le scénario. S’inscrivant dans un cadre pseudo-futuriste (pseudo car pas loin d’être possible), ce dernier nous livre une représentation du Japon où les émeutes ont une place prépondérante dans l’actualité. Les soulèvements urbains sont nombreux et c’est d’ailleurs en plein milieu de l’un d’eux que notre sombre intrigue débute. On suit donc les agissements d’un groupe d’insurgés chargés de livrer aux diverses factions en place des cocktails Molotov grâce aux tunnels souterrains. C’est à ce moment qu’on nous présente le point central de l’histoire, une unité chargée d’absoudre ces révoltes via un armement plus que perfectionné. Leur travail fait, l’histoire finit par se centrer sur un des membres de cette escouade d’élites autour duquel se trame nombre de complots et comptez sur de multiples rebondissements tous si bien trouvés qu’ils en font la force de ce film.
Et pour soutenir ce scénario en béton armé, rien qu’une large panoplie de personnages où chacun a son rôle à jouer et sans lesquels l’intrigue ne saurait tenir debout. Le protagoniste principal, Fusée, se veut être le soldat un peu blasé par son poste et qui ne sait rester insensible face à la mort (la vérité est toute autre) et malgré son manque apparent d’expressions, on finit par l’apprécier, par comprendre son trouble. D’autant que ce dernier exerce une relation naissante et touchante avec une jeune femme rencontrée suite à un drame que vous verrez bien tôt dans le film. Mais comme j’ai pu le dire en introduction, dans Jin Roh tout n’est que manigance et l’on a tôt fait d’être pris à revers. N’oublions pas nombre d’autres individus dont la véritable identité ne sera révélée que vers la fin, fin qui au passage est plus une non-fin qu’autre chose, mais une non-fin tout à fait satisfaisante.
Un autre point que je tenais particulièrement à aborder concernant ce film, c’est sa bande-son. Magistrale sur tous les points du début à la fin, rien n’est à jeter de ce côté et ce furent un peu plus d’une heure trente de pur bonheur auditif. L’ayant vu en VF, cette dernière ne démérite pas tant que ça. Sans atteindre le niveau d’une VO, elle reste convaincante et il me semble avoir reconnu la doubleuse de Tifa de FFVII AC dans le tas. Niveau bruitages c’est encore une fois de l’excellent travail, on s’y croirait réellement et rares sont les films où j’ai été autant immergé dans l’univers par une simple bande-son. Enfin, et surtout, l’OST est superbe et soutient de bout en bout chaque scène, chaque minute, chaque seconde d’un film qui en a vraiment sous le capot.
Malheureusement, tout n’est pas si parfait et il convient de se pencher sur une esthétique qui a, à mon goût, très mal vieilli. Les couleurs sont ternes, presque fades. Sans oublier les décors qui, bien qu’animés, manquent désespérément de détails. On a le droit à quelques plans satisfaisants mais ça ne dépassera quasiment jamais ce point. Enfin le chara-design est assez réaliste, c’est une bonne chose, mais à l’instar des décors, le manque de détails est flagrant. Les visages sont pour le moins simplistes, peu originaux. Restent les armures de panzer qui ne sont pas sans rappeler le récent Killzone et une animation fluide où les gunfights sont réussis.
Conclusion, faut-il voir Jin Roh ? La réponse est évidemment oui, mais il faudra composer avec une réalisation datée qui n’ a cependant pas été un frein à mon enthousiasme au moment des crédits. Et puis des scénarios comme ça, ça ne se refuse pas. Note réelle de 8,5 que j’arrondis comme souvent à la note inférieure.
#Par Inimoon le 04/12/2010 à 13:53
Jin-Roh est un excellent film, qui marque la fin d'une certaine époque de l'animation japonaise. La technique est époustouflante et l'histoire est aussi bonne que le scénario, et ce dernier vous laissera les fesses par terre avec une expression d'incrédulité sur le visage... Non sérieux, ce film est excellent. Pour ne pas vous en révéler plus que ce qui est inscrit sur la boîte, l'histoire se passe au Japon, après que l'Axe ait battu les alliés pendant le seconde guerre mondiale : régime politique totalitaire, hommes mystérieux portant le manteau de Derrick et temps constamment nuageux à la clé.
