Shigofumi: ~Stories of Last Letter~

Informations générales
- Format: Série TV
- Année de diffusion: 2008
- Titre original: Shigofumi: ~Stories of Last Letter~
- Nombre d'épisodes: 12
- Site officiel: http://www.shigofumi.com/
Staff technique
- Studio: J.C. Staff
- Directeur: Tatsuo Sato
- Auteur: Ryo Amamiya
- Chara-design: Tetsuya Kawakami
- Musique: Hikaru Nanase
- Diffuseur: BS11 Digital, Chiba TV, Gifu Broadcasting, KBS Kyoto, Mie TV, Sun TV, Tokyo MX TV, TV Kanagawa, TV Saitama
Doublage
Kana Ueda (Fumika), Yuki Matsuoka (Kanaka)
Synopsis
Lorsqu'une personne vient de mourir, elle obtient le droit d'envoyer une dernière lettre à la personne de son choix. Mika fait partie de ceux à qui revient la charge de remettre ces lettres aux destinataires : lettres d'accusation, lettres d'amour, de pardon, tous les cas se présentent pour ces postiers de l'au-delà.
Cependant, Mika n'est pas une livreuse comme les autres, elle semble attendre quelque chose et porter en elle un lourd secret concernant une jeune fille plongée dans le coma depuis quatre ans...
Synopsis soumis par watanuki
#Par kuchiki byakuya le 27/09/2008 à 16:27
Comme beaucoup l'on remarqué, cette série est dans la lignée de Jigoku Shojo mais ne dresse pas le même tableau. Certes, il y a des points communs évident mais au final, ces deux séries sont opposées.
On a donc ici Fumika, la factrice de l'au-delà, portrait craché de Enma Aï. L'idée était forte attirante: des morts qui peuvent laisser leur dernier adieu à une personne de leur choix, voilà un fond prometteur. Paradoxalement, je dirai que c'est en réalité son point faible. En effet, les 3 premiers épisodes sont géniaux, entre ambiance noire et sadisme. Néanmoins, les suivants ne s'inscrivent pas vraiment dans le même registre et tourne bien plus autour du personnage de Fumika et de son passé (le plan de base est donc l'exact inverse de Jigoku Shojo où la trame principale n'apparaissait qu'à la fin). A partir de ce moment, l'animé perd un peu de son intérêt car les bonnes impressions du début s'évaporent. Pire, la série s'emmêle les pédales sur le pourquoi de la fin. Moi qui pensais voir une autre critique de l'humanité, Shigofumi se maintient quasiment tout le temps dans le politiquement correct et garde une sorte d'espoir, comme en témoigne la fin. Je ne dis pas que c'est mal, je dis simplement que le début ne laissait pas entrevoir cela. Mais bon ca se regarde sans mal.
Les personnages sont heureusement très bien. Fumika doit faire un travail simple mais elle est parfois tiraillée entre son devoir et ce que lui dicte son coeur. Ca s'explique aisément par son "état" particulier. Sa partenaire est assez drôle, pour un bâton. Elle apporte une touche d'humour avec ses rêves étrange vu sa condition et sa curiosité maladive. Je regrette juste que l'on en sache pas plus sur son monde car on en voit très peu. Très vite, des personnages récurrents viennent gonfler l'histoire principale et on voit clairement que rien n'est laissé au hasard. Ils ont tous un lien plus ou moins direct avec l'héroïne ou son passé. Par contre, ceux qui reçoivent la lettre de la dernière heure sont assez décevants. J'espérais un peu plus de réactions mais c'est logique vu que le rôle de messagère devient moins employé à mesure que les épisodes passent.
Le design est correct mais sans plus. Ce que je regrette, c'est un manque d'atmosphère ou plutôt sa disparition. Sombre et triste au début, elle finit par disparaitre et devenir quelconque. Une grosse déception de ce coté car le premier épisode était régal pour cela.
C'est encore plus quand on voit la bonne musique, enfin, si on enlève l'opening qui est affreux. Ali Project n'est peut-être pas un choix intelligent pour ce genre de série. Les thèmes sont réussis, c'est déjà un bon point.
Même si je suis déçu de ne pas avoir vu le bon début se perpétrer, Shigofumi est agréable à regarder. Même si je regrette que une histoire de fond trop présente, elle a au moins le mérite d'être bien ficelée. Pourtant, si vous avez le choix, préférez Jigoku Shojo qui apparait plus "complet".
#Par Afloplouf le 16/08/2008 à 17:54
Shigofumi n'est pas une énième déformation de la langue japonaise pour notre bon vieux chifomui (on dit jankenpon pour ceux que ça intéresse) mais l'anime de la collection hiver 2008 chez JC Staff, un studio capable du meilleur tranche de vie comme du pire fan-service. Alors dans quel catégorie classer ces histoire de la dernière lettre ?
Sur un plan graphique, c'est du JC Staff tout craché. L'argument est un peu court mais il recouvre mon impression. Le chara-design un peu enfantin, des teintes pastels froides, une animation minimaliste mais somme toute réussie, des décors plus brossés que vraiment dessinés : voilà la marque de fabrique du studio vérifié une nouvelle fois ici. Ces habitudes pourraient lasser mais le résultat s'il n'est pas toujours joli, est assez beau. Le résultat me convainc à chaque fois.
Les musiques ne sont pas en reste même si j'en soupe un peu d'Ali Project. Déjà que je n'apprécie que moyennement leur genre, ils peinent à se renouveler. Je lui préfère l'ending. Le reste de l'OST est à la mesure, et accompagne assez bien la série même si aucune piste ne ressort vraiment du lot.
