Ginga Eiyû Densetsu (Les Héros de la Galaxie)

Informations générales
- Format: OAV
- Année: 1988
- Titre original: Ginga Eiyû Densetsu
- Nombre d'épisodes: 110
- Site officiel: http://www.ginei.jp/
- AKA:
- - 銀河英雄伝説
- - GinEiDen
- - Legend of Galactic Heroes
Staff technique [liste]
- Studio d'animation: Kitty Films, Madhouse (assistance)
- Production: Artland, Kitty Films, Magic Bus, Tokuma Japan Communications
- Réalisation: Ishiguro Noboru
- Chara-design: Kume Issei, Okuda Matsuri, Shimizu Keizo
- Mecha-design: Katô Naoyuki
- Auteur: Tanaka Yoshiki
- Composition de la série: Kawanaka Shimao
Doublage
Akio Ohtsuka (Chun Wu Chen), Akira Kamiya (Bagdash), Akira Murayama (Focker Axel Von Büro), Aya Hisakawa (Marika Von Feueurbach), Banjou Ginga (De Villier), Chikao Ohtsuka (Rudolf Von Goldenbaum), Daisuke Gouri (Ovlesser), Fumi Hirano (Dominique), Goro Naya (Merkatz), Hidekatsu Shibata (Gregor von Muckenberger), Hideyuki Hori (Maximillian von Kastrop), Hideyuki Tanaka (Jean Robert Lap), Hiroko Emori (Erwin Joseph II)
Notes
L'éditeur Kaze dispose des droits d'exploitation du 1er film Ginga Eiyû Densetsu, intitulé "Ginga Eiyuu Densetsu: Waga Yuku wa Hoshi no Taikai", qui fait office de prélude aux 110 OAV de la saga.
Synopsis
L'un des nombreux tours de force de cette oeuvre est que le sujet de son histoire est l'Histoire, celle avec un grand H. L'histoire du monde connu (notre galaxie dans sa totalité) à l'époque où elle se déroule, c'est-à-dire fin du 36ème siècle, début 37ème. Mais elle raconte plus précisément l'histoire des deux grands hommes qui vont marquer cette époque : Yang Wen li et Reinhard von Lohengramm. Au fil des épisodes on découvre comment ces héros vont changer l'histoire, le destin des deux forces qui s'opposent depuis près de 150 ans, entre l'empire galactique, et l'alliance des planètes alliées, ainsi que de toutes celles ne prenant pas part au conflit.
Synopsis soumis par Musashi Daryl
#Par k le 19/11/2011 à 12:09
Deux hommes d'une grande intelligence se retrouvent ennemis dans une guerre galactique. De leur premiers affrontements naissent un certain respect mutuel et une rapide ascension sociale dans leur camps respectifs. A la manière de celui de Death Note, le scénario induit ici un suspense par des décisions stratégiques inattendues et des anticipations d'évènements parfois abracadabrantes. D'autres systèmes narratifs sont cependant bientôt mis en place, d'une vision étriquée d'un monde binaire on en vient à une fresque plus nuancée se voulant le reflet d'une réalité embrassée dans son entièreté, bref, une sorte de scénario absolu.
Des 110 épisodes que compte cette série, on nous épargne de trop longs développements menant à des conclusions trop évidentes. Non, le rythme est soutenu et l'histoire générale difficilement prédictible. Pourtant, il s'avère difficile de ne pas déplorer un tissu de personnages et de situations trop théâtrales pour ne pas dire simplement clichés. Enumérant tous les poncifs sur les politiciens qui sont apparemment par nature véreux, peu courageux et faibles, l'armée et l'aliénation de la société civile sont par contraste présentées comme des vertus et un mal nécessaire. Le rôle des femmes dans cette société futuriste semble également assez limité, elles n'ont qu'admiration pour ces personnages masculins mythifiés par l'Histoire et affectionnent tout particulièrement le port du tablier dans leur foyer. On peut également trouver assez risible l'emploi généralisé de patronymes à consonances germaniques des ressortissants de l'empire autant que l'utilisation d'uniformes inspirés de la chine communiste dans l'armée de l'alliance des planètes libres. La religion est également assimilée de manière manichéenne à une secte droguant et abusant ses fidèles. Enfin, certains détails historiques putrides et gratuitement violents qui au départ faisaient sourire et augmentaient d'une certaine façon l'impression de réalisme finissent par lasser tant ceux-ci sont en fait traités sérieusement et n'ont que peu de contres parties disons plus normales.
Les personnages principaux évoluent peu à l'exception du héros de l'empire, Reinhard, dont certains sentiments de remords et de solitude trouvent un écho. A nouveau cependant, la théâtralisation de plus en plus gênante de son existence coupe bientôt toute empathie. On pourrait également éprouver une certaine amitié pour le personnage principal adverse mais le fil des épisodes fait qu'il devient difficile de s'intéresser à lui tant sa personnalité reste peu développée et son caractère effacé.
Chaque combat spatial est dépeint assez précisément dès sa préparation qui en est la phase la plus importante tant la stratégie y est présente. Cependant, la répétition de ceux-ci et les raisonnements parfois abscons des chefs militaires n'arrive pas, malgré certaines originalités, à empêcher la naissance d'un certain ennui.
