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Critique du manga Fullmetal Alchemist

» par Afloplouf le
29 Juin 2010
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Le problème de Full Metal Alchemist est qu'il a eu une adaptation anticipée. La première série de 2003 cuisinée dans l'antre du studio Bones s'est rapidement retrouvée prise de court quand elle avait déjà adaptée l'histoire parue jusqu'alors. Arrivés à la moitié de la série, les scénaristes ont du donc mettre les mains de cambouis. On garde l'univers, certains des personnages (et pour cause, certains n'étaient pas encore apparu sous la plume d'Arakawa) et on brode sa propre histoire comme dans une fanfiction. Le problème ? L'adaptation hors sujet est de meilleure tenue et même, c'est un comble, plus fidèle à l'univers !

Les différences entre les deux supports se résument sur deux points pour faire court : les méchants de l'histoire et la fin. Sur les méchants je n'ai rien à redire. Les méchants de la série m'ont beaucoup plu mais ceux du manga sont quand même plus denses. Alors qu'ils sont pourtant plus caricaturaux, ils sont pourtant paradoxalement plus humanisés. Plus touchants. Malheureusement le boss de fin est bien trop exagéré et alors que le manichéisme avait su être évité jusqu'à ce moment, on n'accroche à ce monstre (pas humain donc facile à détester, facile pour faire cliver les camps) décidément trop méchant. D'un autre côté, il est quand même plus de charisme que celui de la série (les mauvaises langues diront que c'est pas dur). Mais la fin est autre chose...

Conclure son histoire est toujours une entreprise très délicate, peu d'auteurs y arrivent. Ce n'est pas une raison pour ignorer les errances qu'a eu Arakawa. Alors que la situation est devenue cathartique, elle a fait le choix de faire parler la poudre et surtout les poings. Son sens de la mise en page et sa capacité à tenir un scénario sur plusieurs lieux d'action fait le reste : le lecteur frissonne. Mais comment ne pas voir les grosses ficelles qui pendouillent derrière entre les power-up qui arrivent à point nommé, les retournements de vestes de certains personnages parce qu'ils ont été convaincus par la force de l'amitié et surtout les sauveurs qui arrivent avec leurs poses de beaux gosses et le rictus du gars pas content. Encore une fois le talent de Arakawa arrivent à nous emballer et à nous masquer ces vieux trucs mais il reste cette sourdine de "eh, mais je me fais pas rouler dans la farine là ?"

Et encore tout ça n'est rien par rapport à la trahison du corps du manga. La colonne vertébrale, du moins au début, de FMA, était l'idée de l'échange équivalent. Ce principe poussait parfois avec la cruauté avec la pierre philosophale et autres joyeusetés. La série a fait sienne ce crédo jusqu'au bout (on oubliera sciemment le film) mais la mangaka l'a jeté aux oubliettes. Comme si elle n'arrivait pas à maltraiter ses personnages qu'elle a fabriqués, trop tendre, elle les épargne et viole l'idée du sacrifice sous-tendu par la loi de l'échange équivalent. Et ce reniement dénature toute l'histoire. Pourquoi avoir autant souffert quand c'était si simple ? Je passerai sur l'éthique rayée du dictionnaire quand les gentils utilisent la pierre philosophale pour leur profit alors même qu'ils savent comment elles sont obtenues...

Après le manga propose un univers plus vaste avec une histoire plus riche. Si je n'aime pas le style anguleux du chara-design, je dois bien reconnaitre le dynamisme de la mise en scène des combats. FMA est au-dessus de la masse des shonen, plus mature et mieux scénarisé. Mais il reste un shonen là où la série avait su s'élever plus haut même si avec moins de maitrise. Dommage le matériau méritait mieux.

Verdict :8/10
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A propos de l'auteur

Afloplouf, inscrit depuis le 14/05/2008.
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