Parlons un peu du scénario. Le ressort de base de la série - des "postiers" qui transmettent la dernière lettre d'un mort, un dernier message depuis l'au-delà - est assez simple mais elle est assez intéressante. On ne peut pas dire qu'elle ait été mal exploitée même si le scénarion a des faiblesses. Malgré les similitudes évidentes avec Shinigami no Ballad, Shigofumi acquière une identité propre et sait nous surprendre. Quelques épisodes, notamment les deux premiers, offrent ainsi un vrai ravissement.
Malheureusement, des ficelles un peu trop grosses, une tragédie un peu trop appuyé et un sentimentalisme exacerbé gâchent un peu le tout. Encore une fois, un sentiment de gâchis ressort une fois la série terminée. Il y avait encore une fois des atouts pour obtenir un anime de très bonne qualité, on a seulement un divertissement.
#Par beragon le 16/08/2008 à 14:06
La limite entre les oeuvres de référence et les bonnes séries est ténue et las, Shigofumi n'arrive pas à la franchir.
Shigofumi vient manger au même râtelier que Jigoku Shojo, l'au-delà s'immisçant dans le monde des vivants et partage une grande similarité dans sa construction narrative. Ce n'est pas un clone pourtant et la série possède ses propres spécificités. Elle est moins répétitive et possède un ton nettement moins sombre et désespéré. On ne peut que souligner la qualité d'ensemble de l'histoire qui nous depeint de situations plus variées que Jigoku Shojo.
Niveau réalisation, cela vole dans les standards actuels, belle image, chara-design bien fait. Le découpage et le cadrage sont bons et sont servis par une palette de couleurs froide et bleutée, appuyant le caractère dramatique. Niveau bande son, rien de transcendant, l'opening étant une copie conforme de celui de Rosen Maiden sans en partager l'animation déjantée.
L'idée de départ est intéressante, quoique pas si originale, les Shigofumi sont les distributeurs du courrier des morts vers les vivants. Ce simple fait permet de mettre en scène des histoires au contenu dramatique et psychologiques intéressants. Que déclarent les morts dans leurs dernières volontés, comment réagiront les récipiendaires ? Force est de constater que cela démarre sur les chapeaux de roue avec des premiers épisodes intenses et surprenants, digne des séries noires. Le ton des histoires variera par la suite mais il exploitera habillement la palette des sentiments humains, rancoeurs, amours, amitié, espoir. Les messages tant que les réactions dépeintes sont variés et intéressantes. L'histoire nous expose au grès de son évolution une fresque humaine convaincante, évitant ainsi habillement l'écueil de la répetition.
Pourtant, une fois le cadre posé avec les premières histoires, à l'instar de Jigoku Shojo, la narration va graduellement se centrer exclusivement sur Mika et ses problèmes. C'est une cassure et dans le rythme et dans la finalité de l'histoire mais le tout conserve néanmoins un bon intérêt. Autre bémol dans le scénario, on nous ressert encore une fois une pseudo relation triangulaire entre certains des protagonistes. Cela pourrait être irritant mais d'une part, c'est un des éléments de la trame (sinon beau gosse ne poursuivrait pas Mika) et le mâle de service à le bon goût de mettre de côtés sa libido et de sa vie sentimentale pour s'occuper des problèmes plus urgents. Allélulia, ils nous ont épargnés le passage romantico-niaiseux à ce stade là, bon point, car cela aurait été surfétatoire.
Au final, nous avons là une série de bonne tenue, bien réalisées et belle qui mérite d'être vue. On manque de très peu d'avoir une série de référence mais ne crachons pas sur notre bonheur pour autant.
#Par watanuki le 15/07/2008 à 12:42
J.C. Staff propose enfin une série intelligente, brillante et parfaitement orchestrée ; cela fait du bien de quitter l'ornière du fan service pur et dur (Zero no Tsukaima) pour regarder cette série au scénario complètement invraisemblable.
Proposer des histoires de facteurs portant les lettres de gens venant de mourir pourrait évoquer du mauvais Ghibli ou inspirer de mauvaises blagues sur la Poste, et pourtant, dès le premier épisode on perd toute envie d'être sarcastique. On n'en a d'ailleurs pas vraiment le temps, occupé que l'on est à chercher où va aller l'histoire : la plupart des épisodes ont un début assez banal, ancré dans un quotidien plutôt plat, mais pourtant la magie opère à chaque fois parce que le scénario, très habile, ménage un rythme d'une fluidité rare. Chaque scène arrive comme à point nommé, sans jamais paraître forcée ou téléphonée. L'histoire progresse sans temps morts, des itinéraires se croisent, entre celui de l'héroïne Mika, et ceux d'autres personnages plus ou moins secondaires.
Shigofumi excelle à créer un univers cohérent, à faire cohabiter des personnages tous différents ; en cela la série est aidée par un emploi des couleurs intelligent, les tons gris-bleus donnent sa tonalité à la série, qui transpire la mélancolie sans jamais forcer le trait ou tomber dans le pathos : la toute fin est représentative de cela, elle ne fait pas le choix de tout concilier, et maintient une sorte de statu quo, la vie continue, ou plutôt elle reprend, progressivement, sans forcément impliquer le pardon ou l'oubli.
C'est là toute la beauté de Shigofumi, qui propose un univers où tout ne se résout pas, mais où l'on doit continuer à progresser malgré les expériences malheureuses ou les disparitions d'êtres chers.
Une excellente série qui remet J.C. Staff dans la course.
