Sayonara Zetsubô Sensei (TV 1)

Informations générales
- Format: Série TV
- Année: 2007
- Titre original: Sayonara Zetsubou Sensei
- Nombre d'épisodes: 12
- Site officiel: http://www.starchild.co.jp/spe...
- AKA:
- - さよなら絶望先生
- - szs, szs1
- - Goodbye Teacher Despair
- - So long, Mr. Despair
- Relations: 2 fiches en relation
Staff technique [liste]
- Studio d'animation: Shaft
- Réalisation: Shinbo Akiyuki
- Chara-design: Morioka Hideyuki
- Auteur: Kumeta Kôji
- Musique: Hasegawa Tomoki
- Diffuseur: Chiba TV, KBS Kyoto, Kids Station, Sun TV, Tokyo MX TV, TV Aichi, TV Kanagawa, TV Saitama
Doublage
Hiroshi Kamiya (Nozomu Itoshiki), Ai Nonaka (Kafuka Fuura), Akiko Yajima (Chie Arai, Rin Itoshiki), Asami Sanada (Matoi Tsunetsuki), Asuka Tanii (Kiri Komori), Marina Inoue (Chiri Kitsu), Miyu Matsuki (Harumi Fujiyoshi)
Synopsis
Nozomu Itoshiki est le professeur le plus malchanceux, pessimiste, négatif, désespéré et paranoïaque que la terre ait porté. La plus infime mésaventure devient dans sa tête un complot planétaire contre lequel il n’y a qu’une seule solution : le suicide.
Un jour où il tente de mettre fin à ses jours en se pendant à un cerisier, il est sauvé in extremis par une jeune fille nommée Kafuka Fuura. Celle-ci est l’antithèse de Nozomu : optimiste convaincue et inflexible, elle voit toujours le verre à moitié plein là où Nozomu ne peut le concevoir qu’à demi vide.
Le calvaire du professeur n’est pas fini, car Kafuka n’est autre qu’une des élèves de sa propre classe. Et quelle classe !! Celle-ci regroupe toutes les dérives et les tares de la société : hikikomori, stalker, etc. Assisté malgré lui par Kafuka, le professeur commence à s’intéresser à tous les cas pathologiques qui constituent sa classe.
Synopsis soumis par Starrynight
#Par Inanitas le 23/11/2010 à 03:36
Je ne le répéterai jamais assez, à l'instar des séries FLCL ou Gankutsuou, Sayonara Zetsubou Sensei n'est pas un animé des plus conventionnels. Autant même vous prévenir, qui que vous soyez d'ailleurs, son visionnage ne vous laissera pas indifférent, vous projetant tantôt dans l'indolence, la saturation ou l'incompréhension, tantôt dans un océan d'intérêt et d'admiration, au fond duquel quelques créatures corrompues par l'association de Kouji Kumeta et de Shaft utiliseront leurs nageoires pour vous faire sombrer dans un rire incoercible... Aussi pour bien pouvoir apprécier ce divertissement édifiant, il est fortement recommandé d'avoir une connaissance de la culture japonaise, un œil critique sur les sociétés capitalistes, et même, pas mal de fantaisie et de perspicacité pour suivre les raisonnements et références parfois tordus de ce professeur atypique...
La première originalité, ou, selon votre perception, surenchère de cette série animée reste son esthétique : le design des personnages est beau, simple, et possède l'avantage de bien s'adapter aux caractères. Il suffit à son auteur de légèrement forcer son trait, ou en revanche d'ajouter quelques rides et des yeux en formes de losange, pour donner soit de la prestesse au professeur, soit tourner en dérision quelques figures de la société japonaise qui se sont glissés dans cet animé. Le support original ne souffre pas de son passage à la couleur, globalement bien gérée au cours de la série : l'ensemble est très coloré mais agréable, bien que mes yeux se soient sentis agressés par certains dégradés. La colorisation a néanmoins l'avantage de servir les nombreuses procédés utilisés par cette série, entre parodies d'estampes japonaises déjà présentes dans le manga, croquis d'audience avec figures solennelles des accusés, textures spéciales pour les vêtements, parfois les cheveux à la manière de Gankutsuou, images en prise de vue réelle, photographies, notamment de la tête de Maedax l'assistant de l'auteur; planches dichromatiques avec texte, inversion ou simple changement des couleurs, jeux d'ombres...