La réalisation n'a rien d'extraordinaire, est plutôt assez médiocre par moments et fait ainsi reposer tout le poids de la série sur son scénario. Scénario mis à l'honneur par l'utilisation parfois intensive d'une voix off qui, de manière laconique, tente tantôt d'attiser un suspense, tantôt de donner une portée historique à des faits divers, bref, une utilisation qu'on pourrait qualifier de malheureuse plus qu'ironique. L'anime est également entrecoupé de séquences bien étranges de débats politiques alimentés par des éléments de l'intrigue mais portant sur des éléments tellement abstraits (démocratie, autocratie?, etc.) qu'on les oublie aussitôt.
Cette série finalement assez prétentieuse aurait gagné à aligner moins de lieux communs et à mieux utiliser des recettes dont la simple juxtaposition ampute une part grandissante de sens.
#Par Afloplouf le 09/11/2009 à 00:17
Legend of Galactif Heroes, ou encore LOGH ou GinEiDen pour les intimes, fait figure d'icône dans la sphère otaque : une série de pas moins de 110 épisodes uniquement distribuée en DVD et inédite en dehors du Japon. Une fresque fantastique, un saga SF gigantesque, un space opera aux proportions galactiques. Des batailles qui voient s'affronter plusieurs dizaines de millions d'hommes, des centaines de milliers de vaisseaux sur plusieurs millions de kilomètres carrés et qui changent radicalement les civilisations de plusieurs dizaines de milliards de personnes. "Démesureé" n'a jamais aussi bien qualifié une série pour le petit écran.
Il a fallu près de 10 ans et une liste longue comme le bras d'animateurs pour venir à bout de cette série donc il est difficile de juger la qualité graphique mais LOGH a très bien survécu à la patine du temps. Après avoir eu un temps du mal avec le chara-design, je me suis pris à l'aimer : voilà des visages qui ressemblent à quelque chose, bien proportionnés et expressifs tout en restant réalistes. L'animation oscille entre le moche et le fantastique, c'est notamment le cas lors des combats spatiaux, absolument épiques. La synchronisation labiale a souvent un train de retard mais on a droit en contrepartie à un mécha-design de folie, mention spéciale aux vaisseaux de l'empire qui éclate de toute leur beauté (surtout les porte-étendards en fait) par rapport à ceux de l'Alliance plus classique quoiqu'incarnant à merveille l'expression "engins de mort".
Et que dire de la musique, entendre les canons de la musique classique sur les champs de bataille où chaque vaisseaux de plusieurs milliers de tonnes en sont réduits à des points sur l'horizon... épique encore une fois ! La J-Pop peut retourner au bac à sable quand d'autres jouent dans la cour des grands.
Si je devais ne retenir que deux points du scénario de LOGH ce serait certainement les batailles et l'opposition idéologique entre l'autocratie et la démocratie. Et ces deux points sont viscéralement incarnés par les deux opposants majeurs du conflit : Reinhard von Lohengramm et Yang Wen Li. Chacun des deux est un stratège de génie. Reinhard est le dictateur détestable par son idéologie mais son charisme dément nous attire comme un aimant. Yang représente le "gentil" mais les choses ne sont pas si simples et sa faiblesse politique (obligatoire dans l'idéal démocratique) nous font presque regretter sa droiture. Mais les autres personnages ne sont pas en reste : entre le trouble Reuental ou le machiavélique Oberstein du côté de l'Empire ou bien l'homme à poigne Schenkopp et le vieux de la vieille Bucock du côté de l'Alliance pour ne citer que ceux-là... Et croyez-moi, les personnages importants, à plusieurs facettes, se comptent par dizaines.
Que ce soit au cœur des batailles, lors des discours politiques, des attentats ou des magouilles, vous n'êtes plus spectateur, vous VIVEZ l'Histoire. Je ne compte plus les fois où j'ai hurlé, de joie ou de rage, que j'ai eu la larme à l'œil, que j'ai ressenti ce mélange de répulsion et de fascination, que j'ai fait le salut militaire, que j'ai insulté, que j'ai eu la larme à l'oeil ou que j'ai éclaté de rire. GinEiDen a des défauts ? Très certainement, c'est le prix d'exposer son flanc sur plus de 36h de vidéo. Il se complait dans son propre jus quitte à tourner en rond ? Devant la qualité de l'aventure et notre plaisir, on ne va pas s'en plaindre, au contraire même devant le sentiment de manque à la fin de la séance.
GinEiDen ne respecte peut-être pas certaines des règles de la Hard SF mais il n'a pas à rougir devant le cycle de Fondation d'Isaac Asimov ou L'Aube de la Nuit de Peter F. Hamilton. Une série qui se vit comme un voyage initiatique et l'une des meilleurs aventures qui m'ait jamais offert la japanimation. Et je commence à cumuler les kilomètres au compteur. Merci GinEiDen et à tous ceux que m'ont poussé à passer mes nuits et mes jours devant ce chef d'œuvre.
