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Critique du manga Fullmetal Alchemist

» par Deluxe Fan le
12 Juillet 2011
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Fullmetal Alchemist: la matière et l'esprit

Hagane no Renkinjutsushi, plus connu en occident sous le nom de Fullmetal Alchemist, est une série de manga en vingt-sept volumes dont le dernier est sorti en France il y a moins d'une semaine. Prépublié au Japon dans le Shônen Gangan, le désormais célèbre mensuel de Square-Enix, ce manga est avant tout connu en France pour ses adaptations en dessin animé dont la première fut même diffusée à la télévision, à l'époque où le mot «hertzien» avait encore quelque signification.

Je dois avouer qu'avant que l'on ne me prête les premiers tomes je ne m’étais jamais intéressé à cette licence, malgré les bons échos que j'en avis à droite et à gauche. J'avais essayé la série télé mais je n'en ai retenu que l'opening. Il a fallu que le manga se termine pour j'y jette un coup d’œil. Mieux vaut tard que jamais.

FMA se déroule dans un monde imaginaire de type steampunk, même si le cadre s'inspire ostensiblement de notre monde au XXe siècle. Ainsi le pays d'Amestris représente l'Europe, le pays de Xing rappelle la lointaine Chine, Briggs = Sibérie, Ishbal = Islam, etc. L'auteur ne cache d'ailleurs pas s'être documentée auprès d'anciens de la Seconde Guerre Mondiale pour composer certaines parties de son univers.

L'univers. Il tourne autour de l'alchimie, une forme de mélange entre magie et science, permettant à celui qui la maîtrise de manipuler la matière selon son bon vouloir. L'idée est que pour créer quelque chose il faut sacrifier autre chose de même valeur. Ce principe d'échange équivalent, ses limites et ses exceptions, seront au cœur de l'histoire.

L'histoire. Elle suit les aventures des frères Elric, Edward et Alphonse, deux jeunes alchimistes qui ont justement violé la règle d'échange équivalent et qui cherchent à réparer leur erreur. Leur odyssée les mènera à quitter leur foyer et leur passé tragique, avant de se faire engager dans l'armée au titre d'alchimistes d'état. Ils seront au contact des secrets du gouvernement, ce qui va donner une nouvelle dimension à l'histoire avec l'apparition des homonculus, les vilains récurrents de la série - très ingénieusement incarnés comme les sept péchés capitaux. Ils voyageront ensuite à travers tout le pays d'Amestris, leur faisant rencontrer les Xing et les Ishbals, et des très nombreux autres personnages.

Les personnages. C'est finalement le point qui me semble le plus faible dans FMA. Ceux-ci sont en effet déséquilibrés dans l'importance qu'ils ont au fil du manga. Certains qui apparaissent vers la fin se révèlent plus importants que d'autres présentés au début et abandonnés par la suite. De plus, comme dit avec justesse dans la critique précédente, on sent que l'auteur n'a pas voulu malmener ses héros qui au mieux prennent des libertés avec leur convictions, et au pire retournent leur veste, fascinés par le pouvoir de l'amour et de l'amitié. Les personnages sont bien souvent insaisissables, alternant entre un côté purement vilain et un autre plus sympa, parfois en quelques pages (Envy, Wrath, Greed, Scar, bref les méchants). Certains élus comme les frères Elric ou Roy Mustang on droit à un traitement de faveur puisque leurs passés sont approfondis dans de longs et très bons flash-backs, qui donnent du corps à leurs histoires et à leurs personnalité.

L'auteur de FMA étant une femme, on aurait pu penser que la gente féminine serait à l'honneur dans son traitement. En réalité, on oscille entre les stéréotypes, que ce soit celui de l'amie d'enfance qui pleure et s'inquiète pour un oui ou pour un non (Winry) ou à l'inverse celui de la femme élégante mais froide qui mène son monde d'hommes à la baguette (Olivia). Heureusement, l'équilibre est trouvé avec Lisa Hawkeye, modèle de loyauté et de confiance, qui vit dans l'ombre de Mustang mais qui supplante sans difficulté ce dernier comme un de mes personnages préférés du manga.

Le manga. Il se caractérise, lui, par un grand équilibre au niveau du dessin. Il n'y a pas de changement brutal de qualité au cours de la série et c’est très appréciable. De plus, la mise en scène est fluide, il n'y a pas de grandes cases allouées à des répliques ou de scènes symboliques. De ce fait, les chapitres et tomes de FMA sont denses, concentrés, et on a vraiment l'impression que l'histoire a avancé lorsque l'on referme son volume, malgré l'action très présente surtout vers la fin.

La chara-design est simple, pour ne pas dire simpliste, avec des visages typés et expressifs. L'auteur jongle sans difficulté entre les scènes d'action, les scènes d'émotion et les gags, sans casser le rythme. Mention spéciale aux yonkoma et autre bonus que Kurokawa a intégré dans les volumes, qui sont particulièrement drôles, une fois n'est pas coutume.

Globalement, je retiens de FMA un bon sentiment, un sentiment de maîtrise. Hiromu Arakawa a créé un univers cohérent dans lequel évoluent des personnages (presque) cohérents. La manière dont les histoires s'emboîtent pour arriver à un final épique est là aussi maîtrisée, même si la fin reste marquée par cette réticence de l'auteur à choquer ses fans, ce qui aboutit à un final relativement bateau pour du shônen (j'ai le pouvoir de Dieu, mais je me fais owned). La densité du manga rend l'ensemble intense et il est difficile de terminer un tome sans avoir envie d'ouvrir le suivant. Les petits bouts de réflexion proposés par certaines scènes et personnages - je pense entre autres au récit de la Guerre d'Ishbal - donnent l'illusion de la maturité pour ce manga qui n'en avait pas forcément besoin pour briller, mais dont on appréciera le geste.

Les vingt-sept volumes de FMA sont généreux et satisferont le lecteur qui n'a pas trop d'attentes vis-à-vis d'une saga que les adaptations animées ont peut-être trop hypée depuis près de dix ans. Néanmoins, à l'heure où le marché de l’édition de manga croule sous des titres publiés à tout va, à la limite de l'implosion, FMA reste une valeur sûre du genre shônen. A lire pour ceux qui ne s'y sont pas déjà mis.

Les plus

- Dessin dynamique et fluide

- Bon équilibre entre action, gags et drame

- Bonne longueur, bon contenu

- Certains arcs poignants

- Personnages de qualité

Les moins

- Le boss final

Verdict :8/10
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A propos de l'auteur

Deluxe Fan, inscrit depuis le 20/08/2010.
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