Cette collaboration avec le studio Shaft permettra d'ailleurs d'animer cela avec une grande fluidité, malheureusement pour le meilleur et le pire. Si certains passages, tels que le meurtre en noir et blanc du professeur, sont à mon sens tout bonnement excellents, d'autres relèvent de la torture visuelle, en vous obligeant parfois à appuyer sur pause ou à revenir en arrière tant le temps de passage à l'écran est dérisoire; ou vous agaceront tout simplement, en vous submergeant d'informations totalement inutiles... Ainsi les producteurs se sont amusés, dans quelques épisodes, à couper la trame principale toutes les 1mn30 à 5mn au profit d'une parodie d'affiche de film, d'une petite publicité, ou d'un plan de hikkikomori fan service, si ce n'est d'une petite culotte américaine. Dans certains épisodes, vous aurez aussi le droit à un tableau noir bourré de détails insipides et de références en tout genre qui changent tous les deux plans, ou encore, si je m'en rappelle bien, à un compteur situé au haut du tableau, qui une fois de plus s'amuse à évoluer (02,29,48...44... 40!) après un changement de plan puis une reprise... De quoi détourner l'attention du spectateur du rythme vraiment effréné des dialogues et, par extension, de la satire effectuée par le professeur Désespoir et ses élèves... De quoi somme toute vous faire rapidement saturer si vous prenez en plus en compte les planches aux couleurs vives qui viendront jalonner votre découverte de cette série. Fort heureusement, la bande son est globalement assez douce et agréable, avec un générique raccord et contestataire, sur le ton de la série. Je n'ai cependant toujours pas compris quel était son lien avec la seconde adaptation animé à base de bouddhisme, d'ovulation, et de lesbiennes lycéennes...
Fort heureusement pour moi, la véritable force de Sayonara Zetsubou Sensei ne réside pas uniquement dans son esthétique ou son animation, mais surtout dans sa culture et ses idées. A commencer par ses personnages, caricaturés à l'extrême, au profit d'une satirique comique à la sauce Les Simpson. Toutefois, si le nom de Homer Simpson n'évoque rien d'autre que le personnage en lui même, et peut être toutes les personnes et personnalités du même nom que vous connaissez, celui d'Itoshiki Nozomu, pour un locuteur de langue japonaise, donne déjà quelques indications... Jouant avec les lectures chinoise et japonaise des kanji et leur organisation spatiale, 糸色 望 (Itoshiki Nozomu) peut facilement devenir, en fusionnant 糸 (ito) et 色 (shiki) en un seul kanji, 絶望, (zetsubou), à savoir le désespoir. De la même manière, la sœur de Nozomu, Rin (倫) indique aussi très bien sa fonction par son nom, à savoir le fan service, étant donné que son identité joue avec l'expression très connotée sexuellement 絶倫 (zetsurin), qui signifie incomparable, au lit bien évidemment. Encore un exemple? Une jeune fille sans particularités, porte le nom de Nami Hito (並人), soit un jeu de mots avec l'adjectif 人並 (hitonami), soit ordinaire! Vous l'aurez donc compris, cette série met en scène une kyrielle de personnages caricaturés, des jeunes filles notamment (allez savoir pourquoi...), dont le caractère est souvent indiqué par leur nom. Ces fleurs en devenir, de la fan de yaoi fétichiste des oreilles, à la jeune fille timorée aux messages empoisonnés, en passant par la perfectionniste meurtrière, accompagnent notre professeur désespéré, adepte du style Zetsubou Shita! en cinq temps, dans son rythme de pensée rapide et incidemment tordu, passant ainsi d'une remarque faite à ses élèves sur leurs vies quotidienne à une satire des sociétés capitalistes; avant d'entamer une chute violente dans un comique de grossissement ou de contraste et de nous balancer une dizaine d'exemples sous l'un des fonds dichromatiques dont je vous parlais tout à l'heure. Bien sur nombreuses références tant japonaises qu'étrangères, sur les mangas, les animés, les jeux, les émissions, la littérature, la publicité, le cinéma, le base-ball, la politique, les personnalités japonaises, et j'en oublie sans doute, viendront résonner dans vos esprits et vos cœurs une fois explicités par l'animé. Vous aurez donc le plaisir de croiser au cours de votre périple édifiant vers l'épisode 12... une citation de Stendhal, un cahier de suicide appelé Death Note, l'émission de variétés HAMASHO, une héroïne de drama Damens, une parodie de Mission Impossible, une autre vision du conte Le joueur de Flute de Hamelin, la fusion de Tsunetsuki et de Nozomu façon Dragon ball Z, le programme Unlucky Channel, un récit titré Hashire Eros, des références à la Révolution Française, une parodie de Godzilla dessinée par un enfant en bas age; le tout sous fond de diatribe des sociétés capitalistes, de réflexions parfois absurdes sur multiples aspects de la vie quotidienne, d'exposition de problèmes propres à la société japonaise comme l'immigration illégale, les violences domestiques, le harcèlement moral, ou la difficulté à s'intégrer dans la vie active; et d'évènements banals dans la vie d'un étudiant japonais tels que la rentrée des classes à la saison des cerisiers, la sortie à Kyoto ou Okinawa, les bains publics ou sources chaudes, les vacances d'été et son indémodable Comiket, le festival culturel, l'arrivée d'un élève transféré de l'étranger, le fan service dans les animés...
