Le Nouvel Angyo Onshi

Informations générales
- Auteur: Yang Kyung-Il, Youn In-Wan
- Origine: Japon, Corée
- Année de création: 2003
- Titre original: Shin Angyo Onshi
- Nombre de volumes: 17
- AKA:
- - 新暗行御史
- Relations: 1 fiche en relation
Version française
- Licencié: oui
- Titre français: Le Nouvel Angyo Onshi
- Editeur: Pika Edition
Synopsis
Il était une fois un royaume appelé Jushin. Des représentants de l’empereur parcouraient le pays pour défendre les habitants. On les appelait les Angyo Onshi. Aujourd’hui, le royaume n’est plus... Un dernier Angyo Onshi solitaire parcourt ce pays à la dérive...
#Par Afloplouf le 26/08/2010 à 15:14
« Vous savez... En ce bas monde, le bien et le mal sont identiques, comme le recto et le verso d'une feuille blanche... A l'origine, elle est blanche. Ce sont les hommes qui donnent une couleur à cette feuille, qui la noircissent ou la teintent en rouge sang. Même si à l'origine, elle est très bien sans couleur. Les hommes sont remplis de contradictions et ces hommes si faibles décident de ce qui est bien ou mal. Mais vu du ciel, notre monde n'est qu'une feuille de papier. »
Ajite, tome 11
Le Nouvel Angyo Onshi, NAO pour les intimes, a un statut particulier : c'est un manga d'auteurs coréens. D'habitude on parlerait de manhwa sauf que. Sauf que NAO a bien été pré-publié puis publié en volumes reliés d'abord au Japon et qu'il se retrouve donc, entre autres, avec un sens de lecture japonais (droite à gauche) et non coréen (gauche à droite, comme en Occident) ! On se retrouve donc avec une œuvre hybride où les auteurs font bien sûr parler leurs expériences dans le dessins ou les influences sur la mythologie coréenne mais s'adresse à un public étranger. Cette situation rare nous offre donc une œuvre clairement atypique où l'on retrouve des thématiques et des scènes parfois classiques mais revisités sous un éclairage différent. Au risque de faire dans la Lapalissade, un manga qui fait le pont entre deux cultures.
L'impact le plus marquant est au niveau du chara-design avec des personnages bien plus proches physiquement de ce que nous propose la BD européenne que ce que l'on est habitué de voir dans le manga japonais tout en gardant une touche orientale. Les décors ont bénéficié d'un soin particulier (la pré-publication était mensuelle) et les combats ont un côté très aérien voire "venteux" qui donne un certain cachet à cette série. Ces qualités sont conbinés dans les scènes de batailles avec plusieurs dizaines de milliers d'hommes qui sont retranscrites avec un sens du détail souvent maniaque.
Le scénario n'est pas en reste, loin s'en faut. Les arcs ou les chapitres uniques s'inspirent souvent directement de l'histoire ou des légendes coréennes qui nous sont inconnues donc dépaysantes. Si les personnages ne sont pas à priori très originaux, malgré le charisme monstre de Mun Su ou le charme de Sando, c'est pour mieux découvrir au fil de l'histoire le passé et le caractère du premier ou de l'évolution météorique de la seconde. Et je ne parle là que des deux personnages principaux. Il y aurait beaucoup à dire de Wonyho, Pyong Gan, Wonsul et surtout Ajite.
Contre toutes attentes, NAO revisite le concept de manichéisme avec brio et pose les question simples mais éternel du bien et du mal. Loin de faire dans le discours moralisateur, Mun Su n'est pas un justicier, il s'en défend : il est le simple gardien de la loi et défendeur des seules lois naturelles. Le point d'orgue en est judicieusement atteint lors de l'arc des Walbin où il se bat contre des Robins de Bois locaux, pleins de bonnes intentions mais où il démonte chacun de leurs arguments, implacable.
Les morts ne ressuscitent pas, aucun super héros ne viendra vous sauver. Discours pessimiste ? Il est certain que NAO est un manga très sombre mais il sait faire briller la petite bougie de la foi en l'humanité. Il sait nous faire rire alors que la situation est désespérée et nous glacer jusqu'au sang d'un doute terrible alors que tout semble sourire aux héros.
Bon point pour Pika qui, malgré son édition moyenne donne des précisions utiles sur l'inspiration historiques de certains passages.
#Par frippon95 le 12/12/2009 à 10:16
Si vous deviez essayer un Manhwa, je vous conseillerais bien sûr Le Nouvel Angyo Onshi, qui a toutes les qualités requises selon moi.
Alors qu'on s'attend à une oeuvre quelconque ne se limitant qu'à adapter des légendes coréennes, on se rend vite compte qu'il y a une base solide, à savoir des personnages d'un énorme charisme, et des dessins somptueux.
Dans chaque adaptation d'une légende, l'auteur rajoute une touche de fantasy qui rend le tout très addictif, de plus, il y a en parallèle une intrigue, ce qui permet de ne jamais tourner en rond. Le héros est sûrement le plus intéressant parmi toutes les séries que j'ai pu lire, et sa relation avec son Sando est exceptionnelle, on ne se lasse jamais de les voir évoluer ensemble, c'est un véritable plaisir. C'est une des seules oeuvres où j'ai pu voir autant de personnages aussi classes que charismatiques, que ce soit les mauvais ou les bons, ils ont tous un véritable intérêt, de par leur passé, leur lien avec le héros et bien sûr le dessin qui aide grandement à cette impression.
