Narutaru

Informations générales
- Auteur: Kitô Mohiro
- Origine: Japon
- Année de création: 1998
- Titre original: Mukuro Naru Hoshi - Tama Taru Ko
- Nombre de volumes: 12
- AKA:
- - なるたる
- Relations: 1 fiche en relation
Version française
- Licencié: oui
- Titre français: Naru Taru
- Editeur: Glénat
Synopsis
Shiina, une jeune fille rencontre une drôle de créature (extra-terrestre ?) en vacances. Elle décide de ramener celui qu'elle appelle désormais Hoshimaru chez elle où son père l'élève seul. Shiina ne sait pas qu'elle vient de rentrer de son dernier été d'enfance et qu'elle va devoir grandir vite pour faire face à des événements aussi surnaturels que cruels.
Synopsis soumis par Afloplouf
#Par Nakei1024 le 26/09/2011 à 19:03
Ayant vu l’anime éponyme il y a peu, j’avais été quelque peu frustré par la manière dont celui-ci se terminait, alors que le scénario commençait à être intéressant, et en laissant bon nombre de questions sans réponse. Suivant les conseils d’autres membres, je me suis donc lancé dans le manga et je n’ai pas été déçu.
La première chose qui marque en attaquant les premiers tomes, c’est le graphisme : sans être moche, on ne peut pas dire que le dessinateur ait cherché à faire quelque chose de détaillé. Du coup alors que le récit se veut extrêmement mature, on ne peut s’empêcher de penser à une œuvre s’adressant aux plus jeunes. Le chara-design m’a lui aussi surpris, en ce sens que les corps m’ont paru franchement étirés (les proportions humaines ont été légèrement exagérées pour le coup) et que presque tous les protagonistes semblaient du coup souffrir de malnutrition.
En revanche, j’ai trouvé le design des « dragons » plutôt varié et assez imaginatif : d’un modèle à l’autre on peut dire que les créateurs n’ont pas manqué de créativité.
De même que pour l’anime (qui couvre quand même 7 tomes sur 12) on bascule crescendo dans le glauque et le malsain, mais là j’hésite sur un point : qu’est ce qui est (ou se veut) le plus choquant ? D’une part on a des passages d’exécutions et de tortures de certains protagonistes particulièrement affreuses, même si peu de choses sont montrées explicitement, laissant l’imagination du lecteur en pleine ébullition. D’autre part, on nous montre quand même régulièrement des gamines de 12-13 ans (donc à peine entrées dans l’adolescence) se baladant le cul à l’air sans que ça ait l’air de choquer qui que ce soit, avec des allusions fréquentes et détaillées à leur sexualité en pleine maturation (y compris durant certaines mises à mort). Vous avez dit bizarre ?
Le scénario n’est pas des plus original : des créatures surnaturelles se lient à des adolescents (pour des raisons développées au fil des évènements) et très vite, deux philosophies s’opposent. D’un côté il y a ceux qui, pris d’un délire légèrement mégalomane, souhaitent utiliser ce pouvoir pour refaçonner le monde et l’humanité selon leurs désirs (façon retour au paradis perdu avec Adam et Eve) en rejetant les sociétés modernes. Ceux-là j’aurais bien voulu pouvoir leur donner quelques claques pour leur remettre les idées en place et leur faire oublier leurs projets de gosses pourris gâtés qui s’ennuient. Et de l’autre il y a ceux qui au contraire pensent que les humains ont le droit de décider de leur destinée et feront tout pour protéger leurs semblables, quitte à en payer le prix par la suite (amis, familles, innocence de l’enfance et passage à l’age adulte).
La conclusion de cet affrontement est surprenante et peu banale. Ce n’est pas une happy-end classique et l’on ne peut pas dire qu’il y ait réellement de vainqueur, mais son optimisme et l’espoir qu’elle véhicule m’ont convaincus.
Pour conclure, voici un manga qui m’a passionné d’un bout à l’autre et que je conseille au même titre qu’un Elfen Lied ou Hinamizawa. Ma seule déception vient finalement du graphisme : cette histoire méritait vraiment quelque chose de plus travaillé, mais c'est aussi ce qui fait son charme...
#Par Afloplouf le 07/01/2009 à 21:33
Mon avis sera sensiblement différent que celui ci-dessous sauf sur un point : il y a quelque chose de pourri au royaume de Glénat s'ils arrivent à voir une histoire de gosse alors que dès les premiers chapitres on voit une fillette de douze ans dans le plus simple costume (des tatouages n'habillent pas) et des mecs crever à un coin de case sans qu'on s'y attendent. Il faut croire que l'image du manga est sacrément perverti pour classer dans la littérature pour enfants.
Je ne reviendrai pas non plus sur la charte graphique de Kitoh. Il est certain que le chara-design du mangaka dégage en elle-même une odeur de souffre. On sent le malaise à chaque fois qu'on tourne la page ; une impression qui se renforce au fur et à mesure qu'on avance dans l'histoire. Kitoh n'a vraiment aucun tabou et, non content de suggérer les choses, il n'hésite pas à les montrer de façon explicite dans toute leur horreur.