Fort de la simplicité et la beauté de son trait, sa richesse culturelle, son comique parfois irrésistible et sa satire, Sayonara Zetsubou Sensei saura vous divertir mais aussi vous instruire, si vous avez le courage de compléter votre visionnage par quelques recherches. Néanmoins, sans doute à cause de son format assez court et de la réalisation assez expérimentale proposée par Shinbo et son équipe, le rythme est extrêmement irrégulier et foisonne parfois un nombre incalculable de détails inutiles, au détriment d'une critique trop fugace, contrastant ainsi avec un fan service bien trop récurrent, à l'inverse même de la matière première qui le nous propose occasionnellement en fin de chapitre... Fort heureusement la deuxième saison est un peu plus équilibrée, créative, et efficace, montrant ainsi que les producteurs, à défaut de toujours critiquer les autres, savent aussi remettre en question leur travail.
J'attribue donc un joli 7.5/10 à cette perle graphique de l'animation japonaise aux erreurs de jeunesse fort heureusement rattrapées dans la deuxième saison.
#Par orphée le 31/08/2010 à 16:50
JE SUIS AU DESESPOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIR!!!!
cette phrase pourrai être souvent sortie dans la société capitaliste, qui est... disons... très bien critiquée dans cette série, à travers l'actuel capitalisme japonais.
En effet, le professeur désespoir représente l'éternel blasé qui a le don de repérer toute faille dans un système, pour ensuite l'exagérer et en sortir un monologue, pour toujours finir par un gros plan de fan service, de sorte à critiquer la dernière génération d'animes qui ont tendance à en abuser.
Sinon, que dire de cette série sans rentrer dans une polémique politique?
Passons d'abord en revue les points négatifs de la série, afin de vous laisser une bonne impression au final. Ben premier point, c'est le début d'une série de pour l'instant 3 saisons, et la deuxième est selon moi bien meilleure. J'argumente: dans cette série, il y a beaucoup de personnages, et ils représentent tous un stéréotype de la société. Il faut donc tous les présenter. Parfois c'est excellent, mais quand il n'y a rien à dire sur le personnage en question... autant dire que ça tourne facilement en rond.
Nous remarquerons l'excellente présentation de l'hikikomori, la stalker, l'accroc du portable et la fille qui ne s'assume pas.
Les points positifs maintenant, les épisodes de "hors série" sont dans l'ensemble excellents, se basant sur un fait stupide comme "il faut suivre la voix de l'original", Shinbo extrapole à travers notre professeur adoré, et nous pond un exposé très drôle et très bien argumenté, ce qui fait qu'on se retrouve dans cet univers ou tout va mal, mais ça nous fait rire.
De plus, le professeur désespoir est vraiment réussit, ses répliques sont piquantes, toujours bourrées d'hyperboles, d'exagérations diverses, de dramatisations, ce qui transforme un discours inquiétant en discours plus que risible.
C'est donc une série à voir, bien qu'il faille supporter quelques épisodes vides.
#Par Faustt le 27/05/2008 à 01:07
"Je suis au désespoir ! Ces animes prometteurs gavés de fan service m'ont conduit au désespoir !"
Cette réplique culte du personnage principal, réécrite à ma sauce, résume bien ce qu'est pour moi Sayonara Zetsubô Sensei.
Pourtant, tout commence bien.
