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We Never Learn - Toutes les bonnes choses ont UNE fin.

» Critique du manga We Never Learn par GTZ le
09 Janvier 2021

Une histoire, un vrai récit, se doit d'avoir un minimum de construction.

Un début, un milieu et une fin. La conclusion étant la résultante de l'aventure vécue par le lecteur qui transforme ou pas les sens et sentiments qu'il a ressenti durant le voyage.

La fin fait tout.

En cela, divers récits, en particulier Japonais, mais pas forcément, optent pour des fins ouvertes, prenant peu de risque, laissant le consommateur s'approprier la suite. Ou ferme, clôture, en bien ou en mal, mais en tout cas pose la dernière pierre, le dernier sentiment de l'histoire racontée.

Ce manga est une escroquerie.

Peut être connaissez vous le terme de "Waifu War" ?

Dans le petit monde obscur des fans de mangas harems, les fans se battent d'arrache pied pour déterminer qui est l'héroïne la plus digne du lead masculin de leur histoire préférée. En général, ces batailles ne reposent même pas vraiment sur ce que le récit transmet véritablement, en indice, en tout cas son fond, mais surtout sur les préférences de chacun.

En somme c'est le marché, le spectateur se projette, et projette ses fantasmes et c'est ça qui compte pour lui. C'est d'ailleurs le but même de ce genre de merdia.

Au départ We Never Learn, dont j'ai déjà discuté ici, sur la version animée n'est pas une mauvaise histoire. Au moment précis, de l'écriture de ma précédente critique, le manga n'était pas terminé, et l'auteur n'avait point encore commis l'irréparable. Le récit se tenait, classique en l'état avec deux trois différences, un trait charmant comme il faut et une jolie galerie de personnage. De l'humour, de la coquinade, l'essentiel du genre.

Des pistes bien présentes et cela depuis les premiers chapitres - j'entend dans les quinze vingt premiers, ce genre d'histoire se plaisant à s'étirer au delà de la centaine - indiquaient clairement pour l'avisé, celui qui sait lire, qui ne vient pas que se rincer l'œil et baver mais apprécier un récit dans lequel il observe ce qu'on lui donne sous les yeux, la trame, ce que veut dire l'auteur. Enfin on s'y essaie, je me plais à croire cela. Bref tout était clair, pour l'averti et on pouvait voir où tout cela allait mener. Classique il est vrai mais à la fois original du fait d'un placement dans le personnage féminin supposément de premier plan, qui ne l'est normalement jamais.

Peste sur les réseaux sociaux, scandales, trahisons pour les fans, voir quasiment des menaces de suicides si l'histoire persistait en ce sens - sérieusement -.

Arrive le drame.

Drame prévu ou pas ? conséquence ou pression ? Volonté ou couteau sous la gorge ?

Si cela est vraiment de la volonté de celui qui a écrit, alors le crime est encore plus odieux. Car une fois ce qui semblait être le dernier arc tombé, l'auteur a balancé sa bombe, hop, évitant de se faire lapider pour son premier choix plutôt oser. Bombe, une véritable, qui a littéralement foutu en l'air son manga.

Ce manga n'a donc pas de fin, et je vous spoile immédiatement, car il n'a de toute manière aucun intérêt en fait, car il y a cinq fins voir six. Une pour chaque héroïne pour contenter tout le monde. Qu'importe si le récit ne s'y prête pas, s'il faut retravailler ou changer des événements, chacune des fins est là, et la Parole de Dieu à clairement stipulé qu'aucune ne valait plus qu'une autre. Toute étant canon.

Ce qui est totalement absurde et hypocrite en soi, car si on lit le manga d'une traite on tombe sur la première fin, que l'ensemble des dix huit premiers tomes soutient fort bien. Les autres, obligent à chaque fois l'auteur le temps de quatre autres tomes - un tome par fin - à remodeler son histoire, et la plupart des interactions, histoire de bien gratter de l'oseilles des camés qui la bave aux lèvres ont continué de consommé ça avec avidité, louant son génie, de l'avoir enfin fait, donner à manger, d'avoir prostitué ses personnages, en particulier son héros, qui perd tout sens et contenance.

Au départ ce genre de personnage n'est pas très épais, reflet du lecteur dans lequel il doit se projeter. Pour le coup notre Nariyuki avait quand même deux trois poils, un peu de caractère, mais en faisant ainsi, il n'existe plus rien de lui. Il n'est qu'un personnage de contexte se pliant au circonstance. Total retour au source, il devient vecteur et non plus un être représenté, il n'est finalement plus rien.

De plus toutes ces fins reposent sur un événement "clé" qui de par l'importance qu'on lui donne retire toute autodétermination à ses personnages. Posant cet événement comme celui qui détermine la conclusion il crée lui même des propres paradoxes dans le récit, car celui-ci, bien entendu, ne suffit pas à justifier les changements de "route", terme réellement utilisé, comme si ce manga était un vulgaire jeu de drague, obligeant l'auteur à modifier des pans entier de son histoire - de façon abréger qui plus est - pour soutenir les différentes clôtures, oblitérant au passages toutes les interactions précédant ce fameux élément "clé". Interactions représentant tout de même huit tomes. Cet événement plutôt que d'être un pilier pour renforcer l'histoire devient un gouffre dans lequel l'ensemble du récit disparait.

Surpris je fus qu'il n'y ait pas une levé de bouclier, pour bouder voir boycotter pareil aberration. Au contraire, la base fan fut aux anges, enfin un manga harem qui leur livrait ce qu'ils avaient toujours voulu voir, une vraie fin pour toutes leur madone. Des spin off il aurait pu faire, ou des versions alternative, non, cinq fins valables et on achète le tome qu'on veut pour conclure. Mais comme dit plus haut, cela ne fonctionne pas et cela est de plus mensonger.

Un manga n'est pas un visual novel, un manga n'est pas un jeu vidéo. Un livre, un film, une bande dessiné, une animé, une série a une fin. Bonne ou mauvaise cela a une et une seule fin.

Sans cela, c'est une farce. Un récit qui ne veut rien dire, qui ne porte rien, vide et vain.

We Never Learn.

Cela est clair.



Normalement, là pour l'affront, le manga mériterait tout simplement 1 voir 0. Eliminé. Out. Mais comme j'ai tout de même bien apprécié la lecture, avant la tragédie, même si la blessure de la trahison reste, ayant rendu vain tous ce que j'ai ressenti durant ce long périple, je pose la note de 4. Sans cette injure j'aurai mis un jolie 8.

En espérant surtout que cela ne devienne pas un cas d'école, que jamais cela ne soit imité.

Verdict :4/10
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A propos de l'auteur

GTZ, inscrit depuis le 09/06/2010.
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