Les créateurs de Ghost in the Shell signent ici leur dernier film entièrement réalisé à la main : le détail de chaque cheveux agités par le vent, le parfait milieu entre photo-réalisme et style manga, les expressions de visages millimétrées sont vraiment très impressionnantes.
Pour moi, deux visionnages ont été nécessaire afin de saisir le scénario dans sa globalité. Conflits, amour, trahisons... il y en a vraiment pour tous les goûts. Regarder ce film peut vous rendre dépressif pendant quelques jours. Non je plaisante, mais je peux vous assurer que vous y penserez pendant longtemps. Pas besoin de s'étendre deux heures sur ce film : regardez-le, point !
#Par El Nounourso le 27/11/2007 à 16:35
Je viens tout juste de revoir ce film que j'avais quelque peu oublié depuis le temps !
Sur fond de quasi guerre civile entre forces gouvernementales et organisations terroristes, on suit un certain Kusuki Fuze, soldat d'élite viré de l'armée après avoir refusé d'abattre une jeune fille porteuse d'une bombe. Hanté par ce souvenir, Fuze décide de se rendre à l'endroit où sont entreposées les cendres de la kamikaze. Il y rencontre la grande soeur de la fillette, avec qui il se lie d'amitié. Mais Fuze est surveillé, on le soupçonne d'appartir à la "brigade des loups", groupe rebelle infiltré dans l'armée jusqu'au plus haut niveau...
Difficile de savoir qui est avec les terroristes et qui soutient le gouvernement. Même la police entre en conflit avec l'armée et son unité d'élite... De ce point de vue, le scénario est vraiment bien fichu, entremêlant les pistes et brouillant l'esprit du spectateur. Le design un peu old-school reste très soigné et agréable (notamment les fameuses armures !). L'histoire d'amour est elle aussi une réussite, entre le mutisme de Fuze et la pudeur d'Amemiya. En tout cas la mise en scène efficace n'a aucun mal à convaincre.
Un très très bon film, adulte et soigné. Le ton reste sombre et l'humour n'y tient pas une grande place, mais l'ensemble est tellement bien fichu. Un must !
#Par Björn le 15/08/2006 à 22:44
Très certainement le meilleur animé que j'ai vu à ce jour car, en plus d'une réalisation soignée, il bénéficie d'un scénario particulièrement complexe mais passionnant car bien mené. Un thriller digne du cinéma où il est difficile de savoir qui manipule qui, prenant à tel point que même des personnes qui sont pourtant réticentes dès qu'on leur parle d'animation japonaise restent bluffées. Touchant un sujet rarement abordé par ce biais, entre le politique, le policier, le terrorisme, mais aussi le thème de l'amour impossible, il renvoie à la petitesse des hommes de conviction qui sont capables de sacrifier le beau et leur âme pour une cause.
Comme il a été dit précédemment, les passionnés d'histoire du Japon seront forcément intéressés par les implications politiques de Jin Roh qui ramènent à la période très particulière de l'après 1945.
A voir, à revoir, à garder précieusement. C'est ce que l'on appelle une oeuvre.
Un 10 même s'il est illusoire voire prétentieux de vouloir affliger un tel film d'une note.
#Par HerrV le 31/10/2005 à 21:38
Aucune critique sur Jin Roh ? Ô horreur ! Ô désespoir ! Ô inculture mangaesque ! :ppp
Je reprends une critique que j'avais élaborée sur un autre site, en la remaniant... (et ce sera tout pour aujourd'hui !)
Jin Roh : (人狼)
Auteur : Mamoru Oshii
Genre : Thriller, policier & Petit Bijou à voir absolument !