Le graphisme est très joli, notamment le charadesign, assez particulier par sa simplicité qui est très agréable à l’œil. Les décors sont de la même veine, quant à l'animation...bon en fait pour une série comique, on s'en fout un peu de l'animation…
L'idée de base franchement originale est, au début en tout cas, parfaitement exploitée. Les 2 premiers épisodes sont vraiment hilarants, on se régale de suivre un prof dépressif dans une classe de cas sociaux. Car au-delà du simple côté comique, c'est un des autres points intéressant de cette série : les personnages assument totalement ce qu'ils sont. On a vraiment l'impression que la hikikomori, la stalker sont heureuses, à aucun moment elles n'éprouvent le désir de changer. En cela, Sayonara Zetsubô Sensei peut être considéré comme une douce ode à la folie.
Malheureusement, tout cela ne dure pas. Dès l'épisode 4, la série s'essouffle, le rythme diminue. Les gags sont de moins en moins présent et le délire permanent n'est plus drôle.
Et puis il y a le fan service. Déjà présent à petites doses dans les premiers épisodes, celui ci déferle véritablement tout au long du reste de la série, jusqu'à atteindre des seuils records. Alors bien sur, certains diront qu'il est tellement présent, tellement ouvertement affiché sans aucun lien avec le scénario, qu'il faut prendre tout cela au second degré, que c'est en fait une critique du fan service etc…
Oui mais non, c'est trop facile. Et comme il est de toute façon présent, je ne vois pas bien ce que cela change. Le paroxysme est atteint avec la psychologue à grosse poitrine et sa relation, heureusement suggérée, lesbo-pédophile avec la très jeune hikikomori.
L'opening est le symbole éclatant de ce grand gâchis. Lors des 3 premiers épisodes, on nous propose une chanson très dynamique avec un générique épuré à l'extrême ne montrant que les noms du staff.
C'est beau, c'est simple, c'est agréable. Mais à partir de l'épisode 4, alors que la chanson reste la même, on a le droit à des images du plus mauvais goût : bondage, petites culottes et lycéenne enceinte...où comment changer ce qui fonctionne parfaitement…
Un graphisme séduisant, une idée originale, quelques gags qui font mouche mais aussi un fan service omniprésent, de nombreuses longueurs : Sayonara Zetsubô Sensei alterne le très bon et le très mauvais.
Au final, un anime plutôt moyen même si je le répète, les 2 premiers épisodes sont très drôles...
#Par Starrynight le 12/04/2008 à 23:49
Difficile d’imaginer quelque chose d’aussi décalé, anticonformiste et tout simplement indescriptible que Sayonara Zetsubô Sensei. Et pourtant Kôji Kumeta l’a fait.
On a beau retourner le problème dans tous les sens et l’observer de tous les angles, la conclusion s’impose : cet anime ne ressemble à rien d’autre que lui-même. Les références et clins d’œil y abondent (comme dans School Rumble) – anime, films, livres, politique, tout y passe (de la couette de Kafuka Fuura qui fait penser à celle de Lain aux affiches de film qui apparaissent tout à coup à l’écran, accompagnées d’un commentaire qui n’a rien à voir) – du point de vue de son format l’anime joue avec les codes habituels d’un épisode, par exemple en balançant l’opening n’importe quand ou en ajoutant des historiettes après l’ending (à nouveau comme dans School Rumble). On passe sans transition d’une mise en scène digne d’un vieux film en noir et blanc avec les dialogues écrits sur fond noir à une séquence ultra colorée esquissée en trois coup de crayons en passant par un personnage digne d’une caricature réalisée par un enfant de 6 ans ou encore une brève scène au contraire extrêmement travaillée. Sur ce micmac se superpose allègrement la tête roublarde de M. Kumeta qui semble nous surveiller d’un air goguenard du haut de l’horloge de l’école et se moque de nous lorsque la jupe de telle ou telle élève se soulève et qu’à l’endroit stratégique apparaît, devinez quoi, la dite tête de M. Kumeta.