#Par Sirius le 12/03/2009 à 10:25
GinEiDen est une vieille série qui est peu animée à défaut d’être mal animée et présente une esthétique qui lui est propre. Le chara-design vieillot et efféminé de certains personnages peut effrayer mais on finit par s’y habituer. L’aventure est longue mais chaque épisode a sa raison d’être et présente un contenu narratif complet. La série aurait quand même gagné en dynamisme, fluidité et en intérêt si elle était parvenue à concentrer l’essentiel de l’intrigue en une cinquantaine d’épisodes. Elle aurait ainsi pu nous épargner les longueurs parfois exagérées d’une discussion politique qui tend souvent à tourner en rond. Je regrette aussi une trop lourde présence du narrateur qui laisse parfois se dévoiler de manière trop explicite les futures clés de l’intrigue.
Mis à part ces quelques défauts, GinEiDen est une épopée grandiose qui présente le combat de la démocratie contre la dictature. Une grande réflexion politique et historique se pose : quel système est le plus apte à faire régner l’ordre et la justice ? Ce canevas permet à la série d’échapper longtemps à un scénario manichéen en présentant deux parties aux héros charismatiques, à la fois fins stratèges et fervents idéalistes. On voit que la série s’inspire d’un roman. Le scénario est en béton armé et suit de manière chronologique l’ascension au sommet de Reinhard von Lohengramm et la résistance qui se forme autour de Yang Wenli. La série tend au début à alterner les épisodes s’intéressant à l’Alliance et à l’Empire de manière un peu trop mécanique pour donner l’impression d’une histoire qui peine à évoluer et se perd par instant. Le scénario a aussi le défaut de faire mourir ses protagonistes par principe et non par nécessité, comme si chaque personnage était affublé d’une étiquette “mourra” ou “mourra pas” dès le départ. Réalisme ou déterminisme?
GinEiDen, c’est aussi un space opera aux batailles finement élaborées pour peu que l’on s’attarde à comprendre les engrenages stratégiques de l’amirauté. Difficile en revanche de faire des louanges sur la forme. La série date et n’est pas avare en plans fixes et les combats inter-sidéraux ne sont pas des plus reluisants tellement il se trouvent résumés à quelques rayons parallèles esquissés entre des vaisseaux au design sobre et monotone. Les combats à mains armées sont brefs : un coup de hache suffit le plus souvent à déchirer l’ennemi… Ne vous attendez à rien de passionnant à ce niveau. La série manque de fraicheur, vous l’aurez deviné mais reste profondément moderne dans son propos et l’intelligence du scénario esquissé. Société, histoire, politique, religion sont les grandes thématiques qui se fondent dans une fresque ambitieuse et complexe qui ne néglige pas le côté comique et romanesque du divertissement.
La plus longue série d’OAVs s’avère au final une réussite malgré ses défauts. Elle transpire le mythe et la présence de musique classique se fond judicieusement à l’action. Malgré sa longueur et son âge, GinEiDen est une série à ne pas manquer. La longueur permet au fond de s’attacher à un univers et des figures classes, torturées et ambitieuses pour lesquelles l’honneur est un devoir sacré et la guerre souvent une fin en soi.
#Par Musashi Daryl le 24/07/2006 à 14:56
Quand on voit cet anime, adaptation des romans de Tanaka Yoshiki, difficile de ne pas penser à la grande oeuvre de Frank Herbert, Dune. Heureusement pour Gineiden (l'appellation abrégée pour les intimes), Tanaka a eu beaucoup plus de chance que Herbert avec l'adaptation de son oeuvre. L'adaptation de l'oeuvre est complète, et respecte beaucoup la ligne conductrice des romans. La réalisation soignée de l'équipe technique fait de cette oeuvre non seulement la série d'OVA la plus longue qui soit, mais aussi l'une des plus belles, elle frôle parfois le niveau technique du film de Macross, c'est d'ailleurs Ishiguro Noburo qui est ici aussi a la réalisation.
La musique elle-même transcende l'oeuvre, il s'agit d'un judicieuse sélection des plus belles oeuvres des plus grands compositeurs classique de l'histoire, de plus celle-ci porte parfois un message : ainsi l'action et le sens donnée à la musique par son auteur ne font plus qu'un comme avec la quatrième symphonie de Nielsen lors de la bataille de Liegnitz, ou de la bataille d'Amlitzer.
Les sujets abordés dans la série sont vous l'aurez deviné extrêmement adultes, bien avant les autres Evangelion ou Lain qui paraissent bien timides en comparaison. Gineiden offre à son spectateur une analyse brillante et fine des différents schémas politiques de différents systèmes de gouvernement, de leur forces et de leur faiblesses, il est souvent question de philos politique et de science politique sans pour autant que cela entache ni alourdisse le scénario ou la réalisation. En fait Gineiden est une chose qu'il faut voir, c'est une oeuvre incontournable, qui marque à jamais, laisse à sa fin son spectateur changé. Je peux dire sans avoir l'impression d'exagérer que cela fait partie des oeuvres les plus belles qu'il m'ait été donné de voir, si ce n'est la plus belle.