Avant de commencer la critique de ce film, je voudrais rectifier un peu : Jin Roh est une fiction, mais reste un hommage au passé de l'archipel nippon. On voit en effet les Japonais comme un peuple paisible qui ne connaît pas les tensions sociales, ni les manifestations ; l'image du Japonais en grève, continuant de travailler mais avec un brassard "en grève" reste plaquée dans notre - fausse - vision de ce pays. Avant 1970, à la fin de la reconstruction, le Japon était en effet presque en état de siège.
Le contexte repris est celui de la Guerre Froide. Les deux blocs s'affrontent plus ou moins ouvertement, par pays interposés, par idéologie et partis politiques. Après les deux Corées, le Japon devient un territoire revendiqué par les Américains comme une base avancée contre l'URSS. Les étudiants communistes et les syndicats dont les ficelles sont tirées par la Douma vont créer de graves tensions, et toute une séries d'émeutes jusqu'en 1970.
Cette même année, devant la résistance des politiques japonais à l'élaboration d'un régime communiste, ainsi que de la population - effrayée à juste titre par les massacres & la perte de patrimoine causés par la Révolution Culturelle de Mao en Chine, qui souhaite étendre le printemps des Peuples - , un coup d'état des ultraimpérialistes, de la Tate no Kai (Société du bouclier), dirigée par l'intellectuel & écrivain Yukio Mishima ("La pierre et le sabre"), échoue le 25 novembre 1970 à soulever les généraux contre l'occcupant américain et le "danger russe", en vue de rétablir un pouvoir impérial et shogunal - premier ministre disposant des pouvoirs militaires - comme du temps du général Tojo, pendu en 1948 après les procès de Tokyo. Il se suicidera par seppuku à son domicile, quelques minutes avant que l'on ne vienne ne l'arrêter. Mishima ("Le trotskyste nippon") est considéré aujourd'hui comme l'un des grands auteurs de son temps : lisez "la Pierre et le sabre", il vaut le coup.
Après cela, le Japon connut malgré le choc pétrolier la fin des émeutes aussi violentes... jusqu'à l'éclatement de la bulle spéculative de 97, qui fit une dizaine de blessés dans quelques émeutes, il y a peu.
Le scénario part donc de ces évènements, mais pour pallier aux polémiques éventuelles, ceux-ci sont adaptés, renommés, et l'invention de l'unité Panzer - qui n'a jamais existé - veut faire de ce film une fiction, je le répète. Le dessin n'a pas été fait à l'ordinateur, et c'est rare à souligner, pour un film sorti en 1998 ! Le style reste donc "old school", très sombre, dans des teintes pastels qui virent du très détaillé jusqu'au flou - scène finale - ce qui ajoute indéniablement à ce film. Les musiques, signées par Mizoguchi Hajime (Escaflowne...), sont absolument poignantes.
Le DVD : edition collector française absolument indispensable : 2 DVD + OST, dans un coffret - avec un dessin signé pour ma part par l'auteur à un festival d'Annecy - image sublime, son 5.1 de très bonne facture, DVD bouré de bonus, interviewant tout ce qui pouvait être interviewable, des extraits, des scènes disséquées, un making of intuitif, des scènes coupées... Le film lui-même est en deux langues, mais pour une fois, la VF est très bien réussie... j'arrive même à la préférer à la VO, c'est dire !
La bande-son convient parfaitement au film. Une harmonie triste mais qui crée l'ambiance voulue. La piste 20 et la montée des harmoniques des violoncelles et de la contrebasse en arrière plan est inoubliable, le thème d'ouverture en guitare semi électrique est sombre, mais colle parfaitement au film.
L'originalité de Oshii est d'avoir mêlé à son film l'histoire du petit Chaperon Rouge, ajoutant cette touche de poésie qui fait toute la différence dans l'atmosphère d'un film.
C'est l'un des films d'animation que je préfère. Adultes uniquement.
10 sans hésiter. Une pure merveille.