Ce paysage visuel, déjà complètement atypique en soi, est traversé par des remarques et autres sentences griffonnées de ci de là, un peu partout, dans tous les sens, quasiment à chaque seconde. Le tableau noir de la classe en est systématiquement rempli … et s’il n’y avait que lui. Ces phrases ou bribes de phrases oscillent entre une remarque anodine (et sans le moindre rapport avec le reste, genre « ma mère mange du chou-fleur ») à un commentaire de la situation, une critique acerbe balancée négligemment (sur un personnage politique, une célébrité, un club de base-ball, que sais-je encore). La cadence des ces phrases alliée à leur omniprésence et à la brièveté de leur apparition (parfois juste 1 seconde) fait que l’on est plus ou moins obligé de passer en pause toutes les cinq secondes pour avoir le temps de lire et le visionnage d’un épisode de 20 minutes donne l’impression (et ce n’en est pas qu’une) d’en durer le double.
Exemple parmi tant d’autres : lors d’un générique de début sont crédités successivement l'Empereur Pingouin (vous avez bien lu), M. Abe (Shinzô Abe : ancien Premier Ministre ayant démissionné il y a quelques mois), M. Koizumi (Junichirô Koizumi : prédécesseur de M. Abe), M. Perry (Le Commodore Perry qui pointa les canons de ses navires sur Tôkyô pour obliger le shogunat à s'ouvrir aux étrangers) et une cigogne orientale (sic). Sans compter les innombrables jeux de mots, parodies, auto-critiques et autres mises en abîme. Bref un anime résolument et complètement barré à chaque seconde.
Une fois enlevé ce fatras de bavardage incessant (et un peu lourd à force d’être omniprésent, il faut bien le dire) que reste-t-il ? Un thème et les personnages. Et une histoire ? En fait, non, pas vraiment : juste un brodage sur les personnages avec le thème en fond, sans la moindre progression scénaristique, sans scénario même.
Commençons par les personnages. On se doute bien vu le décor décrit plus haut qu’ils ne risquent pas d’être banals. C’est en effet le moins qu’on puisse dire : chacun est un cas pathologique dont le potentiel est poussé jusqu’au point de non retour. En fait, dès leur nom, le ton est donné. Le personnage principal, le professeur Nozomu Itoshiki est ainsi prénommé « Espérer » (signification de « nozomu »), ce qui est a priori plutôt positif. Sauf que … si on accole les deux kanjis qui composent son nom de famille (« ito » et « shiki »), ils forment un nouveau kanji prononcé « zetsu » et dont le sens est grosso modo celui d’une perte. Si on ajoute son prénom (le kanji prononcé « nozomu ») après cela, l’ensemble se prononce « zetsubô » qui désigne le désespoir. Vous voyez le tableau.
Chaque nom de personnage est ainsi un jeu de mots : celui de l’optimiste en chef, Kafuka Fuura, fait référence au romancier tchèque Franz Kafka (prononcé « Furantsu Kafuka » en japonais), etc, etc.
Leur comportement est à la hauteur de l’absurdité de leur patronyme. Le dipôle formé par le professeur Itoshiki et Kafuka Fuura est sur ce plan un parangon du n’importe quoi : lui voit dans le moindre événement une catastrophe (ce qui permet également à M. Kumeta de critiquer tel ou tel aspect de nos sociétés en passant, ce n’est pas gratuit), une preuve que l’humanité n’est bonne à rien et que ce monde est foutu (d’où son désespoir), elle voit la vie en rose flashy (à côté d’elle, les bisounours sont suicidaires) en étant par exemple fermement convaincue que lorsqu’une personne se pend, c’est pour mieux grandir. Eux deux sont le principal moteur de cet anime, véritable aimant où tous les flux circulent entre le pôle négatif (le professeur) et le pôle positif (Kafuka). Tout les oppose, mais en un sens ils sont complémentaires (de même que les pôles de charges opposées s’attirent).
Quant au thème, il s’agit du suicide (l’anime commence d’ailleurs quasiment par ça). Si en soi ce n’est pas tellement étonnant vu le nombre de déséquilibrés et de désespérés qui peuplent cet anime, c’est en tout cas un choix osé et novateur : faire rire (ou du moins sourire) en se basant sur le suicide, le désespoir de certaines personnes en perte de valeurs et le 2nd (ou 3e, ou plus) degré.
D’une certaine manière, Sayonara Zetsubô Sensei est à la japanimation ce que le Chat de Gelluck est à la bande dessinée : un dessin très simple, des phrases lapidaires mais qui souvent frappent juste et un format qui ne ressemble à aucun autre.
Malgré tout, à force de surenchère et de délire barjot poussé à son paroxysme, Sayonara Zetsubô Sensei laisse parfois de marbre ou, au contraire, nous fait parfois un peu saturer.