Ah, je voulais commencer par parler des dessins avant de parler du scénario. Mais ce mélange est somme toute évident tant on peut dégager l'histoire de sa mise en valeur. S'il a bien quelque chose qu'on ne peut retirer à Narutaru, c'est bien cette impression d'une expérience qui n'aurait pas la même saveur en roman ou dans un autre format qu'un manga. Même la couleur serait superflue.
Aussi la disproportion des personnages est à mon sens une des marques de fabriques. Le "mecha-design" est particulièrement réussi, il rappellera à certains les Evas, une référence sur laquelle je reviendrai. Les décors, s'ils ont quelque chose de répétitif (urbanité oblige), restent détaillés. Pour autant, il est certain que je ne chercherai pas forcément à défendre Narutaru pour ses graphismes, le style est bien trop particulier. Non, l'intérêt est bien à chercher du côté du scénario.
En effet, s'il y a bien un reproche qu'on ne fera pas à Kitoh, c'est celui de s'enfoncer dans les poncifs et les stéréotypes d'un genre. Je serai bien en peine de donner mon opinion sur les catégories auxquelles pourraient obtenir ce manga. Je ne mettrai pas non plus en avant Narutaru pour combattre l'image (heureusement en perte de vitesse) comme quoi les mangas ne sont que violence et sexe. Je vous préviens : Narutaru est un manga mature.
Oh, ce message s'adresse aussi à ceux qui ont vu l'adaptation. Passons encore sur une technique qui ne fait pas honneur au support papier (Bokurano est un cadeau en comparaison), c'est surtout que l'anime s'arrête à peu près au meilleur moment. Narutaru ne peut se comprendre sans sa fin. Une fin "obscure", dans l'idée même de celles que je n'aime pas, mais qui a au moins l'avantage d'apporter un éclairage sur tout l'ouvrage. J'en dis peut-être trop en révélant que les fans d'Evangelion (je vous avais dit qu'on y reviendrait) y trouveraient peut-être leur compte.
Ma note est fortement nuancée par une fin décevante à mes yeux. Mais l'ensemble du manga, bien qu'il me dérange fortement (ça reste en deçà d'un "Hallucinations From The Womb" ceci dit, encore heureux), est très intéressant. Une oeuvre que je positionnerai sans hésiter dans une anthologie du manga.
#Par Sirius le 27/12/2008 à 17:26
L’anime m’avait laissé une impression terriblement mitigée tellement Narutaru nous laissait face à d’énormes trous dans le scénario, beaucoup d’interrogations et semblait dépourvue de véritable fil conducteur. J’ai néanmoins eu le sentiment que l’œuvre originale pouvait amener une évolution intéressante à l’histoire et sa thématique de fond : la jeunesse qui cherche un intérêt à la vie dans une société guère reluisante.
Premier constat à la lecture du manga : le support convient bien mieux pour présenter l’univers de Narutaru et les personnages. En effet la série semblait très pauvre sur ce point tellement la réalisation apparaissait bâclée. J’aime bien le dessin de Kitoh, même si les membres semblent parfois disproportionnés et disloqués (quand ils ne le sont pas pour de vrai) le chara-design a un style propre et avertit tout de suite le lecteur : il a affaire à quelque chose de sérieux. La taille du front et les nez à la Escaflowne pourraient rebuter certains en revanche. Les décors sont sobres mais efficaces.
Ce qui est propre à notre auteur, c’est une histoire bien complexe, prise de tête, montrant que chacun porte en soi un côté obscur. Les relations entre les personnages sont toujours aussi malsaines, le mélange tranche de vie et affaires militaires reste toujours aussi indigeste. Le récit est mené de manière très fluctuante : il est souvent difficile de rapprocher tels et tels éléments à la trame principale et l’auteur laisse souvent une scène en suspens sans jamais la reprendre. Ce qui me dérange le plus, c’est que le rythme est extrêmement lent. Ainsi les 7 premiers volumes ont-ils étés repris en seulement 13 épisodes… Mais là où la série est à jeter, le manga reste passable mais bien moins frustrant.
Narutaru, c’est une histoire bizarroïde à propos d’adolescents et de dragons. On suit Shiina, jeune fille très complexe mais dont l’intérêt s’avère au final limité. On aurait aimé pouvoir trouver une once de réalité dans la société décrite par Kitoh. On en trouve : recherche de soi, élève maltraitée, etc. Mais je crains fort que l’auteur ne maîtrise pas son sujet et nous offre un manga dont la lecture s’avère au final bien laborieuse pour pas grand-chose… Quelques scènes bien gore sortent du lot mais sont réalisées de manière quelque peu bâclées. A noter une fin étrange et elliptique qui donne l’impression que le manga cherchait finalement plus à marquer, à déboussoler, qu’à intéresser...
Mention spéciale pour les messieurs de chez Glénat : voir en une telle œuvre un manga destiné aux enfants, il fallait le faire. Dès le premier volume le lecteur est plongé dans une ambiance malsaine par moment… Chapeau bas, vraiment.