Le dessin est d'ailleurs un des gros points forts du manhwa, quand on voit le travail fournit sur chacune des planches, on ne peut que s'en vouloir de tourner la page trop vite, sans profiter des détails du dessin. Une des scènes marquantes dont je me rappelle est celle d'une bataille, l'intensité était telle que je croyais entendre les hurlements depuis ma chambre, c'est dire à quel point les dessins jouent bien leur rôle d'immersion.
On notera tout de même un arc qui trouve une fin trop abrupte, et un autre qui justement traîne trop en longueur.
Au final, Le Nouvel Angyo Onshi se révèle comme une valeur sûre, de par son scénario brillant, ses personnages addictifs, et ses dessins sublimes, alors je vous conseille de tenter l'aventure, vous ne serez sûrement pas déçus.
#Par Rendil le 13/05/2009 à 18:15
Le nouvel Angyo Onshi est un manga tout bonnement exceptionnel. Je ne peux pas me vanter de le connaître depuis longtemps comme d’autres mangas, mais j’ai été séduit par ce dernier bien plus vite que n’importe quels autres mangas à ma connaissance.
Premièrement, par la qualité de ces dessins. Ils sont très poussés, très soignés et même par moment détaillés à l’extrême. Je trouve que le dessinateur à réussi à donner le meilleur de son potentiel.
Le scénario est très bon, recherché.
Tout comme Naruto, il est inspiré de la mythologie coréenne (et non japonnaise, en général, dans Naruto) et de son histoire. Le manga donne une impression de réalisme malgré le fait que Sando parvient à arrêter les balles ou que l’illusion est plus que parfaite (ainsi que d’autres choses, mais je vous laisse le suspense).
Le héros est assez charismatique. Sa personnalité plutôt chaotique le fait pencher par moment du côté des Antihéros. Malgré cela, son but reste le même: découvrir la vérité. Classique me diriez vous...
Malgré certaines répétitions, la trame du scénario reste légère et facilement compréhensible (pour un public avisé quand même ... Donc pas pour un gamin de 10 ans ^^ )
Pour finir, ce manga est époustouflant. Je n’ai pas réussi à m’y détacher, je voulais toujours savoir la suite.
Très intéressant. Je le conseille fortement
:)
#Par watanuki le 03/04/2007 à 11:43
A priori il n'y a pas grand-chose à attendre de cette oeuvre : sorte de variante à mi-chemin de Ken le Morvivant et de Kenshin le Flagada, on ouvre la chose en s'attendant au pire, ne serait-ce que parce que la tenue de Sando (la fille avec le glaive) sent le fan service à plein nez... et l'on s'aperçoit alors que le Nouvel Angyo Onshi est vraiment exceptionnel.
Ecrit et dessiné par deux Coréens ne parlant pas japonais mais publiant au Japon, ce manga est un hybride étonnant parvenant à faire siennes toutes les qualités du manga, tout en conservant un dessin typique des meilleurs manwhas : le trait est chargé, lourd, fourmillant de détail tout en privilégiant les contrastes forts, l'encrage étant très travaillé et ne rechignant pas à vider des litres et des litres d'encre sur chaque planche. Pareillement, les visages sont fins et détaillés, et les arrière-plans sont aussi riches que le reste. C'est effectivement le dessin qui accroche le lecteur en premier lieu.
Vient ensuite le scénario : un homme erre dans une Corée en pleine anarchie, redressant les torts au cas par cas, grâce à une amulette lui permettant d'invoquer des guerriers-fantômes (de toute beauté). La trame est banale. Le traitement l'est moins : non seulement l'identité coréenne des auteurs se perçoit, mais elle donne à ce manga tout son cachet : ce ne sont que forêts et animaux splendidement représentés... de même, chaque séquence est intitulée "classique" : les auteurs à chaque fois adaptent une légende coréenne et la font entrer dans la trame principale. A chaque fin de chapitre un paragraphe intitulé "un peu d'histoire avec le Nouvel Angyo Onshi" vient expliquer la part de vrai et de fiction de chaque chapitre : cette démarche est passionnante, ce sont les plus grands contes et légendes de la Corée qui se déroulent sous nos yeux, adaptés pour un public japonais avec un didactisme remarquable et jamais condescendant. Une grande réussite de ce point de vue-là.
Sans ces qualités de premiers plans, ce manga ne serait qu'un émule de Kenshin, avec son histoire de vengeance à rallonge, et ses combats très nombreux ; pourtant, les auteurs parviennent ici à individualiser chaque chapitre, évitant parfaitement l'écueil de la répétition et de l'ennui. Le tout est si bien ficelé que dès le volume 2 on n'a plus aucun mal à trouver normale la tenue franchement osée de Sando, personnage, soit dit en passant, splendide tant graphiquement que dans son développement psychologique. Quant à Mun-su, ce héros a de quoi figurer au panthéon des meilleurs personnages de mangas, tant il parvient à éviter le cliché du "héros torturé en quête de pardon". Apparemment musclé, le Nouvel Angyo Onshi est en fin de compte d'une finesse peu répandue dans ce type de mangas.
Préparez-vous pour ce monument : "voici venir l'Angyo Onshi", son sando, et son écuyer minable.
